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mardi 11 mars 2014

Guinevere. La Dame Blanche
(Roman) Légendaire arthurien
AUTEUR : Jean-Louis FETJAINE (Fr)
EDITEUR : Fleuve Noir, 2/2014 — 348 p., 19.90 €
SERIE : Les chroniques des elfes
COUVERTURE : Frank Cadogan Cowper
Critiques : www.actusf.com (Jérôme Vincent-Interview) - www.elbakin.net (Gillossen)
→ Depuis quelques années Jean-Louis Fetjaine s’est imposé au public français comme l’un des meilleurs adaptateurs de la mythologie arthurienne parvenu à se hisser au même rang que ses nombreux homologues anglo-saxons toujours tentés de s’enfoncer dans les substrat légendaire riche en implications qui accompagne les trajectoires tourmentées de personnages aussi emblématiques que le roi Arthur ou l’enchanteur Merlin. Grand voyageur des territoires de la féerie, Jean-Louis Fetjaine a su y ajouter toute la saveur de la magie des elfes accompagnés, comme il va de soit, par toute une horde de créatures sombres sans lesquelles les défenseurs du Bien auraient eut une vie bien terne et bien morose n’ayant aucun adversaires à leur taille pour prouver leur valeur. Reportant notre attention sur les deux protagonistes cités précédemment, l’auteur choisit ici de focaliser notre lecture sur la reine Guinevere (la Guenièvre que nous connaissons), souvent exploitée en tant que faire valoir dans la tradition arthurienne et utilisée uniquement pour mettre en valeur les dissensions internes minant le cercle de la Table Ronde en plaçant sa figure adultérine entre l’opposition magnifiée Lancelot/Arthur empreinte d’un intense pathos et de tous éléments de la tragédie shakespearienne. Continuant sa fine description d’un univers païen sur son déclin aux rivages battus par les vagues d’un christianisme conquérant, Jean-Louis Fetjaine persiste à nous entraîner au cœur de ces profondes forêts aux feuillages encore bruissant sous le passage de créatures que l’imaginaire christique a décidé de rayer de la carte des hommes. Merlin le demi-elfe, bien entendu, et l’ambivalence de son appartenance au monde du merveilleux sans cesse contrebalancée par des relents de sentiments refoulés qui l’ancre dans le carcan de perpétuelle indécision de la condition humaine, laisse errer sa silhouette contrastée au fil des pages de ce roman. Un enchanteur qui s’efforce de valoriser la place de Rhiannon (la Morgane de nos récits), fille d’Uther Pendragon et de Llane, la reine des elfes, et demi-sœur d’Arthur, auprès duquel il aurait aimé qu’elle demeure pour palier aux éventuelles défaillance d’un roi engagé par des proches conseillers dans la dangereuse voie de la quête du Graal ici matérialisé sous la forme du chaudron de la connaissance propriété des elfes. Une entreprise guère du goût de Merlin oeuvrant, pour sa part à raviver l’ordre ancien en restituant les talismans dérobés aux peuples vaincus. Mais le mage de Camelot a-t-il encore l’oreille de son souverain ? Rien n’est moins sur, surtout que depuis quelques temps gravite dans son entourage sa toute jeune épouse, la belle Guinevere, reine de Logres, mais surtout, comme va le, découvrir l’enchanteur, un démon des Terres Noires, dont le véritable nom, Gwenwyfar, signifie Blanc Fantôme. Une Dame Blanche annonciatrice de grands désastres…Tandis que les manigance de Morgause, l’autre demi-sœur d’Arthur exilée aux confins du royaume et de Meleagant, le démoniaque prince de Gorre bien connu par les monstres de Terres Noires, tissent leurs réseaux d’intrigues, de complots et de trahisons, la survie du Royaume et de son roi va désormais reposer sur le fantastique combat que le mage d’Arthur entamera contre la diabolique Dame Blanche. Servi par une prose sans effets de manche, mais empreinte d’un indéniable talent de conteur, le récit développe tout au fil des chapitres l’entrelacs de ses personnages issus de la riche matière arthurienne revisitée ici sous un angle novateur qui parvient à ponctuer d’un point d’orgue magistral ces envoûtantes « Chroniques des elfes ».

lundi 17 septembre 2012



Les chroniques des elfes. Intégrale
(Recueil) High Fantasy
AUTEUR : Jean-Louis FETJAINE (Fr)
Né en 1956 et diplômé de philosophie et d’histoire médiévale, c ejournaliste a fait une entrée fracassante de le domaine de la fantasy avec sa « Trilogie des elfes » publiée à partir de 1998 aux éditions Belfond. Depuis, il n’a pas quitté le domaine du merveilleux où il a même créé un collection portant son nom éditant de remarquables ouvrages centrées sur les paysages et les peuples de la féerie.
EDITEUR : Pocket-Fantasy 7121, 8/2012 — 648 p., 13,90 € — Couv. : Jessica Jung
SOMMAIRE :
Llane
Précédentes publications : Fleuve Noir-Hors collection, 5/2008 — 265 p., 19 € — Ser. : Les chroniques des elfes 1 — Couv.: Sandrine et Jean-Baptiste Rabouan & PocketFantasy 5991, 4/2009 — 320 p., 8 € — Couv. : John William Waterhouse
Critiques : www.elbakin.net (Gillossen-Interview) ; Khimaira 15 (Christophe Sambre) : Lanfeust 110 (Dometoff, Gaspérini & Cie)
L'elfe des Terres Noires
Précédentes publications : Fleuve Noir-Hors Collection, 4/2009 — 264 p., 19 € — Ser. : Les chroniques des elfes 2 — Couv.: Sandrine et Jean-Baptiste Rabouan & PocketFantasy 7021, 4/2010 — 256 p., 7 € — Couv. : John Simmons & John William Waterhouse
Critiques : www.elbakin.net (Alethia-Interview) ; www.noosfere.com (Lucie Chenu) ; www.yozone.fr (François Schnebelen)
Le sang des elfes
Précédentes publications : Fleuve Noir-Hors Collection, 4/2010 — 300 p., 19 € — Ser. : Les chroniques des elfes 3 — Couv.: Sandrine et Jean-Baptiste Rabouan & PocketFantasy 7063, 5/2011 — 268 p., 7,40 € — Couv. : John William Waterhouse
Critiques :www.elbakin.net(Vermithrax) ;  www.yozone.fr(François Schnebelen)
→ Une intégrale qui reprend les trois opus de la série Chroniques des elfes, retraçant les événements s'étant produits avant la fameuse Trilogie des elfes qui a déboulé dans le domaine de la Fantasy francophone comme un Ovni littéraire encensé par la critique, permettant à son auteur, Jean-Louis Fetjaine, d'être reconnu comme l’un des meilleurs représentants du genre et de toucher un innombrable public. Le premier tome, intitulé llane, nous ramène à une époque où les hommes avaient oublié les anciens dieux et vénéraient un être supplicié sur une croix frère Edern et ses ouailles s’aventurèrent dans la Forêt, le domaine séculaire du peuple de Dana. Les archers elfes les massacrèrent. Mais Maheolas, un jeune moine, échappa à la tuerie. Après une pénible errance dans ces bois Eliande, il est capturé par les elfes de Cill Dara et placé sous la garde du druide Gwydion. Dirigée par Arianwen, la reine des elfes, le conseil du peuple de Dana aurait décidé sa mort, si Gwydion ne s’y était pas opposé. En effet, en jetant les runes, il a découvert que le destin de Maheolas est étroitement lié à celui de Llane, la propre fille de la reine, et que de leur sort dépendra l’avenir du monde. Un monde où résonnent désormais les rumeurs de guerre. Et pour les elfes la principale menace ne représente plus désormais l’avancée des hommes guidés par leur nouvelle religion, mais plutôt d’énormes loups noirs qui attaquent leurs clans de chasse. Car ceux-ci sont guidés par les kobolds, les hommes-chiens, maîtres des grands loups de guerre. Ames noires des loups, ces derniers sont la voix de Celui-qui-ne-peut-être-nommé, et leur réapparition en grand nombre annonce le retour de cette créature de l’En-Dessous désireuse de plonger le monde dans d’insondables ténèbres. Bientôt des hordes de monstres, loups, kobolds, orcs et autres créatures démoniaques se répandent à travers les bois en une intarissable armée contre laquelle les humains sont impuissants. Le prince Pellehun les combat sans merci dans le bourg de Bassecombe envahi et ravagé. Tandis qu’il attend avec appréhension les renforts venus de Loth avec à sa tête son père le roi Kern, qui se dirige tout droit dans le piège tendu par les monstres, il envoie les derniers survivants de sa troupe dans les montagnes, afin de rejoindre Seuil-des-Roches, le village des barbares des Marches. Pendant ce temps les elfes d’Ellande, conduits par le roi Morvryn et la reine Arianwen, livrent une féroce bataille contre l’armée des Terres Noires. Mais Lliane disparaît au cours de l’affrontement, ainsi que le moine Maheolas, qui s’est échappé et qui, capturé par les orcs, a fini par s’agenouiller devant Celui-qui-ne-peut-être nommé. Le second volet, L'elfe des Terres Noires, nous invite à retrouver Llane, princesse héritière des elfes d’Eliande. Retenue prisonnière au sein des Terres Noirs, chasse gardé de Celui-qui-ne-peut-être-nommé, elle doit se familiariser avec les mœurs cruelles de ses habitants, si elle veut survivre. Mais elle fait mieux, elle découvre peu à peu un d’humanité dans les orcs et les gobelins. Créatures réelles, et non uniquement êtres magiques surgis du néant, ils naissent, grandissent, se nourrissent, dorment au sein d’une organisation sociale qui leur est propre, avec des villes, comme la ténébreuse cité d’Omkünz où la princesse héritière est détenue en même temps que le moine novice Maheolas. Au fil des rencontres de Llane, on apprend que ces créatures maléfiques peuvent également éprouver des sentiments. C’est donc sur certains d’entre eux qu’elle s’appuiera pour préparer son évasion afin de rejoindre un monde où le contexte belliqueux se durcit car les hommes et les elfes s’apprêtent à y livrer une nouvelle bataille. Un monde où Dubricius, l’évêque de Logres, cherche à engager Pellehun, le fils du roi Ker, dans sa croisade fanatique contres les hérétiques, incluant les elfes, sensé détenir le graal, dans le même panier que les créatures du ténébreux royaume de Lug. Alors que Celui-qui-ne-peut-pas-être-nommé semble posséder un esprit d’ouverture qui pourrait rallier à sa cause des elfes et même des hommes. Un seul peuple pour un seul dieu, la doctrine prônée par Lug s’apparente à celle d’Hitler et de ses Nazis qui, avant de déferler sur l’Europe, avait su séduire les foules par des arguments autres que la violence pure (égalité sociale, justice territoriale, etc…). De son côté l’Evêque brandit l’étendard d’une croisade destinée à éradiquer toute forme de survivance païenne et tout foyer d’hérésie en devenir, incluant l’extermination des humains réfractaires et des elfes, bien entendu. Unifier les peuples et soumettre le monde dans la douleur et le sang, tel est le but avoué des adorateurs de Lug. Un objectif que partage le Prince des Hommes et les plus hautes autorités de l’Eglise, chacun d’entre eux étant prêt à toutes les bassesses, à toutes les trahisons et à toutes les ignominies pour y parvenir. Les plus improbables alliances naîtront donc dans le second tome de cette série dont l’intrigue se déroule telle une judicieuse partie d’échec traversées par des personnages en devenir du prochain triptyque et par d’autres qui n’apparaîtront pas dans la Trilogie des elfes, et qui vivent ici des histoires parallèles. Enfin, Le sang des elfes, vient conclure cette nouvelle et remarquable trilogie. Évadée des Terres Noires, Lliane a été recueillie par les Nains. Chez eux elle a rencontré le roi Troïn qu’elle s’est efforcée de convaincre que seule un alliance des peuples en périls pourrait permettre de contrer les projets d’invasion de Celui-qui-ne-peut-être-nommé, d’autant plus que ces derniers seront en première ligne lorsque les troupes d’orcs et de gobelins déferleront sur le monde. De retour chez les siens, Lliane, devient logiquement la reine des elfes. L’alliance des trois peuple semble en bonne voie, mais la mort subite du roi Ker, compromet sa réalisation, car son fils Pellehun qui l’a remplacé à la tête du royaume de Logres, doit beaucoup à Dubricius, le puissant évêque qui prône une hégémonie des hommes sur les autres races. Désormais c’est sur les épaules de Lliane que repose la survie de cette primordiale coalition. Et le temps presse, car les hordes démoniaques sont passées à l’attaque. Déjà elles déferlent sur la forteresse d’Agor-Dôl où les nains leur offrent une héroïque résistance se sacrifiant ainsi pour le salut des hommes des plaines et des elfes de la forêt d’Eliande. Ce sont ensuite les elfes qui subiront le second assaut. Galvanisés par la mort de leur souveraine Arianwen, ils plient mais ne rompent pas face à la furia des troupes démoniaques. Fascinés par leur courage et persuadés avec patience et diplomatie par l’active nouvelle reine, les hommes finiront par se joindre à eux afin de combattre leurs mortels ennemis, bientôt rejoint dans cette bataille de la dernière chance par les valeureux nains de Torïn. Complétant à merveille son tour horizon des divers peuples de son monde, agrandissant sa galerie de personnages et apportant la dernière touche aux intrigues nouées dans les précédents tomes, Jean-Louis Fetjaine, en conteur émérite, nous délivre un récit épique qui plante les bases de son fascinant univers déjà exploité dans sa célèbre Trilogie des elfes. Un peu à la manière d’un érudit découvrant sur les rayonnages de la bibliothèque d’un monastère un vieux manuscrit aux pages poussiéreuses, nous plongeons dans ce livre qui nous entraîne aux racines d’une histoire légendaire dont les soubresauts n’ont pas encore fini d’agiter les mondes des elfes, des hommes et des nains et dont certaine pages ne sont pas sans entretenir un rapport étroit avec des morceaux de notre propre Histoire encombrée par tout un lot de tombereaux d’horreur. Nullement gêné par le fait de décrire un monde dont la fin a déjà été abordée dans la série précédente, Jean-Louis Fetjaine prend un malin plaisir non à raconter comment les personnages meurent, mais comment ils deviennent des acteurs-clés du récit. En cela il rejoint la longue liste des créateurs de préquelles, Elric des dragons pour l’Elric des Moorcock, les préquelles au Larmes d’Artamon de Sarah Ash, celles des Chroniques de Dragonlance de Weis et Hickman, ou de Robin Hobb avec Retour au pays pour les cycles de L’Assassin Royal et des Aventuriers de la mer pour ne citer qu’eux…, et nous confirme, une fois de plus, son immense talent d’écrivain.
Les séries de l'auteur :
La Trilogie des elfes
1.Le crépuscule des elfes
2.La nuit des elfes
3.L'heure des elfes
Les chroniques des elfes
1.Lliane
2.L'elfe des Terres Noires
3.Le sang des elfes
A lire pour en savoir plus :
► « Jean-Louis Fetjaine, l’ami des elfes. Rencontre avec l’auteur de la trilogie des Chroniques des elfes  » par Christophe Van de Poseele, sur le site www.khimaira-magazine.com , 5/2009.
► « Interview » par Alethia à propos de la parution de L’Elfe des Terres Noires sur le site www.elbakin.net, 4/2009.
► « Interview » par Gillossen à propos de la parution de Lliane sur le site www.elbakin.net, 5/2008.
► « Interview de Jean-Louis Fetjaine pour ses séries sur les elfes » par Kobold sur le site http://peuple-feerique.com, 5/2009.

mercredi 13 janvier 2010

BAUDOU Jacques (Fr)
Pseudonyme = Daniel Prasson

Né à Strasbourg en octobre 1946, Jacques Badou est avant tout connu en tant que critique littéraire et essayiste spécialisé dans le roman policier et la fiction policière dans les médias audiovisuels. Cependant, et surtout depuis qu’il signe des articles dans le supplément livre du journal le Monde, il a pu étendre sa passion à toutes les autres littératures de l’imaginaire telles que la science-fiction, le fantastique et… la fantasy
L’encyclopédie de la Fantasy (Livre illustré/Encyclopédie)
Jean-Louis Fetjaine éditions, 9/2009 — 176 p., 24,90 € — Couv. : Photos de films — ill. : Krystal Camprubi
→ Jacques Baudou est en France l’un des spécialistes reconnus de la SF, du Fantastique et de la Fantasy, comme l’on prouvé depuis de nombreuses années ses différents chroniques dans le supplément Livres du journal Le Monde. Des chroniques qui ont débuté à une époque où la Fantasy n’était pas en odeur de sainteté en France. Outre ce travail critique, il a déjà fait paraître divers ouvrages tels que, par exemple, La Fantasy ou La science-Fiction dans la célèbre collection Que sais-je des Presses Universitaires de France, qui ont reçu un accueil chaleureux de la part des mordus du genre. Il récidive aujourd’hui avec un remarquable livre publié par les dynamiques éditions Fetjaine (oui, le même que celui de la Trilogie des elfes). Dans un format 19 x 24, sous une couverture cartonnée, cet ouvrage de quelques 176 pages sur papier glacé bénéficie des magnifiques illustrations de Krystal Camprubi, qui n’est plus à présenter pour ceux qui pratiquent le graphisme en territoires de merveilleux, venant s’ajouter à une très riche iconographie incluant couvertures de ivres, photos de films, etc… En explorateur avisé, Jacques Baudou s’attache tout d’abord à cerner le genre par rapport à sa définition (Qu’est-ce que la Fantasy et Les sources de la Fantasy). Dans le premier volt, il nous offre quelques pistes et en décortique les diverses catégories, low fantasy, high fantasyn myth fantasy, etc… Dans le second, il décrit son vaste parcours en commençant par les Mythologies, puis les Contes de fées et les autres sources du merveilleux littéraire. Cette entrée en matière ayant aidée le lecteur à mieux s’imprégner du genre, il peut sans problème passer au vif du sujet qui, tout seigneur tout honneur, débute par un chapitre sur J.R.R. Tolkien. Il en conclut logiquement qu’il y a un Avant et après Le Seigneur des Anneaux. Puis il enchaîne sur les précurseurs, Lewis Carroll avec Alice, James Barrie et son Peter Pan, L. Frank Baum et Le magicien d’Oz, Kenneth Grahame et la fantasy animalière du Vent dans les saules, avant de marquer une pause sur le cas Mervyn Peake et sa fabuleuse trilogie de Gormenghast. Howard, Conan le barbare et l’héroic fantasy proprement dite, arrivent juste après avec d’autres auteurs illustres tels que Fritz Leiber et son Cycle des épées ou Michael Moorcock et Elric, parfaite incarnation du héros évoluant au sein du foisonnant multivers. La transition est toute trouvée avec La fantasy épique qui voit des personnages issus du folklore, de la mythologie ou des contes de fées s’affronter dans un monde profondément manichéen. Ensuite La fantasy urbaine renvoie le légendaire au cœur des villes, tandis que La fantasy humoristique à la Terry Pratchett des Annales du Disque-monde ou au Xanth de Piers Anthony, nous prouve que la lutte entre le bien et le mal peut prendre parfois des détours fort distrayants. Avant la Fantasy animalière, déjà citée plus haut, où Bandes dessinées et dessins animés se taillent la part du lion, nous avons droit à une judicieuse étape sur Le roi Arthur et la fantasy arthurienne qui décline toutes les facettes de ce souverain de légende, aussi bien dans la littérature qu’au cinéma, sans oublier son prestigieux entourage avec Les chevaliers de la Table ronde et l’inévitable Merlin. La fantasy exotique exprime quelques pages plus tard tout le parfum des Mille et une nuits, avant que n’apparaissent Les mavericks, ces écrivains à part des courants et des modes comme John Crowley et son Parlement des fées, Robert Holdstock et ses Mythagos, Jonathan Carroll et son Pays du fou rire. Ces dernières servent de pont pour nous orienter vers La fantasy française qui nous parle de l’étroite relation que le cinéma français a toujours entretenu avec le merveilleux. De là à franchir le Rhin, il n’y a guère de kilomètres à faire pour se retrouver en Allemagne, le pays de Michael Ende et de son Histoire sans fin. Un chapitre sur L’art de la fantasy couvre le champ de l’Angleterre, des Etats-Unis et de la France, mais c’est vers La tradition britannique que l’on revient pour les incontournables Mary Poppinsi et autres C.S. Lewis du cycle de Narnia. Bien entendu ce livre ne pouvait pas faire l’impasse sur la masse imposante de La fantasy jeunesse aux Etats-Unis, ni ne pas aborder La révolution J. K ; Rowling – Philip Pullman, la nouvelle vague des années 2000 prise en charge par le cinéma. Enfin, pour être complet, il était nécessaire d’aborder le phénomène allant Du wargame au jeu de rôle, sans oublier la place du plus en plus importante prise par les jeux vidéo. C’est donc à un tour d’horizon détaillé et précis que nous invite Jacques Baudou rendant ainsi son livre fort précieux pour tous les amateurs du genre, comme le fut naguère Panorama illustré de la fantasy et du merveilleux de André-François Ruaud, publié en 2004 chez les Moutons Electriques.

dimanche 8 novembre 2009

FETJAINE Jean-Louis (Fr)
Né en 1956 et diplômé de philosophie et d’histoire médiévale, c ejournaliste a fait une entrée fracassante de le domaine de la fantasy avec sa « Trilogie des elfes » publiée à partir de 1998 aux éditions Belfond. Depuis, il n’a pas quitté le domaine du merveilleux où il a même créé un collection portant son nom éditant de remarquables ouvrages centrées sur les paysages et les peuples de la féerie
◊ L’elfe des Terres Noires (Roman) High Fantasy
Fleuve Noir-Hors Collection, 4/2009 — 19 € — Ser. : Les chroniques des elfes 2 — Couv. : Jean-Baptiste Rabouan
Critiques :
www.elbakin.net (Alethia-Interview) ; www.noosfere.com (Lucie Chenu) ; www.yozone.fr (François Schnebelen)
→ Depuis que sa Trilogie des elfes a déboulé dans le domaine de la Fantasy francophone comme un Ovni littéraire encensé par la critique, Jean-Louis Fetjaine est reconnu comme l’un des meilleurs représentants du genre en France. Depuis, il a entamé une nouvelle série, Les chroniques des elfes, dont l’action se déroule prés de trente ans avant le Crépuscule des elfes, premier tome de la trilogie originelle. Alors que la réédition du premier volume, Llane, sot parallèlement chez Pocket, les éditions Fleuve Noir nous proposent le second tome de cette nouvelle série. On y retrouve Llane, princesse héritière des elfes d’Eliande. Retenue prisonnière au sein des Terres Noirs, chasse gardé de Clui-qui-ne-peut-être-nommé, elle doit se familiariser avec les mœurs cruelles de ses habitants, si elle veut survivre. Mais elle fait mieux, elle découvre peu à peu un d’humanité dans les orcs et les gobelins. Créatures réelles, et non uniquement êtres magiques surgis du néant, ils naissent, grandissent, se nourrissent, dorment au sein d’une organisation sociale qui leur est propre, avec des villes, comme la ténébreuse cité d’Omkünz où la princesse héritière est détenue en même temps que le moine novice Maheolas. Au fil des rencontres de Llane, on apprend que ces créatures maléfiques peuvent également éprouver des sentiments. C’est donc sur certains d’entre eux qu’elle s’appuiera pour préparer son évasion afin de rejoindre un monde où le contexte belliqueux se durcit car les hommes et les elfes s’apprêtent à y livrer une nouvelle bataille. Un monde où Dubricius, l’évêque de Logres, cherche à engager Pellehun, le fils du roi Ker, dans sa croisade fanatique contres les hérétiques, incluant les elfes, sensé détenir le graal, dans le même panier que les créatures du ténébreux royaume de Lug. Alors que Celui-qui-ne-peut-pas-être-nommé semble posséder un esprit d’ouverture qui pourrait rallier à sa cause des elfes et même des hommes. Un seul peuple pour un seul dieu, la doctrine prônée par Lug s’apparente à celle d’Hitler et de ses Nazis qui, avant de déferler sur l’Europe, avait su séduire les foules par des arguments autres que la violence pure (égalité sociale, justice territoriale, etc…). De son côté l’Evêque brandit l’étendard d’une croisade destinée à éradiquer toute forme de survivance païenne et tout foyer d’hérésie en devenir, incluant l’extermination des humains réfractaires et des elfes, bien entendu. Unifier les peuples et soumettre le monde dans la douleur et le sang, tel est le but avoué des adorateurs de Lug. Un objectif que partage le Prince des Hommes et les plus hautes autorités de l’Eglise, chacun d’entre eux étant prêt à toutes les bassesses, à toutes les trahisons et à toutes les ignominies pour y parvenir. Les plus improbables alliances naîtront donc dans le second tome de cette série dont l’intrigue se déroule telle une judicieuse partie d’échec traversées par des personnages en devenir du prochain triptyque et par d’autres qui n’apparaîtront pas dans la Trilogie des elfes, et qui vivent ici des histoires parallèles. Nullement gêné par le fait de décrire un monde dont la fin a déjà été abordée dans la série précédente, Jean-Louis Fetjaine prend un malin plaisir non à raconter comment les personnages meurent, mais comment ils deviennent des acteurs-clés du récit. En cela il rejoint la longue liste des créateurs de préquelles, Elric des dragons pour l’Elric des Moorcock, les préquelles au Larmes d’Artamon de Sarah Ash, celles des Chroniques de Dragonlance de Weis et Hickman, ou de Robin Hobb avec Retour au pays pour les cycles de L’Assassin Royal et des Aventuriers de la mer pour ne citer qu’eux…, et nous confirme, une fois de plus, son immense talent d’écrivain.
Les autres titres de la série :
1.Lliane
2.L’elfe des Terres Noires

jeudi 7 mai 2009

FETJAINE Jean-Louis (Fr)
Né en 1956 et diplômé de philosophie et d’histoire médiévale, c ejournaliste a fait une entrée fracassante de le domaine de la fantasy avec sa « Trilogie des elfes » publiée à partir de 1998 aux éditions Belfond. Depuis, il n’a pas quitté le domaine du merveilleux où il a même créé un collection portant son nom éditant de remarquables ouvrages centrées sur les paysages et les peuples de la féerie.
◊ Le petit chat perdu et le lutin de la forêt (Livre illustré) Jeunesse / Féerie
Jean-Louis Fetjaine éditions-Jeunesse, 3/2009 — 32 p., 12 € — Couv. & ill. Sandrine & Jean-Baptiste Rabouan
→ Alors qu’il poursuivait des papillons, un chaton se risque hors de sa ferme et se perd dans la forêt voisine. Heureusement, alors que la nuit tombe, un elfe vient calmer ses alarmes et l’abrite durant les heures nocturnes. Au petit matin ils partent ensemble questionner les animaux des bois et de la campagne afin de retrouver le chemin de la ferme. Un nouvel album du conteur Jean-Louis Fetjaine mis en image par les splendides photo-montages du tandem Sandrine et Jean-Baptiste Rabouan.

vendredi 29 août 2008

FETJAINE Jean-Louis (Fr)
Né en 1956 et diplômé de philosophie et d’histoire médiévale, c ejournaliste a fait une entrée fracassante de le domaine de la fantasy avec sa « Trilogie des elfes » publiée à partir de 1998 aux éditions Belfond. Depuis, il n’a pas quitté le domaine du merveilleux où il a même créé un collection portant son nom éditant de remarquables ouvrages centrées sur les paysages et les peuples de la féerie.
Lliane (Roman) High Fantasy
Fleuve Noir-Hors collection, 5/2008 — 265 p., 19 € — Ser. : Les chroniques des elfes 1 — Couv. : Sandrine et Jean-Baptiste Rabouan
Critiques :
www.elbakin.net (Gillossen-Interview) ; Khimaira 15 (Christophe Sambre) : Lanfeust 110 (Dometoff, Gaspérini & Cie)
→ A une époque où les hommes avaient oublié les anciens dieux et vénéraient un être supplicié sur une croix frère Edern et ses ouailles s’aventurèrent dans la Forêt, le domaine séculaire du peuple de Dana. Les archers elfes les massacrèrent. Mais Maheolas, un jeune moine, échappa à la tuerie. Après une pénible errance dans ces bois Eliande, il est capturé par les elfes de Cill Dara et placé sous la garde du druide Gwydion. Dirigée par Arianwen, la reine des elfes, le conseil du peuple de Dana aurait décidé sa mort, si Gwydion ne s’y était pas opposé. En effet, en jetant les runes, il a découvert que le destin de Maheolas est étroitement lié à celui de Llane, la propre fille de la reine, et que de leur sort dépendra l’avenir du monde. Un monde où résonnent désormais les rumeurs de guerre. Et pour les elfes la principale menace ne représente plus désormais l’avancée des hommes guidés par leur nouvelle religion, mais plutôt d’énormes loups noirs qui attaquent leurs clans de chasse. Car ceux-ci sont guidés par les kobolds, les hommes-chiens, maîtres des grands loups de guerre. Ames noires des loups, ces derniers sont la voix de Celui-qui-ne-peut-être-nommé, et leur réapparition en grand nombre annonce le retour de cette créature de l’En-Dessous désireuse de plonger le monde dans d’insondables ténèbres. Bientôt des hordes de monstres, loups, kobolds, orcs et autres créatures démoniaques se répandent à travers les bois en une intarissable armée contre laquelle les humains sont impuissants. Le prince Pellehun les combat sans merci dans le bourg de Bassecombe envahi et ravagé. Tandis qu’il attend avec appréhension les renforts venus de Loth avec à sa tête son père le roi Kern, qui se dirige tout droit dans le piège tendu par les monstres, il envoie les derniers survivants de sa troupe dans les montagnes, afin de rejoindre Seuil-des-Roches, le village des barbares des Marches. Pendant ce temps les elfes d’Ellande, conduits par le roi Morvryn et la reine Arianwen, livrent une féroce bataille contre l’armée des Terres Noires. Mais Lliane disparaît au cours de l’affrontement, ainsi que le moine Maheolas, qui s’est échappé et qui, capturé par les orcs, a fini par s’agenouiller devant Celui-qui-ne-peut-être nommé. Le premier opus des Chroniques des elfes une nouvelle série de Jean-Louis Fetjaine qui revient sur les origines de la célèbres Trilogie des elfes naguère publié chez Belfond en trois volumes, puis reprise chez Pocket où elle vient de faire l’objet d’une réédition en un seul volume. Pour en savoir plus sur le livre il sera judicieux de consulter l’interview que l’auteur a donné à Gillossen sur le site www.elbakin.net.

mercredi 20 août 2008

FETJAINE Jean-Louis (Fr)
Né en 1956 et diplômé de philosophie et d’histoire médiévale, c ejournaliste a fait une entrée fracassante de le domaine de la fantasy avec sa « Trilogie des elfes » publiée à partir de 1998 aux éditions Belfond. Depuis, il n’a pas quitté le domaine du merveilleux où il a même créé un collection portant son nom éditant de remarquables ouvrages centrées sur les paysages et les peuples de la féerie.
Livres
La fée de Pâques et le lutin aux chocolats (Livre illustré) Jeunesse / Féerie
Jean-Louis Fetjaine éditions- Jeunesse, 3/2008 — 32 p., 10 € — Couv. & ill. : Sandrine Rabouan — Photographie : Jean-Baptiste Rabouan
→ Pendant le Carême, les œufs sont délaissés dans le poulailler. Dés lors, ils s’entassent sans que personne ne prête attention à eux. Jusqu’au jour où Pascoulette, l’une des petites fées du printemps, fasse la connaissance d’un étrange lutin capable de transformer tout ce qu’il touche en chocolat. Aussitôt Pascoulette lui propose d’utiliser son pouvoir sur les œufs abandonnés, et c’est ainsi que débute la tradition de Pâques et des œufs en chocolat destinés aux gourmands de toutes les générations. Un nouveau livre de Jean-Louis Fetjaine remarquablement mis en image par son duo de complices, Jean-Baptiste et Sandrine Rabouan.