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samedi 23 juillet 2016

Death Troopers
AUTEUR : Joe SCHREIBER (uSA)
EDITEUR : POCKET-Star Warss 134, 4/2016 — 286 p., 8,20 €
SERIE : Star Wars
TO : Death troopers, Del Rey, 10/2009
TRADUCTION : Sandy Julien
COUVERTURE : Indika
Le purge, barge pénitentiaire impériale, transportant dans ces flancs près de 500 détenus provenant des quatre coins de la galaxie, vogue inlassablement dans les espace intersidéraux sans espoir de salut pour les condamnés  qui composent l’essentiel de sa population carcérale. Mais un jour la mécanique bien huilée du vaisseau prison se dérègle. Le purge tombe en panne à des années lumières de tout espace habitée et tout proche de l’épave d’un destroyer stellaire naufragé. Placée sous le commandement de Jareth Sartoris, l’implacable capitaine des gardiens du navire, une équipe est envoyée sur le destroyer afin de récupérer les pièces nécessaires à la réparation de l’avarie. Mais, à bord de l’épave, rien ne se déroule comme prévu. Bientôt, la poignée de survivants qui revient de cette expédition ramène avec lui une terrible épidémie qui transforme les humains en zombies assoifées de sang. A bord du Purge seuls quelques éléments sont immunisés contre le virus. Parmi eux Trig et Kale Longo, deux adolescents épinglés lors qu’une rafle de routine dont le père avait été torturé et tué par Jareth Sartori, qui se sont attirés les foudres de Aur Myss, détenu delphanien mâle s’étant hissé à la tête du Gang du Faciès régnant en maître au sommet de la hiérarchie pénitentiaire du Purge. Les deux garçons vont devoir échapper aux hordes de cauchemars avides de chair fraîche qui hantent désormais les couloirs du navire. Heureusement, ils pourront bénéficier de Zahara Cody, le docteur du bord et de son droïde chirurgical Gâchis. Tandis que Jareth tentera une évasion avortée à bord d’une nacelle de sauvetage, la poignée de survivants se joindra bientôt à deux prisonniers pour le moins inattendu, le capitaine Yan Solo et Chewbacca le wookie, faits prisonniers peu avant la destruction de l’Etoile Noire. Dans ce premier roman mêlant volontaire la thématique de l’horreur à l’univers de Star Wars l’auteur décline avec talent tous les ingrédients du genre, nous faisant entrer dans les pensées intimes des personnages et nous invitant à partager leurs propres angoisses, tandis que celles-ci montent crescendo au fur et à mesure que la situation des survivants vire à l’intenable. Formés de chapitres courts qui s’enchaînent au rythme de points de vue alternatifs, le récit déroule sans faillir son serpent d’horreur qui s’argumente finalement sur des tests d’apprentis sorciers menée par l’Empire en mal d’arme révolutionnaire. Un peu déroutant pour les fans de Star Wars, mais de quoi faire endosser à ce vaste univers un costume « zombie » que l’on ne s’attendait guère à lui voir porter et qui, après tout, ne lui va pas si mal que ça.

jeudi 17 mars 2016

La Longue Terre ◊
AUTEUR :  Terry PRATCHETT & Stephen BAXTER (Royaume Uni)
EDITEUR : Pocket SF 7211, 2/2016 — 475 p., 8.40 €
SERIE : La Longue Terre 1/
TO : The Long Earth, Transworld Publishers, 2012
TRADUCTION : Michael Cabon
COUVERTURE : Marc Simonetti
Précédente publication : L’Atalante-La dentelle du Signe, 5/2013 — 384 p., 23 € — Couverture de Leraf
→ Dans Quand Terrry Pratchett,  le maître de la Light Fantasy, auteur de l’inénarrable série du Disque-Monde, associe son talent d’écrivain à celui de Stephen Baxter, un chantre de la hard SF, on pourrait penser s’attendre à faire un grand écart de lecture qui accoucherait d’une souris. Et pourtant, ce n’est pas le cas. Du côté de la tendance scientifique, il y a l’ouverture sur la thématique des univers parallèles, et de celui du loufoque, le moyen d’y parvenir, un boîtier abritant un fil de cuivre, un commutateur, et une… pomme de terre, l’objet à la portée de tous les apprentis bricoleurs qui permet de glisser d’un univers à l’autre. Parmi ces slidders (pas ceux de la fameuse série) il y en a un cependant qui tire mieux que les autres sont épingle du jeu. Josué Valienti, en effet, n’à même pas besoin de cet étrange appareil pour sauter d’un monde à l’autre et explorer ces infinités de monde vide de toute présence humaine. Dés lors, il ne tarde pas à être contacté par TransTerre, filiale d’une mystérieuse entreprise  nommée Black Corporation pour entreprendre un fantastique qui voyage qui doit l’emmener aux frontières de la fameuse Longue Terre. Trouvant ainsi l’opportunité d’échapper à quelques démêlés avec les autorités de la Prime Terre, Josué s’engage dans cette aventure qui se déroulera à bord d’un dirigeable, en compagnie de Losbang, une intelligence artificielle qui se présente sous la forme d’un distributeur de boissons et qui se prétend la réincarnation d’un réparateur de motocyclettes tibétain. Evidemment la découverte des ces infinités de monde leur réservera pas mal de surprises, tandis que le lecteur, de flash back en multiples digressions sera amenés à suivre la trajectoire d’autres personnages au passé digne des meilleurs sujets de romans. Jamais ennuyeuse, l’exploration de ces terres vierges débouchera sur de multiples pistes exploitées par une humanité révolutionnée par cette découverte qui bouleverse l’équilibre des gouvernements. Peuples colonisés à la recherche de terres ancestrales non encore conquises, pionniers désireux de se lancer dans une sorte de nouvelle conquête de l’Ouest, individus cupides friands de ruées vers l’or, simple quidam en quête d’espace vital et désireux d’abandonner la réalité engoncée de la Terre d’Origine, toutes les destinées peuvent désormais se réaliser au sein de ces univers multiples pavés d’une myriade de possibilités. C’est donc un merveilleux voyage que nous sommes invités à partager dans le premier tome de cette fantastique série, préalablement publiée chez l’Atalante et qui compte déjà trois autres titres parus bientôt repris chez Pocket : La Longue Guerre – La Longue Mars – La Longue Utopie nous plongeant dans un délicieux délire digne du multivers de Michael Morcock ou du Monde du Fleuve de Philip Jose Farmer.
Autre couverture :

mercredi 17 février 2016

La chute de Londres
(Essai) Reportage
AUTEUR :  China MIEVILLE (Royaume-Uni)
EDITEUR : Pocket Agora 377, 10/2015 — 93 p., 7.70 €
TRADUCTION : Frabn9ois Laurent
COUVERTURE : Marion Tigréat
Critiques : www.yozpne.fr (Hilaire Alrune)
Le marketing étouffe Londres tout aussi vigoureusement que la flore martienne de la fin du monde chez Wells. Presque un quart des jeunes londoniens sont sans emploi. Sur la ligne grise Jubilee, plus on s'enfonce vers l'Est, station après station, de Westminster jusqu'à Cannin Town, à chaque arrêt l'espérance de vie locale raccourcit d'un an, tandis que comme Smaug, les statues des dragons veillent jalousement sur l'or de la City. Aux confins de Londres s'étendent des zones négligées et irrésistibles envahies par les commerces de proximité où les laveries automatiques bon marché ressemblent à des portails spatio-temporels tant leur nombre est exponentiel. Là où vivent les pauvres, de plus en plus nombreux, croissent les magasins suceurs de sang, ceux des prêteurs sur gages et les « money shop » qui délivrent des prêt à court terme. On peu analyser les différences sociales de Londres à parti des éclairages de Noël, avec une surcharge de couleur pour les habitations les plus modestes et des sapins éclairés en blanc très kitch pour les demeures les plus aisées. Depuis la défaite du gouvernement Travailliste, les Conservateurs au pouvoir alliés aux démocrates Libéraux ont instauré les toilettes de l'économie. Le prix augment pendant l'hécatombe des services publics (bibliothèques fermés, prestations sociales réduites) ouvriers et salariés placés sous la coupe d'un nouveau et redoutable contrat de travail. Outre les répression musclées des émeutes et manifestation, avec un nombre de morts alarmants inexpliqués et surtout impunis, depuis 1998 sévissent les OCAN (Ordonnance sur le Comportement Social) de Tony Blair des lois adaptés à une société qui, comme Chronos, dévorent ses enfants, en pénalisant un comportement individuel légal (juron proféré à voix haute, football sur la voie publique, musique un peu trop forte dans un bus) en un délit sur mesure susceptible de condamnation et donnant ainsi du grain à moudre à l'étiquette de « jeunesse sauvage » qui fait les beaux jours des médias et dés débats politiques et dont pourtant la formulation n'est pas un diagnostic, mais un symptôme. Partout les hauts mur sont hérissés comme les tignasses loupo-garous en tessons de bouteilles, fragments de poteries, éclats de miroir, comme si pour défendre la propriété la ville se défaisait de sa peau de brique pour révéler l'animal qui sommeille en dessous, le reste des façades dégoulinant sous les ravages du guano verts des perruches de la même teinte désormais maîtresses du ciel londonien. Un peu partout les squats se développent anarchiquement bien loin de la notion originale destiné à créer un espace où d'autre types de relations étaient possibles fondées sur la confiance le partage, la liberté. Gonflé par une population qui s'est grossie de l'addition de générations d'immigrés dont les diverses diasporas ont littéralement nourris la cité, Londres est en proie à un racisme en perpétuelle augmentation,  l'islamophobie ayant remplacé l'antisémitisme originel Un constat sans concession que dresse cet auteur qui a grandi avec sa sœur Jémina dans une maison du nord-ouest de la cite londonienne, dans le quartier de Willesden, élevé par sa mère, une ancienne hippie Marxiste convaincu, China Mieville s’est efforcé d’écrire des romans dans chaque genre littéraire (western, roman maritime, roman policier) mais surtout des récits basés sur l’imaginaire qui s’articulent principalement autour de la cité-état de la Nouvelle-Crobuzon qui lui fit en partie inspirée par le chaos urbain du Caire. Il est à noter que des extraits de ce roman, précédé ici d’une nouvelle introduction, ont été publiés en mars  dans le New York Times Magazine. De nombreuse photos en couleur prises par l'auteur accompagnent avec bonheur les pages de ce livre.

vendredi 1 janvier 2016

Adamas Maître du jeu
AUTEUR :  Laurent LADOUARI (France)
EDITEUR : Pocket 16035, 1/2016 — 622 p., 8.40 €
SERIE : Volution 1
COUVERTURE : Christophe Evans
Précédente publication : HC Editions, 1/2014 sous le titre Cosplay — 408 p., 22 € — Couverture de Lorenze Petrantoni
→ Dans leur texte de présentation de l’auteur les éditions Pocket qui viennent de reprendre en poche le premier tome de la série Volution nous parle de Laurent Ladouari comme d’un écrivain prometteur né à Marseille et vivant à Paris, familier des milieux des grands groupes de médias et des cabinets ministériels où il a travaillé après ses brillantes études de diplômé de l’école Polytechnique et de l’école des Mines, qui a voulu transposer sa passion de la culture pop, de la peinture et de la Méditerranée en proposant une histoire écrite à la manière d’Alexandre Dumas et Jules Verne, mais remise au goût du jour pour les lecteurs de la saga Harry Potter. Personnellement, après avoir refermé ce livre captivant, j’y ajouterai des références science-fictives en rapprochant le récit de la série du Monde du Fleuve de Philip José Farmer. Le roman nous projette dans un proche futur où après la terrible Guerre du Pacifique,  la peau de chagrin du monde s’est rétrécie sur un seul continent coupé en deux par un Mur gigantesque qui sépare une capitale dominé par des oligarques sans pitié d’un monde extérieur à la misère croissante. L’histoire raconte l’OPA dévastatrice conduite par le Mystérieux Adamas, milliardaire objet de l’opprobre de la plupart de ses contemporains surnommé le gitan, qui a bâti un immense empire financier à l’origine notamment de la singulière école où sont formés les Nonpareils, des coupeurs de têtes puissance mille, choisis pour leurs capacités exceptionnelles et entraînés à développer des capacités psychiques hors du commun telle que l’art subtil de la suggestion. L’opa vise la société 1T, ancienne gloire de la fabrication de microprocesseurs, acculé à la faillite par des concurrents dynamiques tels que la redoutable Sinind installée en plein désert. L’intriguant dans tout cela c’est que le but avoué d’Adamas dans le rachat de 1T consiste à la détruire de l’intérieur. Pour cela il a décidé de faire participer l’ensemble de son personnel à un jeu obligatoire, le Cosplay. Et c’est là qu’intervient mon parallèle avec la série de Philip Jose Farmer racontant la résurrection dans une sorte d’univers parallèle de personnages historiques ou connus tels que Mark Twain, Richard Burton ou Herman Göring, amenés à y survivre de toutes les manières possibles. Or, dans le Cosplay, les joueurs sont invités à porter masques dissimulant leur véritable identité et empruntant celles de personnages célèbres et hétéroclites comme Madonna, Périclès, Jules César, Karl Max, etc… et même celui du fondateur de 1T, le mythique Nikola Protéus, ancien professeur de physique à l’école des Nonpareils. Dans la peau de ces sortes d’avatars les joueurs de Cosplay, où tous les coups sont bien sûr permis, utilisations d’armes comprises, dévoileront leurs véritables visages et leurs profondes rancœurs sur un fond de conflits de complots et de trahisons en tous genres précipitant l’entreprise dans le chaos, ce qui est justement le but du jeu. Mais parmi ces joueurs, Katie Dûma, pupille de la fondation Phénix créée par Adamas, toute jeune embauché de 1T, va utiliser toutes les ressources de son jeune talent pour s’opposer à la destruction programmée de la société de Proteus. A cet effet, elle remettre au goût du jour avec d’autres l’idée de conception d’une intelligence artificielle qui permettrait de modifier la donne en présence. Alternant les chapitres de narration pure et ceux nous introduisant au cœur même du jeu sous formes de dialogues entre joueurs, Laurent Ladouari nous concocte une galerie de personnages  tout a fait représentatifs d’un océan de  démocratie en décomposition dans lequel nagent des requins bien décidés à à se tailler la part du lion au sein du monde nouveau qui pourrait bien émerger de ces restes de civilisation allant droit dans le mur. Tancrède Malatesta devenu le bras droit d’Adamas après avoir hérité du fabuleux empire mafieux de son père, alors que son frère Julien a refusé ce legs nauséabond et vit en parfait anonyme dans la maison du père de Kathy Dûma. Franz Cabral, président de la Financière Ca’d’Oro, et meilleur ami d’Adamas. Ayako Miyazaki, maître de jeu experte dans le domaine du Cosplay ou Natacha Bolkonkskaïa, nonpareille devenue une tueuse accomplie, sans oublier Morad Aftani, simple voiturier de 1T aux capacités insoupçonnables ou Tycko Tartessov, directeur de l’information de la même 1T et génial inventeur qui a participé à l’essor de cette société aux côté du génial Protéus. Le tout débouche sur un roman protéiforme à la fois récit d’aventure et d’anticipation nous plongeant en pleine ambiance culture geeks avec des zestes de références orientales pour un voyage en eaux troubles au sein d’un univers rongés par les soubresauts d’un capitalisme débridé qui, par certains côtés peut nous rappeler quelques péripéties de notre propre quotidien et dont nous suivrons les prochains développement dans L’or des Malastesta, 2ème épisode de la série prévu aux éditions HC en mas 2016.
Autre couverture :

dimanche 26 mai 2013



La romance de Ténébreuse. Intégrale 2
(Recueil) Space Fantasy
AUTEUR : Marion Zimmer BRADLEY & Mercedes LACKEY (Usa)
EDITEUR : Pocket-Science-Fiction 7133, 3/2013 — 919 p., 13,90 €
TRADUCTION : Simone Hilling
COUVERTURE : Miguel Coimbra
SOMMAIRE :
Le loup des Kilghard (Two to conquer, 1980)
Les héritiers d'Hammefell (The heirs of Hammerfell, 1989)
Redécouverte (Rediscovery, 1993) avec Mercedes Lackey
Les édtions Pocket ont eu la bonne idée depuis quelques mois de reprendre en intégrale la série de la Romance de Ténébreuse de Marion Zimmer Bradley. Pour les rares lecteurs épris de SF qui n'auraient lu aucun romans de ce cycle, faut impardonnable à mon sens, un petit historique... Cottman IV, alias Ténébreuse, est une planète pourvue d'une atmosphère respirable et d'un écosystème plus ou moins terrestre sur laquelle s'est écrasé un astronef humain ayant dévié de sa trajectoire. Confronté à un climat rigoureux et à de dures conditions de vie, l'équipage et les colons que le navire transportait, parviennent à survivre en oubliant peu à peu leurs origines terrestres et en fondant une civilisation rurale assez semblable au monde médiéval qui se mêla au quelques races intelligence autochtones. L'originalité de cette civilisation réside dans les Comyn, le dirigeants de grands domaines proches des montagnes qui, grâce à des pierres bleues nommées les matrices et par la pratique de l'eugénisme, avaient développé de pouvoirs pouvoirs psychiques basés sur l'utilisation du laran donnant ainsi naissance à une société où la puissance de l'esprit avait pris le pas sur la technologie. C'est dans cet univers exaltant que nous plonge le second tome de cette intégrale qui débute par Le loup des Kilghard. Le récit nous plonge au temps des Cent Royaumes dans le domaine du roi Ardrin d'Asturias. Forcé de s'assurer la neutralité des belliqueux royaumes voisins, le roi a promit sa fille Carlina à son neveu et fils adoptif, Bard Di Asturien. Cependant le jeune homme est doté d'un caractère plutôt volcanique qui lui attire vite l'inimitié de son entourage. Machiste, dévoré d'ambition et doté de redoutables capacités de guerrier, il finit par se faire exiler de la cour d'Asturias. Devenu mercenaire dans les royaumes voisins, il ne pense qu'à prendre sa revanche en revenant combattre le roi Ardrin tout en récupérant Carlina, sa promise. Un roman qui, pour une fois, contrairement aux autres titres, ne met pas en scène un homosexuel comme personnage principal et qui revient sur le fameux Pacte des Hastur, interdisant les armes autre que le contact dans tous les domaines de Ténébreuse. Le sonde titre sur recueil, Les héritiers d'Hammerfell continue de nous exiler au temps des Cents Royaumes, pour un voyage dans les Hellers, territoire situé à la frontière du domaine des Aldarans, où va se dérouler une terrible vendetta entre le clan des Hammerfell et celui des Storn. En effet, le duc d'Hammerfell, vient juste d'avoir deux jumeaux, Alaistair et Conn, de sa jeune femme Erminie, lorsque les troupes des Storn lancent contre son clan une attaque décisive. Dans sa fuite, Erminie perdu Conn, confié au vieux Markos, mais parvient à trouver refuge avec Alaistair, désormais héritier en titre du domaine d'Hammerfell, chez les seigneurs d'Hastur et de la Tour de Thendara. Cependant, dans les Hellers, Conn grandit et, quinze ans plus tard, il se lance dans une guérilla sauvage contre les Storn afin de récupérer sa couronne. Enfin Redécouverte, le troisième roman de ce recueil, co-écrit avec Mercedes Lackey, narre l'histoire de la reprise de contact de l'Empire Terrans avec les peuples de Ténébreuse. Tout commence avec la jeune et ambitieuse Leonid Hastur qui, alors qu'elle s'apprête à entrer en réclusion dans la Tour de Dalereuth pour devenir leronis, utilise son laran pour dégager les nuages qui l'empêche d'assister à une conjonction des quatre lunes de Ténébreuse. Une manipulation qui s'affiche sur les moniteur météorologiques installé sur l'un des satelites de Cottman IV par l'équipage du Minnessota, un vaisseau d'exploration de l'empire terrien. Frappé par disparition soudaine de cette tempête, les jeunes terriens David Lorne, Elizabeth Mackintosh et Ysaye, une informaticienne musicologue, empruntent une navette pour se livrer à une première exploration de la surface de Ténébreuse. Cependant, le vaisseau s'écrase dans les montagnes enneiges de la planète. Tandis que Léonie, découvre la première la présence des naufragés grâce à son laran, c'est Kermiac d'Aldaran, un grand seigneur des Hellers plutôt indépendant, qui vient à leur secours, alors que David, Elizabeth et Ysaye sont les premiers à pouvoir communiquer avec les ténébrans par l'intermédiaire de leurs pouvoirs psy latents. Un récit qui met en scène plusieurs personnages qui s'illustreront plus tard dans de nombreux autres romans du cycle.

lundi 18 mars 2013

Gravité
(Roman) SF / Space Opera / Hard-Science
AUTEUR : Stephen BAXTER (GB)
EDITEUR : Pocket SF 7022, 2/2013 — 348 p., 8.10 €
SERIE : Cycle des Xeelees 1
TO : Raft, 1991
TRADUCTION : Guillaume Fournier
COUVERTURE : Blacksheep (photographie)
SOMMAIRE : « Introduction à la Baxtériologie » préface de Emmanuel Tollé
Précédente publication : Le Bélial, 9/2008 — 304 p., 21 € — Couv. : Manchu
Critiques : www.actusf.com (Arkady Knight) ; Bifrost 53 (Jean-Pierre Lion) ; www.cafardcosmique.com (Arrakan) ; www.noosfere.com (René-Marc Dholen) ; www.scifi-universe.com  (Manu B)
Ce premier volume du cycle des Xeelees nous propulse dans La Ceinture, un agrégat de matériaux archaïques peuplé de mineurs. C’est là qu’évolue le héros du roman, Rees, une jeune orphelin qui passe le plus clair de son temps à creuser le cœur de fer de l’étoile morte autour de laquelle la Ceinture gravite, et out cela pour le seul bénéfice des nantis du radeau, une sorte de cité dortoir, siège du savoir scientifique dont tous les mineurs dépendent depuis des générations. En fait, depuis qu’un vaisseau spatial humain s’est échoué au centre d’une nébuleuse à l’air respirable et à l’hyper-gravité entraînant des tas de conséquences sur les races humaines et non-humaines qui occupent désormais les lieux. L’explosion d’une fonderie et les confidences d’une Taupe, ces machines capables de répondre aux questions correctement posées,  finit de convaincre Rees, adolescent introverti et bourré de curiosité, que la nébuleuse est en train de mourir. Pour en savoir plus, il va partir à bord d’un vaisseau-arbre piloté au brasero, en direction du Radeau, vestige d’un vaisseau spatial originel, afin de trouver les réponses aux multiples questions qu’il se pose. Là-bas, il vivra toutes sortes d’aventures le transformant en sorte de prophète messianique destiné à sauver l’humanité de la nébuleuse agonisante. Un parcours initiatique qui permettra aux lecteurs de découvrir, en même temps que Reis où et comment vit le reste de la population humaine, ce qu’elle fait là, quel est cet endroit, le tout sur fond de civilisation extraterrestre inconnue, les Xeelees et de rencontres extraordinaires comme les fascinantes baleines volantes et les mystérieux Osseux. Premier roman de l’auteur britannique Stephen Baxter, ce récit, dont le cadre initial fait parfois penser à L’Anneau-Monde de Larry Niven, mélange à la fois le space opera et la hard-science, deux thématiques rendues abordables dans ce livre grâce au talent de conteur de l’auteur et à sa facilité à romancer les notions complexes de la physique. Jouant avec brio du sens of wonder apprécié par les amateurs de SF, de l’extrapolation scientifique chère aux fans de hard-science, d’une certaine misanthropie sociale condensé à travers une rude lutte des classes, de l’aventure juvénile à la Citoyen de la galaxie de Heinlein, Stephen Baxter inaugure ici un cycle qui sera suivi de Singularité, Flux et Accrétion et qui permettra aux lecteurs français de parfaire leurs connaissance sur ce romancier déjà bien traduit en France à travers des œuvres comme la Trilogie des Univers multiples (Temps, Espace, Origine), celles des Enfants de la destinées (Coalescence, Exultant et Transcendance) ses trois dyptiques Evolution et Voyage, Arche et Déluge, ses romans tels que Poussière de lune, Les vaisseaux du temps, sa collaboration avec Arthur C. Clarke pour la trilogie L’Odyssée du temps (L’œil du temps, Tempête solaire et les Premiers-Nés). Un ivre qui a fait d’un abondant matériel critique sur les sites et revues francophones comme le prouve la liste énumérée ci-dessus et qui vous permettra, éventuellement, de vous faire une idée plus approfondie de cette œuvre.
Autre couverture :

mercredi 2 janvier 2013

Starfish
(Roman) ThrillerSF
AUTEUR : Peter WATTS (Canada)
EDITEUR : Pocket, 9/2012
TO : Starfish, St Martin’s Press, 12/1999
TRADUCTION : Gilles Goullet
COUVERTURE : Mike Hill
Précédente publication : Fleuve Noir-Rendez-Vous Ailleurs, 9/2010 - 384 p., 22 € -Couv. : Mike Hill
Critiques : www.actusf.com (Chloé) ; Bifrost 60 (Olivier Girard) ; www.cafardcosmique.com (Pete Bondurant) ; www.scifi-universe.com (Nicolas B. & Manu B.)
-- Comme dans « Vision aveugle » précédent roman de l’auteur, Peter Watts nous transporte dans le Futur proche de la Terre. Une Terre où les conflits sociaux et environnementaux  n’ont fait qu’empirer, tandis que le net, promesse de communications débridées, a été parasité. C’est dans ce contexte que les Etats-Unis, sous l’égide de l’ARE, puissante multinationale, on installé Beeben une station géothermique sous-marine situé à proximité de la plaque Juan de Fuca (Nord-Ouest Américain), prés de la cheminée Chaner, afin de récupérer l’énergie nécessaire à une région de la surface surpeuplée par les déplacements de populations engendrés par les modifications climatiques. Là vivent six « rifters » des individus triés sur le volé et génétiquement modifiés. Un de leur poumon a été remplacé par une branchie qui leur permet de respirer aussi bien dans l’air que dans l’eau et des membranes rétractables situées sur leur calotte oculaire leur permettent de voir sous l’eau dans l’obscurité dotale des grands-fonds. Retranchés du monde  des « sécheux », nom donné par opposition à ceux de la surface, ces individus choisis pour des critères déviants précis portent cependant le poids d’un passé de névrose fait de tentatives de suicides, de viol de pédophilie, et de tendances psychotiques qui semblent devoir mieux les préparer pour résister au stress de ce confinement au sein d’une environnement hostile situé à plus de 10 000 mètres de profondeurs. Landy Clarke, la première de ses enrôlées va toutefois vite se rendre compte qu’il leur faudra cohabiter au sein d’un huis clos propice à la paranoïa, tandis que chacun d’entre eux tente de se faire une place au sein de la hiérarchie sociale de l’équipe en utilisant touts les moyens possible, y compris le sexe et la violence. Peu à peu, la pression des profondeurs conjuguée à celle de leur nouveau mode de vie transforme leur personnalité à la fois victime de la folie, des appréhensions et des doutes liés à leur isolement contre nature, mais aussi a une transformation inattendue liée à la teneur de l’eau autour des cheminée de faille qui affecte leur système de respiration artificielle bousculant irrémédiablement leur personnalité et leurs perceptions. L’intrigue, évoluant au grés des points de vue des différents personnages et suivant des pistes indépendantes les unes des autres, nous promène avec des yeux grands ouverts dans ce huis clos rendu encore plus angoissant par la présence de monstres marins qui cernent de tous côté cette petite station expérimentale, ainsi que par la découverte d’un curieux appareillage situé non loin de Beebe qui s avère être une bombe nucléaire. Qui l’a placé là et dans quel but ? Bientôt les simples enjeux de besoin en énergie géothermique vont s’intégrer dans la toile d’événements beaucoup plus vaste et d‘une importance capitale qui prennent en compte les notions d’intelligence artificielle, d’évolution et de survie de l’espèce humaine. Il est à noter que les sous-chapitres Constrictor  et Une niche sont la réplique de la nouvelle Une niche déjà publiée dans le n°54 (avril 2009) de la revue Bifrost légèrement remaniée.  Toute à la fois marqué de réminiscences au Solaris de Stanislas Lem adapté au cinéma par Andrei Tarkovski, le vide de l’espace rejoignant celui des profondeurs, à Abyss de James Cameron à travers sa dimension de confinement sous-marin et d’environnement étranger, voire au Shinning de Kubrick par son isolement destructeur du fond psychologique, ce  premier roman écrit par Peter Wash, éminent biologiste marin canadien qui utilise toute sa maîtrise des bases scientifiques afin d ‘en élaborer la complexe trame, s’inscrit en tant que premier tome d’une trilogie  qui a été suivie par la publication Rifteurs (2011) et Béhémoth (2012) aux éditions Fleuve Noir, premier éditeur de l’ouvrage en grand format, en attendant la prochaine reprise en poche chez Pocket.

dimanche 25 novembre 2012


 La saga des sorcières
(Romans)
AUTEUR : Anne RICE (Usa)
EDITEUR : Pocket-Romans étrangers , 10/2012 — 992 p., 10.50 €, 800 p., 9,80 € & 640 p., 9,10 €
TO : The witching hour, 1990 / Lasher, 1993 / Taltos, 1994
TRADUCTION : Annick Granger De Scriba
COUVERTURE : Sylvie Dupuis
→ Pour les amateurs de littérature de l’imaginaire lorsque l’on évoque le nom de Anne Rice résonne avec les célèbres Chroniques des vampires (12 volumes au total) immortalisé par le Entretien avec un vampire film du réalisateur américain Neal Jordan sorti en 1994 et adapté du premier roman de la série. Mais, quand on aura survolé rapidement son approche de la littérature érotique à travers Les Mésaventures de la Belle au Bois Dormant (3 tomes chez Robert Laffont), on découvrira avec bonheur qu’elle a également traité une autre thématique majeure du domaine du Fantastique, celle des Sorcières. Les éditions Pocket nous propose aujourd’hui de retrouver sous ne élégante couverture noire orné des dessins stylisés de Delphine Dupuy les trois volumes de la série Le lien maléfique (1er publication, Robert Laffont 1992), L’Heure des sorcières (Laffont, janvier 1995) et Taltos (Laffont, janvier 1996). A travers les romans de cette trilogie, Anne Rice nous raconte l’histoire de la famille Mayfair qui a le redoutable privilège d’abriter en son sein d’indéniable sorcières, génération après génération.
Dans Le lien maléfique, premier roman du cycle, nous découvrant Deirdre Mayfair, dernière descendant de cette ancienne et puissante famille que la plume sensuelle et évocatrice de l’auteur insère dans le décor envoûtant d’une vieille maison de la Nouvelle Orléans aux pierres dégoulinantes de sombres souvenirs et de malédictions latente. Deirdre est vielle et n’a plus toute sa raison depuis qu’on lui a enlevé sa fille Rowan pour la soustraire à sa funeste influence. Et derrière les grilles enserrant le jardin de cette antique demeure Aaron Ligther, l’envoyé de la mystérieuse société secrète Talamasca, épie et consigne les moindres de ses faits et gestes, comme l’ont fait ses prédécesseurs avant lui. Un Aaron qui entrera également en contact avec Rowan devenue une brillante neurochirurgienne qui exerce à San Francisco. Une jeune femme qui mènerait une existence plutôt normale si les gens envers qui elle avait ressenti une profonde animosité n’avaient pas trouvé subitement la mort, comme son père adoptif et un homme qui l’avait agressé. Se bornant à des rencontres sans lendemain, sa vie prend un tournant décisif lorsqu’elle sauve Michael Curry de la noyade cet artisan renommé est comme elle originaire de la Nouvelle Orléans et, depuis qu’il a rencontré Rowan, il est assailli par d’étranges visions qui le poussent à retourner dans a ville natale où bien sûr Rowan le suivra après avoir appris la mort de sa mère. De quoi faire redouter à Aaron qu’elle soit à son tour victime du lien maléfique symbolisé par Lasher, un esprit tortueux et maléfique qui hante la famille Lasher depuis le XV° siècle en héritant des pouvoirs de sorcellerie que les femmes du clan se transmettent en même temps que leur fortune colossale et une splendide émeraude verte depuis qu’elles ont quitté leur Ecosse natale où elles dont apprendre à survivre à de nombreuses persécutions.
L’Heure maléfique, second volet de cette trilogie, nous retrouvons Rowan revenue à la Nouvelle Orléans avec Michael Curry devenu son amant et de qui elle attend un enfant. L’occasion de cette naissance est trop belle pour l’esprit Lasher qui trouve que les femmes Mayfair se détournent trop de la magie. Avec la grossesse de la treizième sorcière, la puissante héritière des pouvoirs de Deirdre Mayfair, il sent que l’heure est venue pour lui de rétablir son ascendant sur cette fabuleuse famille. Dés lors il concentre tous ses pouvoirs pour s’incarner dans le nouveau né qui, en quelques heures, acquiert sa taille adulte , tout en se mettant à parler et à marcher. Rendu diaboliquement intelligent par l’intermédiaire de l’esprit qui l’habite, cet enfant animé par une jalousie dévorante ne rêve que de devenir le plus puissant sorcier du monde. Prêt à tout pour parvenir à ses fins, il n’hésite pas à violer sa propre mère qui accouchera d’Emaleth, une autre enfant qui parle, et à s’enfuir avec eux. Michael, aidé d’Aaron et des la puissance du clan Mayfair met dés lors tout en œuvre pour les retrouver. Cependant Lasher pourrait bien n’être pas simplement un esprit maléfique, mais aussi le descendant des Taltos, ces géants celtiques de la légende qui s’unissent avec les sorcières depuis des générations afin de perpétrer leur espèce. Entre-temps, Mona jeune fille surdouée de 13 ans, reçoit l’émeraude des héritières Mayfair et se rapproche insensiblement de Michael grièvement blessé dans sa traque.
Taltos nous permet de retrouver les personnages de la série pour une conclusion dramatique à souhait. Lasgher a été tué par Michael et Emaleth par sa propre mère, Rowan, qui comme beaucoup d’héritière de la famille, a sombré dans une folie temporaire. Mona s’impose dés lors comme celle qui doit prendre la tête de l’empire Mayfair. Toutefois, elle est également enceinte d'un futur enfant-qui-parle, déjà prénommé Morrigan. Déterminé à la protéger coûte que coûte des mauvaises influences de la Nouvelle Orléans, elle s’enfuit dans le bayou avec sa cousine Mary-Jane sans soir si Rowan et Michael laisseront vivre son enfant. En même temps nous découvrons Mr Ash, géant philanthrope gérant son immense fortune de sa demeure de New York. Alors qu’il croit être le dernier survivant de son espèce, il apprend que l’un des siens serait apparu en Écosse, là où jadis il dirigeait son propre clan avant l’arrivé des Romains. Il décide de partir aussitôt sur ses traces et sa trajectoire l’amènera à croiser celle des membres de la famille Mayfair, ces femmes dotés de pouvoirs exceptionnels avec qui sa race semble liée depuis de nombreuses générations. Avec ce dernier roman, Anne Rice nous plonge jusqu’aux racine de ces héroïnes étroitement mêlées au légendaire celte (avec les concordance des Deirdre ou Morrigan), tout en continuant d’explorer les méandre ensorcelants fruits des amours des humains entre les esprits. Elle y conclut une série riche d’un fantastique mystique et baroque où transparait sa prédilection pour les personnages d’enfant atypiques (Lasher et Emaneth répondant à la Claudia d'Entretien avec un vampire) et sa passion pour la Nouvelle-Orléans,, la ville où elle réside, finement décrite à travers la maison vivante siège de la famille Mayfair.
Des sorcières qui feront des apparitions dans d’autres romans hors cycle tels que Le domaine Blackwood, Cantique sanglant et Merrick, ce dernier mettant également en scène des protagonistes du cycle des Chroniques des vampires.

lundi 17 septembre 2012



Les chroniques des elfes. Intégrale
(Recueil) High Fantasy
AUTEUR : Jean-Louis FETJAINE (Fr)
Né en 1956 et diplômé de philosophie et d’histoire médiévale, c ejournaliste a fait une entrée fracassante de le domaine de la fantasy avec sa « Trilogie des elfes » publiée à partir de 1998 aux éditions Belfond. Depuis, il n’a pas quitté le domaine du merveilleux où il a même créé un collection portant son nom éditant de remarquables ouvrages centrées sur les paysages et les peuples de la féerie.
EDITEUR : Pocket-Fantasy 7121, 8/2012 — 648 p., 13,90 € — Couv. : Jessica Jung
SOMMAIRE :
Llane
Précédentes publications : Fleuve Noir-Hors collection, 5/2008 — 265 p., 19 € — Ser. : Les chroniques des elfes 1 — Couv.: Sandrine et Jean-Baptiste Rabouan & PocketFantasy 5991, 4/2009 — 320 p., 8 € — Couv. : John William Waterhouse
Critiques : www.elbakin.net (Gillossen-Interview) ; Khimaira 15 (Christophe Sambre) : Lanfeust 110 (Dometoff, Gaspérini & Cie)
L'elfe des Terres Noires
Précédentes publications : Fleuve Noir-Hors Collection, 4/2009 — 264 p., 19 € — Ser. : Les chroniques des elfes 2 — Couv.: Sandrine et Jean-Baptiste Rabouan & PocketFantasy 7021, 4/2010 — 256 p., 7 € — Couv. : John Simmons & John William Waterhouse
Critiques : www.elbakin.net (Alethia-Interview) ; www.noosfere.com (Lucie Chenu) ; www.yozone.fr (François Schnebelen)
Le sang des elfes
Précédentes publications : Fleuve Noir-Hors Collection, 4/2010 — 300 p., 19 € — Ser. : Les chroniques des elfes 3 — Couv.: Sandrine et Jean-Baptiste Rabouan & PocketFantasy 7063, 5/2011 — 268 p., 7,40 € — Couv. : John William Waterhouse
Critiques :www.elbakin.net(Vermithrax) ;  www.yozone.fr(François Schnebelen)
→ Une intégrale qui reprend les trois opus de la série Chroniques des elfes, retraçant les événements s'étant produits avant la fameuse Trilogie des elfes qui a déboulé dans le domaine de la Fantasy francophone comme un Ovni littéraire encensé par la critique, permettant à son auteur, Jean-Louis Fetjaine, d'être reconnu comme l’un des meilleurs représentants du genre et de toucher un innombrable public. Le premier tome, intitulé llane, nous ramène à une époque où les hommes avaient oublié les anciens dieux et vénéraient un être supplicié sur une croix frère Edern et ses ouailles s’aventurèrent dans la Forêt, le domaine séculaire du peuple de Dana. Les archers elfes les massacrèrent. Mais Maheolas, un jeune moine, échappa à la tuerie. Après une pénible errance dans ces bois Eliande, il est capturé par les elfes de Cill Dara et placé sous la garde du druide Gwydion. Dirigée par Arianwen, la reine des elfes, le conseil du peuple de Dana aurait décidé sa mort, si Gwydion ne s’y était pas opposé. En effet, en jetant les runes, il a découvert que le destin de Maheolas est étroitement lié à celui de Llane, la propre fille de la reine, et que de leur sort dépendra l’avenir du monde. Un monde où résonnent désormais les rumeurs de guerre. Et pour les elfes la principale menace ne représente plus désormais l’avancée des hommes guidés par leur nouvelle religion, mais plutôt d’énormes loups noirs qui attaquent leurs clans de chasse. Car ceux-ci sont guidés par les kobolds, les hommes-chiens, maîtres des grands loups de guerre. Ames noires des loups, ces derniers sont la voix de Celui-qui-ne-peut-être-nommé, et leur réapparition en grand nombre annonce le retour de cette créature de l’En-Dessous désireuse de plonger le monde dans d’insondables ténèbres. Bientôt des hordes de monstres, loups, kobolds, orcs et autres créatures démoniaques se répandent à travers les bois en une intarissable armée contre laquelle les humains sont impuissants. Le prince Pellehun les combat sans merci dans le bourg de Bassecombe envahi et ravagé. Tandis qu’il attend avec appréhension les renforts venus de Loth avec à sa tête son père le roi Kern, qui se dirige tout droit dans le piège tendu par les monstres, il envoie les derniers survivants de sa troupe dans les montagnes, afin de rejoindre Seuil-des-Roches, le village des barbares des Marches. Pendant ce temps les elfes d’Ellande, conduits par le roi Morvryn et la reine Arianwen, livrent une féroce bataille contre l’armée des Terres Noires. Mais Lliane disparaît au cours de l’affrontement, ainsi que le moine Maheolas, qui s’est échappé et qui, capturé par les orcs, a fini par s’agenouiller devant Celui-qui-ne-peut-être nommé. Le second volet, L'elfe des Terres Noires, nous invite à retrouver Llane, princesse héritière des elfes d’Eliande. Retenue prisonnière au sein des Terres Noirs, chasse gardé de Celui-qui-ne-peut-être-nommé, elle doit se familiariser avec les mœurs cruelles de ses habitants, si elle veut survivre. Mais elle fait mieux, elle découvre peu à peu un d’humanité dans les orcs et les gobelins. Créatures réelles, et non uniquement êtres magiques surgis du néant, ils naissent, grandissent, se nourrissent, dorment au sein d’une organisation sociale qui leur est propre, avec des villes, comme la ténébreuse cité d’Omkünz où la princesse héritière est détenue en même temps que le moine novice Maheolas. Au fil des rencontres de Llane, on apprend que ces créatures maléfiques peuvent également éprouver des sentiments. C’est donc sur certains d’entre eux qu’elle s’appuiera pour préparer son évasion afin de rejoindre un monde où le contexte belliqueux se durcit car les hommes et les elfes s’apprêtent à y livrer une nouvelle bataille. Un monde où Dubricius, l’évêque de Logres, cherche à engager Pellehun, le fils du roi Ker, dans sa croisade fanatique contres les hérétiques, incluant les elfes, sensé détenir le graal, dans le même panier que les créatures du ténébreux royaume de Lug. Alors que Celui-qui-ne-peut-pas-être-nommé semble posséder un esprit d’ouverture qui pourrait rallier à sa cause des elfes et même des hommes. Un seul peuple pour un seul dieu, la doctrine prônée par Lug s’apparente à celle d’Hitler et de ses Nazis qui, avant de déferler sur l’Europe, avait su séduire les foules par des arguments autres que la violence pure (égalité sociale, justice territoriale, etc…). De son côté l’Evêque brandit l’étendard d’une croisade destinée à éradiquer toute forme de survivance païenne et tout foyer d’hérésie en devenir, incluant l’extermination des humains réfractaires et des elfes, bien entendu. Unifier les peuples et soumettre le monde dans la douleur et le sang, tel est le but avoué des adorateurs de Lug. Un objectif que partage le Prince des Hommes et les plus hautes autorités de l’Eglise, chacun d’entre eux étant prêt à toutes les bassesses, à toutes les trahisons et à toutes les ignominies pour y parvenir. Les plus improbables alliances naîtront donc dans le second tome de cette série dont l’intrigue se déroule telle une judicieuse partie d’échec traversées par des personnages en devenir du prochain triptyque et par d’autres qui n’apparaîtront pas dans la Trilogie des elfes, et qui vivent ici des histoires parallèles. Enfin, Le sang des elfes, vient conclure cette nouvelle et remarquable trilogie. Évadée des Terres Noires, Lliane a été recueillie par les Nains. Chez eux elle a rencontré le roi Troïn qu’elle s’est efforcée de convaincre que seule un alliance des peuples en périls pourrait permettre de contrer les projets d’invasion de Celui-qui-ne-peut-être-nommé, d’autant plus que ces derniers seront en première ligne lorsque les troupes d’orcs et de gobelins déferleront sur le monde. De retour chez les siens, Lliane, devient logiquement la reine des elfes. L’alliance des trois peuple semble en bonne voie, mais la mort subite du roi Ker, compromet sa réalisation, car son fils Pellehun qui l’a remplacé à la tête du royaume de Logres, doit beaucoup à Dubricius, le puissant évêque qui prône une hégémonie des hommes sur les autres races. Désormais c’est sur les épaules de Lliane que repose la survie de cette primordiale coalition. Et le temps presse, car les hordes démoniaques sont passées à l’attaque. Déjà elles déferlent sur la forteresse d’Agor-Dôl où les nains leur offrent une héroïque résistance se sacrifiant ainsi pour le salut des hommes des plaines et des elfes de la forêt d’Eliande. Ce sont ensuite les elfes qui subiront le second assaut. Galvanisés par la mort de leur souveraine Arianwen, ils plient mais ne rompent pas face à la furia des troupes démoniaques. Fascinés par leur courage et persuadés avec patience et diplomatie par l’active nouvelle reine, les hommes finiront par se joindre à eux afin de combattre leurs mortels ennemis, bientôt rejoint dans cette bataille de la dernière chance par les valeureux nains de Torïn. Complétant à merveille son tour horizon des divers peuples de son monde, agrandissant sa galerie de personnages et apportant la dernière touche aux intrigues nouées dans les précédents tomes, Jean-Louis Fetjaine, en conteur émérite, nous délivre un récit épique qui plante les bases de son fascinant univers déjà exploité dans sa célèbre Trilogie des elfes. Un peu à la manière d’un érudit découvrant sur les rayonnages de la bibliothèque d’un monastère un vieux manuscrit aux pages poussiéreuses, nous plongeons dans ce livre qui nous entraîne aux racines d’une histoire légendaire dont les soubresauts n’ont pas encore fini d’agiter les mondes des elfes, des hommes et des nains et dont certaine pages ne sont pas sans entretenir un rapport étroit avec des morceaux de notre propre Histoire encombrée par tout un lot de tombereaux d’horreur. Nullement gêné par le fait de décrire un monde dont la fin a déjà été abordée dans la série précédente, Jean-Louis Fetjaine prend un malin plaisir non à raconter comment les personnages meurent, mais comment ils deviennent des acteurs-clés du récit. En cela il rejoint la longue liste des créateurs de préquelles, Elric des dragons pour l’Elric des Moorcock, les préquelles au Larmes d’Artamon de Sarah Ash, celles des Chroniques de Dragonlance de Weis et Hickman, ou de Robin Hobb avec Retour au pays pour les cycles de L’Assassin Royal et des Aventuriers de la mer pour ne citer qu’eux…, et nous confirme, une fois de plus, son immense talent d’écrivain.
Les séries de l'auteur :
La Trilogie des elfes
1.Le crépuscule des elfes
2.La nuit des elfes
3.L'heure des elfes
Les chroniques des elfes
1.Lliane
2.L'elfe des Terres Noires
3.Le sang des elfes
A lire pour en savoir plus :
► « Jean-Louis Fetjaine, l’ami des elfes. Rencontre avec l’auteur de la trilogie des Chroniques des elfes  » par Christophe Van de Poseele, sur le site www.khimaira-magazine.com , 5/2009.
► « Interview » par Alethia à propos de la parution de L’Elfe des Terres Noires sur le site www.elbakin.net, 4/2009.
► « Interview » par Gillossen à propos de la parution de Lliane sur le site www.elbakin.net, 5/2008.
► « Interview de Jean-Louis Fetjaine pour ses séries sur les elfes » par Kobold sur le site http://peuple-feerique.com, 5/2009.