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dimanche 9 février 2014

Cœur d’Acier
(Roman) SF / Dystopie / Superhéros / Fantasy urbaine
AUTEUR : Brandon SANDERSON (Usa)
EDITEUR : CALMANN-LEVY-Orbit, 12/2013 — 326 p., 14.90 €
TO : Steelheart, Delacarte Press, 2013
TRADUCTION : Mélanie Fazi
COUVERTURE : Mike Bryan
→ Brandon Sanderson aime bien la peinture d’univers sombres dans lesquels ses héros surnagent et fond le maximum pour mettre fin à la désespérance ambiante. Si dans sa précédente série « Fils-des-Brumes » il nous peignait un univers de cendres sous la coupe d’un univers impitoyable, pour le premier tome du cycle de « Cœur d’Acier » il intègre la thématique des super-héros au sein d’un environnement urbain et métallique qui n’a rien à envier au premier en ce qui concerne la domination despotique. Le postulat de base prend ses racines au cœur de l’espace, entendez la proche banlieue de la Terre où l’apparition de la Calamité, un astre rouge qui brille dans le firmament et dont les éclats sont venus frapper sur Terre un groupe d’élus. Mais rien à voir avec la kryptonite de notre bon superman, ici ce sont les méchants qui se sont trouvés valorisés. Transformées en Epiques, ils sont devenus quasiment invincibles, c'est-à-dire qu’aucune balle ne peut les blesser, qu’aucune épée ne peut trancher leur peau, qu’aucune explosion ne peut les détruire. Bien entendu, ils se sont empressés de mettre le monde en coupe réglée, anéantissant sans pitié ceux qui tentaient de s’opposer à leur hégémonie dévorante. Telle a été le cas de Newcago, une cité qui a subit un traitement de choix, puisqu’elle est passée sous la férule d’un Epique puissance dix, le dénommé Cœur d’Acier. Quelques temps après son arrivée et la soumission des quelques Grands Epiques tels que Brasier, Confluence et Maître-Nuit, assurant désormais sa garde rapproché, Cœur d’Acier à procédé à la Grande Transfersion, transformant en acier grâce à ses formidables pouvoirs la majeure partie de la Vieille Ville, créant grâce a ses Tunneliers plusieurs niveaux de rues basses entièrement métalliques. Puis, il avait commencé à imposer son règne de terreur s’appuyant sur une oligarchie d’Epique, mais aussi d’humains assurant le fonctionnement administratif de la cité en contrepartie d’une relative aisance par rapport au reste de la population. Seul avantage dans l’histoire, à Newcago il y avait de l’électricité, de la nourriture et de l’eau, alors que le reste de la planète était soumis au chaos propagé par les divers Epiques qui se battaient pour des Territoires et des groupes militaires ou paramilitaires qui visaient le même but. Cependant Newcago possédait aussi son mouvement de résistance en la personne des Redresseurs. Ce groupe d’hommes et de femmes réunis dans la clandestinité avait consacré leur vie à étudier le point faible des Epiques afin de les détruire. Et c’est lors de l’exécution de Fortuité, l’un des plus vicieux d’entre eux, que le jeune David Charleston avait décidé de les rejoindre. Bien qu’il leur ait sauvé la mise dans ce cas précis, les Redresseurs étaient trop méfiant pour accueillir à bras ouvert cet inconnu que l’efficace Megan avait ramené dans leur cache. Pourtant, même le perspicace Prof, chef incontesté du réseau, finit par se laisser convaincre par le dernier argument avancé par David : il avait vu saigner Cœur d’Acier. Cela s’était passé dix ans auparavant, lors de l’arrivée de ce dernier à Newcago et durant son intervention dans une banque où il était venu mettre un terme aux agissements meurtriers de l’Exécuteur, un Epique qui marchait dangereusement sur ses plates-bandes. Et Cœur d’Acier avait tué le père de David, et David avait juré de se venger. L’intrigue ainsi posée ont peut compter sur le talent d’écrivain de Brandon Sanderson pour la développer et l’enrichir au fil des pages, laissant planer un voile de mystère sur tout ce qui entoure les Epiques, jouant avec habileté des « cliffhangers » en fin de chapitre, distillant les informations avec parcimonie pour captiver l’attention du lecteur et lui en dévoiler assez pour la compréhension globale du récit. De quoi donc cautionner cette nouvelle apparition de l’auteur de la série « Elantris » qui, en prenant à rebours la thématique des superhéros, un peu comme cela avait été fait dans la série des « Gardiens » (The Watchmen) d’Alan Moore et Dave Gibbons, adaptée au cinéma par Zach Snyder, nous dépeint un univers alternatif où les surhommes emploieraient leurs super-pouvoirs, non pour faire le bien, mais pour satisfaire leurs plus noirs penchants. Un point de départ original qui ne devrait pas tarder à intéresser les producteurs de films à gros budgets et à effets spéciaux sophistiqués.

dimanche 23 décembre 2012

Brandon Sanderson Bibliographie


SANDERSON Brandon (Usa)
Né dans le Nébraska en 1975, Brandon Sanderson a écrit pendant de nombreuses années avant que l’éditeur américain Tor n’accepte son roman « Ellantris » qui le propulsa sur le devant de la scène des écrivains de Fantasy. Fort de succès, il a été contacté par la veuve du romancier Robert Jordan afin de poursuivre son cycle de « La roue du temps » resté inachevé. Une tache dont il s’est honorablement acquitté
BIBLIOGRAPHIE (évolutive)
Série
Alcatraz (Mango)
Alcatrax contres les infâmes bibliothécaires
Alcatraz contre les ossements du scribe
Alcatraz contre les traîtres de Nalhalla
Elantris (Orbit)
1.Chute
2.Rédemption
*Omnibus
Fils-de-Brumes (Orbit)
1.L’Empire Ultime
2.Le puits de l’ascension
3.Le héros des siècles
4.L'alliage de la justice
Livres
Warbreaker (Orbit)
Articles
● « Interview de Brandon Sanderson, l’auteur d’Elantris » par Forandan sur le site www.elbakin.net, 1/2006.
● « Interview de Brandon Sanderson ! » par Thys sur le site www.elbakin.net, 3/2006.
● « Brandon Sanderson se livre à nos questions » par Thys sur le site www.elbakin.net, 12/2006.
● « Interview de Brandon Sanderson qui reprend La roue du temps » par Luigi Brosse sur le site www.elbakin.net, 10/2007.
● « Les premières lignes de Sanderson pour A memory of light, c’est pour bientôt ! » par Luigi Brosse sur le site www.elbakin.net, 2/2008
Warbreaker
(Roman)
AUTEUR : Brandon SANDERSON (Usa)
EDITEUR : Calmann Lévy-Orbit, 10/2012 — 560 p., 23,50 €
TO : Warbreaker , Gollancz, 12/2011
TRADUCTION : Mélanie Fazi
COUVERTURE : Sam Green
Warbreaker, entre bien d'autres choses, l’histoire de deux sœur, Vivenna et Siri. Toutes deux sont princesses du royaume d'Idris. Mais si la première, l’aînée, a été élevée dans le but de devenir un jour l’épouse de Susebon le Dieu-Roi du royaume rival d’Hallendren, l’autre est avant tout un esprit rebelle qui veut croquer dans la vie à pleine dents. Toutefois, lorsque le moment vient de sacrifier sa fille pour retarder les visées bellicistes d’Hallendren, contre toute attente, le roi d’Idris choisit Siri pour honorer le pacte passé avec son dangereux voisin. Car la légende raconte qu’Idris fut fondé par la famille royale d’Hallandren forcée à l’exil car elle avait refusé  de se plier à la magie biochromatique. Une magie basée sur les couleurs que l’on peut percevoir et ultiliser en tant que carburant lorsque on possède également la Respiration, cet ersatz de l’âme humaine, que l’ont peu donner ou recevoir, et sans laquelle il est quand même possible de vivre. Dés lors, celui qui catalyse dans son propre corps plusieurs Respirations et qui sait se servir des couleurs est désormais capable de redonner vie aux êtres humains, les transformant ainsi en redoutables guerriers. Tel est le cas de Susebron, l’un de ces êtres morts auréoles de gloire qui est revenu en dieux et vie confiné dans le Panthéon de T’Telir, la capitale de Hallandren aux côté de Chanteflamme, dieu cynique qui ne croît pas à la religion dont il est pourtant l’un des piliers et à l’exploitation du peuple qui en découle. Jouant avec bonheur de la dualité entre le monde coloré d’Alexandre et la grisaille d’Idris qui se bat depuis toujours contre l’hérésie biochromatique, exploitant avec brio la thématique de dieux ressuscités dont est invité à partager les plus intimes sentiments et les multiples contradictions, déroulant l’entrelacs d’une intrigue d’où émergent des personnages embrouillés dans leur propre complexité qui apprennent peu à peu à se connaître tels que Siri la sacrifié, Vivenna qui l’a suit à T’Telir pour tenter de remédier à la décision de son père, Chanteflamme, Dieu sceptique sur sa propre Divinité, Vasher, immortel rongé par le but de réparer une faute passé toujours accompagné de Saignenuit, sa mystérieuse épée, Brian Sanderson construit un roman fascinant dont l’idée fondatrice a germée pendant et après l’écriture d’Ellantris le premier roman publié de l’auteur (ed. Pygmalion). Un brillant moment d’écriture porté par l’originalité du système de magie réellement innovant dans l'univers de la Fantasy et par la facilité avec laquelle l'auteur nous colle sur les traces de ses personnages toujours capables de nous surprendre à chaque détours de pages. A noter que l’auteur a mis sur son site la version PDF de son roman accompagnée des versions primitives et de notes sur l'évolution entre elles. De quoi, pour ceux qui lisent couramment l'anglais, de s'imprégner encore plus de toute la richesse de son univers créatif et de ses fantastiques développements

mardi 14 décembre 2010

SANDERSON Brandon (Usa)
Né dans le Nébraska en 1975, Brandon Sanderson a écrit pendant de nombreuses années avant que l’éditeur américain Tor n’accepte son roman « Ellantris » qui le propulsa sur le devant de la scène des écrivains de Fantasy. Fort de succès, il a été contacté par la veuve du romancier Robert Jordan afin de poursuivre son cycle de « La roue du temps » resté inachevé. Une tache dont il s’est honorablement acquitté
Alcatraz contre les infâmes bibliothécaires
(Roman) Jeunesse / Magie / Univers parallèles
MANGO JEUNESSE-Hors Collection, 3/2010 — 312 p., 15 €
SERIE : Alcatraz 1
TO : Alcatraz versus the evil librarians, Scholastic, 10/2007
TRADUCTION : Juliette Saumande
COUVERTURE : Christophe Wild
Critiques :
www.noosfere.com (Bruno Para)
→ Depuis quelques temps les écrivains versés dans le domaine de l’imaginaire aiment bien interpeller leurs lecteurs dans le but de créer une complicité qui leur permettront de mieux entrer dans leur livre. Avec Jakabok : Le démon de Gutenberg de Clive Barker (Denoël-Lunes D’Encre) nous avions eu droit à un incitation à brûler les pages du malheureux ouvrage tombé entre nos mains. Ici, en guise d’introduction, le héros de l’histoire nous apostrophe pour nous dire en vérité que Brandon Sanderson n’est qu’un pseudonyme, et que nous aurons du mal à croire au récit qu’il va nous raconter. Et si cela ne suffisait à piquer notre curiosité l’auteur débute par une amorce plutôt perturbatrice, « Je ne suis pas gentil », esquissant ainsi le portrait d’un anti-héros par excellence auxquels les jeunes lecteurs ont la faculté de s’identifier plus souvent qu’on ne le pense. Ensuite, en bon professionnel, Brandon Sanderson s’est mis au travail pour nous proposer une histoire dont l’idée de base consiste à coupler un univers imaginaire à un monde bien réel (le postulant des Harry Potter somme toute, avec la Londres contemporaine et la Londres magique où il faut traverser les murs des gares pour prendre le train pour Poudlard). Il trouve là un bon moyen de renforcer la crédibilité du récit en offrant aux lecteurs des points d’ancrage géographique qu’ils peuvent utiliser avant de s’engager au sein des tortueux méandres de l’imaginaire. Et puis l’idée des Bibliothécaires occultes dirigeant le monde, dans la lignée des complots et vérités cachés si souvent exploités dans la littérature et le cinéma, se révèle un bon accélérateur pour la tension dramatique de l’intrigue. Ainsi donc, en même temps que le héros Alcatraz, déjà une référence par son seul nom, nous découvrons un univers scindé en deux entre le Chutland, entendez les nations contrôlées par les sournois Bibliothécaires, telles que les Etats-Unis, le Canada, la France… et les Royaumes Libres, des territoires où se concentrent des poches de résistance où la magie perdure, comme Mokia, des îles connues sous le nom d’Hawaï, de Tonga ou Samoa, et anciennement le continent australien perdu après de rudes batailles. Au sein des Royaumes Libres, Alcatrz fait partie de la famille Smedry, une sorte de lignée aristocratique dont chaque membre possède des talents particuliers qui assurent la défense des Royaumes contre la main mise du Chutland. Celui d’Alcatraz est particulièrement prisé, puisqu’il consiste à casser tout ce qu’il touche. Un talent sauvage qu’il a du mal à maîtriser et qu’il devra pourtant apprendre à utiliser quand son grand père, Papi Smedyr fait brutalement irruption dans sa vie lui apprenant l’existence du combat séculaire entre les Royaumes et le Chutland et également qu’il vient de se faire stupidement dérober un précieux sac de sable légué en héritage par son père, le brillant chasseur de sable de la famille aujourd’hui disparu. Un sac contenant le fameux sable de Rashid qu’il avait rassemblé grain après grain, fabuleuse substance avec laquelle on pouvait fabriquer des Verres détenant les Disorsions occulatoires les plus puissantes du monde. Des Distorsions gr$ace auxquelles les différentes factions de Bibliothécaires, Occulateurs Noirs, Ordre du Verre Brisé, Ossements du Scribe… seraient en mesure d’étendre leur domination sur un pays qu’ils contrôlaient déjà en supervisant ce que les gens lisaient, ce qu’ils voyaient au cinéma ou à la télévision, ce qu’on leur enseignait à l’école ou ailleurs. Accompagné de ses cousins, Sing, dont le talent consiste à trébucher et à tomber par terre, de Quentin, qui a le don raconter absolument n’importe quoi, et de Bastille, jeune fille de treize ans intronisée chevalier de leur équiê et chargée de la protection rapprochée de l’ensemble de la famille Smedry, le jeune occulateur tentera d’infiltrer la bibliothèque centrale de la ville afin de récupérer le sable qu’il a trop vite perdu. Autant dire tout de suite que l’affaire ne sera pas de tout repos et nous révèlera son mot de surprises. Un roman narré à la première personne où l’humour est toujours présent et qui nous propose une remarquable apparition de cet auteur américain dans la catégorie jeunesse, alors que les éditions Calmann Lévy nous avait permis de le découvrir, côté adulte, à travers les romans d’Ellantris paru dans leur nouvelle collection Orbit, ainsi que le récent L’Empire ultime, premier volet du cycle des Fils-des-Brumes, tout en sachant que c’est lui qui a également été chargé de poursuivre la série phare de La roue du temps d’après les notes laissées par Robert Jordan.
Les autres titres de la série :
1.Alcatrax contres les infâmes bibliothécaires
2.Alcatraz contre les ossements du scribe

lundi 25 octobre 2010

SANDERSON Brandon (Usa)
Né dans le Nébraska en 1975, Brandon Sanderson a écrit pendant de nombreuses années avant que l’éditeur américain Tor n’accepte son roman « Ellantris » qui le propulsa sur le devant de la scène des écrivains de Fantasy. Fort de succès, il a été contacté par la veuve du romancier Robert Jordan afin de poursuivre son cycle de « La roue du temps » resté inachevé. Une tache dont il s’est honorablement acquitté
L’Empire ultime
(Roman) Aventures Fantasy
CALMANN-LEVY Orbit-Fantasy, 3/2010
607 p., 25 €
SERIE : Fils-des-Brumes 1
TO : Mistborn. The final empire, Tor, 7/2006
TRADUCTION : Mélanie Fazi
COUVERTURE : Chris McGarth
Critiques :
www.actusf.com/ (Jérome Vincent) ; http://librairie.critic.over-blog.fr/ (Simatural)
→ Il y prés de mille ans s’est produit la grande catastrophe qui a ravagé le monde. Depuis, les fleurs ne poussent plus et la surface de la terre est périodiquement recouverte par une pluie de cendres. Sur ces cendres s’est bâti l’Empire Ultime, un régime de terreur porté par la poigne tyrannique du Seigneur Maître et de ses Grands Inquisiteurs. Un Empire divisé en deux classes sociales bien distinctes, les nobles, qui possèdent tout et intriguent pour acquérir les bonnes grâces du Seigneur Maître, et la population, les skaa, réduite en esclavage et vivant dans le plus grand dénuement. Et puis il y a Kelsier, un voleur très habile qui avait réussi à se tailleur une place bien à lui dans cet univers strictement hiérarchisé, jusqu’au jour où il s’était fait prendre. Envoyé dans les mines, la prison la plus sordide du royaume, le skaa bâtard est torturé, mais pas brisé. Car là-bas il découvre qu’il est un Fils-des-Brumes, c'est-à-dire qu’il détient des pouvoirs magiques réservés aux nobles, des pouvoirs plutôt originaux puisqu’ils dépendent de l’absorption de certains métaux et qu’ils permettent d’agir sur les sens de ceux qui les utilisent ou d’influencer les sentiments de ceux qui en sont les victimes. Evadé de sa prison Kelsier n’a plus qu’un but : se venger de ceux qui l’ont trahi et condamné au pire des châtiments. Pour cela, il recrute l’élite du monde de la rapine avec lequel il évoluait : le fidèle Dockson, l’austère Marsh, Yeden le sérieux, Clampin le taciturne, Brise l’inénarrable, Ham le soldat et Sazed l’intendant. Des brigands, des criminels, mais aussi de redoutables allomancers avec qui il se lance, non dans un casse d’envergure, mais dans une véritable révolution dont le but est de renverser l’Empire. Pour cela il va disposer d’un atout de choix en la personne de Vin, la jeune adolescente qui ne connaissait que les brumes de Luthadel avant de croiser la route de Kelsier qui la chargera d’infiltrer la noblesse de l’Empire afin de les espionner pour son compte. Aidée par le jeune noble idéaliste Elend Venture, tombé amoureux d’elle, elle s’acquittera remarquablement de cette tache au sein d’un univers sans concession riche en intrigues et complots de toutes sortes. Le premier tome d’une trilogie qui nous permet de retrouver le Brandon Sanderson aux multiples facettes que l’on découvre en France depuis quelques mois. Un romancier au programme plutôt chargé puisque, outre cette série et celle d’Elantris, également publiée chez Orbit, il assure la suite du cycle de La roue du temps de Robert Jordan, il continue la série pour la jeunesse Alactraz paru en France chez Albin Michel, et s’est attaqué à The way of King, le premier tome d’une saga qui en comptera dix. Un auteur qui, ont le voit, ne peut pas passer inaperçu et dont le cycle du Fils-des-Brumes a déjà intéressé la Peloppa Pictures pour une adaptation cinématographique, fait l’objet d’une bande annonce visionnable et téléchargeable sur le site d’Orbit, sera prochainement adapté en jeu vidéo par Crafty Games, et a fait l’objet par le site Garden Ninja de la création de 4 figurines de 28mm qui représentent les principaux personnages de la trilogie.
Les autres titres de la série :
1.L'Empire Ultime
2.Le puits de l'ascension

lundi 4 janvier 2010

SANDERSON Brandon (Usa)
Né dans le Nébraska en 1975, Brandon Sanderson a écrit pendant de nombreuses années avant que l’éditeur américain Tor n’accepte son roman « Ellantris » qui le propulsa sur le devant de la scène des écrivains de Fantasy. Fort de succès, il a été contacté par la veuve du romancier Robert Jordan afin de poursuivre son cycle de « La roue du temps » resté inachevé. Une tache dont il s’est honorablement acquitté
◊ Rédemption (Roman) Aventures Fantasy
Calmann Lévy-Orbit, 10/2009 — 334 p., 19.90 € — Ser. : Elantris 2 — Elantris, Tor, 5/2005 — Tr. : Pierre-Paul Durastanti — Couv. : Alain Brion
Critiques :
www.noosfere.com (Bruno Para)
→ Avec ce second tome de la série Ellantris (publiée en un seul volume aux Usa) nous poursuivons notre immersion dans cette cité moribonde où les dieux de jadis n’en finissent plus d’agoniser. Bien entendu, étant donné qu’il s’agit des chapitres 22 à 63 du roman original, nous reprenons l’intrigue là où nous l’avons abandonné, et nous n’avons plus qu’à nous laisser guider par la plume alerte de l’auteur pour suivre les pérégrinations des trois principaux protagonistes de l’histoire. La princesse Sarène, tout d’abord. Veuve prématurée, elle n’a jamais cru la version du roi Iadon lui annonçant le décès de son fils Raoden. Choisissant de rester à la cour de Kaë, elle mène sa propre enquête qui la fait découvrir les ambitions expansionnistes de l’Empire voisin du Fjorden dont les fanatiques religieux veulent annexer les provinces de l’Arélon et du Taod, les seules à résister à l’emprise de la religion de Shu-Déreth. Jouant à merveille son rôle d’ingénue, elle parvient à convaincre le roi Iadon de la laisser pénétrer dans Ellantris avec une partie de la noblesse afin d’apporter un peu de réconfort aux malheureux qui croupissent dans cette ville en décrépitude. Mais son but réel est de découvrir quels secrets dissimulent cette antique cité qui monopolise toujours l’attention de toute la région en dépit de sa déchéance. Un cloaque qui est devenu, par la force des choses, la patrie d’adoption de Raoden le banni. Mais, loin de ce complaire dans son infortune, celui-ci a fédéré autour de lui un groupe de fidèles compagnons qui tentent d’influer un peu d’humanité dans cet univers où des individus sans foi ni loi à la tête de bandes organisées imposent un règne de terreur. Parallèlement, il s’efforce de découvrir quelles sont les véritables causes de la chute de la cité. Pour cela, il cherche du côté du Andor, la magie qui imprégnait naguère les lieux. Et même si sa quête l’amène à croiser la route d’une fiancée qui ne le connaît pas, il continue à chercher dans les livres épargnés par le temps les raisons qui ont précipité la fin de l’âge d’or où les dieux vivaient parmi les hommes. Cependant, de son côté le Gyorn Hraten, l’envoyé spécial de l’empereur du Fjorden, ne reste pas inactif. Sous son apparence de fanatique religieux, il cache un esprit acéré, qui ne croit pas vraiment à la religion qu’il représente, mais qui est prêt à tout pour obéir aux ordres qu’on lui a donné, c'est-à-dire remettre les païens dans le droit chemin. Et tant mieux si pour cela il lui faut raser Ellantris, la cité qui se dresse désormais comme une offense face à la gloire de Shu-Déreth. Continuant son travail de sape au sein de la noblesse de Kaë, il révèle des talents de fin stratège qui risquent bien de lui permettre de mener son sinistre projet à bon terme. La suite et la fin d’un diptyque qui a conquis les Etats-Unis dés sa parution, s’attirant les éloges d’auteurs de renom, et ayant le grand avantage de ne pas se délayer dans une avalanche de suites interminables.
Les autres titres de la série :
1.Chute
2.Rédemption
SANDERSON Brandon (Usa)
Né dans le Nébraska en 1975, Brandon Sanderson a écrit pendant de nombreuses années avant que l’éditeur américain Tor n’accepte son roman « Ellantris » qui le propulsa sur le devant de la scène des écrivains de Fantasy. Fort de succès, il a été contacté par la veuve du romancier Robert Jordan afin de poursuivre son cycle de « La roue du temps » resté inachevé. Une tache dont il s’est honorablement acquitté
◊ Chute (Roman) Aventures Fantasy
Calmann Lévy-Orbit, 10/2009 — 287 p., 19.90 € — Ser. : Elantris 1 — Elantris, Tor, 5/2005 — Tr. : Pierre-Paul Durastanti — Couv. : Alain Brion
Critiques :
www.actusf.com (Raphaël Gazel) ; www.cafardcosmique.com (K2R2) ; www.noosfere.com (Bruno Para)
→ Jadis, ceux qui étaient choisis par le Shaod, sans distinction de sexe, d’âge ou de condition, recevaient la bénédiction des dieux. Par la grâce des Aons, une calligraphie éthérée qu’ils traçaient du bout des doigts, ils pouvaient accomplir des prouesses un bienfait venu s’ajouter au don l’immortalité qu’ils avaient déjà reçu. C’est ainsi que la cité d’Elantris, la perle du royaume d’Arelon, et le lieu de diffusion du Shaod, était devenue la cité des dieux, abritant des élus aux longs cheveux d’or et au teint cristallin que rehaussait un port altier et fier. Mais, tout cela se passait avant que l’Aon Dor ne dépérisse. Résultat : la bénédiction du Shaod s’est transformée en malédiction. Les adonis qui en profitaient ont vu leur corps se couvrir d’horribles pustules, leurs cheveux tomber, et vivent désormais un état d’éternelle décrépitude, car ils n’ont pas perdu leur immortalité, et comme chaque blessure qui les affecte reste à jamais gavée dans leur peau, ils vivent une douleur physique les entraînant au paroxysme de la souffrance et à la perte de la raison. Effrayée par cette horrible métamorphose la population normale de la petite cité de Kaë, voisine d’Ellantris et devenue capitale d’Arelon à sa place, ont enfermé ces malheureuses loques humaines dans l’ancienne cité des dieux devenue une sorte de ghetto prison bordé par une rivière de fange qui coule aux pieds de ses murs délabrés. Un endroit où il ne fait pas bon aller et où pourtant est exilé Raoden, prince héritier de Kaë, jusqu’à ce que son jeune et beau corps soit frappé par le mal du Shaod et commence à tomber en ruine. Le voilà donc Banni par son père à Ellantris où, après avoir survécut aux premières tentatives de tabassage, se lie d’amitié avec Galladon, un natif de la province sudiste de Duladel, et entreprend avec son aide de former un petit groupe capable d’endiguer la spirale de violence que trois factions rivales entretiennent dans la cité des anciens dieux transformée en cloaque. Et tandis que Roaden s’efforce de découvrir ce qui a provoqué la déchéance d’Ellantris quelque dix ans plus tôt, Sarène, la fille du roi de Teod, qu’il aurait du normalement épouser, arrive à Kaë pour apprendre qu’elle est déjà veuve car, pour des raisons politiques ont veut cacher la disgrâce du prince héritier. Obligé de demeurer à Kaë à cause du contrat passé entre les deux royaumes, elle se lasse vite du rôle confiné que son beau-père veut lui faire jouer. Intriguée par l’ambiance d’intrigues et de corruption qui règne sur la ville, elle va mener sa propre enquête qui la conduit vite sur les traces d’un complot menaçant à la fois l’Arelon et le Taod. En effet ces deux royaumes sont les derniers à avoir résisté aux visées expansionnistes de leur puissant voisin, le Fjorden, une théocratie obéissant à l’implacable Wyrn qui désire convertir l’ensemble du continent au Shu-Dereth, la religion dominante du Fjorden. Dans ce but il a envoyé à Kaë son meilleur représentant, le gyorn Hraten, sorte d’inquisiteur venu du froid qui a déjà converti un royaume proche, avec pour mission de placer ce nouveau territoire sous la bénédiction du Shu-Dereth. En cas d’écher, les troupes du Saint-Empire fjorden déferleront sur le Kaë et le Teod afin de massacrer tout le monde et de détruire Ellantris, le symbole de tous les vices. Et aussitôt arrivée sur place le rusé prêtre se met à l’œuvre, non en employant la manière forte, mais en soudoyant la noblesse, en prêchant sa bonne parole et en réalisant même des miracles. C’est autour de ces trois principaux personnages que se développe l’intrigue de ce roman vraiment original, qui met aussi en branle une ribambelle d’autres passionnants protagonistes, entraînant le lecteur au cœur d’une multitude de petites intrigues qui font peu à peu avancer l’histoire sans que jamais l’attention se relâche. Sans elfes, dragons, sorciers jeteurs de sorts, guerriers, épée magiques et batailles épiques, Brandon Sanderson produit une Fantasy qui tranche sur la production ambiante nous offrant la description sans manichéisme d’une société gangrenée par les maux bien connus du racisme, de la corruption et des complots politiques, le tout sur fond de guerre de religion. Le premier roman publié d’un auteur américain qui a été choisi par la veuve de Robert Jordan pour terminer le cycle de La roue du temps laissé inachevé par la mort prématurée de son mari, qui sera suivi d’une second tome venant clore cette histoire sortie en un seul volume aux Usa où elle a connu un succès retentissant. A noter qu’en France les critiques ne sont pas tous du même avis (et c’est l’idéal pour se faire une véritable idée) avec Raphaël Gazel sur le site www.actusf.com , qui oscille vers le bon, et K2R2 du site www.cafardcosmique.com , qui tire carrément à boulet rouge sur ce livre qui fait partie des premiers jets de la toute jeune collection Orbit des éditions Calmann Lévy. Pour se faire une meilleure idée de l’œuvre et de son auteur on pourra consulter les diverses interviews parus sur le site www.elbakin.net . A savoir :
« Interview de Brandon Sanderson, l’auteur d’Elantris » par Forandan, 1/2006.
« Interview de Brnadon Sanderson ! » par Thys, 3/2006.
« Brandon Sanderson se livre à nos questions » par Thys, 12/2006.
« Interview de Brandon Sanderson qui reprend La roue du temps » par Luigi Brosse, 10/2007.
« Les premières lignes de Sanderson pour A memory of light, c’est pour bientôt ! » par Luigi Brosse, 2/2008
Les autres titres de la série :
1.Chute
2.Rédemption