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samedi 27 août 2016

Talulla
(Roman) Fantastique / Vampire
AUTEUR : Glen DUNCAN (Angleterre)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 544 — 368 p., 10.50 €
SERIE : Le dernier loup-garou 2
COUVERTURE : Aurélien Police
Précédentes publications : Denoël-Lunes d’Encre, 1/2014 — 480 p., 23.50 € — Couverture de Clément Chassagnard
→ Avec ce second de la série Le dernier loup-garou Glen Duncan continue sa narration à la première personne mais varie astucieusement les points de vue en nous proposant de suivre la trajectoire de Talulla, l’ancienne compagne de Jake Marlow, le loup-garou héros du premier tome et désormais disparu. Leurs ennemis communs, les vampires, sont bien sûr de la partie et ils interviennent très tôt dan l’histoire en surgissant dans la cachette située en Alaska où s’est réfugiée Talulla afin d’accoucher en toute tranquillité. En dépit de la protection de son favori Cloquet et de ses efforts éperdus, nous assisterons impuissants à l’enlèvement par les diaboliques suceurs de sang de son enfant à peine né. De nouveau sur pied, elle ne tarde pas à se lancer sur la piste des ravisseurs, les disciples de Remshi, un secte vampirique attendant la venue d’une sorte de messie qui serait le plus vieux et le plus puissant vampire du monde. Dans sa traque éffreinée Talulla va, non seulement devoir affronter les diaboliques êtres de la nuit, mais aussi se trouver confronté aux troupes de l’OMPO, l’Organisation Mondiale pour la Prédation des Phénomènes Occultes. Cependant, elle trouvera aussi de nouveaux alliés, comme Madeline, une ancienne amante de Jake transformée en loup-garou sans jamais avoir été mordue, et bien sûr Walker, de qui elle allait tendrement se rapprocher. Tendrement, c’est beaucoup dire avec des loups-garous dont les besoins en chair humaine ne sont en rien dissimulés. Jalonnant son parcours de citations empruntées au journal intime de Jake, dont l’ombre pernicieuse continue de planer sur le roman, Talulla nous entraîne dans une aventure mouvementée fertile en rebondissements dont le rythme infernal se baigne langoureusement dans le sexe et l’hémoglobine sans que pour cela l’ensemble donne une impression de trash ou de vulgaire série B. Revisitant la mythologie du loup-garou comme il l’avait fait dans le précédent tome du cycle, Glen Duncan nous propose d’observer avec la méticulosité du chercheur rivé à son microscope, un membre à part entière de cette espèce d’exception qui n’a pas pour autant oublié son humanité, réagissant par moment comme une jeune femme contemporaine immergée dans la modernité envahissante qui nous entoure. Une femme portée par les pulsions de son instinct maternel dont la trajectoire chaotique débouchera sur des révélations fascinantes sur le vampire qu’elle pourchasse. Un second tome qui continue de nous ouvrir le regard sur d’autres aspects de la monstruosité, ne cachant rien de son côté horrible et des cruels besoins qu’elle véhicule, tout en nous la rendant néanmoins, si ce n’est attachante, tout au moins pathétique et indéniablement captatrice d’intérêt. Un roman que l’on pourrait rapprocher de celui de S .G. Browne (Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère…et, retrouvé l’amour !) qui renouvelait pour sa part le mythe du zombie, paru également chez Folio SF en 2014.
Autre couverture :

mercredi 5 février 2014

Moi, Lucifer
(Roman) Fantastique / Diable / Religion
AUTEUR : Glen DUNCAN (Gb)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 468, 12/2013 – 350 p., 7,90 €
TO : I, Lucifer, Scribdner, 2002
TRADUCTION : Michelle Charrier
COUVERTURE : Bastien Lecouffe Deharme
Précédente publication : Denoël-Lunes d'Encre, 9/2011 – 304 p., 21 € - Couv. : Tom Ridley
Critiques : www.actusf.com (Jérôme Vincent) – Brifrost 65, 1/2012 (Olivier Girard) – www.noosfere.com (Bruno Para) – www.phenixweb.net (Georges Bormand) – www.scifi-universe.com (Manu B.)
→ Comme d'autres lecteur avant moi, avant de me plonger dans ce livre j'ai pensé au Hal Duncan dont les éditions Denoël nous avaient déjà fait connaître le passionnant dyptique Encre/Vélum, avant de réaliser que bien, que la thématique Enfer/Paradis soit proche du fameux Livres des heures de l'auteur écossais, Glen l'Anglais oeuvre lui dans le cadre, non de la fresque apocalyptique, mais plutôt dans ce lui de la confession intime digne du divan des psychanalystes. Et pour cela il nous propose comme sujet d'étude un patient dont ce cher Freud aurait sûrement rêvé : le Diable en personne. Un Lucifer à qui Dieu, toujours magnanime, propose en guise de Rédemption, d'aller occuper pendant 30 jours (n'y-a-t-il pas des relents de Sodome dans tout ça?) le corps de Declan Gunn, un écrivain dépressif récemment suicidé. Une occasion que le Prince des ténèbres, inventeur entre autres choses du rock'n'roll, de la fumette, de l'astrologie et du fric, ne peut pas refuser. Non qu'il soit particulièrement travaillé par les remords et par l'envie d'aller écouter les joueurs de harpes du Paradis, mais plutôt parce que sa petite queue de Mâlin (entendez l'appendice caudal qu'on lui attribue dans certaines représentations fourchues) frétille à l'avance à l'idée expérimenter dans un corps humain tous les plaisirs (entendez les perversions dans son optique) qu'il a depuis des millénaire susurré à l'oreille des hommes. Le problème dans tout ça c'est que le Declan en question a tout du looser. Paumé professionnellement, affublé d'un physique que l'on ne remarque pas, il est en plus possesseur d'une petite bite, un comble pour un Prince des Ténèbres qui raffole des plaisirs de la chair. Alors, le Père du Mensonge, engluée dans cette existence minable, finit par s'ennuyer, ce qui le pousse, lui, le bouillant par essence, à nous raconter sa vie, ou plutôt à revisiter les grandes lignes de l'Histoire Biblique en n'omettant aucun détail, ni sur la prétendue tranquillité du Jardin d'Eden, ni sur sa brouille avec le Père Tout Puissant. Et, emporté par son élan, l'Ange Déchu le plus célèbre du monde, s'envole dans une suite de confessions où il prend à son compte et assume sans faux fuyant toutes les horreurs de l'Humanité. Pédophilie, des prêtres en particuliers, nazisme, meurtres d'enfants, tout y passe à travers un ensemble de digressions où l'on se rend vite compte que, même s'il commence à mieux comprendre la nature de la condition humaine à travers ce séjour dans le corps de Declan, le Diable sera toujours le Diable. Ecrit sans ménagement et à la première personne ce livre dont l'humour noir se hisse au niveau du Blasphémateur Suprême, se lit comme si on était emporté par les flots d'un fleuve de paroles les unes les plus dérangeantes que les autres qui viendraient se jeter dans une Mer d'immondices, de sadisme et autres cruautés délicates plus imprégnée d'autosatisfaction que de besoin de justification. De quoi envoyer les adversaire du mariage pour tous et de la loi de la Famille non pas seulement dans la rue, mais prendre la Bastille des préjugés cette fois pas seulement bafoués mais écrasés sous le talon d'un dandy décadent qui site Heinrich avec complaisance et qui flatte l'égo de certains membres du show business en leur faisant miroiter le projet d'un film sur la Création. Donc, attention, de roman qui a réellement attiré l'attention du cinéma, avant que le projet d'adaptation avec Ewan Mcgregor, Daniel Craig et Jude Law, n'échoue, est une véritable petit boulet rouge envers la religion qui, si l'on parcourt l'abondant matériel critique qu'il a suscité lors de sa première publication chez Lunes d'Encre, ne laisse pas indifférent, et après tout... n'est-ce pas le but ultime d'un livre.
Autre couverture :