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dimanche 5 février 2017

L’éducation de Stony Mayhall
(Roman) Fantastique / Zombies
AUTEUR : Daryl GREGORY (Usa)
EDITEUR : POCKET-Science-Fiction/Fantasy 7107, 9/2016 — 507p., 8,20 €
TO : Raising Stony Mayhall, 2011
TRADUCTION : Laurent Philibert-Caillat
COUVERTURE : Nobografik
Précédente publication : Bélial, 8/2014 — 448 p., 23 € — Couverture de Aurélien Police
Dans toute histoire de zombie il y a un fait précurseur, un moment où tout allait bien dans le meilleur des mondes avant que le petit grain de poussière fasse basculer la réalité dans l’horreur. Les romanciers, aussi bien que les cinéastes l’’ont bien compris, pour preuve la série Fear The Walkind Deads, qui revient sur les premiers jours de l’épidémie ayant donné naissance au phénomène télévisuelle des épisodes de Walking Deads adaptés d’une BD éponyme. Tout l’art de Daryl Gregory consiste à éluder ce postulant de fait déclencheur. Pour les protagonistes de L’éducation de Stony Mayhal, les évènements ayant entraînés l’apparition, puis l’élimination des zombies dévoreurs de chairs demeurent volontairement dans le flou, aussi bien les raisons de la propagation de l’épidémie que son éradication. L’auteur préfère focaliser notre attention sur une petite maison isolé où l’infirmière Wanda Mayhall a récupéré un bébé trouvé mort auprès de sa mère sur la route enneigé qui conduit à se demeure isolée de tous. Un bébé qu’elle a ressuscité et qui se nomme désormais Stony (Pierre) en raison de son teint cireux. Acceptant cette arrivé comme un cadeau de jésus Christ Wanda élève Stony avec ses trois filles, Chealsea, Junie et Alice, toutes quatre liées par le secret. Car personne ne doit approcher de Stony, garçon apparemment normal, si ce n’est qu’il n’a pas besoin de se nourri et que rien en peut le blesser. De quoi inciter Kwang, le jeune garçon de la famille asiatique ayant aménagé prés de la maison de Wanda, et qui va grandir avec lui, à l’appeler l’Inexorable et à s’amuser à essayer de le tuer, avec son accord, comme s’il s’agissait d’un jeu, mais, bien entendu,  sans jamais y réussir. Persuadé d’être étroitement liés aux morts-vivants qui menacèrent l’équilibre de la civilisation US, et que la traque contre ses semblables n’étaient pas terminées, en attendant de pouvoir répondre à toutes les question qui l’obsède, Stony décide de s’inscrire à la l’Université où est partie étudier Alice et de permettre à cette dernière de l’étudier sous toutes ses coutures afin de comprendre pourquoi lui seul a grandi, pourquoi il n’est pas assoiffé de sang comme tous ses congénères, en résumé qu’est-ce qui fait sa surprenante singularité. Mais le cocon qu’il s’est soigneusement tissé au fil des années va se disloquer à la suite d’un stupide accident de voiture. Désormais les Fossoyeurs sont sur ses traces. Heureusement, grâce à Alice, il a pu être récupéré par les membres de l’AMV, une organisation clandestine qui, à l’aide de quelques souffleux (entendez les êtres normaux) s’efforce de mettre à l’abri la poigné de morts-vivants épargné par les forces spéciales chargés d’éradiquer l’épidémie ayant transformé pendant un certain temps, des gens à peine mort en dévoreur de leurs semblables. Toutefois, cette organisation est tiraillé par divers courants tous tournant autour de la morsure. Les Abstinents étaient ceux qui la bannissaient en tant que pêché. Les Perpétualistes , au contraire, estimaient que seule cette pratique permettrait de maintenir la population de Morts-Vivants à flot. Enfin, les Gros Mordeurs estimaient qu’il était temps d’arrêter de se planquer et rêvaient d’une attaque coordonnée sur tous les continents avec, pour but ultime, la prise de pouvoir des MV sur le reste de l’Humanité. Et c’était justement ces derniers qui avaient le vent en poupe…Et Stony va devoir se dépêtrer au sein de toutes ses ambigüités nous entraînant à sa suite dans une aventure pleine de rebondissements et de surprises. Dire que l’on aurait pu croire la thématique des MV éculées. Daryl Gregory, comme avant lui S.G. Browne avec Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère…et, retrouvé l’amour (Folio SF, critique dans ce blog), nous montre qu’il en est rien en inversant la théorie Romero inventé depuis la célèbre Nuit des morts vivants en noir et blanc. Ici, la proie ce n’est pas l’humain, mais le MV. Et cela change beaucoup de chose, croyez-moi… En tous cas cela nous donne un récit palpitant de bout en bout 
Autre couverture : 


lundi 12 janvier 2015


 Comment j'ai cuisiné mon père, ma mère... et, retrouvé l'amour
(Roman) Horreur
AUTEUR : S.G. BROWNE (Usa)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF495, 8/2014 – 392 p., 7.50 €
SERIE : Andy Warner 1
TO : Breathers : A zombie's lament, 2009
TRADUCTION : Laura Dejansiski
COUVERTURE : Johan Bodin
Réédition : EditionsMirobole-Horizons Pourpres, 5/2013 – 20.50 €
Critique : www.actusf.com (Jacquemine Coquio)
N'avez-vous jamais rêvé de devenir zombie ? Non … ? Eh bien, c'est ce qui est arrivé à Andy Warner, le héros du livre de S.G. Browne, qui s'est réveillé quarante-huit heures après sa mort, avant la décomposition et après avoir été embaumé. Depuis, il vit dans la cave de ses parents où il finit toutes les bonnes bouteilles, tout en étant obligé de consommer du formol en quantité suffisante afin d'éviter la putréfaction. Rien d'étonnant dans tout ça, puisqu'on apprend qu'aux Etats-Unis les zombies sont présent depuis la Grande Dépression, et même durant la Guerre de Sécession, et qu'ils ont été les premiers à débarquer sur les plages en Normandie, sans parler de leur discrète participation aux campus hippies des années 70. Pour l'heure cependant, il ne fait pas bon se promener dans les rues américaines lorsqu'on est un Réveillé. Sans parler des quolibets, des insultes, des jets de fruits pourris et de toutes sortes d'ustensiles, on peut se faire agresser par les fats boys, des bandes d étudiants en délire qui démembrent , tabassent, torturent et flambent tout ceux qui arborent les signes distinctifs d'une décomposition avancée. Au mieux, on peut se retrouver en fourrière, si on tente de leur résister où si l'on se montre un peu trop voyant parmi la foule des Respirant. C'est un peu ce que dénonce Andy parmi les séances de thérapie de groupe auxquelles il participe avec un groupe de compagnons zombies, dont la belle Rita, une suicidée affichant sans vergogne ses derniers points de sutures. Bon, 2tant donné qu'il ne peut pas parler, puisque un croque-mort méticuleux lui a cousu la bouche lors des préparatifs de son enterrement, notre héros mort-vivant y participe par pancartes interposées où il peut manifester ses différents états d'âme. Voilà cependant que la rencontre du groupe avec un certain Ray, habitant dans le cimetière et qui leur fait découvrir les délices des bocaux de viande de chevreuil séché, parvient à dérider la morosité ambiante. D'autant plus que ce régime particulier semble leur être bénéfique puisque, au bout de quelques temps, leurs chairs ont tendance à se reconstituer. Bientôt Andy retrouve l'usage de ses cordes vocales et redécouvre l'extase de l'amour charnel avec la sulfureuse Rita. A l'origine de cette renaissance le fameux chevreuil, qui est en fait de la chair de Respirants, dont bientôt tout le groupe d'Andy ressent une envie insatiable. C'est d'ailleurs ce qui pousse ce dernier à trucider père et mère, à les découper, puis à les mettre au congélateur, car la chair humaine est encore meilleur quand elle provient de son propre sang. On le voit, ce roman drôle et provoquant enfreint sans vergogne tous les tabous qui, raconté par le prisme d'un narrateur zombie, finissent par s'inscrire dans une certaine logique. Regard décalé et novateur sur une thématique tant de fois vendangée par les série B et des films pathétiques, truffé de référence et de citations pleines de bon sens, ce livre est un véritable petit bijou qui mériterait une adaptation cinématographique digne de son écriture et nous en pouvons que saluer l'initiative de éditions Folio de le rééditer après une parution plus confidentielle aux éditions Mirobole en 2013. Un nouveau roman de cet auteur américain qui a travaillé durant pas mal de temps à Hollywood et dont Heureux veinards est également paru aux éditions Gallimard, mais dans la Série Noire. A noter, pour les impatients qui ne pourront pas attendre sa sortie en poche, que le second opus des aventures d'Andy Warner, Le jour où les zombies ont dévoré le Père-Noël, est paru aux éditions Mirobole en septembre 2013. On y apprend comment l’ex-star contestataire des morts-vivants a passé une année entière soumis à des tests expérimentaux dans un laboratoire de recherches sur les zombies dans l’Oregon dont il a pu heureusement s'échapper en enfilant un costume de Santa Claus. On devine que cette suite sera hilarante et horrible à souhait...
Précédent couverture :






samedi 14 septembre 2013

Intégrale Z
(Roman) Postcataclysme / Zombies / Horreur
AUTEUR : Max BROOKS (Usa)
EDITEUR : Calmann Lévy-Orbit, 6/2013 — 815 p., 17.50 €
TRADUCTION : Patrick Imbert
COUVERTURE : Iceberg
ILLUSTRATIONS : Max Werner
SOMMAIRE :
World War Z (World War Z, Three River Press, NY 2006)
Closure, Limited et autres histories de zombies (Closure, Limited & other stories from the Zombie War, Duckworth Overlock, Londres 2012)
Guide de survie en territoire zombie (The Zombie survival guide, Three River Press, NY, 2003)
En ce moment les zombies ont le vent en poupe, que ce soit au cinéma, à la télévision ou en littérature. On est loin de la sortie confidentielle de La nuit des morts vivants de Romero dans les petites salles pour étudiants en noir et blanc. Cette intégrale correspond World War Z, film avec Brad Pitt sorti sur les écrans en juillet 2013..Elle comprend le roman World War Z, le recueil Closure, Limited et autres histoires de zombies et l’essai Guide de survie en territoire zombie, le tout dans une traduction de Patrick Imbert. Le roman World War Z est en fait un recueil d’interviews de personnes ayant vécu la guerre des zombies. Il est structuré en plusieurs parties : Les premiers symptômes – La faute – La grande panique – Retournement de situation – Première ligne – Autour du monde et ailleurs – Guerre totale et Adieux. Cette structure très scénaristique projette une éclairage direct sur le cheminement de l’action, intégrant le lecteur au cœur de la trame historique à travers un prisme de points de vue dont la diversité, allant des militaires au simples humains, permet une approche précise et multi-visions du début, du déroulement et de la fin de ce conflit sans précédent dans l’Histoire de l’Humanité. Le recueil de 4 nouvelles (Closure Limited, Steve et Fred, Le carnaval de l’extinction et La grande muraille) est une sorte de plat d’accompagnement servi à côté du plat de résistance que représente le roman proprement dit. On y découvre d’autres trajectoires incluses dans l’immense patchwork de ce drame à l’échelle planétaire, nouvelles variations de focus qui intensifie encore les angles d’approches dans le besoin de compréhension qui résulte de ce cataclysme mondial et du caractère profanateur de ces principaux protagonistes. Enfin Le guide de survie en territoire zombie, comme son nom l’indique, se lit à la manière d’un manuel où l’on apprend tout ce que l’on doit savoir pour échapper à ces prédateurs hors normes ou bien pour les traquer, à savoir : les Mythes et réalités sur les Morts-Vivants, les Armes et techniques de combat, les Moyens de Défense, les Fuites et Déplacements, la Chasse et le Nettoyage, ainsi que le témoignage, Vivre dans un monde envahi par les zombies et le listing détaillé des Epidémies recensées, l’ensemble accompagné de quelques dessins destinés à rendre ces conseils plus facilement assimilables. C’est dont un gros pavé qui se lit assez rapidement et que nous conseillerons à toutes les personnes qui appréhendent d’un jour se réveiller au sein d’un monde dévasté envahie par des hordes de morts-qui-marche avides de chairs fraîches, ainsi qu’à tous ceux qui ne croient pas à toutes ces idioties, mais qui n’aimeraient guère se retrouver en pleine nuit seul dans une cabane abandonnée avec une meute de dépouilles sanguinolentes en train de tambouriner sur des portes et des fenêtres trop vétustes pour résister jusqu’au petit matin…Né zn 1972 à New Yor, Max Brooks est le fils de Mel Brooks et de Anne Bancroft. Avec de tels parents, il n'a pas tardé à être tenté par le cinéma, jouant dans plusieurs séries télévisées et prêtant sa voix à des personnages d'animation. Il vit aujourd'hui à Los Angeles et continue de s'adonner à son autre passion, celle de l'écriture.