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vendredi 7 juillet 2017


Le paradoxe de Ferni
(Roman) Postcataclysme
AUTEUR : Jean-Pierre BOUDINE (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 579, 5/2017 — 224 p., 6.60 €
COUVERTURE : Aurélien Police
Précédente publication :
● Aléas, 10/2002 — 176 p., 12 € — Couverture de Jean-Pierre Petit
● Denoël-Lunes D’Encre, 1/2015 — 192 p., 18 € — Couverture de Aurélien Police
Pas de catastrophes naturelles, d’invasions extraterrestres, d’épidémies massives ou de virus incontrôlables sur toile de fond de zombies dans ce roman, qui aboutit pourtant au même résultat : la fin de l’Humanité que nous connaissons. Celle-ci nous est froidement restitué sous la forme d’un cahier à la Anne Franck par un ultime survivant réfugié dans une grotte contreforts alpins afin d’échapper à ses semblables. Le narrateur commence nous décrire son existence digne du meilleur scénario de « survival » entrecoupée de chasse au mulot et de réflexions autour d’un discret feu de camp. Puis, au fil des lignes, il revient sur les diverses étapes qui ont conduit au chaos. Pas d’événements majeurs au sens strict du terme pour débuter le drame, sinon  une vulgaire crise financière de février 2022. Sous la plume du mathématicien épris de philosophie et de tendance extrême-gauche Jean-Pierre Boudin, la suite découle d’elle-même et, Robert Poinsot, le malheureux héros de cette décomposition en marche, nous entraîne dans son sillage au fil d’une lente agonie sociale, urbaine et généralisée. Paralysée par ses inter implications parmi les rouages d’une société technocratiques  hyper informatisée et pêchant par un manque flagrant de dimension sociale, le monde médiatisé à l’extrême que nous connaissons ne résiste pas à la surchauffe de son système économique suranné incapable de s’adapter aux viscicitudes du moment. Et tandis que la pandémie se répand à travers les cinq contient, frappant Europe et Amérique sans discernement, l’homme se retrouve confronté à l’animalité viscérale qui a toujours grouillé en lui et qui l’a poussé aux pires horreurs, même au moment de sa gloire. Lancé dans une fuite en avant qui lui fait quitter un Paris livré aux bandes de prédateurs en tous genre, Robert trouve un temps dans la bonne ville de Beauvais, un havre de pais inespéré. Mais, tandis que le château de carte de la civilisation s’écroule un peu partout autour de lui, il doit prendre les devants et fuir encore plus loin pour éviter de tomber dans les mailles du filet de la déshumanisation en marche. Le voilà désormais sur les bords de la Baltique, devenu membre d’une communauté humaniste qui a acté la fin de l’Humanité puisqu’elle a interdit en soin sein toute naissance. Narrant à la première personne la suite des événements qui le conduise à nouveau sur les routes afin d’éviter à tous prix la funeste compagnie de ses semblables, Robert en termine avec son échouage au sein de l’arc alpin où il ne peut que se résoudre à attendre patiemment la fin en décrivant ses derniers jours sur un petit calepin laissé derrière lui comme une sorte de message dans une bouteille jetée à la mer. Paru une première fois aux éditions Aleas en 2002, le livre, sous l’impulsion de Gilles Dumay a été actualisé pour être republié dans la collection Lunes d’Encre des éditions Denoël en 2015. C’est cette deuxième version que nous proposent aujourd’hui en  poche les éditions Folio. Celle d’un court roman qui répond à sa manière au fameux paradoxe énoncé par le physicien Encrico Fermi en 1950 disant en résumé que, le Soleil étant plus jeune que bon nombre d’étoiles de la galaxie, des civilisations plus avancées que la notre aurait du apparaître depuis bien longtemps, et nous en aurions eu connaissance. Or, il en est rien. D’où la conclusion implicite à laquelle en arrive l’auteur que je peux vous livrer sans déflorer l’intérêt du livre : quelle que soit le point où elle a germé dans l’univers, la vie intelligente est autodestructrices et génère en son sein une technologie qui finit irrémédiablement par la conduire à sa perte. Voilà pourquoi nous sommes désespérément seuls face aux étendues étoilées et pourquoi nous le resterons, puisque, en définitive, nous serons responsables de notre propre disparition. Un livre qui peut se présenter comme tragiquement prophétique par rapport aux problèmes que soulèvent jour après jour notre sombre quotidien que vient éclairer l’édifiante postface de Jean-Marc Lévy Leblond.
Autres couvertures :

samedi 14 septembre 2013

Intégrale Z
(Roman) Postcataclysme / Zombies / Horreur
AUTEUR : Max BROOKS (Usa)
EDITEUR : Calmann Lévy-Orbit, 6/2013 — 815 p., 17.50 €
TRADUCTION : Patrick Imbert
COUVERTURE : Iceberg
ILLUSTRATIONS : Max Werner
SOMMAIRE :
World War Z (World War Z, Three River Press, NY 2006)
Closure, Limited et autres histories de zombies (Closure, Limited & other stories from the Zombie War, Duckworth Overlock, Londres 2012)
Guide de survie en territoire zombie (The Zombie survival guide, Three River Press, NY, 2003)
En ce moment les zombies ont le vent en poupe, que ce soit au cinéma, à la télévision ou en littérature. On est loin de la sortie confidentielle de La nuit des morts vivants de Romero dans les petites salles pour étudiants en noir et blanc. Cette intégrale correspond World War Z, film avec Brad Pitt sorti sur les écrans en juillet 2013..Elle comprend le roman World War Z, le recueil Closure, Limited et autres histoires de zombies et l’essai Guide de survie en territoire zombie, le tout dans une traduction de Patrick Imbert. Le roman World War Z est en fait un recueil d’interviews de personnes ayant vécu la guerre des zombies. Il est structuré en plusieurs parties : Les premiers symptômes – La faute – La grande panique – Retournement de situation – Première ligne – Autour du monde et ailleurs – Guerre totale et Adieux. Cette structure très scénaristique projette une éclairage direct sur le cheminement de l’action, intégrant le lecteur au cœur de la trame historique à travers un prisme de points de vue dont la diversité, allant des militaires au simples humains, permet une approche précise et multi-visions du début, du déroulement et de la fin de ce conflit sans précédent dans l’Histoire de l’Humanité. Le recueil de 4 nouvelles (Closure Limited, Steve et Fred, Le carnaval de l’extinction et La grande muraille) est une sorte de plat d’accompagnement servi à côté du plat de résistance que représente le roman proprement dit. On y découvre d’autres trajectoires incluses dans l’immense patchwork de ce drame à l’échelle planétaire, nouvelles variations de focus qui intensifie encore les angles d’approches dans le besoin de compréhension qui résulte de ce cataclysme mondial et du caractère profanateur de ces principaux protagonistes. Enfin Le guide de survie en territoire zombie, comme son nom l’indique, se lit à la manière d’un manuel où l’on apprend tout ce que l’on doit savoir pour échapper à ces prédateurs hors normes ou bien pour les traquer, à savoir : les Mythes et réalités sur les Morts-Vivants, les Armes et techniques de combat, les Moyens de Défense, les Fuites et Déplacements, la Chasse et le Nettoyage, ainsi que le témoignage, Vivre dans un monde envahi par les zombies et le listing détaillé des Epidémies recensées, l’ensemble accompagné de quelques dessins destinés à rendre ces conseils plus facilement assimilables. C’est dont un gros pavé qui se lit assez rapidement et que nous conseillerons à toutes les personnes qui appréhendent d’un jour se réveiller au sein d’un monde dévasté envahie par des hordes de morts-qui-marche avides de chairs fraîches, ainsi qu’à tous ceux qui ne croient pas à toutes ces idioties, mais qui n’aimeraient guère se retrouver en pleine nuit seul dans une cabane abandonnée avec une meute de dépouilles sanguinolentes en train de tambouriner sur des portes et des fenêtres trop vétustes pour résister jusqu’au petit matin…Né zn 1972 à New Yor, Max Brooks est le fils de Mel Brooks et de Anne Bancroft. Avec de tels parents, il n'a pas tardé à être tenté par le cinéma, jouant dans plusieurs séries télévisées et prêtant sa voix à des personnages d'animation. Il vit aujourd'hui à Los Angeles et continue de s'adonner à son autre passion, celle de l'écriture.

lundi 1 novembre 2010

REEVE Philip (Gb)
Auteur britannique né à Brighton en 1966. Libraire, metteur en scène et créateur de pièces de théâtres, Philip Reeve est un illustrateur reconnu de livres pour enfants. Mais il s’est également fait un place remarquée en littérature avec, notamment, sa tétralogie steampunk « Mécaniques fatales »dont l’univers visuel fait preuve d’une grande inventivité
Plaine obscure
(Roman) Jeunesse / Postcataclysme / Steampunk
GALLIMARD JEUNESSE-Folio Junior 1533 — 630 p., 11,50 €
SERIE : Mécaniques fatales 4
TO : Hungry city chronicles 4. A darkling plain, Scholastic UK, 3/2006
TRADUCTION : Luc Rigoureau
COUVERTURE : David Frankland
Critiques :
www.yozone.fr (Michael Espinosa)
→ La suite et la fin de la série steampunk écrite par l’auteur de Planète Larklight et Hôtel étrange publiés également chez Gallimard Jeunesse. On y retrouve Tom Hester et sa fille Wren, deux des principaux protagonistes du récit nous narrant les aventures des survivants du monde postcataclysmique créé par Philip Reeve. De nouveau motivé par son insatiable curiosité, Tom mène une enquête sur Cruwys Morchand, une trafiquante de pré-tech, qui va le conduire à côtoyer Wolf Kobold, un homme riche et très bien informé. Les révélation de ce dernier incite Tom à partir explorer Londres, autrefois l’une des plus grandes Locomopole, devenue désormais une gigantesque épave radioactive. Et dans les décombres de la vieille cité il va découvrir une surprenante trace de vie qui se révèle être celle d’ingénieurs en train de travailler sur un mystérieux projet. Toutefois, ils ne sont pas les seuls à être intéressé par le passé de Londres. Les armées des autres Locomopoles s’y dirigent à présent, persuadées qu’elles y trouveront la clé de la victoire dans la guerre incessante qui les oppose. Théo, de son côté, l’un des autres personnages phares du cycle, destiné à former avec Wren le couple en devenir d’une Terre recomposée, a apporté son aide à Lady Naga (non, je n’ai pas fait de faute de frappe !) attaquée par les Assaillants Verts et se trouve embarqué en tant que capitaine de vaisseau dans un voyage organisée par cette dernière, un voyage qui bien sûr, ne sera pas de tout repos, et qui risque bien de lui coûter la vie. Hester, de son côté, très poche de Tom dans les premiers volumes de la série, est devenue une tueuse accompagnée de son inséparable Traqueur, M. Shrike. Enfin apparaissent d’autres protagonistes, tels que Fishcake, un jeune voleur doté désormais d’un Traqueur à double personnalité : Fang, le chef impitoyable des Assaillants Verts, et Anna, une femme bien plus abordable… Tous ces êtres se croisent et s’entrecroisent au sein d’une intrigue qui façonne l’architecture d’un monde d’une implacable cohérence en dépit de toute sa dureté. Certains éléments de cette tétralogie pourront faire penser au cycle de Compagnie des glaces de G .-J. Arnaud dans la démarche ferroviaire, d’autres au Monde inverti de Christopher Priest par rapport à la thématique des cités mouvantes, mais on peut également y déceler du Mad Max et l’empreinte du courant catastrophique qui a si bien réussi à la SF britannique. Des influences cependant minimes comparées à la richesse de l’univers visuel et linguistique inventé par Philip Reeve qui, avec ce roman a obtenue en 2006 un remarquable prix Guardian de la fiction.
Les autres titres de la série :
1.Mécaniques fatales
2.L’or du prédateur
3.Machinations infernales
4.Plaine obscure

lundi 25 octobre 2010

COTHIAS Patrick & ORDAS Patrick (Fr)
Patrick Cothias
est un brillant scénariste de bandes dessinées conbu à travers son cycle des “Sept vies de l’épervier”, mais surtout pour celui des “Eaux de Mortelune” illustré par Philippe Adamov, à qui il a donné un prolongement Romanesque avec Patrick Ordas chez l’éditeur Anne Carrière
Patrick Ordas a été professeur de dessins, musicien, graphiste et conseillers pour les métiers d’Art auprès du Ministère de la Culture. Auteur de plusieurs romans historiques, il est contribué avec Patrick Cothias à adapter en roman la série des « Eaux
de Mortelune » créée par ce dernier
Les eaux de Mortelune 1(Roman) Postcataclysme
ANNE CARRIERE, 3/2010 —
366 p., 19,50 € — SERIE : Les eaux de Morte Lune — COUVERTURE : Christophe Barbier
→ A la suite de la non préservation par les humains de la planète qu’ils habitent, le monde a été totalement dévasté. L’action du roman se situe dans un Paris en ruine revenu à un système féodal où l’eau s’est transformée en une denrée très rare autour de laquelle s’est développé le régime qui la contrôle. Désormais le pouvoir appartient à ceux qui savent encore la purifier. Cependant, l’utilisation des purificateurs exige du pétrole et bientôt les deux pouvoirs, celui de l’eau et du pétrole vont se livrer à une terrible guerre. Sur ce microcosme en perpétuel tumulte s’étend l’ombre du prince Jérôme Mortelune obsédé par le secret qui lui confère la jeunesse éternelle et régnant avec une féroce perversité sur un royaume qu’il conduit à l’extinction. Alors que la menace de la révolution gronde nous allons suivre la trajectoire de personnages phares du récit, tels que Violhaine, l’incandescente courtisane favorite du prince de Mortelune et son jeune frère Nicolas, le violoniste muet qui a su conserver le pouvoir du rêve, mais aussi de Pancrasse, le seul boucher de Paris, père de Violhaine et Nicolas, du Duc Malik, cousin et ennemi du prince qui connaît l’emplacement des réserves de pétroles indispensables au fonctionnment des purificateurs, ou Goliath le serviteur-tueur-favori de Jérôme, jaloux de Violhaine mais toujours fidèle à son maître. L’adaptation en roman d’une célèbre série de bande dessinée scénarisée par Patrick Cothias, dessinée par Philippe Adamov et développée en 10 volumes par les éditions Glénat de 1986 à 2000 (1.L’échiquier du rat – 2.Le café du port – 3.Le prince et la poupée – 4.Les yeux de nicolas – 5.Vague à lames – 6.Le chiffre de la bête – 7.La guerre des dieux – 8.La mort de Nicolas – 9.De profundis – 10.La recherche du temps perdu), puis reprise en intégrale chez ce même éditeur. Six années furent nécessaires à ces deux auteurs pour parvenir à cette extrapolation qui se conclura avec un deuxième tome prévu en mai 2010 chez le même éditeur. A noter que ces deux auteurs sont également à l’origine des premiers titres de la nouvelle collection Romans des éditions Bamboo : L’Ambulance 13 et L’œil des dobermans.

vendredi 18 juin 2010

WOLFE Gene Rodman (Usa)
Né en 1931 à New York, Gene Wolfe a commencé à écrire en 1965, sans pour cela abandonner son métier d’ingénieur. Considéré comme l’un des meilleurs stylistes du genre, il est connu pour son écriture riche en images d’une grande profondeur, ainsi que pour l’influence de sa foi catholique sur une partie de son œuvre. Auteur de nombreuses nouvelles et romans il a écrit dans le domaine de la fantasy des cycles remarquables comme celui du « Long soleil de Teur » et du « Chevalier-Mage »
◊ La citadelle de l’Autarque (Roman) Postapocalypse
Gallimard Folio-SF 363, 2/2010 — 496 p., 8.20 € — Ser. : Le Livre du Nouveau Soleil 4 — The citadel of the Autarch, Timescape, 1982 — Tr. William Olivier Desmond, harmonisée par Patrick Marcel — Couv. : Anthony Wulff — Sommaire :
Le chat (The cat, in World Fantasy Convention Program Book, ed. Robert Weinberg, 1983/ Tr. : Pierre-Paul Durastanti /Précédente publication in Silhouettes, recueil Denoël-Présence du Futur 515, 11/1990)
La carte (The map, in Light years and dark, ed. Michael Bishop, Berley 1984/ Tr. : Pierre-Paul Durastanti/Précédente publication in Silhouettes, recueil Denoël-Présence du Futur 515, 11/1990)
Précédentes publications :
● Denoël-Présence du Futur 375, 2/1984 — 384 p., 8.69 € — Ser. : Le Livre du Second Soleil de Teur 4 — Tr. William Olivier Desmond — Couv. : Daniel Furon
● In L’ombre du bourreau 2, Denoël-Lunes d’Encre, 2/2006 — 1097 p., 33 € — Tr. : William Desmond, harmonisées par Patrick Marcel — Couv. : Guillaume Sorel
Critiques :
www.cafardcosmique.com (K2R2) ; Fiction 253 (Emmanuel Jouane)
→ Ce second et dernier volume de la tétralogie du cycle du Nouveau Soleil dans une traduction de William Desmond, retravaillée par Patrick Marcel, vient clore les confessions de Sèverian, le bourreau adepte du travail bien fait, qui a du quitter sa charge car il a aidé une jeune femme à mourir avant d’être torturé. Dés lors débute pour lui toue une série d’aventures qui lui permettront de parcourir la surface de Teur, cette Terre de l’avenir éclairée par un soleil à l’agonie. Lorsque début cet ultime tome de la série, il a brisé son épée Terminus et perdu son artefact magique, la fameuse Griffe du Licteur., et se retrouve pris dans les terribles combats opposant les armées de la Communauté aux rebelles asciens, ces humains étranges, qui ne s’expriment que par des aphorismes ou des citations issues de leurs textes sacrés. Blessé et malade, il est recueilli par les pélerines, un ordre à qui jadis la Griffe a été volée, et profite de son repos forcé pour revenir sur les principaux événements qui ont émaillé son tumultueux parcours depuis son départ de la Tour Matachine. Bientôt cependant il réintègrera une place primordiale dans ce monde à l’incroyable diversité en atteignant la fameuse citadelle de l’Autarque où la plupart des indices semés en chemins par Gene Wolfe trouveront leur explication. C’est désormais un face à face avec l’un des personnages les plus puissants de cette planète qui attend Sévérian, à présent bien loin du jeune homme qui avait jadis abandonné son rang de compagnon de la guilde des enquêteurs de vérités et des exécuteurs de pénitence pour devenir au fil des épreuves un homme confronté à son destin. A noter que, en plus d’un Appendice consacré aux Armes de l’Autarque et aux vaisseaux hiérobules, le livre se conclut par deux nouvelles liées au cycle, Le chat et La carte. Un livre d’une richesse exceptionnelle, fait d’une mosaïque d’histoires, et brassant diverses influences, telles que, par exemple, une approche proustienne (un auteur admirée par Gene Wolfe) à travers la mémoire totale qu’il attribue à son héros Sévérian. Un roman qui se poursuivra plus tard par Le nouveau soleil de Teur, sorte de croisade dans les étoiles de notre héros qui délaissera quelque peu les rivages de la Fantasy pour se rapprocher de ceux du space opera.
Les autres titres de la série :
1.L’ombre du bourreau
2.La griffe du demi-dieu
3.L’épée du licteur
4.La citadelle de l’Autarque
5.Le nouveau soleil de Teur 1
6.Le nouveau soleil de Teur 2

samedi 20 mars 2010

WOLFE Gene Rodman (Usa)
Né en 1931 à New York, Gene Wolfe a commencé à écrire en 1965, sans pour cela abandonner son métier d’ingénieur. Considéré comme l’un des meilleurs stylistes du genre, il est connu pour son écriture riche en images d’une grande profondeur, ainsi que pour l’influence de sa foi catholique sur une partie de son œuvre. Auteur de nombreuses nouvelles et romans il a écrit dans le domaine de la fantasy des cycles remarquables comme celui du « Long soleil de Teur » et du « Chevalier-Mage »
◊ L’épée du licteur (Roman) Postapocalypse
Gallimard-Folio SF 356, 1/2010 — 433 p., 7,70 € — New Sun 3.The sword of the lector, Simon & Schuster-Timescape, 1981 — Tr.: William Desmond — Couv. : Anthony Wulff
Précédentes publications :
● Denoël-Présence du Futur 261, 4/1983 — 362 p., 8,69 € — Ser. : Le Livre du Second Soleil de Teur 3 — Tr. : William Desmond — Couv. : Raymond Hermange
● In L’ombre du bourreau 1, Denoël-Lunes d’Encre, 2/2006 — 1097 p., 33 € — Tr. : William Desmond, harmonisées par Patrick Marcel — Couv. : Guillaume Sorel
Critiques : in Fiction 341 (Emmanuel Jouanne) ;
www.parutions.com (Gilles Ferragu)
→ Un récit naviguant entre science-fiction et fantasy qui nous narre l’histoire de Severian, jeune apprenti de l’ordre des Enquêteurs de vérité et des Exécuteurs de pénitences sur le monde de Teur, la Terre du lointain futur à la technologie déclinante et baignée par la lueur d’un soleil en train de mourir. Promis à une brillante carrière dans la profession de bourreau pour lequel il a suivi un patient et monastique enseignement, Séverian commet l’irréparable en permettant à Thecla, une jeune aristocrate dont il s’est épris, de mourir avant d’être à nouveau torturée. Condamné à l’exil par ses maîtres, il prend le chemin de la cité de Thrax, armé de son épée Terminus est, et d’une mystérieuse relique à laquelle il prête d’étranges pouvoirs thaumaturgiques (cf. L’ombre du bourreau). Après être entré au service de Vodalus, le hors-la-loi et le nécrophage dont les rites énigmatiques tissent un étrange lien entre la vie et la mort (cf.La griffe du demi-dieu) Séverian, devenu Licteur de Thrax, semble avoir trouvé l’équilibre qui lui manquait depuis son départ de Nessus. Cependant, il est préoccupé par les reproches qu’il reçoit de Dorca, sa compagne, tandis qu’il s’interroge sur le bien fondé de la Loi et du Droit. Couplées à des menaces émanant de créatures étranges qui le poursuivent, aux questions irrésolues du Manoir absolu, ses réflexions le poussent à nous veau à la fuite. Dés lors, il quitte en secret Thrax, la cour de l’Archonte, et sa place de choix dans la guilde des Enquêteurs de vérité et des Exécuteurs de pénitences, pour reprendre la route avec Terminus Est, sa fidèle épée, et la griffe du conciliateur, le bijou magique qui régénère les morts. Cependant ce pouvoir ne lui permettra pas de sauver son fils d’adoption, ni de se défendre contre les Géants qui entendent bien réduite les restes de l’humanité en esclavage. Des péripéties qui nous permettent d’en apprendre plus sur le passé de Teur enveloppé dans un suaire d’énigmes qui déterminent à présent l’avenir de Séverian, tout en le conduisant vers l’énigmatique château de Balanders. Entre le récit initiatique, la chanson de geste et le conte philosophique ce roman, le troisième d’un cycle de cinq volumes, rivalise d’inventivité, alternant des scènes de batailles hallucinatoires, notamment celle contre l’Autarque bicéphale, ce maître sans visage qui hante ses pensées, et démontrant si besoin était la maestria avec laquelle Gene Wolfe sait faire évoluer ses personnages dans l’entrelacs d’une intrigue jamais stéréotypée. Un roman poursuivant l’analyse de la personnalité de Séverian, toujours aussi complexe, tout en nous dévoilant à dose homéopathique, des nouvelles facettes du monde improbable où se déroule l’histoire dans une sorte de confession qui revient sur des événements déjà écoulés. La suite d’un grande série entre onirisme et post-apocalysme nous plongeant dans une ambiance de fin de monde digne des Danseurs de la fin du temps de Michael Moorcock ou du cycle de Dying Earth (avec Cugel l’astucieux en héros principal) de Fritz Leiber. Un roman qui a reçu le prestigieux prix Locus en 1983. Il est ici reproduit dans traduction définitive harmonisée par Patrick Marcel lors de la réédition du livre au sommaire de l’omnibus L’Ombre du bourreau 1 reprenant l’ensemble de la série dans la collection Lunes d’Encre des éditions Denoël.
Les autres titres de la série :
1.L’ombre du bourreau
2.La griffe du demi-dieu
3.L’épée du licteur
4.La citadelle de l’Autarque
5.Le nouveau soleil de Teur 1
6.Le nouveau soleil de Teur 2

lundi 22 février 2010

GEMMELL David A(ndrew) (Gb)
Auteur de nombreux best-selers et reconnu comme le maître incontesté de l’heroic fantasy en Grande-Bretagne, cet auteur britannique né en 1948 a été emporté par une crise cardiaque en 2006, à 57 ans. Ancien journaliste, et videur dans un bar de Soho, ses deux mètres t ses cent vingt kilos de complétaient par une profonde joie de vivre qui transparaissait dans chacun de ses ouvrages entraînant ses lecteurs dans des aventures épiques pleine de magie et de batailles sur la trace de personnages hauts en couleurs profondément humains et, par là même, rendus intensément crédibles
◊ Pierre de sang (Roman) Postcataclysme / Univers Parallèles
Bragelonne-Fantasy, 1/2010 — 311 p., 20 € — Ser. : John Shannow 3 — Bloodstone, Legend, 9/1994 — Tr. : Rosalie Guillaume — Couv. : Didier Graffet
→ Vingt après les événements relatés dans les deux premiers tomes du cycle l’emprise des terribles chevaliers de Jérusalem sur le ce monde de l’après cataclysme ne cesse de se resserrer. Au nom de la paix ces fossoyeurs du massacre se déchaînent contre les incroyants avec une férocité sans égale et une totale impunité. Jusqu’au jour où ils s'en prennent à une église de la Vallée des Pélerins qu'ils détruisent au cours d'un incendie où périssent tous les fidèles réfugiés dans ce lieu de culte. C'est ce moment que choisit un cavalier pour surgir de l'ombre et pourchasser les tueurs. Désormais le loup solitaire, l’homme de Jérusalem est de retour pour affronter et vaincre le mal qui se répand avec voracité sur ce monde sans loi. Cependant, outre la menace des chevaliers il va être vite confronté à un danger plus redoutable qui se matérialise sous la forme de la Pierre de Sang, un dieu monstrueux qui se nourrit d’âmes et auprès duquel le valeureux John Shannow devra chercher autre chose que sa propre rédemption, tandis que ressurgira dans ses souvenirs l’ombre de vieux ennemis tels que les Enfants de l’Enfer et de leur chef, le démoniaque Sarento. Et l’ultime volet du drame se déroulera dans une Vallée des Pélerins où plane l’ombre d’un diacre qui a son mot à dire dans cette affaire, tandis que bien plus loin derrière le portail des univers parallèles, un certain Oppenheimer viendra nous réveler le fin mot de l’histoire. Le dernier volume d’une trilogie mise un peu en retrait des cycles de Drenaï et de Rigante selon la volonté de feu David Gemmell, qui bénéficie ici enfin d’une publication intégrale, changeant à l’occasion d’intitulé de cycle (de celui des Pierres de sang à celui de John Shannow) avec des couvertures différentes, même si elles sont signées par le même dessinateur, l’incontournable Didier Graffet , illustrateur de la première heure des couvertures de Bragelonne et de celle de David Gemmel en particulier. Une trilogie qui met en relief un héros digne des westerns à la Clint Eastwood ou du Pistolero de Stephen King. L’occasion en tous cas de retrouver un auteur britannique mort trop tôt à l’âge de cinquante-sept ans alors qu’il venait de redonner un coup de jeunesse la Fantasy made in Britain, ouvrant la voie à une longue suite de nouveaux écrivains qui depuis ont fait également le bonheur du catalogue Bragelonne, et des lecteurs par la même occasion.
Les autres titres de la série :
1.Le loup dans l'ombre
2.L'ultime prière
3.Pierre de sang

GEMMELL David A(ndrew) (Gb)
Auteur de nombreux best-selers et reconnu comme le maître incontesté de l’heroic fantasy en Grande-Bretagne, cet auteur britannique né en 1948 a été emporté par une crise cardiaque en 2006, à 57 ans. Ancien journaliste, et videur dans un bar de Soho, ses deux mètres t ses cent vingt kilos de complétaient par une profonde joie de vivre qui transparaissait dans chacun de ses ouvrages entraînant ses lecteurs dans des aventures épiques pleine de magie et de batailles sur la trace de personnages hauts en couleurs profondément humains et, par là même, rendus intensément crédibles
◊ L’ultime sentinelle (Roman) Postcataclysme / Univers Parallèles
Bragelonne-Fantasy, 1/2010 — 309 p., 20 € — Ser. : John Shannow 2 — The last guardian, Legend, 11/1989 — Couv. : Didier Graffet
Précédentes publications : Bragelonne-Fantasy, 2/2003 — 281 p., 20 € — Ser. : Les pierres de sang 2 — Couv. : Didier Graffet (différente
Critiques : Khimaira 19 (Christophe van de Ponseele) ; Lanfeust 54 (A.L. Dometoff) ; Mauvais Genres 7 (Anonyme)
→ Dans un monde de nouveau soumis aux affres du chaos depuis que les Portes du Temps ont été forcées, Jon Shannow, le légendaire pistolero, représente l’ultime recours. Afin de refermer le portail par lequel un mal ancestral s’apprête à déferler sur le monde l’Ultime Sentinelle se met en quête de l’Epée de Jéhovah, flottant désormais entre les nuages qui recouvrent les terres périlleuses situées de l’autre côté du Mur. Un territoire sauvage peuplé de toutes sortes de monstres où les bêtes marcheraient comme les hommes vouant un culte fanatique à une sombre et mystérieuse déesse. Et alors que des hordes de démons se dressent pour empêcher la quête de Shannow, quelque part, une femme aux cheveux d’or se met à rêver de sang. Le second volet du cycle des Pierres de sang. Un roman où l’on retrouve le style épique de David Gemmell passé maître dans l’art de camper des héros à l’intense pouvoir charismatique. Un récit qui recoupe ceux du mythe de l’Atlantide et de l’Arche de Noé, tandis que passé, avenir et présent se télescopent et que se divulguent les véritables raisons qui ont fait basculer la Terre de son axe. Une histoire où la trajectoire de Jon Shannow rencontre celles d’autres personnages exceptionnels tels que Nu-Khasisatra, le constructeur de navires hanté par sa vision de la fin des temps, l’indomptable Beth McAdam, Shri-An le prince homme-lion, Chreena au corps d’ébène, la spécialiste des Temps Intermédiaires et de l’étude des Dianae, le peuple de l’ADN voué à une irréversible régression animale, et Pendarric, le roi maléfique dont la soif de pouvoir le conduisit à détruire l’équilibre et l’harmonie du monde, s’attirant ainsi les foudres du seigneur Chronos, sans oublier un pasteur fort habile au maniement du revolver, mais malheureusement aveuglé dans ce qu’il croyait être son sacerdoce. En résumé un livre aux accents bibliques dont la fin n’est que l’ébauche d’un recommencement qui trouvera sa conclusion dans l’ultime volume de la série : Pierre de sang.
Les autres titres de la série :
1.Le loup dans l’ombre
2.L’ultime sentinelle
3.Pierres de sang
GEMMELL David A(ndrew) (Gb)
Auteur de nombreux best-selers et reconnu comme le maître incontesté de l’heroic fantasy en Grande-Bretagne, cet auteur britannique né en 1948 a été emporté par une crise cardiaque en 2006, à 57 ans. Ancien journaliste, et videur dans un bar de Soho, ses deux mètres t ses cent vingt kilos de complétaient par une profonde joie de vivre qui transparaissait dans chacun de ses ouvrages entraînant ses lecteurs dans des aventures épiques pleine de magie et de batailles sur la trace de personnages hauts en couleurs profondément humains et, par là même, rendus intensément crédibles
◊ Le loup dans l’ombre (Roman) Postcataclysme / Univers Parallèles
Bragelonne-Fantasy, 1/2010 — 358 p., 20 € — Ser. : John Shannow 1 — Wolf in shadow, Century, 8/1987 — Tr. : Rosalie Guillaume — Couv. : Didier Graffet
Précédentes publications : Bragelonne-Fantasy, 2/2002 sous le titre L’homme de Jérusalem — 304 p., 20 € — Ser. : Les pierres de sang 1 — Couv. : Didier Graffet (différente)
Critiques : Lanfeust 43 (A.L. Dometoff)
→ Ce 1er volume du cycle de Jon Shannow (anciennement des Pierres de sang dans la précédente publication chez Bragelonne) nous projette dans un monde d’après le cataclysme, un univers à la Mad Max où la loi du plus fort règne en maître. Le héros qui le parcourt s’appelle Jon Shannow. Individu solitaire tourmenté par son passé, il laisse sur son passage un sillage de morts frappés par les balles des colts qu’il manie avec une adresse diabolique. Redouté des Brigands, il n’est cependant pas en odeur de sainteté chez les gens honnêtes, qui ne se préoccupent guère que le but de sa quête a pour nom Jérusalem, la cité sainte où, dans la profonde religiosité qui l’anime, il espère trouver une réponse aux tourments qui l’habitent. Aussi lors qu’il fait halte chez une jeune femme, restée seule avec son fils depuis la mort de son mari tué par des Brigands, il n’est pas le bienvenu. Pourtant cette dernière parviendra, pour un temps, à l’extirper de l’univers de haine où il végète. Pour un temps seulement, car la montée en puissance des Enfants de l’Enfer, un groupe d’adorateurs de Satan, qui entendent répandre leur domination sur le monde et pour lesquels il représente un obstacle majeur, l’oblige à redevenir la redoutable machine à tuer que rien ne semble pouvoir arrêter. Planté dans un décor de Terre qui a dévié de son axe (voir la série d’Arkadi du dessinateur Caza) avec toute la série de cataclysmes que cela a engendré à sa surface. Evoluant dans un background couleur western à la façon Tour Noire de Stephen King ou La piste des Ombres du dessinateur Tiburce Oger, Jon Shannow rappelle parfois l’Elric de Moorcock par le destin tragique attaché à ses pas. Un prince albinos qui aurait toutefois hérité du caractère bien trempé de Druss la légende, autre héros emblématique de cet auteur britannique devenu l’une des valeurs sures de la Fantasy made in Outre-Manche. Le premier roman de cet auteur à avoir été publié aux USA. Une réédition avec un tout nouveau look et avec en parallèle la publication du troisième tome inédit.
Les autres titres de la série :
1.Le loup dans l’ombre
2.L’ultime sentinelle
3.Pierres de sang

lundi 25 mai 2009

ALDISS Brian Wilson (Gb)
Brian Wilson Aldiss est né à Norfolk, en Angleterre, en 1925. Après avoir publie son premier livre « The brightfound diaries » en 1955, il embrassa une véritable carrière dans le domaine de la fiction et de la littérature, qui lui valut d’être anobli en 2005. Libraire, rédacteur littéraire du premier magazine de critique de SF, Science Fiction Horizons, créé en 1964, et qui dura seulement deux numéros, c’est également une brillant essayiste réputé pour ses études sur la science-fiction. Il s’est peu tourné vers le domaine de la Fantasy à qui l’on peut tout de même rattacher sa « Trilogie d’Helleconia » ainsi, en moindre mesure, que l’aventure épique et végétale du « Monde vert »
◊ Le Monde Vert (Roman) Post Fantasy
Gallimard-Folio SF 328, 2/2009 — 338 p., 8 € — Hothouse or The long afternoon, Signet Books, 1962 — Tr. : Michel Deutsch — Couv. : Johann Bodin — Sommaire :
La grande montée, in Fiction 100, 3/1962 (Hothouse, F&SF 1960/Tr. : Michel Deutsch)
Le Nomansland, in Fiction 101, 4/1962 (Nomansland, in F&SF 1961/Tr. : Michel Deutsch)
La bouche noire, in Fiction 102, 5/1962 (Undergrowth, in F&SF 1961/ Tr. : Michel Deutsch)
Du côté de la nuit, in Fiction 103, 6/2002 (Timberline, in F&SF 1961/ Tr. : Michel Deutsch)
…Et revivre à jamais, in Fiction 104, 7/2002 (Evergreen, in F&SF 1961/ Tr. : Michel Deutsch)
Précédentes publications :
1/J’Ai Lu-Science-Fiction 520, 1/1974 — 303 p., 5 € — Tr. : Michel Deutsch — Couv. : Tibor Csernus
2/In Découvrir la science-fiction de Michel Cosem, Seghers-Anthologie Jeunesse, 1975 (extraits)
3/J’Ai Lu-Science-Fiction 520, 9/1985 — 303 p., 5 € — Couv. : Tim White
4/Le Livre de Poche-Science-Fiction 7179, 11/1995 — 256 p., 7 € — Couv. : Manchu — Sommaire : Préface de Gérard Klein
5/Terre de Brume-Poussière d’étoiles, 6/2007 — 288 p., 18 € — Couv. : Eric Scala
Critiques :
www.actusf.com (Jérôme Vincent) ; Bifrost 44 (Sam Lermite) ; www.cafardcosmique.fr (Olivier) ; Horizons du Fantastique 29 (Michel Jeury) ; Kws 19 (Eric Vial) ; www.noosfere.com (Bruno Para) ; www.yozone.fr (Stéphane Pons)
→ Nous sommes dans le lointain futur de la Terre. A cette époque notre monde, à la suite d’un terrible cataclysme, est demeuré figé sur son ère relié à la lune par les filaments d’une gigantesque toile tissée par les Travertoises, d’énormes araignées végétales capables de voyager dans l’espace. Désormais le globe est partagée en deux grand hémisphères, l’un plongé dans une nuit éternelle où des horreurs sans nom survivent au sein d’immenses étendues glacées, l’autre, éclairée, envahie par une jungle luxuriante. C’est là que vivent Gren et sa compagne Yattmur, les héros de ce raid Amazone avant la lettre. Dans cet univers sur lequel la végétation règne sans partage, les hommes se sont regroupés en petits clans d’individus minuscules qui doivent redoubler d’inventions pour échapper à la voracité des arbres gigantesques et à l’avidité des autres végétaux transformés en champion de l’opportunisme alimentaire. Derniers mammifères égarés dans ce véritable enfer végétal, Gren et sa compagne partiront à la recherche d’un savoir perdu que possédait leur espèce et que l’on appelait : civilisation. Un roman fascinant dont la quête épique autant qu’initiatique reposant sur l’espérance en un ancien temps disparu s’accompagne d’une traversée de paysages fantastiques jaillis de la plume de l’un des maîtres de la SF britannique qui rejoint dans ce livre les fascinations ballardiennes de La forêt de cristal et du Monde englouti, tout aussi bien que l’aventure primaire d’un Monde oublié de Murray Leinster, tout en anticipant la thématique de la Terre rivée sur son orbite chère au dessinateur Caza à travers sa série Le monde d’Arkadi.

dimanche 5 avril 2009

WINGROVE David (Gb)
Auteur britannique né en 1954 . Après avoir longtemps travaillé dans l’univers de la Banque, il se lance dans l’écriture en 1989 avec la série « Zhongguo » dont les huit volumes lui assurent un remarquable succès.Il est également l’auteur avec Rand Miller de l’adaptation en roman du jeu « Myst »
◊ La montagne blanche (Roman) Postcataclysme
L’Atalante-La Dentelle du Signe, 2/2009 — 672 p., 25 € — Ser. : Zhongguo 3 — The white mountain, Nel, 8/1991 — Tr. : Michel Pagel — Couv. : Beet
→ Briser le pouvoir des Sept, semer la discorde dans leurs rangs et détruire l’ordre du Zhongguo, Howard DeVore voudrait bien y parvenir. Pour cela il n’hésite pas à utiliser des moyens peu ordinaires comme un attentat spectaculaire ou la destruction des plantations vivrières d’Europe de l’Est. Fin joueur de weigi, le renégat a plusieurs coups d’avance.. Et les passions irrépressibles s en mêlent aussi : celle, coupable, de Feiyan pour le tang d Asie occidentale pourrait déchirer le Conseil suprême. Si elle venait à se savoir... Les haines et les désirs s’enflamment, les manoeu­vres s accélèrent, les événe­ments se précipitent. La Cité Terre court-elle à sa perte ? Li Yuan avait jadis fait un rêve : une montagne blanche d’ossements cou­vrait la plaine où se trouvait naguère la Cité... Le troisième tome d’une œuvre monumentale en huit volumes dont David Wingrove a entamé la publication après sept années de travail dans l’univers de la banque.
Les autres titres de la série
1.L’Empire du Milieu
2.La roue brisée
3.La montagne blanche

jeudi 14 août 2008

LOVEGROVE James (Gb)
Né en 1965 cet auteur anglais s’est très vite imposé comme une voix marquante dans la science-fiction prospective britannique. Son regard à la fois satirique, inventif et critique s’inscrit parfaitement dans la tradition des grands écrivains tels que George Orwell et Aldous Huxley. Depuis la parution de « Days », pamphlet acerbe sur les méfaits du consumérisme, il a su toucher le grand public et il s’impose désormais sur la scène internationale, notamment en France par le biais des éditions Bragelonne.
Royaume désuni (Roman) Postcatalysme
Bragelonne-Fantasy, 2/2008 — 473 p., 20 € —Untied Kingdom, Orion-Gollancz, 4/2003 — Tr. : Nenad Savic — Couv. : FBDO
→ Déjà auteur de Days chez le même éditeur, critique acerbe du monde du consumérisme racontant les aventures d’un looser dans un grand magasin transformé en véritable champ de bataille James Lovegrove revient avec une uchronie dépeignant une Angleterre en ruine mise au ban des nations dans laquelle survivent de minuscules communautés se rattachant fiévreusement aux traditions ancestrales et aux mythes qui structurent leur identité. Alors que la Communauté Internationale a bombardé les villes britanniques dont les habitants s’étaient révoltés contre les choix déraisonnables de leur gouvernement désormais en exil aux Caraïbes, nous suivons les trajectoires à la fois entrecroisées et divergentes d’un couple, l’instituteur de la petite communauté de Dowbourne Fen Morris et sa femme Moira. Bien que sans eau et sans électricité, les gens du coin tente d’oublier le traumatisme des bombardements à travers de petites fêtes où ils se défoulent complètement. Mais ils doivent aussi faire face aux raids des gangs venus de Londres désormais découpés en plusieurs quartiers sur lesquels règnent les bandes organisées de Frénétiks, des Razorboys, et des Bulldogs anglais toujours en quête de nouveaux territoires et de femmes pour augmenter leur cheptel de chair fraîche. Justement ces derniers ont enlevé Moira et Fen part pour Londres afin de la récupérer. Un périlleux voyage émaillé de rencontres improbables avec des points de passage obligés, comme les vestiges de l’autoroute M25 où se terrent dans les carcasses des véhicules abandonnées au cours de l’exode qui a suivi les bombardements toute une population de déshérités. A travers le cheminement de Fen et Moira James Lovegrove nous invite à une sorte de quête initiatique dans ce pays en lambeaux à la recherche de sa dignité perdu. Une sorte de roman postcataclysmique pétri d’émotion et brisant le carcan de nos certitudes qui a fait écrire à certains critiques que Lovegrove était au XXI° siècle ce que Ballard fut pour le XX°.