vendredi 11 décembre 2009

ASH Sarah (Gb)
Sarah Ash est née en 1950 à Bath, en Angleterre. Universitaire à Cambride dans le domaine musical, elle était également passionnée par l’écriture depuis son adolescence, vouant une franche admiration à des écrivains tels que Tolkien, C.S. Lewis ou… Alexandre Dumas. S’étant tournée vers l’enseignement elle continua d’écrire et publia sa première nouvelle « Mothmusic » dans Interzone en 1991 avant d’entamer avec brio sa trilogie des Larmes d’Artamon qui lui vaudra une renommée internationale
◊ La fuite dans les ténèbres (Roman) High Fantasy
de Sarash Ash (Roman) Fantasy, 4/2009 — 510 p., 21 € — Ser. : Préquelle aux Larmes d’Artamon 2 — The alchimist’s legacy 2.Flight into darkness, Bantamp-Spectra, 2008 — Tr. : Colette Carrière — Couv. : Didier Graffet
Critiques :
www.elbakin.net (Linaka-Interview)
→ Pour la fuite et la fin de sa Préquelle aux Larmes d’Artamon, comme elle l’explique dans l’interview des Utopiales 2009 accordée au site www.elbakin.net , Sarah Ash avoue avoir essayé de replacer plusieurs éléments de la trilogie précédente à la demande de son éditeur afin que les amateurs de la série ne soient pas réellement déroutés. Ce qu’elle a fait, sans toutefois nuire à la nouvelle intrigue centrée sur les personnages de Rieuk et de Célestine. Le premier est un jeune garçon qui, par inadvertance, a libéré de sa prison Azilis, un esprit chargé de maintenir l’équilibre entre le royaume des morts et celui des vivants. Sitôt dehors ce dernier, peu tente par l’idée de se faire à nouveau enfermé, s’est attaché au destin d’une mortelle, Célestine, à qui il sert désormais d’ange gardien. Une protection dont notre seconde héroïne a un urgent besoin car pas mal de monde désire sa perte depuis qu’elle a décidé de venger la mort de son père, un magicien qui a péri sur le bûcher. Car en se lançant dans cette action vengeresse, elle a été forcée de dévoile rune partie de l’héritage sulfureux que lui a légué son géniteur avant de mourir. Des pouvoirs qui ne sont guère du goût de l’Inquisition déterminée à éradiquer toute magie de la surface du monde. Cependant, il n’y a pas que Azilis qui s’est échappé de sa prison. Sept démons venus d’un autre royaume ont fait de même. Et maintenant ils sont bien décidés à régner sur le monde des mortels. Pour empêcher cette invasion du chaos Rieuk et Célestine se lanceront dans une aventure pleine d’embûches et de péripéties qui leur fera comprendre que le sort de héros n’est pas toujours enviable. Un nouvel opus dans cette passionnante qui permet à l’auteur de parfaire notre connaissance sur cet univers original peuplé de personnages attachants qui hésitent souvent sur les décisions à prendre, ce qui les rend encore plus humains et encore plus crédibles. Le tout se déroulant au fil d’un intrigue finement menée où il est question de Faille entre les mondes, de Nagazdiel, le prince des Drakhaouls, du vaillant roi Enguerrand, de Linnaius et de son compagnon Azhkanizkael, un fascinant serpent d’air, de traîtrise, de persécution et de l’Ordre de Saint-Sergius, voué à combattre toutes les influences démoniaques grâce à la houlette du saint forgée à cet effet. Mais tout ce beau monde aura bien du mal à empêcher le chaos du royaume des Ombres de se répandre sur le monde des vivants. Seul le retour d’Azilis, le Chantre d’éternité, au cœur de la Faille sur laquelle il devait toujours veiller permettrait d’empêcher celle-ci de s’élargir de plus en plus. Un tache que Rieuk et Célestine devront mener à bien s’ils veulent protéger tout ce qui leur est cher.
Les autres titres de la série :
Préquelle 1.La traque de l’ombre
Préquelle 2.La fuite dans les ténèbres
1.Seigneur des neiges et des ombres
2.Le prisonnier de la tour de fer
3.Les enfants de la Porte du Serpent

mercredi 9 décembre 2009

WEIS Margaret & HICKMAN Tracy (Usa)
WEIS Margaret Baldwin
Pseudo de Edith Baldwin
Née en 1948 à Independence, dans le Missouri, Margaret Weis obtint un diplôme de littérature dans l’université du Missouri, dans la ville de Columbia. Puis elle devint journaliste et publia son premier livre, « Frank et Jesse James » en 1981. Un peu plus tard, après un déménagement, elle devient rédactrice en chef chez TSR Inc., les créateurs du jeu de rôle « Donjons & Dragons ». C’est un peu plus tard qu’avec Tracy Hickman elle publie les premiers romans du cycle de la série « Chroniques de Lancedragon » qui se vendirent à plus de vingt millions d’exemplaires à travers le monde. Elle enchaîna ensuite avec d’autres séries de Fantasy écrites en collaboration avec Hickman, puis avec son ex-époux Don Perrin, ou sur son seul nom, comme celle de « Dragonvarld ». Des contrats de films sont en discussion pour plusieurs de ses romans, notamment pour les « Chroniques » qui devraient être adaptées en dessin animé
HICKMAN Tracy (Usa)
Pseudo de Tracy Raye Hickman
Né à Salt Lake City, dans l’Utah, aux Etats-Unis, en 1955, Tracy Hickman est un mormon convaincu. Marié avec Laura Curtis depuis 1977, il a réalisé avec elles de nombreux jeux de la série « Donjons & Dragons », ainsi que le roman « Mystic warrior » en 2004. Mais sa collaboration la plus marquante est celle qui l’amena à écrire avec Margaret Weis les premiers romans de la série « Dragonlance » qui furent suivis d’autres trilogies situées dans le même univers, ainsi que d’autres cycles de fantasy tels que celui des « Portes de la mort », de « L’épée noire » et de « La rose du prophète »
◊ Deuxième génération (Roman) High Fantasy / Dragons
Bragelonne-Milady, 6/2009 — 422 p ., 21.500 € — Ser. : Nouvelles Chroniques 1 — The second generation, TSR, 1994 — Tr. : Isabelle Troin — Couv. : Matt Stawicki — ill. : Ned Dameron — Sommaire :
● Prologue, Poèmes et Epilogue : Mich ael Williams
Le fils de Kitiara (Kitiara’s son)
L’héritage (The legacy, in DragonLance Tales v.1, TSR, 1987)
« On parie ? » (« Wanna Bet ? », in DragonLance Tales v.2, TSR, 1987)
La fille de Raistlin (Raistlin’s daughter, in DragonLance Tales v.3, TSR, 1987)
Le sacrifice (The sacrifice)
● Appendices : Chanson de Huma, par Tracy Hickman (Song of Huma)
Précédentes publications : Fleuve Noir-Lancedragon Grand Format, 1/1999 — 360 p., 99 Frs — Ser. : Nouvelles Chroniques 1 — Tr. : Isabelle Troin — Couv. : Larry Elmore
→ La guerre de la lance est terminée et les vieux héros sont fatigués. Mais la nouvelle génération est là pour prendre la relève. Bons et méchants vont à nouveau s’affronter par progénitures interposées dans le fabuleux monde de Krynn toujours sous la menace du retour de la Reine des Ténèbres. Pour le 15ème anniversaire du cycle les éditions Fleuve Noir, puis Milady, nous offrent 5 nouvelles qui se situent chronologiquement, sauf l’une d’entre elles, dans l’intervalle des deux romans Dragons d’une lune d’hiver et Dragons d’une flamme d’été, et qui sont l’œuvre du tandem Weis et Hickman (Dezra Despain, qui co-signe la première, étant un pseudonyme de ce cher Tracy). Alliant conflits, humour, tendresse et nostalgie, elles feront le bonheur des amateurs du cycle à qui les éditions Fleuve Noir avaient proposé, lors de la première publication, de prendre la plume pour participer à un concours de nouvelles basées sur le monde de Krynn. Cette édition se terminait également par un dossier d’Isabelle Troin, la traductrice (Lancedragon : Les clés d’un saga) qui comprenait l’Histoire du monde de Krynn, La chronologie des aventures de Compagnons de la Lance, ainsi qu’une biographie des 13 héros mythiques. Un poster représentant la carte de Krynn était également offert par les libraires pour l’achat de ce livre. Toutefois l’édition Fleuve Noir ne comportait pas les illustrations noir et blanc de Ned Dameron qui ornaient l’édition américaine, et qui sont reprises chez Milady.
SAPKOWSKI Andrzej (Pologne)
Ecrivain polonais né le 21 juin 1948 à Lodz. Après avoir étudié l’économie, il a commencé à écrire des histires fantastiques et de fantasy et a rencontré le sucés grâce aux récits retraçant l’histoire de Geralt de Riv, le Sorceleur
◊ Le temps du mépris (Roman) Aventures Fantasy
Bragelonne-Fantasy, 4/2009 — 383 p., 20 € — Ser. : La saga du Sorceleur 2 — Czas progardy, 1995, — Tr. : Caroline Raszka-Dewez — Couv. : Etienne Le Roux
Critiques :
www.phenix-web.net (Chris de Savoie)
→ Le premier tome de cette série, Le sang des elfes, nous avait permis de faire retrouver le Sorceleur Geralt de Rive, ce mutant aux cheveux d’albâtre qui passe sa vie à traquer des monstres légendaires afin de les éliminer de la surface de la Terre, un personnage dont de précédentes aventures avaient déjà été relatées dans deux recueils de nouvelles également parus chez Bragelonne (Le dernier vœu et L’épée de la providence). Ce nouveau cycle avait vu notre défenseur de la veuve et de l’orphelin prendre sous son aile la petite Ciri. Détentrice de pouvoirs hors du commun et objet de bien des convoitises, celle-ci est d’abord prise en main par la magicienne Yennifer, une femme dont le souvenir est resté douloureusement vivace dans l’esprit du Sorceleur, avant d’être confié à la célèbre école de magie d’Aretuza sur l'île de Thanedd. Là bas les magiciens se sont réunis afin de décider s’ils vont réagir face aux bouleversements en cours. Car le monde autour d’eux est en pleine effervescence depuis que les troupes de Nifgaard lancées par l’empereur Emhyr var Emreis déferlent sur le pays qu’ils envahissent, royaumes après royaumes, alors que les Rois Voisins continuent de se livrer des guerres intestines qui ne font que les affaiblir. Pendant ce temps, Garalt de Riv, continue de cherche la trace du mystérieux magicien qui a décidé de le tuer. Mais son cœur est tours accaparé par le souvenir de ses étreintes avec Yennfer qu’il rêve de retrouver, tandis que la toile d’intrigues politiques qu’il s’est toujours efforcé d’éviter en prodiguant ses talents au plus offrande a de plus en plus tendance à l’entraîner dans des conflits politiques dont il aurait bien voulu rester à l’écart. Avec ce second tome de la Saga du Sorceleur l’univers de Geralt de Rive continue de nous plonger dans un univers impitoyable que l’auteur imprègne encore volontairement de quelques zones d’ombre afin d’alimenter le suspense. Confronté à des intrigues politiques qui le dépassent et qui vont déclencher une terrible trahison, le Sorceleur poursuit sa route en dépit des épreuves avec son amour pour Yennifer ancré au fond du cœur. Ecrit dans un style fluide où les rebondissements sont légion, cette série pleine d’inventivité nous démontre que la Fantasy, hors de notre hexagone, n’est pas obligatoirement de traduction anglo-saxonne comme le prouvent les éditions Bragelonne qui n’hésitent pas à franchir les frontières proches avec cette fois cet auteur venu de Pologne et, conjointement Hennen et ses Elfes, Hecht et ses Nains, issus quant à eux des territoires germaniques.
Les autres titres de la série Géralt de Riv :
1.Le dernier vœu
2.L’épée de la providence
3.Le sang des elfes (La saga du Sorceleur 1)
4.Le temps du mépris (La saga du Sorceleur 2)
VERLANGER Julia (Fr)
Pseudo de Héliane Taïeb/Pseudo = Gilles Thomas
Née en 1926, près avoir publié une vingtaine de nouvelles dans diverses revues consacrées à la SF et au Fantastique, Julia Verlanger fit une entrée remarquée dans la collection Anticipation du Fleuve Noir dont elle contribua largement à rehausser le niveau. Abordant tous les genres, romans planétaires, récits postcataclysmiques, space opera, et Fantasy, elle occupe une place à part dans l’univers de la SF francophone féminine au point que depuis 1986 un prix portant son nom récompense les œuvres de SF et de Fantasy. Elle est décédée en 1982
◊ Dans les mondes barbares (Recueil de Romans) Space Fantasy
Bragelonne-Les trésors de la SF 6, 5/2009 — 565 p., 25 € — Ser. : Julia Verlanger Intégrale 3 — Couv. : Benjammin Carré — Sommaire :
La croix des décastés (cf. Gilles Thomas)
Les voies d’Almagiel
L’ange aux ailes de lumière (cf. Gilles Thomas)
D’un lieu lointain nommé Soltrois (cf. Gilles Thomas)
● Postface : De bons divertissements sans prétentions ?, de Roland C. Wagner
Critiques :
www.yozone.fr (Jérôme Charlet)
→ De son vrai nom Héliane Taïeb, Julia Verlanger fut l’un des auteurs phares de la collection Anticpation des édititions Fleuve Noir. Ses récits, habilement conçus, relatent des aventures distrayantes fertiles en rebondissements se déroulant souvent sur de lointaines planètes ou sur des mondes retournés à la barbarie avec une précision dans le détail qui fait parfois penser au planet opera de Jack Vance. Quatre de ses livres signés Gilles Thomas et publiés au Fleuve de 1978 à 1979 sont repris ici, accompagnés d’une postface de Roland C. Wagner, qui retrace le parcours de cet auteur dans cette collection dont il profite pour nous offrir un rapide historique. Bien que ces quatre romans ne soient pas directement assimilables au label Fantasy, certains s’y intègrent par le biais des univers dans lequel évolue le héros de l’histoire, sortes de colonies plus ou moins perdues revenues à des types de vie moyenâgeux. Tel est le cas de La croix des décastés qui met en scène Jalen, un jeune homme injustement abusé d’avoir abusé de la Grande Prêtresse. Condamné à mort, il survit grâce aux pouvoirs magiques d’un compagnon. Mais désormais il devra mener une vie d’errance et de rejet à cause de la croix des décastés qui marque sa chair. Une existence emplie de périls et de rencontres qui lui permettra de découvrir les trafics illégaux organisés sur sa planète par des représentants terriens sans scrupules. Le titre suivant, Les voies d’Almagiel, est trop connoté SF traditionnelle pour qu’on en parle dans cette chronique. Par contre L’ange aux ailes de lumière s’apparente à la science fantasy avec l’aventure vécue sur Malvie, un monde de la Fédération terrienne retournée au stade médiéval, par Jason Carren, un jeune attaché d’ambassade qui, en sauvant une jeune fille enceinte condamnée à mort, va devenir la cible des dangereux Prêcheurs. Entraîné dans un tourbillon d’aventures il quittera la capitale où il était en poste afin d’aier la jeune femme à retrouver le père de l’enfant. Et, tout en affronte de redoutables dangers tels que les terribles fleurs-gueules, il s’efforcera de percer le voile d’obscurantisme qui enveloppe cette planète et, en chemin, s’apercevra que la réalité sur d’autres mondes n’est aussi tranquille et raffinée que sa douillette éducation l’avait amenée à imaginer. Enfin, nous trouvons D’un lieu lointain nommé Soltrois qui nous parle de Jellal, fils du seigneur de Rauluis, un Vert, et d’une Serv, une blanche. Pourtant, en dépit de sa condition de bâtard, il est l’héritier pressenti du domaine de son père rongé par la maladie. Une position qui lui attire bien des ennemis, d’autant plus qu’il a eu la mauvaise idée de tomber amoureux d’une femme plante appartenant à la race autochtone qui dominait la plan ète bien avant l’arrivée des Terriens. De quoi faire un rude apprentissage de la différence et des problèmes posés par la couleur de la peau en particulier, sur fond de révolte des Serv en devenir. On le voit, les univers de Julia Verlanger sont foisonnant d’inventivité, comme l’atteste les deux précédentes intégrales publiées chez Bragelonne et l’on retrouve en particulier dans ces trois romans le filon exploité plus tard jusqu’à la corde par Jean-Pierre Garen et son Service de Surveillance des Planètes Primitives basé sur l’intrusion de héros porteur de modernité dans un monde revenu ou encore à l’état médiéval.
WEEKS Brent (Usa)
Ecrivain américain né en Arizona et diplômé d’anglais au Hillsdale College. Après avoir passé pas mal de temps à voyager à travers le monde, il travailla dans un restaurant où il écrivant des histoires sur des serviettes en papier. Enfin remarqué, il publia sa première trilogie de « L’Ange de la nuit » qui connut aussitôt un succès retentissant, tant par la modernité de son ton que par la densité de son intrigue
◊ La voie des ombres (Roman) Aventures Fantasy / Dark Fantasy
de Brent Weeks (Roman) Fantasy, 2/2009 — 480 p., 22 € — Ser. : L’Ange de la nuit 1 — The night angel trilogy 1. The way of shadows, Orbit, 10/2008 — Tr. : Olivier Debernard — Couv. : Frédéric Perrin
Critiques :
http://bragelonne-le-blog.fantasyblog.fr (Anonyme-Brent Weeks montre la voie. Interview) ; www.elbakin.net (Luigi Brosse-Brent Weeks revient sur ses débuts. Interview); http://librairie.critic.over-blog.fr (Simatural) ; www.yozone.fr (Nicolas Soffray)
→ « Si vous appréciez les descriptions poétiques pour chaque lever de soleil ou les exposés de dix pages sur le fonctionnement de la magie dans un monde de Fantasy, vous n’aimerez sûrement pas mes livres. En revanche, si vous recherchez des livres dynamiques, surprenants, aux personnages très travaillés, la trilogie de L’Ange de la nuit est pour vous ». Avec une telle auto-présentation l’auteur américain Brent Weeks met la barre très haute, au risque de décevoir certains de ses lecteurs. Mais le succès foudroyant de sa trilogie paru en trois mois (ce qui est assez rare pour être souligné) aux Etats-Unis n’est pas du tout usurpé. L’histoire est celle d’Azoth, un jeune rat de la guilde des voleurs de Cénaria, une ville découpée en quartier strictement hiérarchisé par rapport à la situation sociale, c'est-à-dire les riches avec les riches, les pauvres avec les pauvres. Parmi ce quartier se trouve le Dédale, le lieu où se déversent tous les déchets de la ville. Un endroit placé sous l’autorité des Guildes obéissant à des chefs violents placés eux-mêmes sous la domination d’une mystérieuses organisation, le Sa’Kagué, une assemblée mafieuse qui représente la véritable autorité de la ville et qui dirige le commerce du vice et de l’illégalité. Azoth appartient à l’une des Guildes la plus féroce, celle du Rat, un être pervers et cruel qui aime joueur avec les jeunes garçons et les jeunes filles. Pour Azoth, survivre à un prix : voler ou vendre son corps. Il choisit la première solution, mais il est vite mal à l’aise dans cet univers de puanteur, surtout après que le Rat ait violé son meilleur ami et défiguré celle qu’il aime. Il décide alors de changer de condition en rejoignant les pisse culottes, ces assassins triés sur le volet redoutés du plus humble jusqu’au roi qui punissent sans pitié ceux qui outrepassent les règles du Sa’Kagué en utilisant le Don, une forme de magie qui les rend quasiment invisible et décuple leurs forces. Et pour que la transformation soit parfaite il jette son dévolue sur Durzo Blint, le meilleur assassin de la ville. Cependant devenir l’apprenti de cet ombre parmi les ombres suppose de nombreux sacrifices et des rites d’initiations d’une rare cruauté. Pénétrant dans un univers dont le credo est : « La vie n’est rien, nous ne sommes que des cadavres ambulants », Azoth, que nous suivront de l’enfance à l’adolescence, devra apprendre à devenir un espion pour son maître au risque de perdre son âme. Car ce dernier entretient un projet secret : mettre la main sur un ka’kari, une gemme enchantée qui assure à son possesseur la vie éternelle et que, bizarrement l’absence d’aptitude d’Azoth pour le Don pourrait lui permettre de dénicher. Une gemme qui serait en possession de la famille royale de Cénaria, représentée par le roi fantoche Aléine le Neuvième mis sur le trône par le Sa’Kagué, qui a forcé à l’exil le véritable prétendant à la couronne, le duc Gyre, désormais réfugié dans une forteresse située à la frontière du royaume qu’il défend contre les appétits de conquête du roi-dieu voisin de Khalidor. Cependant ce dernier menace de fondre sur Cénaria si on ne lui remet pas le ka’kari qu’Aléine a offert à l’une de ses maîtresses, tandis que parallèlement Roth, jeune maître d’une Guilde des voleurs a décidé, pour affermir son emprise sur le Sa’Kagué, de s’en prendre directement à la monarchie. Le premier volet d’une trilogie de Fantasy dont l’ambiance sera familière aux lecteurs des Salauds Gentilshommes de Scott Lynch, mais où l’on pourrait trouver également des emprunts à des cycles phares de la Fantasy contemporaine tels que L’Assassin Royal de Robin Hobb et Le Trône de fer de George R.R. Martin, sans oublier une indéniable connotation à la Dickens dans la peinture des bas-fonds de Cénaria. Des emprunts, pas vraiment, car Brent Weeks, avec ce premier roman, fait preuve d’une indéniable originalité de ton marqué par une indéniable violence de l’écriture, tant au niveau des dialogues que des situations. Plantant dans un décor sombre à souhait digne des meilleurs ouvrages de Dark Fantasy l’empreinte sanglante de personnages qu’il n’hésite pas à faire souffrir dans leur chair comme dans leur âme, Brent Weeks nous propose une œuvre désespérément sombre dont on ne se détache pas facilement, même après avoir refermé ce livre.
Les autres titres de la série :
1.La voie des ombres
2.Le choix des ombres
3.Au-delà des ombres

dimanche 6 décembre 2009

DENNING Troy (Usa)
Pseudo : Richard Awlinson
Troy Denning est un écrivain américain né en 1958. Concepteur et éditeur de jeu de rôles il a été rendu célèbre par la publication d’Eau Profonde le troisième tome du cycle des Avatars situé dans l’univers des Royaumes Oubliés et signé du pseudo de Richard Awlinson
◊ Eau Profonde (Roman) High Fantasy
Bragelonne-Milady, 3/2009 — 369 p., 19.50 € — Ser. : Trilogie des Avatars 3— Waterdeep, TSR 1989 & Wizard of the Coast, 2003 — Tr. : Sonia Quémener — Couv. : Brom
Précédentes publications : Fleuve Noir-Les Royaumes Oubliés 3, 1994 sous le pseudo de Richard Awlinson — 245 p., 6,40 € — Tr. : Michèle Zachayus — Couv. : Larry Elmore
→ Elminster, le mage le plus puissante de Féerune, a rejoint dans Eau Profonde, la cité des splendeurs, son ami, le jeune sorcier Blackstaff, afin que ce dernier l’ai à trouver la seconde Tablette du Destin, ces précieux objets où Ao, le maître des dieux, a consigné les forces qui équilibrent l’ordre et le chaos. Si celles qui manquent ne sont pas retrouvées, ce sera la fin des Royaumes. Toutefois, un pouvoir récompensera ceux qui les ramèneront à Ao. Aussi sont-elles ardemment recherchées. Minuit et ses amis, Kelemvor le mercenaire et Adon, le prêtre de Sunie, se dirigent vers Eau Profonde avec derrière eux, non seulement Cyric le voleur, leur ancien compagnon qui les a trahi, à la tête d’une bande de zenhtils, mais aussi Myrkull et Bhaal, respectivement dieux des morts et des assassins. Réfugiés dans un village, ils se lient d’amitié avec Malandrin, un petit homme qui veut récupérer l’épée magique que Cyric lui a volée. Après un affrontement avec un avatar de Bhaal dans le château de Haute-Corne, ils sont pris à partie par Cyric et ses guerriers, et Minuit finit par être enlevée par Bhaal qui a investi le corps de Kae Deverell, le seigneur de Haute-Corne. En fait, le dieu des assassins compte l’utiliser pour aller chercher la seconde Tablette cachée dans la demeure de Myrkull, le Château des Ossements, située dans le royaume des morts. Minuit parvient cependant à s’échapper grâce à l’intervention de Kelemvor aidé par Adon et Cyric. Par l’intermédiaire de la forteresse en ruine de Lancedragon, elle atteint le Château des Ossements et s’empare de la seconde tablette. Mais elle demeure prisonnière d’une sphère d’invulnérabilité dont seuls les efforts conjugués d’Elminster et de Blackstaff parviendront à la tirer. Cependant, le vol de la tablette du Royaume des Morts a délivré les âmes des trépassés qui l’habitaient. Désormais celles-ci fondent sur Eau Profonde qui aura besoin de toute la magie des deux mages pour la défendre. Au cours du gigantesque affrontement qui suivra certains des héros seront tués, tandis que Cyric pensera pour un temps avoir gagné la partie. Mais au final, les dieux auront gains de cause, regagnant les Plans Supérieurs en laissant les Royaumes profiter d’un équilibre enfin retrouvé. La fin d’une trilogie qui fait résonner des accents de la mythologie grecque dans cet univers ludique en emmenant les dieux à partager par instant les tribulations des hommes. Différence fondamentale, toutefois, ils ne sont pas immortels comme Zeus et sa bande, et se rapprochent par là de la mythologie scandinave qui les fait tous périr dans le cataclysme final du Ragnarok. Ici, pas de crépuscule des dieux, mais comme souvent dans ce genre d’aventure, une fin qui laisse la place à un éternel recommencement. La réédition sous une nouvelle traduction du troisième titre d’une série dont les deux premiers tomes, bien que signés également du pseudo commun de Richard Awlinson, sont l’œuvre de Scott Ciencin. A signaler la nouvelle traduction de Sonia Quémener pour cette reprise en Milady, différente de celle de Michele Zachayus pour la première publication au Fleuve Noir sous le pseudo de Richard Awlinson.
Les autres titres de la série :
1.Valombre (Scott Ciencin)
2.Tantras (Scott Ciencin)
3.Eau profonde
GEMMELL David & Stella (Gb)
Auteur de nombreux best-selers et reconnu comme le maître incontesté de l’heroic fantasy en Grande-Bretagne, cet auteur britannique né en 1948 a été emporté par une crise cardiaque en 2006, à 57 ans. Ancien journaliste, et videur dans un bar de Soho, ses deux mètres t ses cent vingt kilos de complétaient par une profonde joie de vivre qui transparaissait dans chacun de ses ouvrages entraînant ses lecteurs dans des aventures épiques pleine de magie et de batailles sur la trace de personnages hauts en couleurs profondément humains et, par là même, rendus intensément crédibles. A sa mort, sa veuve Stella termina ses romans incachevés.
◊ La chute des rois (Roman) Mythologie grecque
Bragelonne-Fantasy Collector, 2/2009 — 478 p., 28 € — Ser. : Troie 3 — Troy : Fall of kings ,Bantam, 2007 — Tr. : Rosalie Guillaume — Couv. : Larry Rostant
● Réédition : Bragelonne-Fantasy (version brochée), 8/2009 — 480 p., 21,90 € — Couv. : Larry Rostant
→ Lorsque David Gemmell a entrepris la réécriture de l’Iliade, il ne savait pas encore que la Grande Faucheuse viendrait le chercher avant qu’il ait terminé sa trilogie. C’est donc sa femme Stella qui a terminé ce troisième et dernier volume. Le récit début avec une sorte de prologue à l’affrontement final qui voit les troupes de la coalition grecque conduite par le roi mycéen Agamemnon se rapprocher des rivages de Troie, la cité d’or. Déjà Dardanos est en flamme, n’ayant pu échapper aux lanceurs de feu du Bienheureux avant l’arrivée de la flotte d’Hélion, qui a perdu son épouse, morte en fuyant avec son fils Dex, qui a survécu par miracle à l’incendie. Dés lors, la panique s’empare des troyens qui fuient en masse la ville sans attendre que le gros des troupes grecques débarque sur leur rivage. Parmi ceux qui restent, les traîtres sont légion et, en plus, le roi Priam semble avoir perdu la tête. Mais peut-être vaut-il mieux sombrer dans la folie quand les oracles ont annoncé que le roi des batailles marchera sur les cendres de la ville ? Cependant des êtres d’exception sont encore capables d’infléchir le destin et de ne pas se plier à la volonté des dieux. Parmi eux Hector, le fils préféré de Priam, le plus grand guerrier de son époque, et le puissant Hélicon déterminé à venger la mort de sa femme.. Dans l’autre camp, les héros ne manquent pas également. Outre le fameux Achille, il y a le rusé Ulysse qui sait que la prise de Troie n’est pas seulement justifiée par le rapt de la belle Hellène, mais aussi par le fabuleux trésor que renferme la cité aux murailles réputées imprenables. Un trésor pour qui les amis d’hier seront sûrement prêts à s’entretuer. Tandis que l’ombre de la guerre s’étend sur la Grande Verte et que le Monde Ancien est cruellement déchiré, David Gemmell décida de s’imprégner de cette légende, comme il le fit naguère avec celle d’Alexandre le Grand avec Le lion de Macédoine, et d’en tirer un récit marqué par les passions et la violence où la trajectoire des dieux croise celle d’hommes et de femmes destinés à devenir des héros dont les histoires vivront à jamais à travers les âges. Rattrapé par la mort et un cœur chancelant avant d’être parvenu à la fin de son œuvre, c’est sa veuve Stella qui mit ses notes au propre et termina un récit qui nous offre une fin encore plus palpitante que celle de la légende, conférant à l’histoire un vernis d’humanité encore plus prenant à la hauteur de cette réécriture romancée, un peu comme Cameron a su le faire dans sa version filmée du naufrage du Titanic.
Les autres titres de la série :
1.Le seigneur de l'arc d'argent
2.Le bouclier du tonnerre
3.La chute des rois
PEVEL Pierre (Fr)
Pseudo = Pierre Jacq
Né en 1968, Pierre Pevel c’est d’abord fait connaître comme auteur de scénarios de jeux de rôle (Cyro) avant de faire ses premières armes dans le roman sous le pseudonyme de Pierre Jacq (Nightpowler). Puis il a définitivement obliqué vers l’écriture à part entière, puisant dans l’Histoire, et en particulier le XVII° siècle, la thématique de ses romans touchant aussi bien la Fantasy que le Steampunk. Il est aujourd’hui l’un des auteurs marquants du genre en France
◊ L’Alchimiste des ombres (Roman) Aventures Fantasy / Uchronie
Bragelonne-Fantasy, 5/2009 — 330 p., 20 € — Ser. : Les lames du cardinal 2 — Couv. : Didier Graffet, Anne-Claire Payet, David Oghia
Critiques :
www.phenix-web.net (Véronique de Laet) ; www.yozone.fr (Nicolas Soffray)
→ La France de 1633 n’en a pas fini avec la menace des dragons, ces êtres surgis de la nuit des temps qui, usant de sorcellerie, ont pris forme humaine et conspirent secrètement pour restaurer leur règne de pouvoir absolu à l’aide d’une société secrète Baptisée la Griffe Noire. C’est contre eux que ce sont battus dans le premier épisode de cette série les Lames du Cardinal, ce corps d’élite créé par Richelieu pour traiter d’affaires délicates dans lesquelles la survie et l’honneur de la couronne sont engagés. Ainsi le mystérieux Capitaine La Fargue, la belle Agnès, le jeune Laincourt, Marciac le gascon, le puissant Ballardieu, Almadès l'espagnol, l'invincible Leprat et le sang-mêlé Saint-Lucq vont de nouveau être mis à contribution pour déjouer un complot visant la ruine du trône de France. C’est une belle espionne italienne qui prétends détenir les preuves concernant cette dangereuse menace. Or, sa tête est mise à prix dans le Royaume. Dés lors, comment avoir directement recours à elle, sinon par le truchement des Lames qui excellent dans ces besognes de l’ombre. Cela tombe bien pour Lafargue et ses compagnons désormais en disgrâce car l’institagateur de ce complot n’est autre que l’Alchimiste des Ombres, un Dragon Noir faisant parti de la Griffe Noire, qui a tué l’un des leurs lors du siège de La Rochelle, tout en jetant le discrédit sur leur compagnie. Voilà pourquoi nos épéistes se lancent avec fougue dans l’aventure, traquant désormais les dracs, ces dragons déguisés en hommes, dans le premier épisode de ce livre intitulé l’Italienne, une espionne qui sait habilement tire en vérité les ficelles, tout en laissant croire qu’elle a mordu à l’hameçon. Quant à second, titré L’affaire de Chevreuse, il nous ramène à la cour du roi Louis XIII, et plus exactement lors d’un bal que doit donner la duchesse de Chevreuse, ennemie jurée du monarque, durant lequel ce dernier compte bien étouffer le complot dans l’œuf, bien que cela entraînera la chute de hauts personnages directement situés dans son proche entourage. Réécriture libre et magistrale du chef d’oeuvre d’Alexandre Dumas, Les trois mousquetaire, cette série nous plonge dans une France uchronique finement dépeinte grâce aux remarquables connaissances historiques de l’auteur, comme il a déjà su brillamment le faire pour son cycle du Chevalier de Wielstadt, l’Allemagne remplaçant alors la France. Complots et aventures alternent à travers une intrigue qui utilise à la fois les rebondissements successifs des romans-feuilletons et la découpe particulière des épisodes télévisuels. Sans jamais vraiment dévoiler les dessous d’une affaire aux multiples ramifications, Pierre Pével cultive avec brio son élément magique en la personne des dragons, désormais capables de prendre forme humaine (il rejoint en cela d’autres écrivains comme Shana Abe et sa Reine des dragons), mais il sait également donner une notable épaisseur psychologique à ses personnages qui n’ont rien des fiers à bras aux certitudes inébranlables. Au fil des aventures et des expériences accumulées, heureuses ou malheureuses, ils évoluent, tandis que des voiles ses lèvent peu à peu sur leur passé souvent tourmenté. Certains ainsi quitteront les Lames, mais d’autres viendront les rejoindre, maintenant ainsi cette compagnie à la tête de la lutte contre les dragons menés conjointement avec les sœurs blanches, des moniales qui ont voué leur vie à la chasse de ces êtres intemporels. Un second tome qui, après le prologue des Lames du Cardinal, déroule au fil de dialogues, tantôt volontairement châtiés, tantôt plein de dynamisme, le fil d’un récit pétrie de faux-semblants et de fausses pistes qui s’enfoncent dans un Paris de 1633 décrit avec une minutie de chroniqueur historique. Assurément une réussite dans un genre encore peu exploité en France et dont pourrait trouver l’équivalent du côté des traductions anglo-saxonne, façon roman de cape et d’épée, avec A la pointe de l’épée de Ellen Kushner publié en 2008 par les éditions Calmann-Lévy ou dans le domaine de la Fantasy avec le cycle des Lames du roi de Dave Duncan, également chez Bragelonne.
Les autres titres de la série :
1.Les lames du cardinal
2.L’Alchimiste des ombres
GEMMELL David A(ndrew) (Gb)
Auteur de nombreux best-selers et reconnu comme le maître incontesté de l’heroic fantasy en Grande-Bretagne, cet auteur britannique né en 1948 a été emporté par une crise cardiaque en 2006, à 57 ans. Ancien journaliste, et videur dans un bar de Soho, ses deux mètres t ses cent vingt kilos de complétaient par une profonde joie de vivre qui transparaissait dans chacun de ses ouvrages entraînant ses lecteurs dans des aventures épiques pleine de magie et de batailles sur la trace de personnages hauts en couleurs profondément humains et, par là même, rendus intensément crédibles
◊ Le roi sur le seuil (Roman) Heroic Fantasy
Bragelonne-Milady, 5/2009 — 472 p., 7 € — Ser. : Les Chroniques Drenaï 2 — The king beyond the gate, Century, 1985 — Tr. : Alain Névant — Couv. : Didier Graffet
Précédente publication : Bragelonne-Fantasy, 5/2001 — 372 p., 19,82 € — Couv. : Didier Graffet
→ Après les exploits du Dros Delnoch, la forteresse du pays Drenaï où, conduit par le vénérable Druss, un groupe de héros défendit ces murailles contre les hordes des Nadirs, David Gemmell nous entraîne à nouveau au sein de cet univers taillé sur mesure pour une éblouissante aventure de fantasy épique. Après un bond d’une centaine d’années, on découvre Ceska, un empereur félon, qui a trahit ses plus fidèles guerriers, le corps d’armée du Dragon, décimés par de redoutables créatures, les Unis, des êtres humains croisés avec des animaux grâce à ses pouvoirs de redoutable empereur magicien. Seul l’un d’eux à survécu : Tenaka Khan, un sang mêlé, l’héritier d’Ulric et de Regnak, des ancêtres héroïques qui guerroyaient l’un contre l’autre au temps de Druss la légende. Et Ceska sait désormais que l’ombre de sa vengeance le poursuivra à tout jamais en dépit des Unis, de ses féroces Légions et des Templiers Noirs attachés à sa garde. Car, retiré dans ses terres, Tenaka n’a pas oublié le massacre de ses frères d’arme. Désormais, il est parti en quête des autres survivants du Dr agon. Un périple plein de rencontres et de batailles où il sera rejoint par d’anciens compagnons, tandis que de valeureux guerriers s’uniront à lui afin de faire chuter l’abominable tyran qui se prend désormais pour du dieu. Une trajectoire épique traversés par de nombreux personnages hauts en couleur, parmi lesquels des femmes, dont la fascinante Ananaïs, qui n’ont rien a envier aux plus féroces guerriers inscrits dans le sillage d’un Tenaka assoiffé de combats mais aussi touché par l’amour. L’occasion pour David Gemmell de nous offrir un roman foisonnant d’intrigues et de batailles qui lui permet d’entrer plus en profondeur dans la description de l’univers des Drenaïs, mais surtout de celui des Nadirs, leurs ennemis héréditaires. Un nouvel épisode d’un cycle qui ne manquera pas d’agrandir le cercle des fans de cet auteur britannique n’ayant pas son pareil pour camper des héros qui, bien que sublimés par des exploits dignes de rester dans les mémoires, conservent néanmoins une dimension humaine qui permet aux lecteurs de mieux s’identifier à leurs parcours hors normes, nous entraînant dans un formidable roman d’aventure aux scène d’action plus vraie que nature qui feraient le bonheur d’une adaptation cinématographique.
Les autres titres de la série :
1.Légende
2.Le roi sur le seuil

mercredi 2 décembre 2009

ROTHFUSS Patrick (Usa)
Né en 1973 aux Usa, et vivant dans le Wisconsin où il enseignait à l’université, avant le succès foudroyant du premier tome de sa trilogie de la « Chronique d’un tueur de roi », Patrick Rothfuss avoue s’être inspiré des mauvais livres et les mauvais films qu’il a ingurgité pour tenter de faire beaucoup mieux. Un pari réussi, si l’on en croit le succès mondial que rencontre son premier roman
◊ Le nom du vent (Roman) Aventures Fantasy
Bragelonne-Fantasy, 10/2009 — 782 p., 25 € — Ser. : Chronique du tueur de roi. Première journée — The Kingkiller chronicle : Day one.The name of wind, Daw2007 — Tr. : Colette Carrière — Couv. : Marc Simonetti
Précédente publication : Bragelonne-Fantasy Collector, 4/2009 — 648 p., 30 € — Couv. : Marc Simonetti
Critiques :
www.actusf.com (Marc Alotton) ; www.elbakin.net (Luigi-Interview) ; www.gamalive.com (Cédric Gaspérini-Interview) ; www.mythologica.net (Maltrader) ; www.noosfere.com (Bruno Para) ; www.yozone.fr (Marc Schnebelen)
→ Les histoires rapportées à la manière des flash back de cinéma m’ont toujours posées un petit problème, je n’aime pas m’engager dans un récit dont la fin est déjà écrite sauf si, bien entendu, l’auteur sait habilement capter mon attention au point de me faire oublier que les protagonistes de l’histoire ne font qu’avancer sur métier à tisser dont les fils ont déjà été, soigneusement alignés. Car comment au fil des pages ne pas se laisser envoûter par la narration à la première personne de Kvothe, cet homme prêt à mourir qui, dans la chaleur de son auberge raconte à Devan Lochees, le chroniqueur, les multiples exploits qui ont jalonné son existence. Un récit qu’il s’est donné trois jours pour terminer, ce qui implique la densité des aventures vécues dans la première ,journée qui nous est ici retracée. Dans ce premier volet nous sommes invités à suivre l’adolescence de cet être d’exception destiné à devenir le plus grand magicien des tous les temps, mais aussi voleur accompli, musicien émérite et infâme assassin. Littéralement collés à ses basques au rythme de la fluide écriture de Patrick Rothfuss, nous le rencontrerons tout d’abord dans la troupe de musiciens ambulants que représente sa famille, tout occupé à s’initier au bonheur d’apprendre, tandis que Abenthy, le sage arcaniste, l’initie aux secrets la magie. Un bonheur de courte durée, interrompu par le passage des Chandrians, ces êtres maléfique dont on ne sait presque rien, sinon que l’amorce du flamboiement bleuté qui annonce leur présence signifie la mort à brève échéance. Cette dernière frappera brutalement l’entourage de Kvothe qui, animé par un intense désir de vengeance, finira par aboutir dans la cité de Tarbean où il fera le rude apprentissage de la misère, de la souffrance et de l’humiliation, en devenant tour à tour mendiant puis voleur, mais où il rencontrera aussi Skarpi, le fascinant conteur d’histoires. Une ville qui avec tout son cortège d’épreuves ne sera qu’une mise en bouche lorsqu’il décidera d’entrer dans la fameuse Université de Magie où se trouvait des Archives où il espérait enfin apprendre la vérité sur les Chandrians. Bien qu’impressionnés par les connaissances dont il fait preuve pour son jeune âge, ses professeurs ne lui facilitent pas la tache, et il va très vite se heurter à l’animosité d’Ambrose, le préposé aux Archives, mais aussi un jeune présomptueux prêt à tout pour lui nuire. Heureusement, sa vie à l’Université sera enrichie par la découverte de fabuleux secret, tandis que la présence de la fascinante Denna ne cessera pas de troubler son quotidien, l’entraînant à vivre de palpitantes aventures alors qu’un draccus en folie, aussi impressionnant que dans les légendes et pas si herbivore que ça, se dressera sur leur route quand ils partiront ensemble à la chasse aux Chandrians. Mais, inutile d’en dire plus, beaucoup d’autres moments d’intenses émotions vous attendent dans ce livre capable de proposer des phrases telles que : « C’était une de ces merveilleuses journées d’automne qui abondent dans les histoires mais qui sont si rares dans la réalité ». Entre Poudlard de Harry Potter et Université invisible des Annales du Disque-Monde de Pratchett, le long épisode de l’Ecole de Magie fait également penser au rude apprentissage vécu par le héros du Soldat Chaman de Robin Hobb. On le voit des influences prestigieuses qui se recoupent dans ce premier roman, véritable coup de maître d’une enseignant d’une université du Wisconsin qui mérite amplement la publicité faite pour cette première traduction française dans sa parution collector par les éditions Bragelonne qui tiennent là une petite perle et qui n’ont pas fini de nous étonner dans le domaine de Fantasy avec, notamment, la publication de L’homme rune, le premier volume du cycle des Démons de Peter V. Brett.