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dimanche 23 août 2015

Elric Intégrale 3
(Recueil) Dark Fantasy
AUTEUR : Michael MOORCOCK (Gb)
EDITEUR : Pocket SF/Fantasy 7140 — 629 p., 11.20 €
SERIE : Elric
COUVERTURE : Jean Bastide
Sommaire :
L’épée noire (traduction de Frank Straschitz)
Stormbringer (traduction de Frank Straschitz)
Elric à la fin des temps (traduction de E.C.L. Meistermann)
Avec cet omnibus les éditions Pocket poursuivent leur réédition du cycle complet consacré aux récits mettant en scène le héros sombre de Michael Moorcock, Elric l’albinos, prince de Melniboné. L’ouvrage comprend deux romans fondamentaux du cycle, L’épée Noire et Stormbringer, ainsi qu’un recueil de différents récits, Elric à la fin des temps. Le premier opus débute par Le voleur d’âmes où nous retrouvons le prince maudit toujours à la poursuite de Theleb K’aarna, le maléfique sorcier de Pan Tang qui a retrouvé sa place d’amant auprès de Yishana, la reine de Jharkor, qu’Elric avait abandonné pour partir à la poursuite du sorcier. Afin d’atteindre Theleb K’aarna, désormais au service de Nikorn  d’Ilmar, le plus riche négociant de la cité de Bakshaa, Elric accepte l’offre de trois négociants jaloux qui veulent assassiner ce concurrent trop encombrant. Cependant, afin de pénétrer dans le palais forteresse de Nikorn, il doit s’allier à une troupe de melnibonéens dirigés par l’un de ses anciens amis, Dyvim Tvar, naguère Seigneur de la Cavernes des Dragons de Melniboné. Ayant réussi à s’introduire dans la forteresse, Elric est fait prisonnier par le sorcier de Pan Tang qui n’a pas hésité à faire appel à des entités démoniaques pour se protéger. Le prince albinos devra donc encore une fois recourir à l’aide du Chaos et assouvir les noirs instincts de Stormbringer, son épée buveuse d’âme, pour parvenir à ses fins. Le récit suivant, Les rois oubliés, propulse Elric et son fidèle compagnon Tristelune au sein de la forêt de Troos, un lieu hanté par de sinistres créatures bordant les frontières d’Org, contrée de Nécromancie et de maléfices en voie de décomposition. Etant parvenu à échapper aux marchands de Nadsokor, la Ville des Mendiants, ils ont secouru Zarozinia, belle et jeune aristocrate, fille de l’un des principaux sénateurs de Kaarlak, la cité des Tours de Jade situé près du Désert de Larmes au-delà d’Ilmiora. Mais, ce faisant, ils tombent entre les mains des orgiens, les survivants du Peuple Condamné qui avait jadis osé contester la réalité des dieux. Pour sauver Zarozinia promise au sacrifice, Elric devra affronter la terrible réincarnation du Roi de la Colline et ses troupes de morts-vivants. Les porteurs de flammes s’inscrit à la suite de cette aventure. L’albinos maudit désormais aux côtés de Zarozinia dont il s’est épris, a décidé de se séparer de Stormbringer, son épée maudite, et vit des jours paisibles dans la cité de Kaarlak. Mais son destin ne tarde pas à le rattraper sous la forme de Terarn Gashtek, le Porteur de Flammes, dont les hordes dévastent tout sur leur passage et viennent ainsi de faire périr la famille de Tristelune. Pour l’aider dans ses conquêtes l’homme dispose de la magie de Drinij Bara, un sorcier qui a eu l’imprudence de cacher son âme dans le corps d’un chat désormais détenu par Terarn Gasthek. Alors que la horde marche sur Kaalak, Elric, assisté par son cousin Dyvim Slorm et ses féroces dragons, doit se résoudre à reprendre Stormbringer et part dans le camp des envahisseurs avec Tristelune afin de tenter de délivrer Drinij Bara des griffes du Porteur de Flammes qui se retrouvera ainsi privé de toute alliance magique. Ce premier roman ce conclut avec Sauver Tanelorn, une histoire dont Rackhir l’Archer Rouge, qu’Elric rencontrera plus tard, est le héros. Pour sauver Tanelorn, la cité tranquille refuge des vagabonds affichant sa neutralité dans le conflit opposant la Lumière au Chaos, et menacée par l’armée des gueux levée à Nadsokor par Narjhan, l’un des Seigneurs du Chaos, il devra franchir différentes portes conduisant aux Seigneurs Gris, qui seuls pourraient permettre à Tanelorn de conjurer ce péril. Le second roman, Stormbinger, s’inscrit comme une sorte de Ragnarok pour la série, un crépuscule des dieux qui voit les lignes directrices du cycle trouver leur sinistre conclusion. Le livre I, Le retour du dieu noir, nous permet d’assister à l’enlèvement de Zarozinia par des séides du Chaos. Avant de la retrouver, alors que les forces du Chaos et de la Loi se préparent pour l’affrontement final, il doit cependant rejoindre Ysihana, la reine de Jharkor accompagné de son cousin Dyvim Slorm et des hommes ailés de Myyrrhn et livrer bataille au roi Sarostro de Dharijor et à son sinistre allié Jagreen Lern, le Théocrate de Pan Tang. Vaincu, Elric doit s’enfuir avec Dyvin Slorm et quelques survivants avant de tomber sur Seîriz, l’un des Dix Endormis sous la Montagne de Feu, les Serviteurs du Destin qui remet Mournblade, la secondé épée du chaos, au cousin d’Elric et  lui apprend que c’est Darnizhaan, l’un des des Dieux Morts revenus sur Terre, qui a enlevé Zarozinia et qui réclame les deux épées maléfiques en échange de sa liberté. Dans le Livre II, Les Frères de l’Epée Noire, Elric se rend dans l’Ile aux sorciers pour essayer de trouver une parade contre les forces de Jagreen Lern. Il y découvre que pour vaincre le redoutable Théocrate, il devra affronter ses alliés démoniaques, les Ducs de l’Enfer. Il lui faudra ensuite récupérer Le bouclier du Géant Triste, titre du Livre III de ce roman, et s’allier au Roi de la Mer pour tenter de conjurer la menace des Navires du Chaos, cette flotte de trépassés remontée des profondeurs pour engloutir les vivants. Enfin le Livre IV, Le trépas du seigneur condamné le voit retourner à la Cité qui Rêve et partir à travers le temps pour retrouver le cor de Roland de Roncevaux seul capable de réveiller les dragons endormis dans leur caverne. Puis ce sera l’ultime combat qui devra décider du sort du monde d’Elric et des Jeunes Royaumes ayant prospéré après la chute de Melniboné. Une bataille où Stormbringer finira par dévoiler sa véritable nature. Le recueil Elric à la fin des temps, qui clôt se volume, renferme plusieurs histoires dont deux mettent encore en scène le prince albinos. Elric à la fin des temps l’envoie dans les méandres temporels à la rencontre d’autres héros du multivers, les fameux Danseurs tels que Werther de Goethe, le Duc de Queens, Maîtresse Christia, Una Persson et lord Jagged des Canaries. Le dernier enchantement se veut la dernière nouvelle d’Elric où le prince albinos est condamné à distraire les Seigneurs du Chaos. Sojan représente le premier récit de Fantasy publié par Moorcock et met en scène un guerrier barbare parti délivrer une belle princesse et préfigure, avec ses dirigeables, la série Oswald Bastable. En, La chose dans la pierre est une nouvelle fantastique, sorte de parodie de Corum écrite en réponse à une demande d’Eric Bentcliffe, le rédacteur en chef du fanzine Triode. Les fans d’Elric oublieront facilement la troisième partie de cet ouvrage, mais se délecteront assurément des deux premiers romans qui représentent les pierres angulaires sur lesquelles repose l’ensemble du cycle, deux œuvres qui furent pour la première fois publiées dans le mythique Elric le nécromancien, volume de la collection Aventures Fantastiques des éditions Opta, en 1969, avec les fantastiques illustrations de Philippe Druillet.

mardi 9 septembre 2014

Elric Intégrale 2
(Recueil) Dark Fantasy
AUTEUR : Michael MOORCOCK (GB)
EDITEUR : POCKET-Fantasy 7139, 2/2014 — 554 p., 11,20 €
SERIE : Elric
COUVERTURE : Jean Bastide
SOMMAIRE :
Elric le nécromancien (Traduit par Michel Demuth et Franck Straschitz)
La sorcière dormante (Traduit par Michel Demuth)
La revanche de la Rose (Traduit par E.C.L. Meistermann)
→ Dans ce second tome de l'intégrale des aventures d'Elric qu'ont entrepris de rééditer les éditions Pocket en respectant l'ordre chronologique des récits (ce qui n'avait pas été le cas dans la première parution française au Club du Livre d'Anticipation des éditions Opta) nous retrouvons l'anti-héros charismatique par excellence, le prince Elric de Melniboné, dont nous sommes invités à partager les multiples pérégrinations. Le recueil débute par Elric le nécromancien, un modèle du genre, qui avait eu jadis les honneurs des illustrations de Philippe Druillet. Le récit ce structure en plusieurs parties. Dans la première, Le songe du Comte Aubec, le prince albinos n'est pas partie prenante, mais laisse la vedette à un héros de sa trempe, le valeureux Aubec de Malador, le champion de la Reine qui, dans ses songes épiques, partit conquérir de nouveaux territoires sur les domaines du Chaos, entraînant ainsi la création des Jeunes Royaumes où, plus tard, Elric banni de son Empire aima promener sa silhouette maladive en quête de cette fabuleuse impression de vie qu'avait perdue Melniboné à l'agonie. Puis, La cité qui rêve, magistralement illustrée par Druillet dans une précédente édition, nous dévoile tous les secrets d'une trahison qui allait poursuivre l'ancien Empereur de Melniboné et provoquer la perte de la flotte vorace qui lui avait imprudemment fait confiance. Tandis que rient les dieux nous permet de retrouver Elric engagé dans une nouvelle quête, celle d'un objet mythique, un livre perdu en l'occurrence, qui devrait assouvir sa soif intarissable de connaissance sur la destinée humaine et la véritable nature des dieux auxquels il a lié son sort et qu'il méprise, tout en faisant sans cesse appel à leur puissance. C'est au cours de ce récit qu'Elric rencontre Tristelune, son compagnon d'aventures et aussi d'infortune, car, comme tous ceux inscrits dans sa trajectoire, cet amitié ne pourra le conduire que vers une fin inéluctable. La longue nouvelle qui suit, La citadelle qui chante, introduit l'une personnages de méchant récurrent du cycle, le sorcier Theleb K'aarna, porté par le désir d'établir le Royaume de Paradoxe et que le prince albinos poursuivra tout au long des pages de sa haine inflexible, n'hésitant pas à braver toutes sortes de périls pour avoir enfin raison de lui. Durant toutes ces histoires, Elric croisera la route d'une multitude de personnages féminins qui voudront chaque fois se lier à lui, comme ici la reine Yishana, mais dont il s'écartera dans le but de ne pas provoquer leur perte. Le texte suivant, La sorcière dormante, est scindé en trois parties : Le tourment du dernier Seigneur, Piège pour un prince Pâle et Trois héros pour un seul dessein. Dans la première, Moorcock nous relate les aventures d'un Elric toujours à la recherche du sorcier Theleb K'aarna, liant pour temps son destin à celui de Myshella, l'Impératrice de l'Aube, aussi nommée la Dame Sombre de Kaneloon, dont les terres sont la proie de la convoitise du prince Umbda qui a unit ses forces à celles de l'ensorceleur que pourchasse Elric. Afin de les vaincre, le prince albinos lancera sur eux le terrible sortilège du Noeud Coulant de Chair dont nulle âme humaine n'est capable de réchapper. Dans la seconde, Theleb K'aarna, qui a réussi à sauver sa vie, trouve en Urish les Seot-Doigts, roi sanguinaire de Nadsokor, la Cité des Mendiants, un autre allié de poids pour tendre un piège au prince de Melniboné qui a jadis dérobé dans son trésor un parchemin contenant une incantation qui était censé tirer sa cousine et amante Cymoril sur sommeil magique où elle avait été plongée. Enfin, la troisième partie, intègre la trajectoire de cet anti-héros de base dans les mailles du multivers, plus précisément à Tanelorn, la cité qui, durant son existence sans fin, revêt maintes et maintes formes, puis au sein du Désert des Soupirs où il retrouve Mysehella, la troublante sorcière, avant de vivre des aventures qui lui permettront, sous l'invocation de Corum, de liguer pour un temps son destin à celui d'Erekosë, autre émanation de la ménagerie héroïque morcockienne, afin de délivrer Jhary-a-Conel, autre incarnation du Champion Eternel dans l'île-monde de Melniboné. La revanche de la rose, le long récit qui conclut ce recueil, se présente en définitive comme une histoire annexe où Elric n'endosse pas vraiment son costume de serviteur du Chaos poursuivi par un fatum tragique. Tout commence par sa communion avec Mufle-Balafré, la dragonne qui vient lui rappeler le lien original entretenu par l'Empire de Melniboné et les terribles monstres ailés. Puis, toujours hanté par les fantômes de son passé, Elric part à la recherche d'un globe où l'on pourrait voir la Terre du futur, et continue sa quête lancinante afin de tenter d'échapper aux cortèges de malheurs qu'il traîne avec lui avec, pour but essentiel, de retrouver l'âme de son père. Un récit qui lui fera découvrir un nouvel allié en la personne de la Rose, seule survivante d'un peuple disparu uniquement animée par la soif de vengeance, et où se déploiera l'interminable procession d'une société tzigane qui parcours inlassablement le monde sur une route unique jalonnée sur ses bas côtés par les déchets et les détritus que leurs caravanes ont laissé lors de leurs précédents passages. Une sorte d'éternel recommencement qui flirte avec le conte philosophique et qui fournira l'occasion à Elric de faire la connaissance de personnages hauts en couleur, tels que le Prince Gaynor le Damné, ou Ernest Wheldrake, tout droit sortis de l'univers de Gloriana, sans oublier ses habituels démêlés avec les Seigneurs du Chaos toujours avides de conquêtes et particulièrement agressifs. Un recueil qui nous invite, une fois de plus, à emprunter les chemins du rêve afin de visiter des territoires magiques emportés dans un tourbillon de sang et de guerres, avec, disséminés aux coins des pages de spièges diaboliques qui se déclenchent au passage d'un Elric de melniboné toujours fidèle à lui-même dans son rôle de héros maudit promis à une fin tragique qu'il sait inévitable. Un épais volume qui se termine par quelques planches en noir et blanc extraites de l'album en couleur Le trône de rubis, premier tome de l'adaptation en bande dessinée de la saga d'Elric par Julien Blondel, Didier Poli et Roobin Recht.