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vendredi 24 juin 2016

Dragonhaven
(Roman) Jeunesse / Uchronie
AUTEUR : Robin McKINLEY (Usa)
EDITEUR : POCKET-Fantasy 7201, 6/2016 — 320 p., 7.40 €
TO : Dragonhaven, 2007
TRADUCTION : Morgane Caussarieu
COUVERTURE : Alexandre Chaudret
Précédente publication : Mnémos, 6/2015 — 288 p., 18 € 
→ Robin McKinley aime bien les dragons. Elle nous en avait déjà parlé dans son roman Casque de feu publié au Livre de Poche Jeunesse en 1987. Mais elle s'était aussi attaquée au merveilleux en nous donnant sa version toute personnelle du mythe de la Belle et la Bête avec Belle, paru chez Pocket en 1993. Ces deux romans nous renvoyaient cependant vers  un passé imaginaire. Or c'est dans le contemporain que nous plonge la réédition de Drangonhaven  préalablement édité chez Mnémos en 2015. Un passé toutefois légèrement décalé, puisque dans le monde décrit par Jake, le narrateur de l'histoire, les dragons existent bel et bien. Ou plutôt, ils sont son en voie d'extinction, comme le fameux draco australiens, le seul véritable dragon, décimé par les chasseurs australiens car l'endoctrine de dragon était devenu le nouvel aphrodisiaque à la mode. Heureusement, quelques parcs étaient parvenus à en préserver une infime quantité. Comme celui de Smokehill créé par une excentrique, le vieux Pete Makepeace qui avait hérité d'une vingtaine de dragons laissait pas son père détenteur de plusieurs hectares où l'on avait trouvé de lors. Un territoire qui, avec l'accord des amérindiens occupant les lieux, était devenu une véritable réserve où les draco australiens vivaient en paix protégé par un champ de force dont la technologie n'avait pas été percé à jour en dépit des efforts des braconniers. C’est là que Jake, le fils du Directeur avait été élevé, Affecté par le décès de sa mère à l'aube de ses 15 ans et la perte de son chien, il avait tendance à se retrancher du reste du monde et accueillit avec joie l'idée d'une randonnée en solitaire au cœur même du parc. Et c'est là que sa vie pris une toute autre tournure lorsque il tomba sur le corps d'une dragonne agonisante auprès du braconnier qu'elle avait réussi à tuer. Or, la femelle en mourant lui confie son unique rejeton encore vivant. Jake décide de d'adopter. Dès lors une étrange symbiose autant physique que mentale naît entre le jeune garçon et le dragonné. Une complicité qui n'ira qu'en grandissant au fur et à mesure que les années passent. Confronté à l'hostilité de la famille du braconnier tuée pour laquelle selon la formule consacrée « tout bon dragon est un dragon mort » Jaki et Loïs, la jeune dragonne qui vit désormais à ses côtés va progressivement découvrir la véritable nature de l'espèce menacé en développant avec elle une étroite empathie basée sur les échanges télépathiques. Et c'est désormais sur lui que reposera la survie la réserve toute entière... Un roman qui aurait pu être publié dans une collection pour adolescent dut fait de la jeunesse du principal héros dont on est amené à partager le panel d'émotions avec une précision chirurgicale, mais qui recèle toutefois un tas d'autres implications liés à l'approche de la différence, à la biologie, au développement du langage et aux rapport mouvementés entre la science et l'humanité. On est donc bien loin de la romantic Fantasy de Cœur de Dragon ou de la Fantasy humoristique des Dragons de l'île de Beurk.
Autre couverture : 

mardi 9 septembre 2014

Elric Intégrale 2
(Recueil) Dark Fantasy
AUTEUR : Michael MOORCOCK (GB)
EDITEUR : POCKET-Fantasy 7139, 2/2014 — 554 p., 11,20 €
SERIE : Elric
COUVERTURE : Jean Bastide
SOMMAIRE :
Elric le nécromancien (Traduit par Michel Demuth et Franck Straschitz)
La sorcière dormante (Traduit par Michel Demuth)
La revanche de la Rose (Traduit par E.C.L. Meistermann)
→ Dans ce second tome de l'intégrale des aventures d'Elric qu'ont entrepris de rééditer les éditions Pocket en respectant l'ordre chronologique des récits (ce qui n'avait pas été le cas dans la première parution française au Club du Livre d'Anticipation des éditions Opta) nous retrouvons l'anti-héros charismatique par excellence, le prince Elric de Melniboné, dont nous sommes invités à partager les multiples pérégrinations. Le recueil débute par Elric le nécromancien, un modèle du genre, qui avait eu jadis les honneurs des illustrations de Philippe Druillet. Le récit ce structure en plusieurs parties. Dans la première, Le songe du Comte Aubec, le prince albinos n'est pas partie prenante, mais laisse la vedette à un héros de sa trempe, le valeureux Aubec de Malador, le champion de la Reine qui, dans ses songes épiques, partit conquérir de nouveaux territoires sur les domaines du Chaos, entraînant ainsi la création des Jeunes Royaumes où, plus tard, Elric banni de son Empire aima promener sa silhouette maladive en quête de cette fabuleuse impression de vie qu'avait perdue Melniboné à l'agonie. Puis, La cité qui rêve, magistralement illustrée par Druillet dans une précédente édition, nous dévoile tous les secrets d'une trahison qui allait poursuivre l'ancien Empereur de Melniboné et provoquer la perte de la flotte vorace qui lui avait imprudemment fait confiance. Tandis que rient les dieux nous permet de retrouver Elric engagé dans une nouvelle quête, celle d'un objet mythique, un livre perdu en l'occurrence, qui devrait assouvir sa soif intarissable de connaissance sur la destinée humaine et la véritable nature des dieux auxquels il a lié son sort et qu'il méprise, tout en faisant sans cesse appel à leur puissance. C'est au cours de ce récit qu'Elric rencontre Tristelune, son compagnon d'aventures et aussi d'infortune, car, comme tous ceux inscrits dans sa trajectoire, cet amitié ne pourra le conduire que vers une fin inéluctable. La longue nouvelle qui suit, La citadelle qui chante, introduit l'une personnages de méchant récurrent du cycle, le sorcier Theleb K'aarna, porté par le désir d'établir le Royaume de Paradoxe et que le prince albinos poursuivra tout au long des pages de sa haine inflexible, n'hésitant pas à braver toutes sortes de périls pour avoir enfin raison de lui. Durant toutes ces histoires, Elric croisera la route d'une multitude de personnages féminins qui voudront chaque fois se lier à lui, comme ici la reine Yishana, mais dont il s'écartera dans le but de ne pas provoquer leur perte. Le texte suivant, La sorcière dormante, est scindé en trois parties : Le tourment du dernier Seigneur, Piège pour un prince Pâle et Trois héros pour un seul dessein. Dans la première, Moorcock nous relate les aventures d'un Elric toujours à la recherche du sorcier Theleb K'aarna, liant pour temps son destin à celui de Myshella, l'Impératrice de l'Aube, aussi nommée la Dame Sombre de Kaneloon, dont les terres sont la proie de la convoitise du prince Umbda qui a unit ses forces à celles de l'ensorceleur que pourchasse Elric. Afin de les vaincre, le prince albinos lancera sur eux le terrible sortilège du Noeud Coulant de Chair dont nulle âme humaine n'est capable de réchapper. Dans la seconde, Theleb K'aarna, qui a réussi à sauver sa vie, trouve en Urish les Seot-Doigts, roi sanguinaire de Nadsokor, la Cité des Mendiants, un autre allié de poids pour tendre un piège au prince de Melniboné qui a jadis dérobé dans son trésor un parchemin contenant une incantation qui était censé tirer sa cousine et amante Cymoril sur sommeil magique où elle avait été plongée. Enfin, la troisième partie, intègre la trajectoire de cet anti-héros de base dans les mailles du multivers, plus précisément à Tanelorn, la cité qui, durant son existence sans fin, revêt maintes et maintes formes, puis au sein du Désert des Soupirs où il retrouve Mysehella, la troublante sorcière, avant de vivre des aventures qui lui permettront, sous l'invocation de Corum, de liguer pour un temps son destin à celui d'Erekosë, autre émanation de la ménagerie héroïque morcockienne, afin de délivrer Jhary-a-Conel, autre incarnation du Champion Eternel dans l'île-monde de Melniboné. La revanche de la rose, le long récit qui conclut ce recueil, se présente en définitive comme une histoire annexe où Elric n'endosse pas vraiment son costume de serviteur du Chaos poursuivi par un fatum tragique. Tout commence par sa communion avec Mufle-Balafré, la dragonne qui vient lui rappeler le lien original entretenu par l'Empire de Melniboné et les terribles monstres ailés. Puis, toujours hanté par les fantômes de son passé, Elric part à la recherche d'un globe où l'on pourrait voir la Terre du futur, et continue sa quête lancinante afin de tenter d'échapper aux cortèges de malheurs qu'il traîne avec lui avec, pour but essentiel, de retrouver l'âme de son père. Un récit qui lui fera découvrir un nouvel allié en la personne de la Rose, seule survivante d'un peuple disparu uniquement animée par la soif de vengeance, et où se déploiera l'interminable procession d'une société tzigane qui parcours inlassablement le monde sur une route unique jalonnée sur ses bas côtés par les déchets et les détritus que leurs caravanes ont laissé lors de leurs précédents passages. Une sorte d'éternel recommencement qui flirte avec le conte philosophique et qui fournira l'occasion à Elric de faire la connaissance de personnages hauts en couleur, tels que le Prince Gaynor le Damné, ou Ernest Wheldrake, tout droit sortis de l'univers de Gloriana, sans oublier ses habituels démêlés avec les Seigneurs du Chaos toujours avides de conquêtes et particulièrement agressifs. Un recueil qui nous invite, une fois de plus, à emprunter les chemins du rêve afin de visiter des territoires magiques emportés dans un tourbillon de sang et de guerres, avec, disséminés aux coins des pages de spièges diaboliques qui se déclenchent au passage d'un Elric de melniboné toujours fidèle à lui-même dans son rôle de héros maudit promis à une fin tragique qu'il sait inévitable. Un épais volume qui se termine par quelques planches en noir et blanc extraites de l'album en couleur Le trône de rubis, premier tome de l'adaptation en bande dessinée de la saga d'Elric par Julien Blondel, Didier Poli et Roobin Recht.

dimanche 2 février 2014

Lily et le dragon d'argent
(Roman) Jeunesse / Magie / Héroïne / Dragon
AUTEUR : Holly WEBB
EDITEUR : GALLIMARD JEUNESSE-Hors Collection, 10/2013 – 291 p., 13 €
TO : Lily and the shining dragon, Orchards Book, 2012
TRADUCTION : Faustine Fiore
COUVERTURE : Lisa Evans
Les autres titres de la série :
1.Lily et la magie défendue
Dans le premier tome de cette série nous avions fait connaissance de la petite Lily, qui vivait recluse sur une île au large de l'Angleterre depuis que la Reine avait interdit la pratique de la magie. Là-bas, à l'abri des regards, sa mère, Lady Nerissa, forme en secret sa sœur Georgie à la magie. Mais Lily ne tarde pas à découvrir que les projets de sa mère son peu recommandables et qu'elle faumenter un terrible complot. Dés lors les deux petites filles s'enfuient dans les rues de Londres où elles se retrouvent seules et i=forcées de ne pas recourir à la magie. Lorsque débute le second tome de cette série, elles pensent avoir échappé au pire lorsqu'elles sont recueillies par leur tante. Cependant, elles déchantent vite, car celle-ci les envoie directement dans l'Institut Fell où les enfants magiciens sont cachés et où les seul sorts permis sont enfermés dans des flacons. Serait-ce la fameuse prison où est enfermé leur père ? Et quelles sont ces sculptures de dragons qui semblent vibrer sous les doigts de Lily ? Les deux soeurs vont devoir redoubler d'astuce pour le découvrir tout en déjouant la surveillance de la maîtresse des lieux, la redoutable Miss Merganser. Cependant cette dernière ne pourra rien contre le grand dragon d'argent réveillé de son sommeil séculaire qui surgira des entrailles de Fell pour aider les petits pensionnaires a quitter cette maison de redressement et à suivre une nouvelle piste qui conduira à nouveau Lily et Georgie vers les brouillards de Londres. Le second tome d'une série imprégnée de magie d'une spécialiste de l'édition pour la jeunesse déjà créatrice du cycle de Rose nspiré de sa passion 'enfance pour les romans historiques et du souhait que les animaux puissent réellement parler. 


dimanche 8 décembre 2013

Zébulon le dragon
(Live illustré) Jeunesse / Dragon
AUTEUR : Julia DONALDSON (Gb)
EDITEUR : GALLIMARD JEUNESSE-L'Heure des Histoires 76, 5/2013 — 40 p., 5,50 €
TO : Zog, Alison Green Books, 2010
TRADUCTION : Anne Krief
COUVERTURE & ILLUSTRATIONS : Axel Scheffler
Précédentes publications
● Gallimard Jeunesse-Albums, 9/2010 — 32 p., 13,50 € — Couv. & ill. : Axel Scheffler
In Les 15 plus belles histoires de princes et de princesses, Gallimard Jeunesse-Album, 2012
A l'école des dragons, Zébulon, le plus gros d'entre eux, est aussi le plus passionné. Il travaille avec acharnement pour gagner l'Etoile Dorée. La première année, il apprend à voler, avec quelques atterrissages malencontreux. La deuxième, il s'entraîne à rugir, et finit par se casser la voix. La troisième, le voilà apprenti cracheur de feu, mais il enflamme le bout de son aile. Et chaque fois c'est une gentille petite fille qui lui vient en aide. Or, lorsque survient la quatrième épreuve qui consiste à capturer une princesse, Zébulon découvre que son ange gardien n'est autre que la princesse Perle qui accepte de l'accompagner à l'école où elle s'occupera de soigner les dragons, tandis que Zébulon reçoit son étoile tant convoitée. Et lorsque le chevalier Tagada viendra pour la délivrer, elle le convaincra de partir avec elle à travers le monde pour accomplir leur rêve partagé de devenir médecin, le tout juché sur le dos d'un Zébulon converti en destrier enthousiaste. Une petite histoire qui réconcilllie les principaux protagonistes des récits de chevaliers et de dragons, le tout mit en lumière par les illustrations couleurs d'Alex Scheffler, créateur avec Julia Donaldson de la célèbre série Gruffalo.
Autre couverture : 

jeudi 21 novembre 2013

L'ombre de l'abîme
(Roman) Heroic Fantasy / Dragon
AUTEUR : Sam SYKES (Usa)
EDITEUR : FLEUVE NOIR-Fantasy, 7/2013 — 524 p., 24 €
SERIE : La porte des Eons 3
TO : The Aeon's gate 2.The skybound sea, Gollancz , 2012
TRADUCTION : Emmanuel Chastellière
COUVERTURE : Marc Simonetti
Critiques : www.elbakin.net (Dup)
Les autres titres de la série :
1.Le livre des abysses
2.La couronne du chaos
→ Grâce à la possession de la Couronne du chaos (cf. le tome 2 du cycle) le démoniaque Sheraptus est non seulement capable de pratiquer un funeste magie, mais aussi de faire obéir au doigt et à l'oeil son armée d'Infernelles, ces sortes d'amazones à la peau violette qui n'ont qu'un credo : tuer ou être tuées. Le Codex de l'Outremonde est désormais entre les mains de Malahar, le vieux guide des Shen, le peuple d'hommes-lézards à la sombre destinée, un guide qui malgré l'échec de son plan pour attirer Ulbecetonth hors de sa prison et la faire tuer par Lenk, le mercenaire aux pulsions de meurtres inavouées, n'a pas renoncé à signer la perte de la terrible reine kraken. Le monstrueux Daga-Mer s'est quant à lui finalement libéré de sa prison millénaire et ses tentacules de poulpes ne rêvent que de broyer de la chair et des âmes. Et voilà que Tête d'Algues la sirène vient annoncer à l'équipe d'aventuriers réunies sur l'île de Jagar, encore peuplée de lézard batailleurs, que des navires de Longs Visages à la magie infinie avec leur féroces cargaison d'Infernelles s'approchent du rivage. Cependant, ce combat final destiné à sauver le monde menacé d'extinction par le Daga-Mer, ne se présente pas sous les meilleurs auspices car la tension est à son comble entre les membres d'un groupe d'aventuriers qui avaient déjà le plus grand mal à cohabiter. Lenk, se sent entouré de traîtres et n'a qu'un désir secret : tous les tuer. D'ailleur, gravement blessé, il ne tarde pas à glisser vers la folie. Asperune ne croît plus à son dieu Talanas. Danaos, qui doit faire parler une cheffe infernelle retenue prisonnière, s'abîme encore plus dans les vapeurs d'alcool. Kataria la schicte n'est plus qu'un tourbillon de colère. Gariath, l'homme-dragon, n'en finit plus de détester les hommes. Bref les dissensions psychologiques font la course avec le déferlement des actions qui s'enchaînent sans reprendre leur souffle, se permettant même de changer de narrateur à chaque paragraphe afin de rendre le prisme des points de vue terriblement vivant et toujours plus détaillé. Ces zooms répétitifs axés sur les principaux protagonistes de l'histoire nous renseignent enfin sur leur passé, chose qui avait été impossible lors du premier volume du cycle plongeant le lecteur immédiatement au coeur d'un récit trépidant, sans pour cela briser les rift prolongés où s'enchaînent les scènes de batailles. Indéniablement, on s'accroche aux pages de cette virée démoniaque mâtinée de monstres à la Cthulhu et de Pirates des Caraïbes dont l'atout majeur reste le style de son auteur dont la plume n'a pas son pareil pour distiller au fil des actions les plus soutenus un parfum d'humour et de cynisme du plus délicieux effet. Donc, un bon conseil, si, par bonheur, vous n'avez pas encore lu les deux premiers tomes de la série, accordez-vous une scéance de rattrapage et lancez vous à corps perdu dans cette trilogie ébouriffante, merveilleuse thérapie pour guérir de la morosité ambiante.

vendredi 18 octobre 2013

Le vol des dragons
(Roman) Aventures Fantasy / Dragon
AUTEUR : Robin HOBB (Usa)
EDITEUR : PYGMALION-Fantasy, 4/2013 — 330 p., 21,90 €
SERIE : La cité des anciens 7
TO : The rain wild chronicles 4.Blood of Dragons, EOS, 2013
TRADUCTION : Arnaud Mousnier-Lompré
COUVERTURE : Steve Desbenoit
Les autres titres de la série :
1.Dragons et serpents
2.Les eaux acides
3.la fureur du fleuve
4.La décrue
5.Les gardiens du souvenir
6.Les pillards
8.Le puits d'Argent
Dans les précédents tomes de la série nous avons appris comment les marchands de Terrilville s'étaient sentis floués par le marché passé avec la Tintaglia, la grande dragonne bleue. En effet les dragons extirpés des cocons où s'étaient enfermés les Serpents Géants s'avèrent incapables de survivre sans l'aide des humains. Dés lors les Marchands du Désert des Pluies décident de s'en débarrasser en les envoyant avec un groupe de jeunes gardiens et pour les accompagner jusqu'à Kelsingra, la légendaire cité des Anciens, ses humains serviteurs des dragons. Alise, l'épouse d'Hest Finbok, riche marchand de Terreilville, est partie avec eux autant pour s'éloigner d'un mari qui la délaisse que pour assouvir sa passion de connaissance sur les dragons. Tous ont pris place sur le Mataf, la vivenef, ces navires fabriqués dans un bois sorcier leur donnant vie, commandé par l'intrépide et séduisant capitaine Mataf. Lorsque débute ce septième tome de la série (en vérité la 1er partie du 4ème et dernier tome de l'édition originale US) les dragons et leurs serviteurs sont parvenus après bien des péripéties à Kelsingra. Tout occupés à découvrir leur héritage à réapprendre à utiliser leurs ailes, ils délaissent quelque peu Alise et leurs serviteurs humains. Cependant, l'influence de la cité légendaire se fait également sentir sur les adolescents tels que Thyrmara, tatou, Kanaï et Sédric. Tandis que leurs liens avec les dragons s'approfondissent, ils commencent à se transformer en magnifique Anciens reflétant chacun les caractéristiques des dragons qu'ils servent. Et, peu à peu, ils en apprennent plus sur l'étroite dépendance qui liait les Dragons aux Anciens, une relation bâtie sur la prépondérance de l'Argent cette matière magique qui assurait leur longévité aux dragons, tout en leur permettant de conserver leurs souvenirs ancestraux lors de leur transformation de Serpents en Dragons, et que les Anciens avait appris à manipuler e, dépit du fait que son contact était mortel pour les humains. Toutefois, la rumeur des découvertes fait à Kelsingra a attiré toutes sortes de pirates et de chasseurs de trésors dont les plus redoutables sont les envoyés duc de Chalcède, puissante nation rivale des marchands du Désert des Pluies, qui pense que seul le sang et de chair d'hommes-dragons sont capables de guérir miraculeusement sa santé défaillante. Il dispose déjà de Selden, le bien-aimé de Tintaglia, capturé par ses sbires et qui entretien une étrange relation avec Chassim, sa propre fille, esclave elle aussi des pulsions du démoniaque personnage, mais il en veut plus encore. Aussi il a envoyé deux navires étanches, les seuls capables de naviguer sur les eaux acides du fleuve à la poursuite du Mataf de Leftrin, revenu se ravitailler à Terrilvile et qui emporte désormais vers Kelsingra Phron, l'enfant de Malta et Reyn, victime des changements que ses parents ont subi auprès de Tintaglia, mais que cet héritage est en train de tuer à petit feu et que seul le contact de Argent pourrait sauver. Une substance dont justement les explorateurs de Kelsingra viennent de découvrir la présence autour d'un puits fascinant autour duquel aurait été construit la fabuleuse cité. Mais les dragons n'ont pas le temps de pousser plus avant cette crucuaile découverte, car ils doivent répondre à l'appel à l'aide de Tintaglia, grièvement blessée et attaquée par l'équipage des deux navires chalcédens commandés par le seigneur Dragen. La poursuite et la fin d'une nouvelle et magistrale série dont l'intrigue a débuté après la conclusion de celle des Aventuriers de la Mer et du second cycle de L'Assassin Royal, prenant pour décor le fantastique Désert des pluies, lieu fictif déjà introduit au cœur des séries précédentes et qui méritait une exploration plus approfondie par une Robin Hobb toujours aussi habile à tirer les multiples fils de cette nouvelle histoire jailli de son imagination plus que prolifique.

mardi 15 octobre 2013

Le dragon Griaule
(Recueil) Dark Fantasy / Dragon
AUTEUR : Lucius SHEPARD (Usa)
EDITEUR : J'Ai Lu-Fantasy 10761, 9/2013 —670 p., 9,90 €
SERIE : Le dragon Griaule 1
TRADUCTION : Jean-Daniel Brèque
COUVERTURE & ILLUSTRATIONS : Nicolas Fructus
SOMMAIRE :
L'homme qui peignit le dragon Griaule (The man who painted the Dragon Griaule)
La fille du chasseur d'écailles (The scalehunter's beautiful daughter)
Le père des pierres (The father of stones)
La maison du menteur (Liar's house)
L'écaille de Taborin (The Taborin scale)
Le crâne (The skull)
Postface de Jean-Daniel brèque
Bibliographie de Lucius Shepard, par Alain Sprauel
Précédente publication : Editions du Bélial-Kvasar, 9/2011 480 p., 25 €
Critiques : www.actusf.com (Jérôme Vincent) – Bifrost 65, 3/2013 (Sam Lermite) - www.chronicart.com (Pierre Jouan) – www.noosfere.com (Bruno Para) - www.scifi-universe.com (Manu B)
" En 1853, dans un lointain pays du Sud, en un monde séparé du nôtre par la plus infime marge de possibilité, la vallée de Carbonales, une région fertile entourant la cité de Teocinte et réputée pour sa production d'argent, d'acajou et d'indigo, était placée sous la domination d'un dragon nommé Griaule. Il y avait d'autres dragons en ce temps-là, vivant pour la plupart sur des îlots rocheux à l'ouest de la Patagonie - de minuscules créatures irascibles, dont la plus grande avait à peine la taille d'une alouette. Mais Griaule était l'une des Bêtes géantes qui avaient régné sur un âge antique. Au fil des siècles, il avait grandi jusqu'à mesurer sept cent cinquante pieds au garrot et plus de six mille pieds de la queue au museau". Lucius Shepard publie "L'Homme qui peignit le dragon Griaule" en 1984, récit qui introduit l'univers de Griaule, un monde préindustriel dans lequel un dragon titanesque a été pétrifié par un puissant sorcier voilà plusieurs millénaires. Depuis ces temps reculés, la créature s'est "intégrée" au paysage, devenant à elle seule une chaîne de montagnes chargée de végétation à l'ombre de laquelle s'est développée la ville de Teocinte. Mais si le monstre ne bouge plus, il n'en est pas mort pour autant. Ainsi Griaule continue-t-il d'instiller sa néfaste influence, une insidieuse corruption qui s'attaque aussi bien aux hommes qu'à la nature... Car Griaule poursuit un but inavoué et inavouable... Ce texte initial remporte un tel succès que Lucius Shepard va développer au fil des ans l'univers de Griaule dans cinq autres très longs récits, tous inédits en français, l'ensemble constituant le grand oeuvre de son auteur, une manière de méta roman sidérant de maturité et sans équivalent dans le champ littéraire de la fantasy, réuni ici pour la première fois en exclusivité mondiale.
Autre couverture :

lundi 9 septembre 2013


Les lames du cardinal
(Roman) Aventures Fantasy / Fantasy Historique / Uchronie / Dragon
AUTEUR: Pierre PEVEL (Fr)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 444, 1/2013 — 397 p., 7.70 €
SERIE : Les lames du cardinal 1
COUVERTURE : Hervé Leblan (également proposé avec une jaquette couleur couverture pleine page)
NB : les 15 premières pages de roman ont fait l'objet d'un petit tirage publicitaire reprenant le format et la couverture du livre
Précédentes publications :
Bragelonne-Fantasy, 9/2007 —298 p., 20 € — Couv. : Julien Delval
Bragelonne-Fantasy, 6/2009 — 304 p., 20 € — Couv. : Didier Graffet, David Oghia & Anne-Claire Payet
In Les Lames du Cardinal – Intégrale, Bragelonne-Fantasy, 1/2012 — 768 p., 25 € — Couv. : Jon Sullivan
Critiques : Bifrost 49, 1/2009 (Nicolas Kandinsky) - www.elbakin.net (Gillosen-interview) - www.scifi-universe.com (Lucie M. avec interview)  - www.sfmag.net (Serge Perraud)
Les autres titres de la série :
2.L'alchimiste des ombres
3.Le dragon des arcanes
Après s’être aventuré dans le steampunk (Les enchantements d’Ambremer) Pierre Pevel revient aux romans de capes et d’épées teintés de fantastique dont il nous avait déjà offert un avant goût avec ce cycle de Wiestaldt et du chevalier Kantz. Hommage aux Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas ce livre nous propulse dans la France du 1633 sur laquelle règne Louis XIII, qui occupe le trône et délaisse le pouvoir en faveur du fameux cardinal Richelieu. Or celui-ci à fort à faire pour protéger la Couronne des multiples ennemis qui la menacent. Surtout depuis qu’il a du dissoudre les Lames, un groupe secret composé des meilleurs bretteurs de l’Europe pris au sein des Mousquetaires, après la trahison de l’un des leurs lors du siège de La Rochelle. Mais voilà qu’à présent une ombre terrifique se répand sur l’Europe qu’elle englobe de ses ailes sans pardon, car les dragons sont de retour parmi les hommes. Surgis de la nuit des temps, ils ont survécu en adoptant une apparence humaine, allant même jusqu’à se reproduire avec des femmes pour créer une race de sangs mêlés aux yeux reptiliens. Installés sur le trône d’Espagne, ils sont aux portes de la France qu’ils pourraient bien conquérir grâce au pouvoir de leur magie draconique héritée d’un lointain passé. Pour les contrer Richelieu n’a plus qu’une alternative : mander auprès de lui le capitaine La Fargue, un bretteur exceptionnel, mais aussi un officier dévoué que la trahison et le déshonneur n(ont pas épargné. Pourtant c’est à lui qu’il demande de reformer l’élite secrète qu’il commandait jadis, des hommes et des femmes qui savent manier l’épée mieux que quiconque, entièrement dévoués au service de la France et prêts à accomplir les plus périlleuses missions clandestines. Seront-ils de taille à lutter contre les Dragons, des ennemis bien plus démoniaques que tous les épéistes qu’ils ont jadis combattus et qui désormais disposent avec la Loge Noire d’un réseau d’agents dévoués répartis dans toute l’Europe ? Pierre Pevel se fait un plaisir de répondre à cette passionnante question dans ce roman pétri d’actions et de rebondissements qui nous introduit dans le quotidien d’une famille de guerriers aussi efficaces que délurés qui devront retrouver un gentilhomme espagnol en évitant de tomber entre les griffes des séides des dragons ancestraux. Un livre qui, outres des droits de traduction vendus en Russie, Allemagne, Espagne et à la République Tchèque, vient d’entrer au catalogue des éditions Gollancz sous le titre de The cardinal’s blade. Une réussite incontestable dont profite toute la Fantasy française quant, on le sait, le chemin de la traduction se fait, généralement, en sens inverse.
Autres couvertures :

 
 

dimanche 8 septembre 2013

L’alchimiste des ombres
(Roman) Aventures Fantasy / Fantasy Historique / Uchronie / Dragon
AUTEUR : Pierre PEVEL (Fr)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 460, 8/2013 — 402 p., 7.70 €
SERIE : Les lames du Cardinal 2
COUVERTURE : Hervé Leblan (également proposé avec une jaquette couleur couverture pleine page)
Précédentes publications :
● Bragelonne-Fantasy, 5/2009 — 336 p., 20 € — Couv. : Didier Graffet, David Oghia & Anne-Claire Payet
● in Les Lames du Cardinal – Intégrale, Bragelonne-Fantasy, 1/2012 — 768 p., 25 € — Couv. : Jon Sullivan
Critiques : www.elbakin.net (Gillosen) - www.phenixweb.net (Véronique de Laet) – www.yozone.fr (Nicolas Soffray)
Les autres titres de la série :
1.Les lames du Cardinal
2.Le dragon des arcanes
La France de 1633 n’en a pas fini avec la menace des dragons, ces êtres surgis de la nuit des temps qui, usant de sorcellerie, ont pris forme humaine et conspirent secrètement pour restaurer leur règne de pouvoir absolu à l’aide d’une société secrète Baptisée la Griffe Noire. C’est contre eux que ce sont battus dans le premier épisode de cette série les Lames du Cardinal, ce corps d’élite créé par Richelieu pour traiter d’affaires délicates dans lesquelles la survie et l’honneur de la couronne sont engagés. Ainsi le mystérieux Capitaine La Fargue, la belle Agnès, le jeune Laincourt, Marciac le gascon, le puissant Ballardieu, Almadès l'espagnol, l'invincible Leprat et le sang-mêlé Saint-Lucq vont de nouveau être mis à contribution pour déjouer un complot visant la ruine du trône de France. C’est une belle espionne italienne qui prétends détenir les preuves concernant cette dangereuse menace. Or, sa tête est mise à prix dans le Royaume. Dés lors, comment avoir directement recours à elle, sinon par le truchement des Lames qui excellent dans ces besognes de l’ombre. Cela tombe bien pour Lafargue et ses compagnons désormais en disgrâce car l’institagateur de ce complot n’est autre que l’Alchimiste des Ombres, un Dragon Noir faisant parti de la Griffe Noire, qui a tué l’un des leurs lors du siège de La Rochelle, tout en jetant le discrédit sur leur compagnie. Voilà pourquoi nos épéistes se lancent avec fougue dans l’aventure, traquant désormais les dracs, ces dragons déguisés en hommes, dans le premier épisode de ce livre intitulé l’Italienne, une espionne qui sait habilement tire en vérité les ficelles, tout en laissant croire qu’elle a mordu à l’hameçon. Quant à second, titré L’affaire de Chevreuse, il nous ramène à la cour du roi Louis XIII, et plus exactement lors d’un bal que doit donner la duchesse de Chevreuse, ennemie jurée du monarque, durant lequel ce dernier compte bien étouffer le complot dans l’œuf, bien que cela entraînera la chute de hauts personnages directement situés dans son proche entourage. Réécriture libre et magistrale du chef d’oeuvre d’Alexandre Dumas, Les trois mousquetaire, cette série nous plonge dans une France uchronique finement dépeinte grâce aux remarquables connaissances historiques de l’auteur, comme il a déjà su brillamment le faire pour son cycle du Chevalier de Wielstadt, l’Allemagne remplaçant alors la France. Complots et aventures alternent à travers une intrigue qui utilise à la fois les rebondissements successifs des romans-feuilletons et la découpe particulière des épisodes télévisuels. Sans jamais vraiment dévoiler les dessous d’une affaire aux multiples ramifications, Pierre Pével cultive avec brio son élément magique en la personne des dragons, désormais capables de prendre forme humaine (il rejoint en cela d’autres écrivains comme Shana Abe et sa Reine des dragons), mais il sait également donner une notable épaisseur psychologique à ses personnages qui n’ont rien des fiers à bras aux certitudes inébranlables. Au fil des aventures et des expériences accumulées, heureuses ou malheureuses, ils évoluent, tandis que des voiles ses lèvent peu à peu sur leur passé souvent tourmenté. Certains ainsi quitteront les Lames, mais d’autres viendront les rejoindre, maintenant ainsi cette compagnie à la tête de la lutte contre les dragons menés conjointement avec les sœurs blanches, des moniales qui ont voué leur vie à la chasse de ces êtres intemporels. Un second tome qui, après le prologue des Lames du Cardinal, déroule au fil de dialogues, tantôt volontairement châtiés, tantôt plein de dynamisme, le fil d’un récit pétrie de faux-semblants et de fausses pistes qui s’enfoncent dans un Paris de 1633 décrit avec une minutie de chroniqueur historique. Assurément une réussite dans un genre encore peu exploité en France et dont pourrait trouver l’équivalent du côté des traductions anglo-saxonne, façon roman de cape et d’épée, avec A la pointe de l’épée de Ellen Kushner publié en 2008 par les éditions Calmann-Lévy ou dans le domaine de la Fantasy avec le cycle des Lames du roi de Dave Duncan, également chez Bragelonne.
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samedi 7 septembre 2013

Elric – Intégrale 1
(Recueil) Dark Fantasy
AUTEUR : Michael MOORCOCK (GB)
EDITEUR : Pocket-Fantasy 7137, 5/2013 — 601 p., 12,80 €
COUVERTURE : Jean Bastide
SOMMAIRE :
« Prince blanc, épée noire », préface de Jean-Luc Fromental
Elric des dragons (Elric of Melnibone, 1972 Traduction : Daphné Halin)
La forteresse de la perle (The fortress of the pearl, 1989 — Traduction : Gérard Lebec)
Le navigateur sur les mers du destin (The sailor of the seas of fate, 1976 — Traduction : Georges W. Barlow)
Les autres titres de la série :
4.Elric le nécromancien
5.la sorcière dormante
6.La revanche de la Rose
7.L'Epée Noire
8.Stormbringer
9.Elric à la fin des temps
Comme il l'a fait récemment avec la Romance de Ténébreuse de Marion Zimmer Bradley, cet éditeur nous propose aujourd'hui de redécouvrir dans un agréable format semi poche facilitant la lecture l'un des plus célèbres cycles de l'heroic fantasy, celui d'Elric, le prince albinos du fabuleux empire de Melniboné. Dans sa passionnante préface Jean-Luc Fromental nous explique comment Michael Moorcock en vint à donner vie à ce premier véritable anti-héros d'un genre qui était encore balbutiante en France où les rivages littéraires à peine baignés par les vagues de la SF n'avaient reçu que quelques embruns du Conan de Robert Howard et n'étaient pas encore submergés par la déferlante Tolkien sévissant depuis de nombreuses années de l'autre côté de l'Atlantique. Pour ceux qui, comme moi, avaient découvert Elric à travers le somptueux ouvrage illustré par Philippe Druillet du CLA Aventures Fantastiques des éditions Opta, L'Elric des Dragons repris comme premier tome de cette intégrale qui suit enfin le rythme chronologique de l'histoire, faisait un peu office de séance de rattrapage pour un auteur qui avait eu la maladresse de tuer la poule aux oeufs d'or en faisant mourir trop tôt un héros appelé à devenir mythique au sein du paysage de la Fantasy. Cependant, Michael Moorcock n'est pas n'importe quel écrivain, et il a su donner à ce récit toute l'intensité nécessaire afin de rendre palpitante cette sorte de préquelle qui s'avère dés lors indispensable à la compréhension de l'ensemble du cycle. En effet, à travers Elric des dragons, nous sommes invités à appréhender l'origine du mal être profond qui gangrène Elric, cet empereur maladif siégeant sur le trône de rubis nourris de drogues et d’élixirs qui le maintiennent tout juste en vie au sein de l'Empire de Melniboné sur son déclin. Nous partageons sa passion pour sa cousine Cymoril et nous assistons au combat magique l'opposant à son cousin Yyrkoon, tenant de l'ancienne orthodoxie des princes melnibonéens. Une lutte qui le conduira à devenir l'un des Serviteurs du Chaos et à lier son sort à Stormbringer, l'épée ensorcelée grande buveuse d'âmes, l'entraînant sur la pente d'un destin aussi inéluctable que funeste. A ses côtés nous suivrons les efforts de l'Empire moribond pour repousser les assaut d'une puissante flotte venue des Jeunes Royaumes dans le but de piller ses inestimables trésors et nous pénètrerons pour la première fois dans le fabuleux multivers imaginé par un Moorcock en plein délire de merveilleux. Un multivers qui prend encore plus consistance dans le second roman de l'anthologie, La Forteresse de la perle où nous retrouvons un prince albinos qui s'est volontairement condamné à l'exil et qui erre désormais dans les étendues désertiques des Jeunes Royaumes, poussant ses pérégrinations jusqu'à la mythique cité de Quarzhasaat qui, après un règne glorieux, s'était évanouie au sein d'une vaste mer de sable pour avoir impunément défié la puissance melnibonéenne. Se faisant passer pour un maître voleur, Elric, sur le point de succomber par manque de drogues, est forcé d'entrer au service du seigneur Gho Fhazzi, puissant personnage de Quarzhasaat qui rêve de s'emparer de la Perle au Coeur du monde, un joyau enfermé dans la Forteresse de la Perle située sur un autre plan d'univers, qui lui permettrait d'obtenir une place au sein du Conseil des Six, l'organisme dirigeant la cité d'une main de fer. Au cour de sa périlleuse mission Elric rencontre Alnac Kreb, le voleur de songes, puis Raik Na Seem, le vénérable chef du clan Baraudim de l'oasis de la Fleur d'Argent, qui lui demande de briser le sortilège lancé sur Varada, la sainte Fille du clan, symbole de tous leurs idéaux et sa propre enfant. Une entreprise délicate que Elric mènera à bien avec l'aide de Oone, une autre voleuse de songes avec qui il se rendra à la Forteresse de la perle afin de dérober le Rêve qui retient la Sainte Fille prisonnière. Après avoir survécu à ce voyage au milieu des Rêves et avoir déchaîné le courroux de Stormbinger sur Quarzhasaat et son Conseil des Six, le prince albinos se réveille sur un rivage perdu prélude au troisième et dernier récit de ce volume, Le navigateur sur les mers du destin. Là, Elric est sauvé de la mort par un navire surgit de nulle part et commandé par un capitaine aveugle. A son bord, il fait la connaissance de trois autres incarnations du Champion Eternel, Erekosë, Corum et Hawkmoon, convoqués comme lui par les Seigneurs de l'Ordre et du Chaos afin d'affronter Agak et Gagak, deux sorciers libérés lors des récentes ébranlements dans la structure des mondes, qui ont la capacité de s'emparer de toute la puissance contenue dans l'univers et contre lesquels ils sont les seuls à pouvoir combattre et surtout, à espérer triompher. Autant dire que cette nouvelle aventure nous propulsera un peu plus dans les méandres vertigineux de l'imaginaire moorcockien, développant une intrigue emplie d'une magie sombre et épique qui reste la marque de fabrique de ce génial romancier britannique ayant envoûté toute une génération de lecteurs au rythme de sa prose poétique ouvrant toute grande les portes qui conduisent vers les territoires inexplorés du merveilleux.

samedi 11 mai 2013

Une danse avec les dragons
(Roman) Dragon / Aventures Fantasy
AUTEUR : George R. R. MARTIN (Usa)
EDITEUR : Pygmalion-Fantasy, 1/2013 — 430 p., 19,90 €
SERIE : Le Trône de Fer 15
TO : A song of ice and fire 5.A dance with dragons, Bantam, 7/2011
TRADUCTION : Patrick Marcel
COUVERTURE : Gary Jamroz
Critiques : www.phenixweb.net (Chris de Savoie) – www.scifi-universe.com (Nicolas L.)
Avec Une danse avec les dragons se termine la traduction du 5ème opus de la série originale, A song of ice and fire, les deux précédents étant paru chez Pygamlion sous les titres de Le bûcher d'un roi et Les dragons de Meereen. Dans ce roman l'auteur nous fait prendre de plus en plus conscience de l'importance qu'il accorde aux personnages féminins au sein de son intrigue, tout en accentuant l'atmosphère fantastique qui régnait déjà sur l'ensemble du cycle. L’action se focalise donc tout d’abord sur Daenerys Targaryen, qui a été forcée d’épouser Hizdharhr zo Loraq, le fils d’une puissante famille de Meereen, et qui doit maintenant composer avec ses plus féroces adversaires, Yrukaz zo Yunzak, le chef suprême des forces de Yunkaï et les différents commandants des compagnies de mercenaires qui assiégeaient la ville, tout en s’occupant de ses dragons Viserion et Rhaegal enchaînés dans une arène de combat, Drogon ayant disparu dans la nature. Elle finira cependant par le retrouver au cours d’un sanglant spectacle de gladiateurs et à monter enfin sur dos pour disparaître dans le ciel, Yrukaz zo Yunzak trouvant la mort, écrasé dans la bousculade ayant suivi l’atterrissage du dragon. Pendant ce temps, un calme précaire règne sur Winterfell menacé par l’assaut des troupes du roi Stannis Baratheon qui sont seulement à trois jours de marche. Les sauvageons profitent de cette atmosphère lourde de menace pour faire échapper Arya Stark en compagnie de Theon Greyjoy, fils de Balon Greyjoy, lord Ravage de Pyk, qui revendiqua un temps la Couronne de Fer avant de mourir d’une mystérieuse maladie. Néanmoins, une partie d’entre eux acceptent de passer le mur pour aider la Garde de nuit et leur commandant Jon Snow à repousser l’attaque des Autres, les redoutables Marcheurs Blancs. A Meeren le roi Hizdhrarhr profite de la disparition de Daenerys, désormais seule avec Drogon et dont, il a annoncé la mort, pour reprendre les rennes du pouvoir et passer une alliance secrète avec la flotte de Volantris conduite par Victarion Greyjoy, le frère du roi Euron Greyjoy, qui a pour but de capturer Daenerys et ses dragons et qui désormais est sous l’influence du prêtre rouge Moquorro. A présent seul le vieux guerrier Ser Barristan Selmy, resté toujours fidèle à la reine, peut empêcher Hizdhrarhr de condamner le peuple de Meereen à l’esclavage. Il compte pour l’aider sur l’aide du prince de Dorne Quentyn Martell, mais celui-ci, devra payer cher sa tentative de libération des derniers dragons de Daenerys. De son côté, Tyrion, le rejeton nain des Lannister, après la mort de son maître Yezzan zo Qaggaz, victime de la jument pâle, la terrible peste qui ravage les rangs de assiégeants de Meereen, a rejoint avec Sol, une jeune naine saltimbanque, les troupes des Puînés, la plus ancienne troupe de mercenaires se battant sur le continent oriental auxquelles ils réussit tant bien que mal à s’intégrer. Plus loin, à Port-Réal, la reine Cersei Lannister après avoir subit l’expiation de ses pêchés voulue par la Grand Moineau lui imposant une procession nue dans les rue de la capitale, réintègre le Donjon Rouge et recommence à prendre confiance en son avenir. Et l’Hiver peut à peu descend sur le Mur recouvrant ses remparts d’un épais manteau de neige, comme pour ensevelir les parois du tombeau que risque de devenir l’imprenable forteresse. On le voit George R. R. Martin continue dans ce nouvel opus de tisser avec habileté les fils d’une intrigue fertile en rebondissement qui, au fil des pages, enveloppe encore plus le lecteur entre les mailles d’une histoire dont il suit captivé et attend avec impatience les multiples développements.
Les autres titres de la série :
1.Le trône de fer
2.Le donjon rouge
3.La bataille des rois
4.L’ombre maléfique
5.L’invincible forteresse
6.Les brigands ou Intrigues à Port-Réal (version poche)
7.L’épée de feu
8.Les noces pourpres
9.La loi du régicide
10.Le chaos
11.Les sables de Dorne
12.Un festin pour les corbeaux
13.Le bûcher d'un roi
14.Les dragons de Meereen