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mercredi 20 mars 2019




Chasse royale
(Roman) Fantasy Historique
AUTEUR : Jean-Philippe JAWORSKI (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 620, 12/2018 — 592 p., 8.30 €
SERIE : Rois du monde 3
COUVERTURE : Aurélien Police
Précédentes publications : Les Moutons Electriques, 6/2017 — 352 p., 24 €/Couverture de Sébastien Hayez
→ Bellovèse, le héros de ce qui devait, de prime abord, être une trilogie de Jean-Philippe Jaworski, a commis deux fautes impardonnables. D'abord en choisissant le parti de son oncle, le haut roi Ambigat assassin de son père, l'ancien roi Sacrovèse, ensuite en se sacrifiant pour protéger sa fuite. Bizarrement, au lieu de le tuer, on le capture. Rien de réjouissant en cela, car Bellovèse ramené chez les siens qui ne manquent pas une occasion de manifester la haine qu'ils éprouvent envers sa traîtrise, s'attend à subir une mort lente et douloureuse que ce soit de la part d'Arctinos, roi des Eduens, qu'il a failli trucider au combat, de ce puissant sorcier appelé jadis le gutuater et devenu le grand druide, ou de sa sœur Prittuse haute reine déchue de Celtique. Il en est à se perdre en conjonctures sur quel lugubre chemin prendra son avenir, quand le destin lui joue un nouveau tour par le biais d'une compagnie de guerriers qui l'enlève à ses bourreaux pour l'entraîner dans un éprouvant voyage durant lequel il ne reste en vie qu'en s'accrochant aux souvenirs de son passé. L'occasion pour l'auteur à travers ces flashback de s'étendre sur les événements qui se sont déroulés entre le premier volet de la saga et ce second roman qui nous permet de redécouvrir un Bellovèse désormais chargé de famille et quelque peu mûri par le passage des ans ainsi que ses relations intimes avec son entourage, comme cet autre héros, son propre frère, Ségovèse. Ce n'est qu'au bout de ce pénible cheminement dont la destination reste longtemps enveloppée de mystère que nous finissons par découvrir l'identité des fameux juges qui vont statuer sur le sort du félon. Dés lors, nous voyons peu à peu Bellovèse s'engluer dans la toile tendu par la diabolique Prittuse, reine aux pouvoirs magiques qui le met constamment à l'épreuve, jouant avec ses émotions en lui permettant à  la fois de revoir sa mère et sa fille, la tendre Sacrilla, mais en lui demandant de sacrifier Mapillos, son plus fidèle serviteur. Une ambiance de faux semblant, de perfidie et de trahisons ou rien ne semble être tel qu'il le paraît, un peu comme dans l'épisode de la série Games of Thrones où la jeune Arya Stark devient une Sans Visage. Largement phagocyté par l'emprise des femmes le fil de l'intrigue, comme la laine d'une pelote que l'on file très lentement, baigne dans une aura de magie et de mythes que L'auteur excelle à nous faire découvrir par petites touches et luxe de détails, faisant le bonheur de tous les lecteurs épris de civilisation celtique dont les clans guerriers et les rituels magiques nous ont ici finement relatés. Parti du rang de demi-mort, celui des captifs chez ces peuples combattants, Bellovèse doit se livrer à une profonde introspection tout en apprenant à profiter des moindres failles de son entourage et à jouer le rôle qui lui est imparti afin de laisser un peu de mou au fil de la marionnette qu'il semble être devenu entre les mains des êtres qui s'amusent à jouer avec sa destinée. Cependant, convaincu des propriétés fascinantes du tissage et des implications surnaturelles qui en émanent, il sait qu'il lui reste un espoir d'échapper à ceux qui veulent le contrôler et de partir vers cet Autre Côté où ce ne seront plus les autres qui traceront les lignes de son avenir. Un roman attractif servi par une érudition sans faille et une écriture toujours aussi ciselée qui nous rappelle combien Jean-Philippe Jaworski est devenue une plume marquante de la fantasy francophone contemporaine.
Autre couverture : 

vendredi 15 mars 2019


Le marteau des sorcières
(Roman) Fantasy Historique
AUTEUR : Fabien CERUTTI (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 626, 2/2019 — 453 p., 7.40 €
SERIE : La Bâtard de Kosigan 3
COUVERTURE : Alain Brion
Précédentes publications : Mnémos-Icares, 8/2017 — 336 p., 20 €
Les autres titres de la série :
1.L'ombre du pouvoir
2.Le Fou prend le roi
4. Le testament d'Involution
→ Avec la réédition en poche de ce troisième volet du cycle du Bâtard de Kosigan, Fabien Cerutti passionné de jeu de rôle, de jeu vidéo et agrégé d'histoire poursuit l'écriture de sa série de Fantasy historique qui le place aux côtés d'écrivain talentueux tels la Mary Gentle britannique (Le Livre de Cendres)  et du français Jean-Philippe Jaworski (Récits du Vieux Royaume). Cet avant dernier tome des aventures du fameux Bâtard continuent d'interpénétrer les intrigues entre un Moyen Age pénétré par la magie et un 19è siècle où celle-ci semble avoir été occultée des registres de l'Histoire. A travers les échanges épistolaires entre Kergael, le descendant du Bâtard, aidé de tout un réseau de connaissances, d'intellectuels et de savants, dont Léopold Delisle, le directeur de la BNF, va tenter de comprendre pourquoi ont a voulu effacer la trace des Anciens Peuples au sein de la destinée du monde. Cela a failli lui coûter la vie, car il passé la majeure partie du 2ème tome du cycle dans le coma après la tentative d'assassinat orchestrée par les Antagonistes, une congrégation qui, depuis des siècles s'efforce de préserver le secret entourant la présence du surnaturel dans notre continuum historique. Heureusement Kergael peut compter sur l'aide de ses amis historiens et surtout de l'Arche, la secte opposée aux Antagonistes qui lui apporte son appui depuis qu'il a reçu en héritage le mystérieux coffret émanant de son aïeul, le controversé Bâtard. Et puisque l'on parle de lui, le récit parallèle que nous invite à suivre Fabien Cerutti permet de le retrouver à Cologne au cœur du Saint Empire Germanique pendant l'été 1340. A la tête d'une nouvelle compagnie de mercenaires qui compte encore des têtes biens connus des lecteurs des précédents romans, il se rend dans cette région à l'invitation du duc Dagmar-Karl von Hohenstaufen qui semble sur la bonne voie pour devenir le prochain dignitaire destiné à remplacer l'empereur vieillissant entendant préparer sa succession de son vivant. Cependant toute une série de disparitions d'enfants et d'attaques de convois tendent à décrédibiliser sa candidature, et c'est là qu'interviennent Pierre de Kosigan et sa compagnie chargés de ramener le calme dans la région. Or, en vérité, ce nouvel engagement permet au Bâtard d'assouvir sa propre quête d'informations en pénétrant dans la région dont est originaire sa mère afin de tenter de découvrir d'où lui vient ce don mystérieux, le Noir Sang, qu'il a reçu en héritage.  Accueilli par le chevalier Gunthar von Weisshaut, être mi-homme mi-lion, il va très vite être confronté à l'emprise que développe la Sainte Inquisition sur cette région de la Westphalie. A sa tête le cardinal Las Casas, surnommé le Marteau des Sorcières tant les bûchers fleurissent sur son passage, sous le prétexte de pourchasser les hérétiques, à l'intention de s'approprier leur puissance et compte y gagner une immortalité qui lui permettra de se hisser à la tête de l'Eglise et de régner sur l'Occident. Force va donc être à Kosigan de composer avec le camp ennemi représenté par le Cénacle Lunaire ou Mondkreises, l'organisation des sorcières, et leurs principales égérie les sœurs Laura et Willie Stein en fuit depuis qu'elles ont tenté d'assassiner le Pape. C'est d'ailleurs avec l'une d'entre elle que le Bâtard conclura un accord secret qui l'entraînera dans une multiplicité d'aventures semés de combats et de rencontres féminines toujours aussi sensuelles. Porté par une style fluide et générateur de suspense, le récit de Cerutti qui prend ici le parti d'alterner les points de vue tout au fil de l'intrigue continue d'entraîner le lecteur dans les méandres d'un Moyen Age fantasmagorique et d'un 19 siècle complotiste tendant à créer une histoire alternative qui nous transporte avec ravissement vers un dernier tome intitulé Le testament d'Involution où nous devrions recevoir les réponses à toute les questions que pose ce cycle marquant de la Fantasy francophone.
Autre couverture :

mercredi 28 février 2018


Le fou prend le roi
(Roman) Fantasy Historique
AUTEUR : Fabien CERUTTI (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio 581, 8/2017 — 591 p., 8.20 €
SERIE : Le bâtard de Costigan 2
COUVERTURE : Alain Brion
Précédente publication : Mnémos Icares, 3/2015 — 422 p., 22 € — Couverture de Emile Denis & Laurence Wilmot
→ C’est avec un réel plaisir que j’ai retrouvé le personnage flamboyant du Bâtard de Kosigan à travers cette réédition poche des éditions Folio. Comme un Dexter au mieux de sa forme, ce dernier cultive le talent de se tirer au mieux des situations les plus compliquées où sa vie ne tient plus qu’à un fil, si tenu soit-il. Le début de ce deuxième opus ne déroge pas à l’ambiance générale du livre, focalisant l’œil caméra du récitant (le bâtard himself) sur une course poursuite endiablée le long de toits glissants de la paisible bourgade de Croisilles avec les archers anglais aux trousses et une délicieuse Adelys de Quiéret, fille du puissant connétable de France, l’un des proches conseillers du roi de France Philippe VI, à ses côtés. Protégé par des membres des Loups, son équipe de fidèles mercenaires, échappant à des striantes assoiffée de sang (créature ailée crachant des jets d’acides), notre héros parvient à s’enfuir tout en nous permettant, grâce à l’érudition de Fabien Cerutti, de comprendre les différences entre les arc anglais et les arbalètes françaises. Cette poursuite endiablée entre cependant dans le cadre de la nouvelle mission du Bâtard chargé par le roi d’Angleterre Edward III et son connétable d’enquêter chez les mangeurs de grenouilles sur un complot visant à attenter à la vie du roi de France dont sa Majesté britannique serait rendue prétendument responsable. Arrivé à la cité royale de Lens, dans le Comté de Flandre où se trouve le roi de France et son armée, Kosigan a cependant du mal à convaincre un monarque dont le fils, le Dauphin Jean, vient d’être assassiné, tandis que la flotte française a été détruite par son homologue britannique. Une défaite dont est rendu responsable le baron Lambert, seigneur de la ville de Lens, que le roi charge Kosigan d’interroger avec son efficacité légendaire. Dans ses prémices à la guerre de Cents Ans volontairement uchroniques qui servent de décor à l’intrigue, Kosigan évolue comme un poisson dans l’eau, alternant ruse, férocité, mais aussi souffrances et indécisions quand il passe entre les mains des terribles inquisiteurs de l’Eglise et qu’il croise la trajectoire du redoutable Nirdrym, un puissant du-wi-de apparenté à Merlin, qui semble tisser les moindres fils du canevas de cette histoire et qui en sait beaucoup sur le sang-noir coulant dans les veines de notre mercenaire préféré. Voilà de quoi relier cette trame temporelle moyenâgeuse avec les années 1899, plus proche de nous, où nous suivons toujours à travers un échange épistolaire l’enquête menée par Kergaël de Kosigan, lointain descendant du bâtard, sur l’existence de certaines races et de pouvoirs légendaires au Moyen Age, investigations qui débouchent sur des fouilles archéologiques et une tentative d’assassinat suivie d’un coma prolongé. Bondissant de chapitres en chapitres, le récit nous tient constamment en haleine, dévoilant son lot de surprises, telle qu’une Adelys de Quiéret bien plus téméraire qu’elle ne paraît, et soulevant peu à peu des pans du sombre mystère qui entoure les origines d’un héros de plus en plus impliqué dans les soubresauts d’un monde qui, outre l’affrontement entre la France et l’Angleterre, les deux puissances dominantes de l’époque, a vu passer la déferlante des Grandes Taillades, lancées par Charlemagne pour assainir les terres sauvages, tandis que le souffle des Croisades Noires conduites par Gui de Flandre finissait d’occire les derniers dragons d’Occident, le tout sanctifié par l’onction d’une Eglise bien décidée à éradiquer les moindres traces de la culture païenne d’antan. Mais celle-ci n’a pas dit son dernier mot et nous promet encore pas mal de pages où les dictats de l’Histoire connue devront se plier aux arcanes de la magie faisant revivre pour le plus grand bonheur du lecteur tout un lot de personnages surnaturels tels que fées, mages, changeformes, guivres, manticores et autres wivernes. Style dynamique, anti-héros luttant pour sa survie, alternance des points de vues, petit glossaire nominatif en fin de volume mettant l’accent sur l’érudition de l’auteur, tout concours donc à faire de ce livre une nouvelle réussite issue de l’imagination créatrice d’un nouveau talent de la Fantasy historique qui compte déjà dans ses rangs des plumes réputées comme le prolifique Jean-Philippe Jaworski et sa fascinante série des Récits du vieux royaume  et la Marry Gentle du Livre de Cendres, également repris au catalogue Folio.
Autre couverture :

lundi 14 août 2017

Enoch
(Roman) Fantasy Historique
AUTEUR : Estelle FAYE (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 567, 1/2017 — 240 p., 8.20 €
SERIE : La voix des oracles 2
COUVERTURE : Pierre Droal
Précédente publication : Scrinéo, 5/2015 — 352 p., 16.90 € — Couverture de Aurélien Police
Dans le premier tome de cette trilogie nous avions fait la connaissance de Thya, fille d’un brillant général romain Gnaeus Sertor, mais aussi dotée d’un pouvoir d’Oracle héritait d’un passé révolu qui attirait la convoitise aussi bien des hommes que des Dieux. Fruit d’un véritable et minutieux travail historique l’histoire nous propulsait dans une Gaule plongée sous l’ombre d’un empire romain en déclin dans laquelle les anciens dieux s’évanouissaient peu à peu face à la lente mais inexorable progression du christianisme. Ainsi la fuite de Thya et de son compagnon Enoch, le Maquilleur, lui aussi promis à un destin hors du commun, nous entraînait dans une exploration à la fois géographique, ethnologique, sociologique et mythologique. Estelle Faye cependant possède assez de talent pour inclure dans l’intrigue ces multitudes de détails accentuant son réalisme sans inutilement l’embouteiller, gardant ainsi intacte l’attention du lecteur propulsé de rebondissements en rebondissements au rythme d’une action qui ne perd jamais son indispensable sens du suspense. Dans ce second tome, nous allons découvrir un Aedon, le frère mal intentionné de Thya, dont l’ambition dévorante va le faire tomber dans les filets d’Hécate, la dangereuse Reine des cauchemars. Celle-ci, en effet, a décidé de se rebeller contre la fin programmée des anciennes divinités, et entends bien briser l’élan d’une chrétienté que rien ne semble pouvoir arrêter. Pour cela, elle compte sur Aedon, tout juste débarrassé de la tutelle de son père qu’il avait essayé d’assassiner, et dont la dévorante ambition le pousse à rêver d’un Empire romain sorti de la déchéance qui le gangrène et revenu à sa gloire conquérante d’antan. Un Empire que, bien entendu, il dirigerait. De son côté Thya, accompagnée de son oncle Gnaeus Aylus, le Diseur des Monts, chef de la révolte des barbares contre l’autorité romaine, et d’un Enoch qui a pris peu à conscience de son pouvoir d’éveiller la brume, sans toutefois le contrôler, et qui transporte le fidèle Sylvain nommé Minuscule dans sa besace,   pense un moment trouver refuge chez la tribu germanique des Nodes, qui ont longtemps souffert de la domination de l’Empire Romain. Cependant, ces derniers ne les accueillent pas comme prévu, et ils échappent de peu à la mort. Désormais guidée par ses visions faisant référence aux mystérieux Dieux Voilés, divinités plus vieilles que la civilisation Etrusque  remontant au temps de l’Atlantide et dotées d’incommensurables pouvoirs, Thya s’embarque vers Constantinople pour y retrouver un autre de ses oncles qui succombera bientôt sous les coups des séides d’Aedon.  C’est vers l’empire Sassanide que s’oriente bientôt son destin lancé éperdument dans une quête dont elle ne saisit pas elle-même toutes les implications avec pour objectif les immenses étendues du désert du Vide. Contreforts du Caucace, Route de la Soie, guerriers Parthes en lutte contre les Sarrazins, sa route sera semée d’embûches et l’obligera à se séparer du troublant Enoch à qui elle n’ose pas véritablement déclarer son amour. En parallèle à sa fuite et à la traque conduite par le tandem Aedon/Hécate, nous suivons également le parcours de personnages secondaires qui prennent une tout autre épaisseur, comme le Faune du début du premier tome, une ondine, le petit dieu Culsans et l’illustre Apollon sorti de sa retraite pour se mêler à ce faisceau de machinations où s’entremêlent les destins des dieux et des hommes. Cette alternance de points de vue, loin de nuire au récit, lui donne encore plus de consistance et nous guide lignes après lignes vers un final en apothéose qui, s’appuyant sur la thématique des trames temporelles, ouvrira de nouvelles perspectives à l’univers jusque-là voué à l’extinction des Oracles et des Dieux Anciens. Assurément une belle réussite de la fantasy historique francophone qui trouvera son aboutissement dans Ayla, dernier tome de la série que les éditions Folio vont également mettre à leur catalogue.
Autre couverture :

lundi 9 septembre 2013


Les lames du cardinal
(Roman) Aventures Fantasy / Fantasy Historique / Uchronie / Dragon
AUTEUR: Pierre PEVEL (Fr)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 444, 1/2013 — 397 p., 7.70 €
SERIE : Les lames du cardinal 1
COUVERTURE : Hervé Leblan (également proposé avec une jaquette couleur couverture pleine page)
NB : les 15 premières pages de roman ont fait l'objet d'un petit tirage publicitaire reprenant le format et la couverture du livre
Précédentes publications :
Bragelonne-Fantasy, 9/2007 —298 p., 20 € — Couv. : Julien Delval
Bragelonne-Fantasy, 6/2009 — 304 p., 20 € — Couv. : Didier Graffet, David Oghia & Anne-Claire Payet
In Les Lames du Cardinal – Intégrale, Bragelonne-Fantasy, 1/2012 — 768 p., 25 € — Couv. : Jon Sullivan
Critiques : Bifrost 49, 1/2009 (Nicolas Kandinsky) - www.elbakin.net (Gillosen-interview) - www.scifi-universe.com (Lucie M. avec interview)  - www.sfmag.net (Serge Perraud)
Les autres titres de la série :
2.L'alchimiste des ombres
3.Le dragon des arcanes
Après s’être aventuré dans le steampunk (Les enchantements d’Ambremer) Pierre Pevel revient aux romans de capes et d’épées teintés de fantastique dont il nous avait déjà offert un avant goût avec ce cycle de Wiestaldt et du chevalier Kantz. Hommage aux Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas ce livre nous propulse dans la France du 1633 sur laquelle règne Louis XIII, qui occupe le trône et délaisse le pouvoir en faveur du fameux cardinal Richelieu. Or celui-ci à fort à faire pour protéger la Couronne des multiples ennemis qui la menacent. Surtout depuis qu’il a du dissoudre les Lames, un groupe secret composé des meilleurs bretteurs de l’Europe pris au sein des Mousquetaires, après la trahison de l’un des leurs lors du siège de La Rochelle. Mais voilà qu’à présent une ombre terrifique se répand sur l’Europe qu’elle englobe de ses ailes sans pardon, car les dragons sont de retour parmi les hommes. Surgis de la nuit des temps, ils ont survécu en adoptant une apparence humaine, allant même jusqu’à se reproduire avec des femmes pour créer une race de sangs mêlés aux yeux reptiliens. Installés sur le trône d’Espagne, ils sont aux portes de la France qu’ils pourraient bien conquérir grâce au pouvoir de leur magie draconique héritée d’un lointain passé. Pour les contrer Richelieu n’a plus qu’une alternative : mander auprès de lui le capitaine La Fargue, un bretteur exceptionnel, mais aussi un officier dévoué que la trahison et le déshonneur n(ont pas épargné. Pourtant c’est à lui qu’il demande de reformer l’élite secrète qu’il commandait jadis, des hommes et des femmes qui savent manier l’épée mieux que quiconque, entièrement dévoués au service de la France et prêts à accomplir les plus périlleuses missions clandestines. Seront-ils de taille à lutter contre les Dragons, des ennemis bien plus démoniaques que tous les épéistes qu’ils ont jadis combattus et qui désormais disposent avec la Loge Noire d’un réseau d’agents dévoués répartis dans toute l’Europe ? Pierre Pevel se fait un plaisir de répondre à cette passionnante question dans ce roman pétri d’actions et de rebondissements qui nous introduit dans le quotidien d’une famille de guerriers aussi efficaces que délurés qui devront retrouver un gentilhomme espagnol en évitant de tomber entre les griffes des séides des dragons ancestraux. Un livre qui, outres des droits de traduction vendus en Russie, Allemagne, Espagne et à la République Tchèque, vient d’entrer au catalogue des éditions Gollancz sous le titre de The cardinal’s blade. Une réussite incontestable dont profite toute la Fantasy française quant, on le sait, le chemin de la traduction se fait, généralement, en sens inverse.
Autres couvertures :

 
 

dimanche 8 septembre 2013

L’alchimiste des ombres
(Roman) Aventures Fantasy / Fantasy Historique / Uchronie / Dragon
AUTEUR : Pierre PEVEL (Fr)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 460, 8/2013 — 402 p., 7.70 €
SERIE : Les lames du Cardinal 2
COUVERTURE : Hervé Leblan (également proposé avec une jaquette couleur couverture pleine page)
Précédentes publications :
● Bragelonne-Fantasy, 5/2009 — 336 p., 20 € — Couv. : Didier Graffet, David Oghia & Anne-Claire Payet
● in Les Lames du Cardinal – Intégrale, Bragelonne-Fantasy, 1/2012 — 768 p., 25 € — Couv. : Jon Sullivan
Critiques : www.elbakin.net (Gillosen) - www.phenixweb.net (Véronique de Laet) – www.yozone.fr (Nicolas Soffray)
Les autres titres de la série :
1.Les lames du Cardinal
2.Le dragon des arcanes
La France de 1633 n’en a pas fini avec la menace des dragons, ces êtres surgis de la nuit des temps qui, usant de sorcellerie, ont pris forme humaine et conspirent secrètement pour restaurer leur règne de pouvoir absolu à l’aide d’une société secrète Baptisée la Griffe Noire. C’est contre eux que ce sont battus dans le premier épisode de cette série les Lames du Cardinal, ce corps d’élite créé par Richelieu pour traiter d’affaires délicates dans lesquelles la survie et l’honneur de la couronne sont engagés. Ainsi le mystérieux Capitaine La Fargue, la belle Agnès, le jeune Laincourt, Marciac le gascon, le puissant Ballardieu, Almadès l'espagnol, l'invincible Leprat et le sang-mêlé Saint-Lucq vont de nouveau être mis à contribution pour déjouer un complot visant la ruine du trône de France. C’est une belle espionne italienne qui prétends détenir les preuves concernant cette dangereuse menace. Or, sa tête est mise à prix dans le Royaume. Dés lors, comment avoir directement recours à elle, sinon par le truchement des Lames qui excellent dans ces besognes de l’ombre. Cela tombe bien pour Lafargue et ses compagnons désormais en disgrâce car l’institagateur de ce complot n’est autre que l’Alchimiste des Ombres, un Dragon Noir faisant parti de la Griffe Noire, qui a tué l’un des leurs lors du siège de La Rochelle, tout en jetant le discrédit sur leur compagnie. Voilà pourquoi nos épéistes se lancent avec fougue dans l’aventure, traquant désormais les dracs, ces dragons déguisés en hommes, dans le premier épisode de ce livre intitulé l’Italienne, une espionne qui sait habilement tire en vérité les ficelles, tout en laissant croire qu’elle a mordu à l’hameçon. Quant à second, titré L’affaire de Chevreuse, il nous ramène à la cour du roi Louis XIII, et plus exactement lors d’un bal que doit donner la duchesse de Chevreuse, ennemie jurée du monarque, durant lequel ce dernier compte bien étouffer le complot dans l’œuf, bien que cela entraînera la chute de hauts personnages directement situés dans son proche entourage. Réécriture libre et magistrale du chef d’oeuvre d’Alexandre Dumas, Les trois mousquetaire, cette série nous plonge dans une France uchronique finement dépeinte grâce aux remarquables connaissances historiques de l’auteur, comme il a déjà su brillamment le faire pour son cycle du Chevalier de Wielstadt, l’Allemagne remplaçant alors la France. Complots et aventures alternent à travers une intrigue qui utilise à la fois les rebondissements successifs des romans-feuilletons et la découpe particulière des épisodes télévisuels. Sans jamais vraiment dévoiler les dessous d’une affaire aux multiples ramifications, Pierre Pével cultive avec brio son élément magique en la personne des dragons, désormais capables de prendre forme humaine (il rejoint en cela d’autres écrivains comme Shana Abe et sa Reine des dragons), mais il sait également donner une notable épaisseur psychologique à ses personnages qui n’ont rien des fiers à bras aux certitudes inébranlables. Au fil des aventures et des expériences accumulées, heureuses ou malheureuses, ils évoluent, tandis que des voiles ses lèvent peu à peu sur leur passé souvent tourmenté. Certains ainsi quitteront les Lames, mais d’autres viendront les rejoindre, maintenant ainsi cette compagnie à la tête de la lutte contre les dragons menés conjointement avec les sœurs blanches, des moniales qui ont voué leur vie à la chasse de ces êtres intemporels. Un second tome qui, après le prologue des Lames du Cardinal, déroule au fil de dialogues, tantôt volontairement châtiés, tantôt plein de dynamisme, le fil d’un récit pétrie de faux-semblants et de fausses pistes qui s’enfoncent dans un Paris de 1633 décrit avec une minutie de chroniqueur historique. Assurément une réussite dans un genre encore peu exploité en France et dont pourrait trouver l’équivalent du côté des traductions anglo-saxonne, façon roman de cape et d’épée, avec A la pointe de l’épée de Ellen Kushner publié en 2008 par les éditions Calmann-Lévy ou dans le domaine de la Fantasy avec le cycle des Lames du roi de Dave Duncan, également chez Bragelonne.
Autres couvertures :

jeudi 6 octobre 2011

Le roi vampire
(Roman) Jeunesse / Fantasy Historique / Vampires
AUTEURS : Olivier PERU & Patrick McSPARE (Fr)
EDITEUR : Scrinéo-Jeunesse, 2/2011 — 352 p., 14,90 €
SERIE : Les Hauts conteurs 2
COUVERTURE : Patrick McSpare & Olivier Peru
Paris, hiver 1190. Débarqués au cœur de la plus grande ville du Monde connu, le jeune Roland, Mathilde, Ruppert et Salim poursuivent un double but : retrouver William le Ténébreux, l'ami disparu, et découvrir les secrets de Vlad, le maître vampire qui s'efforce de récupérer les pages du Livre des Peurs. Ce démon est-il réellement mort dans les forêts anglaises, ou attend-il son heure pour frapper encore ? Pire encore, un traître se cache-t-il parmi les quatre aventuriers, comme tout semble l'indiquer car, malgré tous leurs efforts, il est parvenu à leur échapper ? Happés par le tumulte populaire de la Fête des Fous, Roland et ses compagnons vont croiser nombre d'individus pittoresques.Cérémonies noires, complot royal, créatures infernales, prophéties du Livre des Peurs, tous les ingrédients d'un mélange fatal sont réunis pour sceller le sort de nos héros. Pourtant, ils sont des Haut-Conteurs et ne reculeront pas, jusqu'à vaincre ou périr. Roland " Cœur de Lion " en tête. Le Mal rôde, la mort avance masquée. C'est la fête des ombres, c'est la fête des fous, qui nous plonge en plein cœur d'une France du XII° siècle que nous revisitons, après un premier tome consacré à l'Angleterre de la même époque, à travers les aventures du jeune Roland, le fils d'un aubergiste désormais parvenu au rang de Haut-Conteur et qui aidera cette congrégation à découvrir ce qui se cache derrière les sombres événements parcourant les pages des premiers tomes de cette série mélangeant la thématique vampirique aux ingrédients de la Fantasy.
Les autres titres de la série :
1.La voix des rois
2.Le roi vampire
3.Coeur de lune
4.Treize damnés

samedi 30 juillet 2011

  1794
(Roman) Fantasy Historique
AUTEUR : Pierre BORDAGE (Fr)
EDITEUR : J'Ai Lu-Fantasy 9476, 2/2011 — 544 p., 9,90 €
SERIE : L'Enjolimeur 4
COUVERTURE : Vincent Madras
Précédente publication : L'Atalante-La dentelle du Signe, 5/2006 — 480 p., 20,90 € — Couv. : Gess
Critiques : http://www.actusf.com/ (Laure Ricote) ; http://www.cafardcosmique.com/ (Nolive)
→  La suite et la fin des aventures d’Emile, alias Milo, un enfant trouvé que l’on dit fils de fée, c'est-à-dire enjolimeur, qui fut élevé dans le bocage vendéen par un prêtre ébloui par les idées des Lumières et de Cornuaud, alias Belzébuth, ancien marin à bord d’un négrier envoûté par une sorcière vaudou qui le pousse à assassiner pour étancher sa soif de vengeance envers les hommes blancs. Bien qu’armée de la dague de la fée Mélusine, Emile est tombé entre les mains des adeptes de la secte Mithra, la religion des légionnaires romains, qui voient en lui l’élu, l’Atar de la fin des temps, alors qu’il n’a pensé jusqu’ici qu’à retrouver Perette, la femme qu’il aime le plus au monde. Cornuaud, de son côté, a quitté le Paris de la révolution pour se diriger vers Nantes, traversant une Vendée soumise au déferlement des colonnes infernales, tout en essayant d’échapper aux griffes de la sorcière qui couvre ses mains de sang. Royaliste ou révolutionnaire, au gré du vent, il participe à cette folie ambiante des années d’après la révolution où le pouvoir en place a été perverti par un puissant mouvement occulte, et nous entraîne dans une France à feu et à sang que Pierre Bordage restitue avec brio, mêlant la crédibilité du roman historique à la magie de la Fantasy avec Petit Peuple, sirènes et diverses créatures issues du folklore chrétien. Un roman âpre et sans concession qui revient sur l’une des nombreuses périodes noires de notre pays, marquée par des luttes fratricides ainsi que par le conflit entre le rationalisme des Lumières et le mysticisme hérité des temps anciens qui profite de la tyrannie dogmatique imposée par des chantres de la modernité trop hâtivement coupé de leurs racines, pour tenter d’imposer la version la plus archaïque et dangereuse des religions du passé. A noter qu’il existe une version reliée des trois volumes à 59,90 €.
Les autres titres de la série :
1.1792
2.1793
3.1794
Autre couverture :

dimanche 21 novembre 2010

BORDAGE Pierre (Fr)
Auteur français né en 1955 à La Réorthe, en Vendée. Sportif assidu, il découvre la SF au cours d’un atelier d’écriture durant ses études en lettres modernes à la Faculté de Nantes. Après avoir longtemps voyagé et pratiqué divers métiers, dont celui de libraire, il commence d’écrire le cycle de « Rohel le Conquérant » pour les éditions Vaugirard, avant de faire une entrée remarquée dans la domaine de la science-fiction avec « Les guerriers du silence » publiés aux éditions de l’Atalante, début d’une longue carrière de romancier durant laquelle il abordera la Fantasy sous des angles qui lui sont propres à travers des récits comme « Les fables de l’Humpur » ou le cycle de « L’Enjolimeur »
L’Enjolimeur 1793
(Roman) Fantasy Historique
J'AI LU-Fantasy 9225, 3/2010 — 480 p., 8.40 €
SERIE : L’Enjolimeur 2
COUVERTURE : Vincent Madras
Précédente publication : L’Atalante-La Dentelle du Signe, 10/2005 — 416 p., 19,50 € — Couv. : Gess (il existe également un tirage limité à 2000 exemplaires numérotés reliure en toile avec jaquette)
Critiques : Bifrost 42 (Claude Ecken) ;
http://www.cafardcosmique.com/ (Nolive)
● Les autres titres de la série : 1.L’enjolimeur 1792 – 2.L’enjolimeur 1793 – 3.L’enjolimeur 1794
→ Voulant fuir le Nantes des prémices de la Révolution afin de ne pas sombrer dans la truanderie, le jeune Cornuaud a embarqué sur un négrier. Mais ce n’est que pour tomber de Charybde et Scylla, car pour expier le viol d’une jeune esclave, il sera possédé par l’esprit d’une sorcière vaudou l’obligeant à massacrer le maximum de blancs. De retour en France, on le retrouve à Paris, prisonnier à la Conciergerie, tandis que la Convention s’apprête à voter la mort de Louis XVI, que les ennemis de la Révolution piétinent aux frontières et que la Vendée est à feu et à sang. Or voilà qu’on lui propose la liberté en échange d’un emploi d’espion. Une occupation qui lui permettra de se livrer tranquille à ses besoins de meurtres et qui lui fera rencontrer une jeune femme désireuse de se placer sous sa protection. De son côté Emile, qui n’a pas réussi à retrouver Perette, et donc à accomplir la mission que la lui confié la fée Mélusine, gagne à son tour Paris avec la dague que lui a confié la créature serpentine et qui a le pouvoir de tuer ceux qui s’en emparent. Plongé au cœur des plus infâmes soubresauts de la Terreur, il entre de nouveau en contact avec le peuple féerique, un race désormais condamnée à l’oubli dans un monde où s’imposent d’autres dogmes religieux, politiques et sociaux symbolisés par les puissantes œillères que propagent leurs idéaux fanatisés. Un environnement propice au développement d’individus adeptes de l’extrémisme, tel ce Père des Pères, un mystérieux grand prêtre de Mithra dont le but est de répandre le Mal sur la Terre, et qui pourrait bien être, si ce n’est à l’origine, du moins en grande partie responsable du torrent d’exactions qui gangrènent le vente de Paris devenu un véritable Enfer où misère, trahisons, complots et exécutions sommaires sont devenus monnaie courante. Tentant d’échapper aux dénonciations arbitraires et à toutes sortes de périls n’épargnent aucun camp, royaliste ou révolutionnaire, d’autres personnages aux trajectoires compliquées accompagnent celles de Cornuaud et d’Emile, s’intégrant remarquablement au sein d’une intrigue fertile en rebondissement et servie par l’incomparable talent de conteur de Pierre Bordage qui signe ici un second opus très réussi de cette série mêlant avec bonheur la Fantasy au roman historique.
Les autres titres de la série :
1.L’enjolimeur 1792
2.L’enjolimeur 1793
3.L’enjolimeur 1794