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mercredi 20 mars 2019




La cité du futur
(Roman) Voyages dans le Temps
AUTEUR : Robert Charles WILSON (Canada)
EDITEUR : Gallimard-Folio SF 621, 12/2018 — 458 p., 8.40 €
TO : Last year, Tor Books, 2016
TRADUCTION : Henry-Luc Planchat
COUVERTURE : Aurélien Police
Précédente publication : Denoël-Lunes d’Encre, 5/2017 — 367 p, 22 €/Couverture de Aurélien Police
Du mariage entre western et science-fiction on peut garder le navrant souvenir du film Cow-boys et Extraterrestres,  ou bien conserver le souvenir de la lecture de ce passionnant roman. Voilà un livre bâti sur le principe de la cohabitation temporelle ici formalisée par la construction d’une véritable Cité du futur bâtie par les hommes du XXIème siècle en plein Far West de 1876 grâce à la maîtrise de la technologie du Miroir qui permet désormais les déplacement temporels. De cette rencontre plutôt inattendu les deux camps tirent abondamment partie : les visiteurs du futur en jouissant à prix d’or d’un gigantesque parc d’attraction directement branché sur le passé avec pour point d’orgue des excursions hors des limites de la cité ; les locaux, triés sur le volet, en s’octroyant un aperçu d’un futur étourdissant où les femmes ont le droit de vote et peuvent s’exprimer sur tous les sujets, où les mariages homosexuels sont autorisées et où un noir peut devenir président des USA, le tout éventuellement ponctué d’une balade en hélicoptère. Les premiers sont parfois surpris par la rudesse du Gilded Age qui a suivi les dégâts de la guerre de céssecion  en découvrant une société, raciste, sexiste injuste et violente  menacée par toutes sortes de maladie et bien loin des brochures touristiques fournit par Auguste Kemp, le promoteur du XXIème à l’origine de la construction de la Cité. Les seconds, par contre, passé leur premier mouvement de recul face aux mœurs dissolues qu’ils découvrent au fil de leur visite, ne manquent pas d’être impressionnés par les prouesses technologiques dévoilées par ces visiteurs du futur. Des visiteurs qui ont promis de leur en abandonner quelques-unes lorsqu’ils quitteront les lieux après 5 années d’exploitation du site. Mais la coexistence entre les quatre populations qui occupent cet univers clos, les employés locaux, les employés du futur, les visiteurs locaux et les le voyageurs venus du futur, n’est pas aussi rose qu’elle le paraît. C’est ce que va découvrir Jesse Cullum, ancien videur de Los Angelès, devenu l’un des plus anciens employés de Futurity. Affecté à la sécurité de la Tour 2 qui reçoit les touristiques locaux, il sauve la vie du président Ulysse Grant victime d’une tentative d’assassinat. Promu grâce à cet exploit, Jesse doit désormais enquêter sur le trafic d’arme révélé par la découverte de l’arme utilisée par le meurtrier, un Glock, qui n’a rien à voir avec ses ancêtres les colts de l’année 1876. Epaulé dans ses investigations par Elisabeth DePaul, une ex-militaire issue du futur, Jesse va peu à peu mettre à jour l’impact négatif de cette construction de l’avenir sur le présent des locaux, ainsi que les dégâts occasionnés par les activistes opposés au projet qui, pour le combattre, n’hésitent pas à provoquer des mutations sociales inappropriées au sein d’une population autochtone pas encore prête à les emmagasiner. Tout au fil de l’ouvrage le lecteur aura la désagréable impression, à travers la condesendances affichés par les visiteurs du futur envers le monde du Far West, de se revoir en tant que visiteur de zoo à notre propre époque ou dans la peau d’un quelconque touriste embrigadé dans un tour operator qui n’hésite pas à les confronter, avec l’indispensable recul et le luxe de sécurité adéquat, à la misère accumulée de certains pays du tiers-monde. En évitant l’écueil des paradoxes temporels, car la technologie du Miroir, application dévoyée de la mécanique quantique, ouvre sur un univers parallèle qui n’est pas situé sur la même trame temporelle que ce Far West de 1876, l’auteur nous offre une rencontre entre deux monde, finement décrits dans la première partie du livre en prenant soin de laisser à chaque époque le langage de son temps, ce qui conforte la crédibilité du récit. Pointant habilement le doigt sur les imperfections  des civilisations en présence, l’intrigue se prolonge dans la seconde partie du roman  en approfondissant l’enquête policière de Jesse et de DePaul, développant sans trop de longueur les relations entre les divers personnages dans un univers où les apprentis sorciers venus du futur semblent ne pas se soucier des dommages collatéraux que créent leur simple présence. De quoi nous ramener de façon détourné à des contingences de notre propre réalité où certains membres éclairés de nos sociétés pratiquent le même cynisme envers des individus classés hâtivement dans le cadre mal défini des « défavorisés ». Un élément qui, ajouté au style fluide et captivant de l’auteur, ne peut qu’inciter à la lecture de ce nouveau livre de cet auteur naturalisé canadien déjà bien connu du lectorat français à travers des romans tels que Spin, Mystérieum ou Les chronolithes, pour ne citer qu’eux, tous parus, comme la plupart des titres de cet écrivain chez l’éditeur Denoël et dans la collection Lunes d’Encre jusque là dirigée par le perspicace Gilles Dumay avant, comme ce dernier tire, d'être repris en poche chez Folio.
Autre couverture :




Moi, Peter Pan
(Roman) Merveilleux
AUTEUR : Michael ROCH (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 628, 2/2019 — 144 p., 6.80 €
COUVERTURE : Aurélien Police
Précédentes publications : Mü Editions, 2/2017 — 136 p., 13.50 €/Couv. : Fanny Liabeuf
Au Pays Imaginaire les blêmes ne sont jamais les bienvenus. Alors, lorsque Peter, Roi des Enfants Perdus et Prince des Poux en découvre un en la personne d'un môme qui boitille agacé par les bavettes que taillent la nuit les petites bêtes qui pique-nique sur sa bedaine, il n'hésite pas un seul instant à se pencher sur son cas et, en fin psychanalyste, à découvrir le bas qui blesse : le môme ne se souvient plus de son prénom. Autant philosophe que poète, celui qui désormais se fait appeler Pan, tout simplement, va donc aider les petites bestioles à remuer leurs méninges et à  fabriquer un nom à l'enfant. Ainsi va la vie pour celui qui est devenu le Comte des jeux de Gros Mots et qui, dans les Bois perdus, au cœur de la Forêt Interdite, ainsi nommée car il y a des mots que l'on ne doit pas y prononcer  pour ne pas troubler ceux qui finissent d'exister sous les racines des grands arbres, poursuis les noms portés par ceux qui ont grandi et qui ont quitté le Pays Imaginaire. Or, depuis le départ de Wendy, l'angoisse et les doutes rongent douloureusement celui qui transforme vite son air triste en joli masque-sourire quand Lili la Tigresse vient lui rendre visite la nuit dans sa petite cocabane suspendue au-dessus du village des Enfants Perdus. Une jolie princesse indienne qui devra à nouveau intercéder en sa faveur lorsqu'il sera capturé par les terribles Chasseurs. Mais ce sera son ennemi de toujours, le redoutable et pathétique Capitaine Crochet qui, tout en pointant vers lui son sabre émoussé, mettra a nue la véritable blessure de son âme et le forcera à affronter son Destin dorénavant manipulé par le sentiment qui le harcèle, la terrible peur de grandir. Michaël Roch auteur, chroniqueur et co-créateur de la chaîne YouTube la Brigade du Livre nous livre ici non sa propre vision de héros de James Barrie, mais une approche narrative  à la fois magique, oniriques, mais aussi métaphysique et philosophique durant laquelle Peter se livre involontairement à nous au fil de ses réflexions et des rencontres toujours porteuses de sens des multiples personnages peuplant ce livre mythique. Une manière de briser le cocon de désinvolture qui s'attache à ce personnage pour, à travers le partage de ses doutes et de ses appréhensions,  ramener le lecteur à sa propre vision du monde en quelque sorte réveillée par les rebonds des chapitres tendant à nous inciter de façon délicate, amusante et subtile, à retrouver  l'insouciance de notre enfance.
Autre couverture :




Chasse royale
(Roman) Fantasy Historique
AUTEUR : Jean-Philippe JAWORSKI (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 620, 12/2018 — 592 p., 8.30 €
SERIE : Rois du monde 3
COUVERTURE : Aurélien Police
Précédentes publications : Les Moutons Electriques, 6/2017 — 352 p., 24 €/Couverture de Sébastien Hayez
→ Bellovèse, le héros de ce qui devait, de prime abord, être une trilogie de Jean-Philippe Jaworski, a commis deux fautes impardonnables. D'abord en choisissant le parti de son oncle, le haut roi Ambigat assassin de son père, l'ancien roi Sacrovèse, ensuite en se sacrifiant pour protéger sa fuite. Bizarrement, au lieu de le tuer, on le capture. Rien de réjouissant en cela, car Bellovèse ramené chez les siens qui ne manquent pas une occasion de manifester la haine qu'ils éprouvent envers sa traîtrise, s'attend à subir une mort lente et douloureuse que ce soit de la part d'Arctinos, roi des Eduens, qu'il a failli trucider au combat, de ce puissant sorcier appelé jadis le gutuater et devenu le grand druide, ou de sa sœur Prittuse haute reine déchue de Celtique. Il en est à se perdre en conjonctures sur quel lugubre chemin prendra son avenir, quand le destin lui joue un nouveau tour par le biais d'une compagnie de guerriers qui l'enlève à ses bourreaux pour l'entraîner dans un éprouvant voyage durant lequel il ne reste en vie qu'en s'accrochant aux souvenirs de son passé. L'occasion pour l'auteur à travers ces flashback de s'étendre sur les événements qui se sont déroulés entre le premier volet de la saga et ce second roman qui nous permet de redécouvrir un Bellovèse désormais chargé de famille et quelque peu mûri par le passage des ans ainsi que ses relations intimes avec son entourage, comme cet autre héros, son propre frère, Ségovèse. Ce n'est qu'au bout de ce pénible cheminement dont la destination reste longtemps enveloppée de mystère que nous finissons par découvrir l'identité des fameux juges qui vont statuer sur le sort du félon. Dés lors, nous voyons peu à peu Bellovèse s'engluer dans la toile tendu par la diabolique Prittuse, reine aux pouvoirs magiques qui le met constamment à l'épreuve, jouant avec ses émotions en lui permettant à  la fois de revoir sa mère et sa fille, la tendre Sacrilla, mais en lui demandant de sacrifier Mapillos, son plus fidèle serviteur. Une ambiance de faux semblant, de perfidie et de trahisons ou rien ne semble être tel qu'il le paraît, un peu comme dans l'épisode de la série Games of Thrones où la jeune Arya Stark devient une Sans Visage. Largement phagocyté par l'emprise des femmes le fil de l'intrigue, comme la laine d'une pelote que l'on file très lentement, baigne dans une aura de magie et de mythes que L'auteur excelle à nous faire découvrir par petites touches et luxe de détails, faisant le bonheur de tous les lecteurs épris de civilisation celtique dont les clans guerriers et les rituels magiques nous ont ici finement relatés. Parti du rang de demi-mort, celui des captifs chez ces peuples combattants, Bellovèse doit se livrer à une profonde introspection tout en apprenant à profiter des moindres failles de son entourage et à jouer le rôle qui lui est imparti afin de laisser un peu de mou au fil de la marionnette qu'il semble être devenu entre les mains des êtres qui s'amusent à jouer avec sa destinée. Cependant, convaincu des propriétés fascinantes du tissage et des implications surnaturelles qui en émanent, il sait qu'il lui reste un espoir d'échapper à ceux qui veulent le contrôler et de partir vers cet Autre Côté où ce ne seront plus les autres qui traceront les lignes de son avenir. Un roman attractif servi par une érudition sans faille et une écriture toujours aussi ciselée qui nous rappelle combien Jean-Philippe Jaworski est devenue une plume marquante de la fantasy francophone contemporaine.
Autre couverture : 

lundi 15 octobre 2018


Un homme plein de misère
(Roman)
AUTEUR : Jacques ABEILLE (France)
EDITEUR : GALLIMARD JEUNESSE-Folio SF 612, 8/2018 — 818 p., 11.20 €
SERIE : Le Cycle des Contrées
COUVERTURE : Anne-Gaëlle Amiot
Autres titres du cycle : 1.Les jardins statutaires – 2.Le Veilleur du Jour – 3.Les voyages du fils – 4.Chroniques scandaleuses de Terrèbre – 5.Les mers perdues – 6.Les Barbares – 7.La Barbarie – HS.Le monde des Contrées
  Un matin les barbares furent là. Ils n'arrivaient pas seuls mais eurent tôt fait d'être les maîtres de Terrèbre. Puis ils évacuèrent la ville afin de permettre  à leurs chevaux de se nourrir en toute liberté. Peu à peu la population oscille entre résistance et collaboration, tandis que la cité éventrée s'ensauvage de plus en plus. Au sein de cette occupation mal définie perce la présence du narrateur, le "Professeur", jeune linguiste qui est le seul à parler le langage des barbares venus de steppes et qui s'est vu offrir par un mystérieux voyageur le dernier livre des jardins statuaires, ce haut plateau de l'est du continent où des jardiniers pas comme les autres faisaient surgir de terre de fascinantes statues de pierre en voie d'extinction. Or le Prince, énigmatique chef des troupes d'invasions, qui a unifié les tribus nomades pour parvenir à ses fins, le convoque juste avant de quitter la ville avec toute son armée. Ainsi le Professeur devient l'historiographe de cet homme qui semble ne pas avoir toujours toute sa raison engagé dans un voyage de plusieurs années dans le vaste monde des Contrées afin de retrouver une jeune fille et son père. Un individu parfaitement insérée dans l'atmosphère de fin de monde qui domine le livre et dont la noire mélancolie s'écoule lentement au fil des pages. A ses côtés des individus hors normes, comme une étrange magicienne bleue, Uen'Ord, son fidèle et impressionnant lieutenant, et Félix, jeune esclave capturé destiné à devenir le secrétaire particulier du linguiste. Tandis que les nomades rentrent peu à peu chez eux, l'imposante armée se délite progressivement pour ne former à la fin qu'un petit groupe regroupé autour de leur Prince. Tout au long de cette vaste pérégrination l'auteur a le mérite de toujours maintenir le fil de l'intrigue, tout en nous invitant à partager les états d'âmes d'un linguiste spectateur impuissant d'un monde en train disparaître, celui des nomades dont les tribus se sédentarisent les unes après les autres, celui de la fin des jardins statutaires et de l'imaginaire baroque qu'ils engendraient. Véritable récit initiatique, le roman ne néglige pas pour autant les auras de l'aventure guerrière, avec des rencontres singulières, telles ces amazones qui terrorisent les plus vaillants cavaliers, ou les tombes de la vallée des Anciens Rois, sans oublier des guildes aux ramifications tentaculaires telle que celle des hôteliers. A la fin de ce voyage épique qui, sous le maque de l'étrangeté brosse des préoccupations et des ingérences se télescopant avec les errements de notre quotidien, on s'attardera sur un Professeur vieillissant et malade qui se lit d'amitié avec Ludovic Lindien, le fils de Barthelemy Lecriveur, le narrateur du Veilleur du jour qui avait écrit ses mémoires et livrait ainsi des pans de révélations sur le disparition du chancelier Louvois, juste avant l'invasion de Terrèbre par les barbares, et sur l'atmosphère de trahison qui régnait dans la ville. Grand admirateur de Gérard de Nerval, à qui il a dédié le Veilleur du jour, second tome du Cycle des Contrées, Jacques Abeille a côtoyé la mouvance du surréalisme, et l'on peut aussi entrevoir dans on œuvre des influence de Gracq ou de Borges. Reconnu sur le tard, Jacques Abeille se défini lui-même comme un écrivain obscur réfugié dans la littérature à la perte de sa première passion, la peinture, après la découverte de son daltonisme. Puisant le titre de son roman dans un passage des pensées de Pascal : «Qu’on laisse un roi tout seul sans aucune satisfaction des sens, sans aucun soin dans l’esprit, sans compagnie, penser à lui tout à loisir, et l’on verra qu’un roi sans divertissement est un homme plein de misères», il continue de fourvoyer ses lecteurs dans un imaginaire enténébré que porte à merveille sa plume incomparable plongée dans l'encrier d'un déclinant archaïsme. Pas de véritables leçons de morales dans ses pages, où chaque protagoniste du Cycle des Contrées peut se considérer responsable, à moindre ou grande part de la lente agonie de l'univers ambiant, nouvelle passerelle nous rapprochant de notre propre condamnation programmée de la planète qui nous abrite. Reprenant les ouvrages, Les Barbares et La Barbarie, paru aux éditions Attila en 2011, ce livre est une nouvelle perle au sein d'une œuvre qui trouva son juste miroir graphique dans les dessins de l'illustrateur François Schuiten, auteur des couvertures de certains volumes chez Attila et dans le roman graphique Les mers perdues publié chez Attila en 2010. Assurément un livre qui ne contribuera qu'à confirmer l'étiquette de singularité dont peut légitimement s'honorer son auteur digne des plus grands créateurs d'univers anglo-saxons.

samedi 20 janvier 2018


Le fil du destin
(Roman) Aventures Fantasy /Mythologie japonaise
AUTEUR : Lian HEARN (Angleterre)
EDITEUR : GALLIMARD-Pôle Fiction 114, 11/2017 — 689 p., 9.80 €
SERIE : Le clan des Otori 5
TO : Tales of the Otori 5.Heaven’s net is wide, Hachette Australia, Sydney 2007
TRADUCTION : Philippe Giraudon
COUVERTURE : Yuko Shimizu
Précédente publication :
● Gallimard-Hors Collection, 1/2008 — 600 p., 23 € — Couverture de Christian Broutin
● Gallimard-Folio 4932, 6/2009 — 704 p ., 9.49 €
Autres titres de la série : 1.Le silence du rossignol – 2.Les neiges de l’exil – 3.La clarté de la lune – 4.Le vol du héron
→ Venu clôturer magistralement une série dépaysante sur le Japon féodal, ce cinquième tome du Clan des Otori s’inscrit en fait en prélude au premier opus de la série, Le silence du rossignol. En quelques 600 pages il va nous raconter la vie du jeune Shigeru avant sa rencontre avec Tomasu. Ainsi le lecteur peut mieux appréhender la suite des événements qui constitueront la série proprement dite. Formé à l’art de la guerre et de la dissimulation, Shigeru dont normalement succéder à son père. Mais ce dernier meurt lors de la bataille de Yaegahara l’opposant au clan rival de Lida. Shegeru est mis à l’écart et ses oncles règnent à sa place. Feignant la soumission, le jeune homme prépare cependant sa vengeance dans l’ombre, comme son enseignement lui a appris. Vivant en reclus, et bien que surveillé en permanence, il parvient toutefois à nouer des liens avec les mystérieux Invisibles, et fait la connaissance de Dame Maruyama, dont il tombe amoureux. Mais c’est en apprenant qu’un jeune garçon vivant dans les montagnes parmi les Invisibles ressemble étrangement aux Otori, qu’il comprendra que le temps est venu d’obtenir réparation. Il partira donc à sa recherche et baptisera Takeo celui qu’il considère comme le sel capable de détruire la puissance de Lida. La fin d’un conte fantastique à la Shogun venant éclairer toute l’histoire du clan et fournir de précieuses informations sur cette splendide épopée qui devait être une trilogie au départ. A noter que les éditions Gallimard proposent également les titres de la série en CD audio.
Lian Hearn est le pseudo de Gillian Rubinstein, née en Angleterre en 1942, qui a passé son enfance entre le Royaume Uni et le Nigeria avant de s’installer en Australie en 1973. Diplômée de l’Université d’Oxford elle est passionnée de culture japonaise, ce qui l’a conduit à écrire le cycle du « Clan des Otori » publié sous le pseudonyme de Lian Hearn, Lian en rappel de la son prénom Gillian, et Hearn en hommage au grand Lafacadio Hearn auquel elle voue une grande admiration.
Autres couvertures :

lundi 10 octobre 2016

Argentine
(Roman) Science-Fiction
AUTEUR : Joël HOUSSIN (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 535, 9/2015 — 336 p., 8.50 €
COUVERTURE : Aurélien Police
Précédentes publications : Présence du Futur 486, 3/1989 — 278 p., 8.50 € — Couverture de Philippe Gauckler
→ Joël Houssin aime le socialement incorrect et l’univers urbain, et il prend un malin plaisir à décliner à travers ses livres toutes les dérives vers lesquelles conduisent la rencontre entre ses deux thématiques. Dés ses premières nouvelles dans la revue fiction il a montré que sa trajectoire littéraire empruntait une pente engagée et plus tard enragée avec la saga du Dobermann adaptée à l’écran par Jean Kouenen. Avec Argentine réédité aujourd’hui chez Folio après une première parution dans la célèbre collection Présence du Futur de Denoël en 1989, il nous dépeint un univers carcéral à ciel ouvert symbolisé par Argentine, gigantesque ville prison se dressant en plein désert où sont enfermés les descendants des opposants politiques d’Amérique du Sud. Une cité en déliquescence rongée par la drogue, le sexe, la corruption, véritable égout à ciel ouvert où la nourriture se confond avec les immondices et où la violence trône à tous les coins de rues, territoires privilégiés de bandes disparates qui règnent en surface, sur les toits ou dans les sous-sols. Ajoutez à ce melting pot détonant des flics télépathes et l’omniprésence du MET, le mur d’enceinte temporel invisible qui entoure la ville, surnommé Matrix par la population carcéral, et vous aurez une petite idée d’un enfer à la manière de Bosch revisité à la sauce futuriste. Dérivation cauchemardesque d’un avenir clairement inspiré par les résurgences de notre présent, le monde d’Argentine se met à disjoncter encore plus que nécessaire lorsque le MET commence à se dérégler. Car voilà que Matrix accouche de véritables cyclones temporels dont les tourbillons transforment les malheureuses victimes en tas de squelettes dépossédés en quelques minutes de leurs maigres contingents d’années à vivre. Au sein de cloaque soumis aux imprévisibles agressions temporelles va émerger la personnalité d’un anti-héros charismatique, Diego, ancien caïd sous le nom de Golden Boy, qui voit dans ces phénomènes destructeurs l’occasion de se racheter une conduite. En effet, il a su mieux que d’autres déceler au sein de ces ouragans voleurs de temps d’étranges plages de répit, des sortes d’œil du cyclone où il est encore possible à un être humain déterminé de prendre son destin en main. Alors que la folie de Matrix est parvenue à venir à bout du Contrôleur-Dictateur et fragilise de plus en plus les autorités, Diego va retrouver la trace de Jorge et Gabriella, son frère et sa sœur qu’il a longtemps cherchés, faisant désormais parti des trois bébés, anciens adultes qui ont régressés, devenus les autorités suprêmes de ce monde en perdition. Roman choc traversé d’images brussoliennes, ce récit flirte avec l’action violente et la marginalité comme ce fut le cas pour Blue, titre du Fleuve Noir que le dessinateur Gauckler (celui qui a œuvré pour la couverture de la première édition Denoël) adapta en BD et nous offre une vision plus que réaliste d’un proche futur pas si loin de notre présent où le bien et le mal, l’horrible et la beauté, tendent à se confondre, comme dans le personnage emblématique d’Aurora, la femme-double, dont la moitié droite du visage appartenait à la plus belle femme du monde et la gauche à une vieillarde quasi centenaire. Un livre qui a reçu le prix Apollo à sa sortie en 1990 et qui marquait l’entrée dans la respectable collection Présence du Futur d’un auteur d’ordinaire cantonné au catalogue plus populaire de la collection Anticipation du Fleuve noir.
Autre couverture :
Le tournoi des ombres
(Roman) Steampunk
AUTEUR : Hervé JUBERT (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 544, 3/2016 — 317 p., 8 €
SERIE : Georges Beauregard 2
COUVERTURE : Camille Alquier
Précédentes publications : Le Pré-aux-Clers-Pandore, 10/2016 — 336 p., 16 € — Couverture de dpcom.fr
→ Déposé enfant à l’Hôtel Dieu, à cheval depuis entre le monde des fées et celui des hommes, l’ingénieur mage Georges Beauregard revient émoustiller nos papilles de lecteurs avec une nouvelle aventure qui l’entraîne sur les rivages nébuleux de la Tamise, au cour même de l’envoutante New London. Après avoir sauvé l’empereur Obéron III, celui-là même qui entend éradiquer la féerie de Sequana, menacé par Asmodée, une entité maléfique ayant pris, le contrôle du train des morts, notre agent des Affaires Etranges croyait bien pouvoir jouir d’un repos mérité. Mais voila que ce ministère imprévisible l’envoie à New London afin de préparer auprès de la reine Victoria la visite d’Oberon et de son épouse Titania. Accompagné de Jane, la jeune femme douée de vision qu’il a sorti d’un puits, il part donc pour la capitale d’une perfide Albion qu’il ne porte pourtant pas dans son cœur. Là-bas, il sera secondé par John Dee, le célèbre psychomancien quais immortel, pour qui la capitale albionnaise n’a aucun secret. Mais, tandis qu’un garçon en colère parvient à faire évader de trois femmes de la prison de Mont-Tombe, notre héros qui ne rêvait jamais jusqu’à ce que un succube l’empoisonne et lui fasse partager les derniers instants de Gérard Labrunie, le poète de la féerie, se trouve vite englué dans les replis voraces du smaug tandis qu’un véritable flot de cadavres commence à émerger des volutes du brouillard. Heureusement ce New London dsychronique bâti sur les ruines du Londres de 1666, est un endroit qui recèle bien des surprises pour un ardent défenseur des créatures de la magie. Car ici, loin d’être persécutée par les avancées de la pensée Hausmanienne dévoreuse de Séquana, l’avatar fantasmé de Paris, elles représentent prés de 50% de la population et il n’est pas rare de croiser au sein des ruelles encombrées un centaure, trottinant auprès d’un cab à vapeur. De plus cette virée outre-Manche au moment de l’ouverture des cérémonies destinées à fêter l’ouverture du fameux pont sous le Detroit lui permettra de côtoyer toute une brochette de personnages hauts en couleur tirés tout droit de notre propre réalité et quelque peu améliorée, allant du perspicace Sherlock Holmes à l’énigmatique Polidori, en passant par Gustave Doré, Charles Dickens, Victor Hugo, l’ombre de Gérard de Nerval, l’explorateur Richard Francis Burton et un certain capitaine… Nemo. Autant dire que l’auteur convoque avec une jubilation communicative tous ces dévoreurs d’aventures servent d’architecture à un décor sublimé d’inventions magiques, tandis que l’intrigue se développe comme une véritable enquête policière basée sur la traque d’un hypothétique cerveau cherchant à  nuire à la rein Victoria en s’en prenant au couple de visiteurs illustres que représenté par Oberon III et Titania. Et pour corser l’arôme de son cocktail aux saveurs steampunk, Hervé Jubert nous plonge dans les pensées intimes d’un Beauregard lancé, comme sa complice Jane, dans une ardente quête de ses origines et dans une ardente recherche du père dont la figure tutélaire demeure enfouie dans les brumes d’un lointain et équivoque passé. Assurément un second tome qui confortera la puissance évocatrice de l’univers esquissé dans le premier volet, Magies secrètes, sans recourir cette fois aux longues notes au abs des pages et à l’index de fin de volume, mais en nous conduisant par la main au sein d’un récit où le merveilleux obéit bien à sa définition première : nous éloigner du cours naturel des choses pour nous plonger dans un surnaturel empreint d’une fascinante magie.
Autre couverture :

samedi 12 mars 2011

GUYENOT Laurent (Fr)
Laurent Guyénot, après avoir fréquenté une grande école d'ingénieur a obtenu un Master en Etudes Bibliques à New Yorks, puis a étudié l'histoire des religions à Paris. C'est dans cette même ville, à l'université de ParisIV-Sorbonne, qu'il a soutenu une thèse en Etudes Médiévales sur l'univers féerique des lais et romans remaniée et publiée par les éditions Gallimard sous le titre: « La mort féerique: Anthopologie du merveilleux XII°-XV° siècle »
La mort féerique: Anthropologie du merveilleux XIIe-XVe siècle
(Essai) Légendaire arthurien
GALLIMARD-Bibliothèque des Histoires, 1/2011 — 406 p., 24,50 €
→ A la fin du XIIe siècle se répand en France et en Angleterre une poésie inspirée par les contes et légendes dits de Bretagne. Suscitant un engouement extraordinaire, elle se propage bientôt dans toute l’Europe. Les aventures chevaleresques de ces lais et romans sont imprégnées de surnaturel : des fées issues de l’Autre Monde (Morgane, Mélusine, pour ne citer que les plus fameuses) se lient à des héros (Arthur, Lancelot), qui ont parfois eux-mêmes pour pères de mystérieux fairy knights, ou chevaliers faés. Loin de recueillir les vestiges d’une antique mythologie païenne, comme on l’a longtemps cru, ces féeries sont l’expression d’un imaginaire de la mort hérité, certes, de traditions anciennes (germaniques aussi bien que celtiques) mais qui continue d’être largement partagé et renouvelé par la société médiévale laïque, seigneurs comme paysans, en dépit des clercs. Elles nous renseignent implicitement sur la façon dont on se représente alors une mauvaise mort, comment y échapper et s’assurer une bonne mort, ou encore dont on peut entretenir des relations avec les morts tant qu’on est vivant. En relisant et comparant ces récits et ces « cycles » à la lumière de l’anthropologie historique, Laurent Guyénot éclaire du même coup cette culture principalement orale, laïque et pourtant religieuse à sa manière, dont les ouvrages latins des lettrés ne nous ont transmis qu’une idée partielle et partiale.

lundi 1 juin 2009

2.bp.blogspot.com/_Y691BA3gq6Y/SiPAT7P9WXI/AAAAAAAABGA/KrlInjdd2iI/s1600-h/LL’HOMME Erik (Fr)
Né à Grenoble en décembre 1967. Très tôt passionné par tout ce qui touche à la nature, il partira à la découverte u monde après avoir passé une maîtrise d’Histoire. De retour en France il publie ses premiers livres, qui sont inspirés de ses voyages, puis, après sa rencontre avec Jean-Philippe Arrou-Vignod, directeur littéraire chez Gallimard, il se lance dans l’écriture pour la jeunesse avec la publication en 2001 du premier livre du cycle du « Livre des étoiles » qui sera suivi de nombreux autres succès
Seigneurs de guerre (Roman) Jeunesse / Space Fantasy
Gallimard Jeunesse-Hors-piste, 3/2009 — 288 p., 10 € — Ser. : Les maîtres des brisants 3 — Couv. : Benjamin Carré
Critiques : www.actusf.com (Pierre Demetz);
www.phenixweb.net (Véronique De Laet) ; www.yozone.fr (Michael Espinosa)
→ Après la terrible guerre qui a opposé les planètes de Nifhell et de Muspell, la paix règne désormais dans l’univers de Drasill. Mais une paix précaire vite rompue par l’invasion d’une armada de cubes gigantesques qui détruisent tout sur leur passage. Pour contrer ce péril Vrânken de Xaintrailles, surnommé le Chien-de-la-Lune, le capitaine du Rongeur d’Os, fonce vers Muspell en quête d’une improbable alliance avec Atli Blodox, le féroce Khan qui la dirige, et qui retient prisonnière Alys, alias la Pieuvre, son grand amour. D’abord réticent, le Khan comprend vite que seule cette union s’avère indispensable pour contrer l’envahisseur. Cependant, il exige d’en devenir le chef. Vrânken, présageant que les généraux de Nifhell ne l’accepteront jamais Dés lors, à contre cœur, il s’engage dans l’armée du Khan afin de cingler vers Nifhell et de soumettre la planète de force en causant le moins de dégâts possibles. Ainsi les otchigins du Tengri venus de Muspell pourront œuvrer de concert avec Mörgane, la devineresse de la source, et Xavier le stratège de Nifhell pour contrer les démoniaques cubes. La suite d’un bouillant space opera mêlé d’éléments mystiques où se croisent les influences de Dune, de Star Wars mais aussi de Star Trek, avec les fameux cubes faisant penser à ceux de Borgs de la fameuse série, sans oublier l’incontournable référence à Albator.
Les autres titres de la série :
1.Chien-de-la Lune
2.Le secret des abîmes
3.Seigneurs de guerre

mercredi 27 mai 2009

FUNKE Cornelia (Allemagne)
Née en 1958, à Dorstein, en Allemagne, Cornelia Funke a été éducatrice, tout en suivant des cours de graphisme. Depuis 1987, elle se consacre entièrement à l’écriture de romans pour la jeunesse, qu’elle illustre parfois elle-même
◊ Coeur d’encre (Roman) Jeunesse / Magie / Univers parallèle
Gallimard Jeunesse-Hors Série Littérature, 1//2009 — 622 p., 21 € —Tintenherz, Cecilia Dressler Verlarg, Hambourg 2003 — Tr. : Marie-Claude Auger — Couv. : d’après l’affiche du film de Iain Softley
Précédentes publications :
● Hachette Jeunesse-Hors Collection, 10/2004 — 672 p., 18 € — Couv. : Carol Lawson — ill. : L’auteur
● Livre de poche Jeunesse-Mondes imaginaires 1251, 9/2006 — 766 p., 6,90 €
Adaptation cinématographique : Cœur d’Encre de Iain Softley, 2008
Critiques : L’Ecran Fantastique 294 (Pascal Pinteau-Interview) :
www.khimaira-magazine.com (Hanako)
→ Lorsque la petit Meggie vit arriver Doigt de Poussière chez elle avec son étrange Marthe à cornes, et qu’il appela son père Mo, Langue Magique, elle comprit que quelque chose ne tournait pas rond dans sa jeune existence. Puis lorsque les hommes de Capricorne emmenèrent son père, elle commença réellement à s’inquiéter et trouva auprès de sa tante Elinor le réconfort et l’aide qui allait lui permettre de se lancer dans une fascinante aventure. Ayant rejoint son père dans le village de Capricorne, une petite bourgade italienne, elle apprend la vérité sur Cœur d’écume, le livre dont ce dangereux individu cherche à récupérer tous les exemplaires pour les brûler. Car c’est d’entre ces pages qu’il vient, extirpé avec quelques uns de ses congénères lorsque Mo, dit Langue Magique, a entrepris de lire cette histoire, tandis que sa femme, Resa, est partie dans le monde de Capricorne, un univers empli de magiciens, de fées de kobbolds, de dragons et de bien d’autres créatures fantastiques. Désireux de couper les ponts avec son univers d’origine, Capricorne compte utiliser Langue Magique pour qu’il ramène les trésors enfouis dans les pages d’autres livres, car Mo a le pouvoir de rendre les êtres et les choses des livres réels. Aidée de Fenoglio, l’auteur de Cœur d’encre, Meggie met tout en œuvre pour contrecarrer les projets diaboliques de Capricorne et aussi pour ramener sa mère dans le monde réel. Alors que la Fée Clochette et d’autres personnages de livres, comme le jeune Farid, prennent bientôt pied dans notre monde, Meggie, qui a hérité des talents d’évocatrices de son père parvient, grâce à l’appui de Fenoglio, a invoquer l’Ombre qui causera la perte de Capricorne. Un livre envoûtant qui, basé sur une idée originale, concrétise le rêve de pas mal d’enfants, donner vie aux héros de leurs histoires préférées. Quant au reste, la magie et le mystère enveloppant l’intrigue, nous le devons à l’écriture de Cornélia Funke, l’un des auteurs pour la jeunesse le plus apprécie de l’autre côté du Rhin. Un livre réédité à l’occasion de la sortie du film de Iain Softley en janvier 2009.

dimanche 16 novembre 2008

NIX Garth (Australie)
Né à Melbourne en 1963, Garth Nix a commencé à écrire des histoires dés l’âge de 7 ans. Devenu libraire, puis éditeur, il s’est brillament lancé dans l’écriture pour la jeunesse Sabriel » et « Les sept clés du pouvoir »
◊ Jeudi meurtrier (Roman) Légendaire Arthurien / Univers Parallèles
Gallimard Jeunesse-Hors série Littérature, 2/2008 — 294 p., 7.50 € — Ser. : Les sept clés du pouvoir 4 — Keys of the Hingdom : Sir Thursday, Scholastic, 2006 — Tr. : Julie Lopez — Couv. : John Blackford
→ Le premier jour il y eut une énigme. Le deuxième jour, ce fut l’obscurité. Le troisième jour vint le déluge. Le quatrième jour, ce fut la guerre. Telle est l’entrée en matière du quatrième opus de cette série basée sur la thématique des univers parallèles. Dans les précédents titres de la série on a vu comment l’Ecorché, une créature malfaisante issue des Royaumes Secondaires, a réussi a usurper l’identité d’Arthur Penhaglion, vivant désormais reclus dans son palais où il est condamné durant un siècle à servir l’armée de Jeudi, tandis que plane la menace de l’invasion des nouveaux Moins-que-Rien. Et pendant ce temps, sur Terre, l’Ecorché s’efforce de prendre le contrôle des esprits humains. Un projet démoniaque contre lequel Arthur voudrait bien lutter, mais comment faire, lorsqu’on a perdu l’essentiel de ses pouvoirs. La suite d’une saga fantastique en 7 volumes qui nous offre un parcours initiatique plein d’imprévus dans une dimension teintée de mythologie où abondent les créatures ambigus et malfaisantes.
Les autres titres de la série :
1.Lundi mystérieux
2.Sombre mardi
3.Mercredi sous les flots
4.Jeudi meurtrier
HEARN Lian (Gb)
Pseudo de Gillian Rubinstein
Née en Angleterre en 1942, Gillian Rubinstein a passé son enfance entre le Royaume Uni et le Nigeria avant de s’installer en Australie en 1973. Diplômée de l’Université d’Oxford elle est passionnée de culture japonaise, ce qui l’a conduit à écrire la cycle du « Clan des Otori » publié sous le pseudonyme de Lian Hearn, Lian en rappel de la son prénom gilLian, et Hearn en hommage au grand Lafacadio Hearn auquel elle voue une grande admiration
◊ Le fil du destin (Roman) Aventures Fantasy
Gallimard Jeunesse-Hors série Littérature, 1/2008 — 600 p., 23 € — Ser. : Le clan des Otori 5 — Tales of the Otori 5.Heaven’s net is wide, Hachette Australia, Sydney 2007 — Tr. : Philippe Giraudon — Couv. : Christian Broutin — Crit. : http://www.actusf.com/ (Pierre Demetz)
→Venu clôturer majistralement une série dépaysante sur le Japon féodal, ce cinquième tome du Clan des Otori s’inscrit en fait en prélude au premier opus de la série, Le silence du rossignol. En quelques 600 pages il va nous raconter la vie du jeune Shigeru avant sa rencontre avec Tomasu. Ainsi le lecteur peut mieux appréhender la suite des événements qui constitueront la série proprement dite. Formé à l’art de la guerre et de la dissimulation, Shigeru dont normalement succéder à son père. Mais ce dernier meurt lors de la bataille de Yaegahara l’opposant au clan rival de Lida. Shegeru est mis à l’acart et ses oncles règnent à sa place. Feignant la soumission, le jeune homme prépare cependant sa veangeance dans l’ombre, comme son enseignement lui a appris. Vivant en reclus, et bien que surveillé en permanence, il parvient toutefois à nouer des liens avec les mystérieux Invisibles, et fait la connaissance de Dame Maruyama, dont il tombe amoureux. Mais c’est en apprenant qu’une jeune garçon vivant dans les mlontagnes parmi les Invisibles ressemble étrangement aux Otori, qu’il comprendra que le temps est venu d’obtenir répararation. Il partira donc à sa recherche et baptisera Takeo celui qu’il considère comme le sel capable de détruire la puissance de Lida. La fin d’un conte fantastique à la Shogun venant éclairer toute l’histoire du clan et fournir de précieuses informations sur cette splendide épopée. A noter que les éditions Gallimard proposent également les titres de la série en CD audio.
Les autres titres de la série :
1.Le silence du rossignol
2.Les neiges de l’exil
3.La clarté de la lune
4.Le vol du héron
5.Le fil du destin

samedi 15 novembre 2008

L’HOMME Erik (Fr)
Né à Grenoble en décembre 1967. Très tôt passionné par tout ce qui touche à la nature, il partira à la découverte u monde après avoir passé une maîtrise d’Histoire. De retour en France il publie ses premiers livres, qui sont inspirés de ses voyages, puis, après sa rencontre avec Jean-Philippe Arrou-Vignod, directeur littéraire chez Gallimard, il se lance dans l’écriture pour la jeunesse avec la publication en 2001 du premier livre du cycle du « Livre des étoiles » qui sera suivi de nombreux autres succès
◊ En des lieux obscurs (Roman) Jeunesse Thriller Fantastique Dragons Univers parallèles
Gallimard Jeunesse-Hors Série Littérature, 2//2008 — 221 p., 12 € — Ser. : Phaenomen 3 — Couv. : Ludovic Dufour
Critiques : www.actusf.com (Pierre Demetz - + Interview) ; www.khimaira-mar.com (Hanako) ; www.yozone.fr (Michael Espinosa)
→ Claire, Violaine, Nicolas et Arthur, quatre adolescents enfermés à la clinique du Lac pour des troubles du comportement, sont parvenus à s’enfuir, tout en semant les tueurs à gages lancés sur leurs traces. Désormais leur intervention a semé la trouble dans la puissante organisation q’uils combattent, le MJ-12. A présent, tout en charchant à découvrir l’essence même de leur singularité, ils sont sur la piste du secret le mieux gardé de l’Humanité. Mais de nombreuses embûches continuent de se dresser sur leur route, risquant à tout moment de les entraîner vers une mort certaine. La fin d’une trilogie fantastique basée sur l’imposture du « complot lunaire » et qui mêle à la fois le mlystère des TYempliers avec les apparitions des Ovnis et le MJ12, tout en faisant un détours vers les peuples anciens et les dragons gardiens de couloirs interdimensionnels. Avec cette série, Erie L’Homme s’efforce de poser un regard enchanté sur un monde obsédé par les biens matériels et la consommation, et peu ouvert au merveilleux. Créant ainsi un univers à cheval entre le naturel et le surnaturel, il déroule son intrigue sous la forme d’unthriller fantastique basé sur la complémentarité et l’amitié, qui s’apparente par certains côtés au Da Vinci Code ou au Pendule de Foucault, et par d’autres à la série des X-files. Une trilogie qui ajoute une corde de plus à l’arc d’Eric L’Homme, déjà plébiscité dans le domaine de la Fantasy avec son premier cycle du Livre des étoiles, puis de la SF, avec les deux tomes de la série Maîtres des Brisants. A noter que le premier tome de cette trilogie vient d’être repris en poche chez Folio Junior.
Les autres titres de la série :
1.Phaenomen
2.Plus prés du secret
3.En des lieux obscurs
L’HOMME Erik (Fr)
Né à Grenoble en décembre 1967. Très tôt passionné par tout ce qui touche à la nature, il partira à la découverte u monde après avoir passé une maîtrise d’Histoire. De retour en France il publie ses premiers livres, qui sont inspirés de ses voyages, puis, après sa rencontre avec Jean-Philippe Arrou-Vignod, directeur littéraire chez Gallimard, il se lance dans l’écriture pour la jeunesse avec la publication en 2001 du premier livre du cycle du « Livre des étoiles » qui sera suivi de nombreux autres succès
◊ Phaenomen (Roman) Jeunesse / Thriller Fantastique
Gallimard Jeunesse-Folio Junior 1463, 2//2008 — 266 p., 6,40 € — Ser. : Phaenomen 1 — Couv. : Ludovic Dufour
Précédente publication : Gallimard Jeunesse-Hors série Littérature, 8/06/2006 — 231 p., 12 € — Couv. : Ludovic Dufour
Réédition : Editions de La Loupe, 3/2008 — 340 p., 20 € — Couverture différente (édition à grands caractères)
→ Doté de facultés hors de la normale quatre adolescents, Violaine, Claire, Nicolas et Arthur, sont internés à la clinique du Lac afin d’être soignés pour une pathologie que les médecins considèrent comme de graves troubles du comportement. Seul l’un d’entre, Pierre Barthélemy, n’est pas de cet avis, et il s’efforce de les aider. Dés lors, lorsqu’il est enlevé par de mystérieux agents, les quatre ados n’hésitent pas à se lancer sur ses traces. Une piste qui les conduit vers la NASA, une agence de renseignement américaine à travers trois de leurs membres, Matt, Augustin et Clarence, le chef du trio. Après toute une série d’épreuves où ils frôlent la mort, ils finissent par découvrir que Pierre Barthélemy est un ancien psychiatre de la NASA, et qu’il détiendrait les preuve que les américains ne sont jamais allés sur la lune, car elle est occupée par des extraterrestres. Mais que valent ces preuves lorsque la vie de l’homme qu’ils veulent à tout prix aider est mise dans la balance ? Le premier tome d’une série qui met en scène des adolescent puisant dans leur handicap la source de leurs pouvoirs surnaturels et parvenant, grâce leur courage et la profonde amitié qui les unit, à surmonter les préjugés dont ils sont les victimes.
Les autres titres de la série :
1.Phaenomen
2.Plus prés du secret
3.En des lieux obscurs

lundi 23 juin 2008

PETERSEN David (Usa)
Né en 1997 dans le Michigan, David Petersen a subi les influences conjuguées de la bande dessinée, des dessins animés et de la fantasy. Des influences qui l’on conduit vers l’univers de Mouse Guard, roman graphique plébiscité aux Etats-Unis où il a pu donner la preuve de la maîtrise de ses dessins et de son art de la narration
Légendes de la Garde. Automne 1152 (Roman grahique) Fantasy animalière
Gallimard-Hors Série, 1/2008 — 168 p., 18,50 € — Mouse Guards fall 1152, Archaia Studio Press, Usa 2007 — Tr. : Marion Roman — Couv. & ill. : David Petersen — Crit. : http://www.actusf.com/ (Laurent Lavadou) ; http://www.bdgest.com/ (T. Pinet) ; http://www.phenixweb.net/ (Véronique de Laet & Gérard Wissang)
→ Tout commença pour David Petersen par quelques mots griffonnés sur un bout de papier : « les souris ont une civilisation bien à elles/trop petites pour aller avec d’autres animaux ». Et, peu à peu, un univers s’organisa autour de cette esquisse. En 2005 l’histoire naquit sur le papier avec Saxon, Kenzie et Rand, les souris éclaireurs en principaux protagonistes. Ainsi était née La légende de la garde, un corps d’élite chargé de protéger le peuple de souris des intempéries et des divers prédateurs qui les menacent. Lorsque débute le récit la Garde a déjà emporté les Guerres d’Hiver et renversé le tyran Furet. Revenus à un quotidien moins guerriers ses membres continuent cependant de former des escortes, de servir d’éclaireurs, de guetteurs d’orages et de guides pour la communauté, protégeant les frontières, ouvrant de nouveaux passages et veillant au bon acheminement des marchandises. Pour nos trois compères, Saxon, Kenzie et Lieam l’aventure débute par la disparition d’un marchand de grain et le combat avec un redoutable serpent. Puis nous suivons l’intrépide Sadie envoyé par Gwendolyne, le chef de la Garde, à Calogero, sur la côte Nord afin de retrouver le dénommé Conrad, un membre de la Garde qui ne donne plus signe de vie. Mais la traîtrise semble miner les rangs de la glorieuse troupe, tandis que se profile l’ombre de la Hache, une mystérieuse Milice conduite par le ténébreux Minuit. Alors que Kenzie et Saxon, laissés pour morts après leur périlleuse expédition dans la cité de Barkstone, ont été recueilli par l’ermite Celanawe, un allié de poids, car il est en vérité la Hache Noire, le célèbre héros de la Garde, les troupes de Minuit ont mis le siège devant Lockhaven, la cité de la Garde. Désormais de farouches combats vont opposer les valeureuses souris entre elles à travers une véritable sarabande de dessins puissamment évocateur servis par un art consommé de la narration et du suspens. Initialement publiés en version broché, chapitre après chapitre, le six tomes de la série (dont les couvertures originales sont reprises en fin de volume) ont été réunis dans la version cartonnée présentée par les éditions Gallimard qui a rencontré une formidable succès aux USA où chaque brochure était accompagnée de détails et croquis sur les personnages et la géographie des Territoires, l’habitat naturel du peuple des souris. Aventure palpitante mêlant stratégie et combats, suspense et héroïse, Légendes de la garde se décline en 6 passionnants chapitres (Le ventre de la bête, Au cœur des ténèbres, La Hache se lève, Le spectre de l’Ombre, L’aube de Minuit et L’honneur retrouvé) terminés par un Epilogue et quelques pages d’Annexes, le tout dans une luxueuse présentation qui concourt à rendre cet ouvrage incontournable pour les amateurs de fantasy animalière dans la pure tradition anglo-saxonne du genre.