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dimanche 5 février 2017


La marche du prophète
(Roman) Héroic Fantasy
AUTEUR : Gabriel KATZ (France)
EDITEUR : POCKET-Fantasy 7204, 8/2016 — 436 p., 8,50 €
SERIE : Aeternia 1
COUVERTURE : Jamel Ben Mahammed
Précédente publication : Scrinéo, 1/2015 — 384 p., 20 € — Couverture de Aurélien Police
Après des années de luttes dans les arènes de Morgoth Leth Marek pensait pouvoir enfin jouir d’un repos mérité et échapper à la vie tumultueuse que lui conférait son rang de gladiateur auréolé de triomphes et de gloire. Son but désormais, conduire ses fils à Kyrenia, le temple du savoir, afin qu’ils apprennent tout ce qui lui faisait défaut et qu’ils puisse échapper à l’existence placée sous le sceau de la violence qui avait été la sienne Cependant, en chemin, il a la mauvaise idée de venir en aide à Nessirya, belle prêtresse du culte d’Ochin, et ainsi de déclencher la colère des Rédempteurs, bande de brigands qui traquent sans pitié les membres du culte d’Ochin, jeune religion dont l’aspiration à aider les déshérité s’oppose au dogme de la  Grande Déesse, dont le clergé règne depuis toujours sur les Terres Communes. Ceux-ci assassinent ses fils, et plongent Leth Marek dans un océan de douleur et de haine. Conjointement nous suivons  à Kerynia, l’ascension de Varian, jeune novice qui après avoir été victime d’une tentative d’assassinat finit par recevoir son bâton de prête de la Grande Déesse. Un Culte Grande Déesse quelque peu ébranlé depuis qu’un mystérieux prophète se revendiquant de l’ancien culte d’Ochin se soit mis à la tête d’une colonne de fidèles grossissant de jours en jours dont le dieu, venu des lointaines terres du sud combattait ouvertement l’un des principes fondateurs de la Grande Déesse qui voulait que le destin des hommes soit tracés dés leur naissance. Pendant ce temps le gladiateur, afin de retrouver les meurtriers de ses enfants, rallie le groupe des adorateurs d’Ochin conduit par Nessirya, dont il devient le chef des garde avec désormais l’efficace Demeon sous ses ordres. Avec ce dernier il parvient à Kyrenia ou il apprend que tous les biens qu’il a amassés grâce à ses victoires ont été saisis par le prévôt de la cité car il a été accusé d’un meurtre, celui de l’aubergiste qui avait renseigné les Rédempteurs et ainsi précipité la mort de ses enfants. Une cité ou Syden, jeune courtisane est en grand danger car elle a involontairement assisté au meurtre du grand prêtre Tanès du Haut Temple de Kyrenia. Bientôt les trajectoires de ces divers personnages vont s’entrecroiser dans un récit basé sur le fanatisme religieux et les manipulations politiques. Pas vraiment manichéen, le roman se situe chronologiquement un peu après les précédents cycles des Puits de mémoire  et de La maîtresse de guerre. Il permet à l’auteur d’explorer un peu plus le monde de Kyrenia en découvrant des nouveaux pans de sa vaste géographie. Faisant habilement progresser son intrigue sans laisser le temps au lecteur de reprendre son souffle, Gabriel Katz s’affirme une nouvelle fois avec ce livre comme l’une des plumes les plus prometteuses de l’héroic fantasy francophone.
Autre couverture : 

vendredi 24 juin 2016

Dragonhaven
(Roman) Jeunesse / Uchronie
AUTEUR : Robin McKINLEY (Usa)
EDITEUR : POCKET-Fantasy 7201, 6/2016 — 320 p., 7.40 €
TO : Dragonhaven, 2007
TRADUCTION : Morgane Caussarieu
COUVERTURE : Alexandre Chaudret
Précédente publication : Mnémos, 6/2015 — 288 p., 18 € 
→ Robin McKinley aime bien les dragons. Elle nous en avait déjà parlé dans son roman Casque de feu publié au Livre de Poche Jeunesse en 1987. Mais elle s'était aussi attaquée au merveilleux en nous donnant sa version toute personnelle du mythe de la Belle et la Bête avec Belle, paru chez Pocket en 1993. Ces deux romans nous renvoyaient cependant vers  un passé imaginaire. Or c'est dans le contemporain que nous plonge la réédition de Drangonhaven  préalablement édité chez Mnémos en 2015. Un passé toutefois légèrement décalé, puisque dans le monde décrit par Jake, le narrateur de l'histoire, les dragons existent bel et bien. Ou plutôt, ils sont son en voie d'extinction, comme le fameux draco australiens, le seul véritable dragon, décimé par les chasseurs australiens car l'endoctrine de dragon était devenu le nouvel aphrodisiaque à la mode. Heureusement, quelques parcs étaient parvenus à en préserver une infime quantité. Comme celui de Smokehill créé par une excentrique, le vieux Pete Makepeace qui avait hérité d'une vingtaine de dragons laissait pas son père détenteur de plusieurs hectares où l'on avait trouvé de lors. Un territoire qui, avec l'accord des amérindiens occupant les lieux, était devenu une véritable réserve où les draco australiens vivaient en paix protégé par un champ de force dont la technologie n'avait pas été percé à jour en dépit des efforts des braconniers. C’est là que Jake, le fils du Directeur avait été élevé, Affecté par le décès de sa mère à l'aube de ses 15 ans et la perte de son chien, il avait tendance à se retrancher du reste du monde et accueillit avec joie l'idée d'une randonnée en solitaire au cœur même du parc. Et c'est là que sa vie pris une toute autre tournure lorsque il tomba sur le corps d'une dragonne agonisante auprès du braconnier qu'elle avait réussi à tuer. Or, la femelle en mourant lui confie son unique rejeton encore vivant. Jake décide de d'adopter. Dès lors une étrange symbiose autant physique que mentale naît entre le jeune garçon et le dragonné. Une complicité qui n'ira qu'en grandissant au fur et à mesure que les années passent. Confronté à l'hostilité de la famille du braconnier tuée pour laquelle selon la formule consacrée « tout bon dragon est un dragon mort » Jaki et Loïs, la jeune dragonne qui vit désormais à ses côtés va progressivement découvrir la véritable nature de l'espèce menacé en développant avec elle une étroite empathie basée sur les échanges télépathiques. Et c'est désormais sur lui que reposera la survie la réserve toute entière... Un roman qui aurait pu être publié dans une collection pour adolescent dut fait de la jeunesse du principal héros dont on est amené à partager le panel d'émotions avec une précision chirurgicale, mais qui recèle toutefois un tas d'autres implications liés à l'approche de la différence, à la biologie, au développement du langage et aux rapport mouvementés entre la science et l'humanité. On est donc bien loin de la romantic Fantasy de Cœur de Dragon ou de la Fantasy humoristique des Dragons de l'île de Beurk.
Autre couverture : 

vendredi 3 juin 2016

La maîtresse de guerre
(Roman) Aventures Fantasy
AUTEUR : Gabriel KATZ (France)
EDITEUR : POCKET-Fantasy 7203, 3/2016 — 480 p., 8.50 €
COUVERTURE : Alexandre Chaudret
Précédente publication : Scrinéo, 1/2014 — 416 p., 16.90 €
→ De Gabriel Katz, les éditions Pocket nous avaient déjà donné à lire la réédition en poche des 3 tomes de la série Le puits de mémoires (précédemment parus chez Scrinéo) qui nous avaient entraînés sur les traces de 3 aventuriers amnésiques à la recherche de leur passé. Si la trame principale aurait pu sembler familière aux adeptes des jeux de rôles avec le choix d’un triptyque de protagonistes à connotation quête héroïque (assassin-mage-guerrier) l’intrigue s’était avéré beaucoup plus approfondie qu’une simple campagne de D&D, avec des caractères ambivalents finement ciselés et une description par petites touches d’un background réaliste et convainquant. Ce sont ces atouts que l’on retrouve dans ce nouveau roman qui, cette fois, met en scène une héroïne féminine, Kaelyn, l’enfant unique d’un maître d’armes qui va s’efforcer de trouver sa place au sein d’un monde en guerre où les hommes se taillent la part du roi. Pour prouver son courage et sa détermination, elle prendra la route avec une troupe de vaillants combattants en direction du sultanat d’Azman peuplé de barbares et autres hordes de cannibales. Fraîchement débarquée sur le terrain avec Darian, son nouvel amoureux, elle est cependant faite prisonnière par Hadrian, le Maître de guerre des troupes ennemis, qui, après avoir massacré ses compagnons, l’emmène comme esclave à Damnas, la capitale du sultanat. Là, elle devra jouer serré pour ne pas être vendu au plus offrant comme le voudrait Fenia, l’épouse d’Hadrian et la nièce du sultan. Grâce à un coup d’éclat, elle parvient à attirer l’attention du redoutable guerrier qui accepte de l’entraîner, car son but secret est de devenir à son tour Maîtresse de Guerre. Dés lors débute une suite de péripéties où serons amenés à suivre la progression des rapports entre le maître et son élève englués dans une guerre où le camp des barbares n’est pas aussi clairement défini qu’il le paraît de prime abord et où les intrigues de palais peuvent détruire les réputations, mais aussi les vies. Poursuivi par Dikaon, un amoureux défiguré et éconduit devenu un Waegs, fer de lance des Rouges, l’armée des Libérateurs en marche sur Damnas, elle devra aussi se méfier de Sharid, le fils du général Gahar, commandant suprême des troupes du sultan qu’elle a humilié en combat singulier, mais pourra compter sur des alliés précieux tels que la vieille servante Ladrian ou la courtisane Anamen. Nullement engoncée dans un costume d’amazone asexuée, Kaelyn va devoir démontrer toutes ses qualités de combattantes tout en laissant parler les émotions qui bouillonnent au fond de son cœur. De quoi séduire les lecteurs qui se laisseront sans mal captiver par la trajectoire hors du commun de cette héroïne décidemment bien attachante.
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samedi 16 avril 2016


Les terres de cristal
(Roman) Aventures Fantasy
AUTEUR : Gabriel KATZ (France)
EDITEUR : Pocket-SF/Fantasy 7165, 9/2015  478 p., 8,10 €
SERIE : Le puits des émoires 3
COUVERTURE : Miguel Coimbra
Précédente publication : Scrinéo, 3/2013 — 432 p., 16,90 € — Couverture de Miguel Coimbra
Les autres titres de la série :
1.La traque
2.Le Fils de la Lune
Avec ce troisième de la trilogie du Puits de mémoire les éditions Pocket concluent la réédition d'une série d'héroic fantasy française des plus réussie publiée préalablement en grand format chez Scrinéo. Porté par un remarquable pitch d'introduction (trajectoire d'un trio de personnages amnésiques) et les multiples rebondissements qui en découlent cette série s'appuie sur des anti-héros qui, même si leurs caractéristiques s'apparentent à un bon vieux Donjon & Dragons (le voleur, le guerrier, le mage), deviennent au fil des pages de plus en plus attachants, même pour les lecteurs les plus blasés du genre. On les retrouve ici, tandis que l'intrigue sur Olen, ayant retrouvé son statut de prince de la cour de Nowik, mais confronté à l'hostilité de son proche entourage cherchant à tirer profit de son amnésie révélée au grand jour pour faire régner à sa place son frère Ingvar obèse et craintif. Bien qu'il ait retrouvé la belle Oranie, son amour de toujours, les affaire ne s'arrangent guère pour lui, au point qu'ils doivent trouver refuge dans la forteresse de Westerwald devenue le repaire de son ami Kharab, le Doyen des Mages et de Nils, le Fils de la Lune, désormais porteur d'une épée enchanté habitée par le feu et la glace et capable de vider un homme de son sang à la première estafilade. Tandis que Njorad, le fils du redoutable seigneur Edkharen, le maître des Terres de Cristal, s'efforce de mettre la main sur Enseth l'albinos grâce à ses cavaliers de cristal qui sèment la terreur dans toute la région, ce dernier est soustrait à leur convoitise par la mystérieuse Norah qui emmène au Doyen des Mages, à Nils et à Olsen celui qui leur avait jadis causé tant de tourments à travers la poursuite impitoyable qu'il avait engagé contre eux. Grâce à lui les trois compagnons en apprennent un peu plus sur le complot dont ils ont été victimes ourdi à la fois par le haut seigneur Edkharen, par Odéric le roi de Woltan et princesse Irenia responsable de la mort de son père le roi Harald qui siégeait sur le trône d'Oster. Profitant de son influence, Karib force le roi Oderic a engager la guerre contre Edkharen et les Terres de Cristal. Désormais, c'est une immense armée qui part vers les redoutables territoires du Nord. Là-bas, end épit des leurres et des ruses qui seront mis en place, les soldats woltaniens auront du mal à triompher des ennemis surgissant à travers les tempêtes de neiges, tandis que, tapis au sein des neiges éternelles, une terrible secret n'attend plus  que la venu des trois compagnons toujours plongés en plein cœur des aventures pour se révéler au grand jour et conclure une trilogie éminemment sympathique.
Autre couverture :

dimanche 18 octobre 2015


Belle
(Roman) Merveilleux
AUTEUR : Robin McKINLLEY (Usa)
EDITEUR : POCKET-SF-Fantasy 7199, 6/2015 ─ 256 p., 7.30 €
To : Beauty, 1978
TRADUCTION : Sophie Dalle
Précédentes publications :
● Pocket-Science-Fiction/Fantasy 5489, 1/2013 — 192 p., 7.50 € — Couverture de Siudmak
● Mnémos-Dédales, 4/2011 — 240 p., 17 € — Couverture de Alain Brion
→ Depuis le chef d'œuvre de Jean Cocteau immortalisé par la prestation de Jean Marais au sommet de son art et de son ambiguïté, l'histoire imaginée par Mme d'Aulnoy de la rencontre de la beauté avec l'extrême laideur sublimée par le dépassement de l'amour n'a pas cessé d'enflammer l'imaginaire des romantiques de tous âges, allant même jusqu'à s'épingler au catalogue des productions Disney et des séries télévisées. S'inscrivant quelque peu en retrait de ses productions commerciales, l'adaptation que nous offre ici la romancière américaine Robin McKinley, déjà créditée chez nous du remarquable Casque de feu au Livre de poche Jeunesse (1987) et de Dragonhaven chez Mnémos, qui sort également en ce mois de juin 2015, nous propose une adaptation bien plus proche des domaines de la Fantasy que les précédentes productions plutôt centrées sur le domaine du merveilleux et, disons-le, pour certaines, du soap opera version infantile. Somme toute, l'histoire débute comme dans le conte. Belle est loin d’égaler la beauté de ses sœurs et se complait plus dans la lecture et sa passion des chevaux que dans l'ambiance des mondanités dont raffolent les jeunes filles de sa condition. Une condition revue à la baisse lorsqu’à la suite des revers de fortune de son père, toute la famille déménage pour une petite maison nichée au fond des bois. Là, le bonheur aurait put s'installer sous la forme d'une tranquille existence campagnarde si, un jour, leur père n'était pas revenu au foyer avec dans ses bagages l'histoire d'un château magique et de la promesse qu'il avait du faire à la terrible Bête pour l'occuper pour avoir la vie sauve. Dés lors, pleine d'abnégation, Belle devance les intentions de son père et s'auto-désigne pour partir affronter le monstre. C'est ainsi que commence son aventure. Ayant judicieusement choisi de nous narrer l'histoire à la première personne à travers le regard de Belle, l'auteur nous permet ainsi de mieux entrer dans l'intimité des personnages ainsi que dans la complexité des rapports émotionnels qui les font réagir. L'ensemble est donc rendu plus crédible, d'autant plus que la jeune héroïne est dépeinte d'une manière bien plus réaliste, sans clichés et mièvrerie particulières. S'attardant volontairement sur la vie érudite et parfaitement réaliste de Belle lors de son séjour à la ferme,  l'intrigue met encore mieux en valeur son existence au château de la Bête avec toute la magie qui l'entoure. Véritable roman initiatique centré sur le passage de l'adolescence à l'âge grâce à la découverte par l'héroïne d'une séduction personnelle qu'elle était loin de soupçonner, le récit suit les traces du conte, tout en s'échappant (pas trop cependant) des contraintes morales de l'époque où il a été écrit. Certains sont changements sont flagrants, comme la description des deux sœurs de Belle qui, contrairement à celles de Mme de Baumont, désagréables style celle de Cendrillon, sont deux créatures remarquables en beaucoup de points. Après la parution en grand format chez Mnémos, voici une relecture d’un conte qui méritait le détours.
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Kraken
(Roman) Cryptozoologie / Esotérisme
AUTEUR : China MIEVIELLE (Royaume-Uni)
EDITEUR : POCKET-Science-Fiction/Fantasy 7150, 10/2015 — 766 p., 9,80 €
TO : Kraken : An anatomy, 2010
TRADUCTION de Nathalie Mège
COUVERTURE de Galapagos Conservation Trust
Précédente publication : Fleuve Noir, 6/2013 — 564 p., 20,90 € — Couverture de Galapagos Conservation Trust
→ On a volé le kraken, un calmar géant qui trônait dans une salle du Musée d'Histoire Naturelle. Billy Harrow, guide-animateur au Musée et spécialiste des céphalopodes ne manque pas d'être interrogé par le commissaire Baron, le policier de la section antisecte londonienne chargé de l'enquête. D'autant plus que la disparition du kraken s'est doublée de celle de Dane Parnell, un gardien de la vénérable institution. Les soupçons pèsent sur les adorateurs du dieu Kraken dont le guide spirituel est un certain Teuthex. C'est cependant de la bande du Tatoué que vient le principal danger. Ce dernier est en fait un tatouage punk doté de la parole gravé sur le corps d'un certain Paul. Il a envoyé ses sbires, Gross et Subby, des êtres quasi immortels issus du passé, enlever Billy afin de lui faire avouer où se trouve le kraken. Heureusement, Dane Parnelle le délivre et l'emmène chez le Theutex qui le cache, tout en essayant de savoir quelle est la signification de ses rêves hantés par la présence du fameux kraken. Parti à la recherche du calmar géant avec Dane Parnell, Billy bénéficie des informations de Wati, un chaoubati (figurine égyptienne créée par les humains pour effectuer divers travaux), qui les conduit à Simon Shaw, un fan de Star Trek à l'origine du vol du kraken grâce à sa maîtrise des procédés de téléportation. Celui-ci agissait en vérité pour le compte de Fitch, le chef des londremanciens, des haruspices capables de prévoir l'avenir étroitement lié une prophétie sur l'apocalypse dont le céphalopode géant semble bien être l'une des pierres angulaires. Ajoutez à cela le gang de Grisamentum, un sorcier présumé mort, qui se nourrit d'encre et qui aussi s'emparer du kraken afin de fusionner avec lui, et vous aurez un plan large du background où se déroule cette histoire, mélange de polar ésotérique mâtiné d'un zeste de science-fiction et de fantastique. Les familiers du mythe de Cthulhu y découvriront quelques similitudes avec le panthéon lovecraftien et les adeptes de théorie du complot et de sociétés secrètes ne seront pas en reste dans ce gros livre, publié une première fois en France au Fleuve Noir, qui nous permet de retrouver un Chris Miéville toujours aussi habile à imbriquer les phrases et les mots et laissant ici libre cours à son imaginaire débridé dont les lecteurs français ont déjà eu un brillant aperçu à travers des titres du cycle de la Nouvelle-Crobuzon (Perdido Street Station T.1 & 2, Le concile de fer, Les scarifiés) ou d'autres dont Londres est le lieu d'action privilégié, tels que Le roi des rats et le remarquable Lombres
Autre couverture : 

dimanche 23 août 2015

Elric Intégrale 3
(Recueil) Dark Fantasy
AUTEUR : Michael MOORCOCK (Gb)
EDITEUR : Pocket SF/Fantasy 7140 — 629 p., 11.20 €
SERIE : Elric
COUVERTURE : Jean Bastide
Sommaire :
L’épée noire (traduction de Frank Straschitz)
Stormbringer (traduction de Frank Straschitz)
Elric à la fin des temps (traduction de E.C.L. Meistermann)
Avec cet omnibus les éditions Pocket poursuivent leur réédition du cycle complet consacré aux récits mettant en scène le héros sombre de Michael Moorcock, Elric l’albinos, prince de Melniboné. L’ouvrage comprend deux romans fondamentaux du cycle, L’épée Noire et Stormbringer, ainsi qu’un recueil de différents récits, Elric à la fin des temps. Le premier opus débute par Le voleur d’âmes où nous retrouvons le prince maudit toujours à la poursuite de Theleb K’aarna, le maléfique sorcier de Pan Tang qui a retrouvé sa place d’amant auprès de Yishana, la reine de Jharkor, qu’Elric avait abandonné pour partir à la poursuite du sorcier. Afin d’atteindre Theleb K’aarna, désormais au service de Nikorn  d’Ilmar, le plus riche négociant de la cité de Bakshaa, Elric accepte l’offre de trois négociants jaloux qui veulent assassiner ce concurrent trop encombrant. Cependant, afin de pénétrer dans le palais forteresse de Nikorn, il doit s’allier à une troupe de melnibonéens dirigés par l’un de ses anciens amis, Dyvim Tvar, naguère Seigneur de la Cavernes des Dragons de Melniboné. Ayant réussi à s’introduire dans la forteresse, Elric est fait prisonnier par le sorcier de Pan Tang qui n’a pas hésité à faire appel à des entités démoniaques pour se protéger. Le prince albinos devra donc encore une fois recourir à l’aide du Chaos et assouvir les noirs instincts de Stormbringer, son épée buveuse d’âme, pour parvenir à ses fins. Le récit suivant, Les rois oubliés, propulse Elric et son fidèle compagnon Tristelune au sein de la forêt de Troos, un lieu hanté par de sinistres créatures bordant les frontières d’Org, contrée de Nécromancie et de maléfices en voie de décomposition. Etant parvenu à échapper aux marchands de Nadsokor, la Ville des Mendiants, ils ont secouru Zarozinia, belle et jeune aristocrate, fille de l’un des principaux sénateurs de Kaarlak, la cité des Tours de Jade situé près du Désert de Larmes au-delà d’Ilmiora. Mais, ce faisant, ils tombent entre les mains des orgiens, les survivants du Peuple Condamné qui avait jadis osé contester la réalité des dieux. Pour sauver Zarozinia promise au sacrifice, Elric devra affronter la terrible réincarnation du Roi de la Colline et ses troupes de morts-vivants. Les porteurs de flammes s’inscrit à la suite de cette aventure. L’albinos maudit désormais aux côtés de Zarozinia dont il s’est épris, a décidé de se séparer de Stormbringer, son épée maudite, et vit des jours paisibles dans la cité de Kaarlak. Mais son destin ne tarde pas à le rattraper sous la forme de Terarn Gashtek, le Porteur de Flammes, dont les hordes dévastent tout sur leur passage et viennent ainsi de faire périr la famille de Tristelune. Pour l’aider dans ses conquêtes l’homme dispose de la magie de Drinij Bara, un sorcier qui a eu l’imprudence de cacher son âme dans le corps d’un chat désormais détenu par Terarn Gasthek. Alors que la horde marche sur Kaalak, Elric, assisté par son cousin Dyvim Slorm et ses féroces dragons, doit se résoudre à reprendre Stormbringer et part dans le camp des envahisseurs avec Tristelune afin de tenter de délivrer Drinij Bara des griffes du Porteur de Flammes qui se retrouvera ainsi privé de toute alliance magique. Ce premier roman ce conclut avec Sauver Tanelorn, une histoire dont Rackhir l’Archer Rouge, qu’Elric rencontrera plus tard, est le héros. Pour sauver Tanelorn, la cité tranquille refuge des vagabonds affichant sa neutralité dans le conflit opposant la Lumière au Chaos, et menacée par l’armée des gueux levée à Nadsokor par Narjhan, l’un des Seigneurs du Chaos, il devra franchir différentes portes conduisant aux Seigneurs Gris, qui seuls pourraient permettre à Tanelorn de conjurer ce péril. Le second roman, Stormbinger, s’inscrit comme une sorte de Ragnarok pour la série, un crépuscule des dieux qui voit les lignes directrices du cycle trouver leur sinistre conclusion. Le livre I, Le retour du dieu noir, nous permet d’assister à l’enlèvement de Zarozinia par des séides du Chaos. Avant de la retrouver, alors que les forces du Chaos et de la Loi se préparent pour l’affrontement final, il doit cependant rejoindre Ysihana, la reine de Jharkor accompagné de son cousin Dyvim Slorm et des hommes ailés de Myyrrhn et livrer bataille au roi Sarostro de Dharijor et à son sinistre allié Jagreen Lern, le Théocrate de Pan Tang. Vaincu, Elric doit s’enfuir avec Dyvin Slorm et quelques survivants avant de tomber sur Seîriz, l’un des Dix Endormis sous la Montagne de Feu, les Serviteurs du Destin qui remet Mournblade, la secondé épée du chaos, au cousin d’Elric et  lui apprend que c’est Darnizhaan, l’un des des Dieux Morts revenus sur Terre, qui a enlevé Zarozinia et qui réclame les deux épées maléfiques en échange de sa liberté. Dans le Livre II, Les Frères de l’Epée Noire, Elric se rend dans l’Ile aux sorciers pour essayer de trouver une parade contre les forces de Jagreen Lern. Il y découvre que pour vaincre le redoutable Théocrate, il devra affronter ses alliés démoniaques, les Ducs de l’Enfer. Il lui faudra ensuite récupérer Le bouclier du Géant Triste, titre du Livre III de ce roman, et s’allier au Roi de la Mer pour tenter de conjurer la menace des Navires du Chaos, cette flotte de trépassés remontée des profondeurs pour engloutir les vivants. Enfin le Livre IV, Le trépas du seigneur condamné le voit retourner à la Cité qui Rêve et partir à travers le temps pour retrouver le cor de Roland de Roncevaux seul capable de réveiller les dragons endormis dans leur caverne. Puis ce sera l’ultime combat qui devra décider du sort du monde d’Elric et des Jeunes Royaumes ayant prospéré après la chute de Melniboné. Une bataille où Stormbringer finira par dévoiler sa véritable nature. Le recueil Elric à la fin des temps, qui clôt se volume, renferme plusieurs histoires dont deux mettent encore en scène le prince albinos. Elric à la fin des temps l’envoie dans les méandres temporels à la rencontre d’autres héros du multivers, les fameux Danseurs tels que Werther de Goethe, le Duc de Queens, Maîtresse Christia, Una Persson et lord Jagged des Canaries. Le dernier enchantement se veut la dernière nouvelle d’Elric où le prince albinos est condamné à distraire les Seigneurs du Chaos. Sojan représente le premier récit de Fantasy publié par Moorcock et met en scène un guerrier barbare parti délivrer une belle princesse et préfigure, avec ses dirigeables, la série Oswald Bastable. En, La chose dans la pierre est une nouvelle fantastique, sorte de parodie de Corum écrite en réponse à une demande d’Eric Bentcliffe, le rédacteur en chef du fanzine Triode. Les fans d’Elric oublieront facilement la troisième partie de cet ouvrage, mais se délecteront assurément des deux premiers romans qui représentent les pierres angulaires sur lesquelles repose l’ensemble du cycle, deux œuvres qui furent pour la première fois publiées dans le mythique Elric le nécromancien, volume de la collection Aventures Fantastiques des éditions Opta, en 1969, avec les fantastiques illustrations de Philippe Druillet.

lundi 30 mars 2015

(Aventures Fantasy)
AUTEUR : KATZ Gabriel (France)
EDITEUR : POCKET-Fantasy 7163, 1/2015 ─ 384 p., 6,80 €
SERIE : Le puits de mémoire 1
COUVERTURE : Miguel Coimbra
Précédente publication : Scrinéo, 5/2012 ─ 415 p., 16,90 € ─ Couverture de Miguel Coimbra
Critiques : actusf.com (Jean-Luc Rivera)
Se réveiller totalement amnésique est déjà en soit une épreuve assez difficile à supporter, mais, de surcroit, lorsque cela arrive dans un monde hostile où la magie a encore pignon sur rue, l'affaire devient encore plus scabreuse. Voilà pourtant ce qui arrive à trois individus qui reprennent conscience dans les débris d'un chariot pénitentiaire en plein montagne. Leur première rencontre avec des soldats apparemment à leur poursuite leur permet de se faire une petit idée de leurs capacités réciproques qui se dévoilent au cours du combat très vite engagé. A priori, Karib, serait un magicien, plutôt tendance nécromancie, mais incapable de déterminer la qualité de ses talents. Olen semblerait quant à lui posséder toutes les aptitudes d'un guerrier expérimenté. Nils, enfin, démontrerait une certaine habilité dans l'art du lancer de couteau et autres projectiles plus ou moins meurtriers. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, ils décident de lier leur sort et de s'épauler réciproquement jusqu'à ce qu'ils parviennent à totalement intégrer les principales caractéristiques du monde dans lequel ils évoluent. La première étape de leur voyage les conduit dans le petit village d'Henig où ils résident quelques temps, avant que les hommes lancés sur leur trace ne finissent par les débusquer. En dépit de la présence d'Ena, la belle veuve, qui ne laisse pas Olen insensible, ils doivent à nouveau prendre la route et gagne bientôt Dreda, la ville la plus proche, où après diverses péripéties, ils finissent par se joindre à une petite troupe de mercenaire conduite par Sed Temon, vaillant guerrier des plaines de l'Est. Cependant, derrière eux, la menace se précise personnisée par les terribles Cavaliers de Cristal venus du royaume de Woltan et commandé par le redoutable Prince de la Lune. Enrôlés dans le corps des volontaires d'Helion, qui aura maille à partir avec les sinistres cavaliers, tandis qu'Olen se lie d'une délicate amitié avec Oranie, dame de compagnie de la reine d'Helion, le trio finit par découvrir que leur amnésie a été provoqué par un puissant sortilège et qu'une funeste odeur de régicide les suit à la trace tout en étant à l'origine de la traque impitoyable dont ils sont l'objet. Ainsi se conclut le premier tome de cette trilogie qui alter avec bonheur les intrigues entrecroisées et laisse planer de page en page un ombre de mystère qui ne demande qu'à s'éclaircir au fur et à mesure qu'avance l'intrigue. L'écriture agréable de l'auteur permet une identification rapide à ses trois personnalités contrastées un peu perdues au sein de cet univers décalé qui mélange à la fois les attributs de l'héroic-fantasy et des mondes du post-cataclysme tout en n'hésitant pas à nous régaler de violence et de magie noire, sans oublier l'approche psychologique de chacun des protagonistes conduite à la manière des meilleurs romans policiers. De quoi donner envie de lire les deux autres tomes de la série sortis chez Scrinéo, Le fils de la lune et Les Terres de cristal, ou, d'attendre leur réédition chez Pocket, qui ne saurait tarder. De l'héroic fantasy française qui n'a rien à envier à son homologue anglo-saxonne et qui nous permet de découvrir un auteur très à l'aise dans cette thématique de l'imaginaire et qui a déjà publié chez ce même éditeur La maîtresse de guerre, un roman situé dans le même univers mettant en scène une héroïne féminine qui, grâce à sa maîtrise des armes, parvient à se libérer de sa prison et Aeternia, le premier tome d'une nouvelle série intitulée La marche du prophète.
Autre couverture

mardi 9 septembre 2014

Elric Intégrale 2
(Recueil) Dark Fantasy
AUTEUR : Michael MOORCOCK (GB)
EDITEUR : POCKET-Fantasy 7139, 2/2014 — 554 p., 11,20 €
SERIE : Elric
COUVERTURE : Jean Bastide
SOMMAIRE :
Elric le nécromancien (Traduit par Michel Demuth et Franck Straschitz)
La sorcière dormante (Traduit par Michel Demuth)
La revanche de la Rose (Traduit par E.C.L. Meistermann)
→ Dans ce second tome de l'intégrale des aventures d'Elric qu'ont entrepris de rééditer les éditions Pocket en respectant l'ordre chronologique des récits (ce qui n'avait pas été le cas dans la première parution française au Club du Livre d'Anticipation des éditions Opta) nous retrouvons l'anti-héros charismatique par excellence, le prince Elric de Melniboné, dont nous sommes invités à partager les multiples pérégrinations. Le recueil débute par Elric le nécromancien, un modèle du genre, qui avait eu jadis les honneurs des illustrations de Philippe Druillet. Le récit ce structure en plusieurs parties. Dans la première, Le songe du Comte Aubec, le prince albinos n'est pas partie prenante, mais laisse la vedette à un héros de sa trempe, le valeureux Aubec de Malador, le champion de la Reine qui, dans ses songes épiques, partit conquérir de nouveaux territoires sur les domaines du Chaos, entraînant ainsi la création des Jeunes Royaumes où, plus tard, Elric banni de son Empire aima promener sa silhouette maladive en quête de cette fabuleuse impression de vie qu'avait perdue Melniboné à l'agonie. Puis, La cité qui rêve, magistralement illustrée par Druillet dans une précédente édition, nous dévoile tous les secrets d'une trahison qui allait poursuivre l'ancien Empereur de Melniboné et provoquer la perte de la flotte vorace qui lui avait imprudemment fait confiance. Tandis que rient les dieux nous permet de retrouver Elric engagé dans une nouvelle quête, celle d'un objet mythique, un livre perdu en l'occurrence, qui devrait assouvir sa soif intarissable de connaissance sur la destinée humaine et la véritable nature des dieux auxquels il a lié son sort et qu'il méprise, tout en faisant sans cesse appel à leur puissance. C'est au cours de ce récit qu'Elric rencontre Tristelune, son compagnon d'aventures et aussi d'infortune, car, comme tous ceux inscrits dans sa trajectoire, cet amitié ne pourra le conduire que vers une fin inéluctable. La longue nouvelle qui suit, La citadelle qui chante, introduit l'une personnages de méchant récurrent du cycle, le sorcier Theleb K'aarna, porté par le désir d'établir le Royaume de Paradoxe et que le prince albinos poursuivra tout au long des pages de sa haine inflexible, n'hésitant pas à braver toutes sortes de périls pour avoir enfin raison de lui. Durant toutes ces histoires, Elric croisera la route d'une multitude de personnages féminins qui voudront chaque fois se lier à lui, comme ici la reine Yishana, mais dont il s'écartera dans le but de ne pas provoquer leur perte. Le texte suivant, La sorcière dormante, est scindé en trois parties : Le tourment du dernier Seigneur, Piège pour un prince Pâle et Trois héros pour un seul dessein. Dans la première, Moorcock nous relate les aventures d'un Elric toujours à la recherche du sorcier Theleb K'aarna, liant pour temps son destin à celui de Myshella, l'Impératrice de l'Aube, aussi nommée la Dame Sombre de Kaneloon, dont les terres sont la proie de la convoitise du prince Umbda qui a unit ses forces à celles de l'ensorceleur que pourchasse Elric. Afin de les vaincre, le prince albinos lancera sur eux le terrible sortilège du Noeud Coulant de Chair dont nulle âme humaine n'est capable de réchapper. Dans la seconde, Theleb K'aarna, qui a réussi à sauver sa vie, trouve en Urish les Seot-Doigts, roi sanguinaire de Nadsokor, la Cité des Mendiants, un autre allié de poids pour tendre un piège au prince de Melniboné qui a jadis dérobé dans son trésor un parchemin contenant une incantation qui était censé tirer sa cousine et amante Cymoril sur sommeil magique où elle avait été plongée. Enfin, la troisième partie, intègre la trajectoire de cet anti-héros de base dans les mailles du multivers, plus précisément à Tanelorn, la cité qui, durant son existence sans fin, revêt maintes et maintes formes, puis au sein du Désert des Soupirs où il retrouve Mysehella, la troublante sorcière, avant de vivre des aventures qui lui permettront, sous l'invocation de Corum, de liguer pour un temps son destin à celui d'Erekosë, autre émanation de la ménagerie héroïque morcockienne, afin de délivrer Jhary-a-Conel, autre incarnation du Champion Eternel dans l'île-monde de Melniboné. La revanche de la rose, le long récit qui conclut ce recueil, se présente en définitive comme une histoire annexe où Elric n'endosse pas vraiment son costume de serviteur du Chaos poursuivi par un fatum tragique. Tout commence par sa communion avec Mufle-Balafré, la dragonne qui vient lui rappeler le lien original entretenu par l'Empire de Melniboné et les terribles monstres ailés. Puis, toujours hanté par les fantômes de son passé, Elric part à la recherche d'un globe où l'on pourrait voir la Terre du futur, et continue sa quête lancinante afin de tenter d'échapper aux cortèges de malheurs qu'il traîne avec lui avec, pour but essentiel, de retrouver l'âme de son père. Un récit qui lui fera découvrir un nouvel allié en la personne de la Rose, seule survivante d'un peuple disparu uniquement animée par la soif de vengeance, et où se déploiera l'interminable procession d'une société tzigane qui parcours inlassablement le monde sur une route unique jalonnée sur ses bas côtés par les déchets et les détritus que leurs caravanes ont laissé lors de leurs précédents passages. Une sorte d'éternel recommencement qui flirte avec le conte philosophique et qui fournira l'occasion à Elric de faire la connaissance de personnages hauts en couleur, tels que le Prince Gaynor le Damné, ou Ernest Wheldrake, tout droit sortis de l'univers de Gloriana, sans oublier ses habituels démêlés avec les Seigneurs du Chaos toujours avides de conquêtes et particulièrement agressifs. Un recueil qui nous invite, une fois de plus, à emprunter les chemins du rêve afin de visiter des territoires magiques emportés dans un tourbillon de sang et de guerres, avec, disséminés aux coins des pages de spièges diaboliques qui se déclenchent au passage d'un Elric de melniboné toujours fidèle à lui-même dans son rôle de héros maudit promis à une fin tragique qu'il sait inévitable. Un épais volume qui se termine par quelques planches en noir et blanc extraites de l'album en couleur Le trône de rubis, premier tome de l'adaptation en bande dessinée de la saga d'Elric par Julien Blondel, Didier Poli et Roobin Recht.

mardi 26 août 2014

 La fille du mage
(Roman) Aventures fantasy
AUTEUR : Karen MILLER (Australie)
EDITEUR : POCKET-Fantasy 7124, 7/2014 — 690 p., 19.90 €
SERIE : Les enfanst du Pêcheur 2
TO : Fisherman Children's Book 2.The reluctant Mage, 2010
TRADUCTION : Cédric Perdereau
COUVERTURE : Miguel Coimbra
Précédente publication : Fleuve Noir, 5/2012 543 p., 23,50 € Couv. : Miguel Coimbra
Les autres titres de la série :
1.Le mage prodige
→ Dans le premier tome de ce diptyque, Le mage prodige, nous avions fait la connaissance du de Archer le mage qui concentrait tous ses efforts pour empêcher ses enfants de toucher à la magie, car il connaissait les risques que cela entraînait. Quand s’ouvre ce second tome, Archer est plongé dans un profond coma et le royaume de Lur, privé de sa protection, est désormais soumis aux aléas d’un climat qu’Archer régulait grâce à ses puissants pouvoirs. Son fils Rafel est parti avec la ferme intention de traverses les Terres Maudites pour trouver au-delà des montagnes un peuple qui pourrait les aider. Son ami Arlin le Doranen, obsédé par le désir de ramener son peuple vers la cité mythique qui les as vus naître, l’accompagne. Cependant, le chemin croise celui de Morg, l’être maléfique que l’on croyait mort. Pour se reconstruire, ce dernier s’est installé dans le corps de Rafel, le mage olken, tandis qu’Arlin, réduit au rang de serviteur esclave s’efforce de survivre tout en attendant le moment propice pour se débarrasser du maléfique sorcier. Pendant ce temps Deenie, la petite souris, sœur cadette de Rafel, perçoit dans ses cauchemars les appels désespérées de l’esprit de ce dernier relégué dans un coin de son propre corps désormais asservi par Morg. S’ébrouant de son personnage de jeune fille effacée, elle décide de partir avec Charis dans le Nord corrompu à la recherche de son frère disparu. Tandis que tempêtes, inondations et destructions ravagent le royaume de Lur, Deenie, qui recèle en elle des pouvoirs insoupçonnés hérités de son père Archer, va se trouver entraînée dans une tumultueuse aventures qui lui permettront, entre autres prépéties, de rencontrer le séduisant prince Ewen, dorénavant sur le trône de Vharne depuis que les monstrueuses Bêtes lancées par Morg ont massacré le roi et les meilleurs éléments de sa garde rapprochée. Plus envolée que la le tome précédent, l’intrigue de ce second opus se déroule comme un vrai roman d’aventures où les personnages se débattent dans la toile de passions exacerbées. Bien entendu, il a été difficile pour Karen Miller de retrouver dans cette suite toutes la densité émotionnelle des deux tomes du cycle précédent de La prophétie du royaume de Lur. Cependant la quête de Deenie n’est pas avare en rebondissements et sauit habilement captiver le lecteur qui retrouvera avec plaisir l’écriture rythmée et passionnante de cette romancière australienne née au Canada que amateurs français de Fantasy ont également pu apprécier dans la trilogie aux accents orientaux des Seigneurs de la guerre.
Autre couverture :

mercredi 5 février 2014

Le peuple des rennes – L'Intégrale
(Recueil de romans) Préhistoire / Thriller
AUTEUR : Robin HOBB (Usa)
EDITEUR : POCKET-SF/Fantasy 7138, 10/2013 – 556 p.,
TRADUCTION : Maryvonne Fossé
COUVERTURE : Jean Bastide
SOMMAIRE :
Le peuple des rennes (The reindeer people)
Le frère du loup (The wolf's brother)
Précédente publication : Le Pré-aux-Clercs-Fantasy, 5/2012 – 694 p., 29,90 €
Carp, le chaman, veut faire de la guérisseuse Tillu sa compagne. Jusqu'ici son formidable pouvoir de suggestion a réussi à fasciner Kerleu, l'enfant étrange de cette dernière, en qui il voit déjà son successeur. Mais Tillu n'est pas d'accord. Une nuit, elle s'enfuit avec son fils. Prête à tout pour échapper à Carp, Tillu n'hésite pas à s'enfoncer au coeur des étendues gelées, plantant sa tente dans une lointaine forêt. Là, ils survivent isolés tant bien que mal, jusqu'à ce qu'un accident de chasse lui permette d'exercer ses talents médicaux et ainsi d'intégrer une nouvelle communauté, le Peuple des Rennes. Cependant ils sont loin de pouvoir vivre sans souci, car un assassin rôde dans les parages et Carp qui ne ne s'est pas résigné à la perdre, a rejoint le Peuple des Rennes. Tandis qu'au sein de la tribu Heckram, le jeune chasseur veuf, ne reste pas insensible aux charmes de Tillu. Carp a réussi a faire de Kerleu son apprenti. Toutefois pendant la migration qui conduit le Peuple des Rennes vers le Cataclysme, le pâturage d'été du bétail, Kerleu disparaît. Tillu, affolé, supplie les hommes du clan de partir à sa recherche. Mais une mystérieuses épidémie se met à semer la mort dans un groupe miné par l'inquiétude où les morts violentes se succèdent. Désormais Tillu doit se consacrer à deux taches primordiale : retrouver son fils le frère du loup, lié par magie à cet animal fascinant, et prouver son innocence face aux accusations qui la désigne comme l'instigatrice de tout le mal qui frappe le Peuple des Rennes. Mêlant avec bonheur Fantasy et roman préhistorique Megan Lindholm applique avec bonheur dans ce dyptique réunit ici en un seul volume les recettes d'écriture qui ont fait sa réussite dans ses séries phares signées Robin Hobb comme L'Assassin Royal ou Les aventuriers de la mer. Sans négliger l'action, véritable vecteur d'une intrigue, elle s'efforce cependant de pénétrer dans le vif des relations humaines faites de conflits de pouvoir, de jalousies, de perfides machinations, et de passions exacerbées, tout en focalisant l'attention du lecteur sur des problématiques facilement transposables dans le quotidien que sont les relations entre mère et fils. Magnifique peinture de la vie dans l'Arctique au temps préhistorique rendu incroyablement réelle grâce sûrement aux longues périodes de sa vie que l'auteur a passé en Alaska, cette courte série ajoute à la palette déjà multiples de Megan Lindholm la thématique de thriller préhistorique, élargissant ainsi encore plus l'éventail d'un public international déjà conquis pour qui sa signature sur la couverture d'un livre est déjà l'assurance d'un bon moment de lecture.
Autre couverture :

samedi 7 septembre 2013

Elric – Intégrale 1
(Recueil) Dark Fantasy
AUTEUR : Michael MOORCOCK (GB)
EDITEUR : Pocket-Fantasy 7137, 5/2013 — 601 p., 12,80 €
COUVERTURE : Jean Bastide
SOMMAIRE :
« Prince blanc, épée noire », préface de Jean-Luc Fromental
Elric des dragons (Elric of Melnibone, 1972 Traduction : Daphné Halin)
La forteresse de la perle (The fortress of the pearl, 1989 — Traduction : Gérard Lebec)
Le navigateur sur les mers du destin (The sailor of the seas of fate, 1976 — Traduction : Georges W. Barlow)
Les autres titres de la série :
4.Elric le nécromancien
5.la sorcière dormante
6.La revanche de la Rose
7.L'Epée Noire
8.Stormbringer
9.Elric à la fin des temps
Comme il l'a fait récemment avec la Romance de Ténébreuse de Marion Zimmer Bradley, cet éditeur nous propose aujourd'hui de redécouvrir dans un agréable format semi poche facilitant la lecture l'un des plus célèbres cycles de l'heroic fantasy, celui d'Elric, le prince albinos du fabuleux empire de Melniboné. Dans sa passionnante préface Jean-Luc Fromental nous explique comment Michael Moorcock en vint à donner vie à ce premier véritable anti-héros d'un genre qui était encore balbutiante en France où les rivages littéraires à peine baignés par les vagues de la SF n'avaient reçu que quelques embruns du Conan de Robert Howard et n'étaient pas encore submergés par la déferlante Tolkien sévissant depuis de nombreuses années de l'autre côté de l'Atlantique. Pour ceux qui, comme moi, avaient découvert Elric à travers le somptueux ouvrage illustré par Philippe Druillet du CLA Aventures Fantastiques des éditions Opta, L'Elric des Dragons repris comme premier tome de cette intégrale qui suit enfin le rythme chronologique de l'histoire, faisait un peu office de séance de rattrapage pour un auteur qui avait eu la maladresse de tuer la poule aux oeufs d'or en faisant mourir trop tôt un héros appelé à devenir mythique au sein du paysage de la Fantasy. Cependant, Michael Moorcock n'est pas n'importe quel écrivain, et il a su donner à ce récit toute l'intensité nécessaire afin de rendre palpitante cette sorte de préquelle qui s'avère dés lors indispensable à la compréhension de l'ensemble du cycle. En effet, à travers Elric des dragons, nous sommes invités à appréhender l'origine du mal être profond qui gangrène Elric, cet empereur maladif siégeant sur le trône de rubis nourris de drogues et d’élixirs qui le maintiennent tout juste en vie au sein de l'Empire de Melniboné sur son déclin. Nous partageons sa passion pour sa cousine Cymoril et nous assistons au combat magique l'opposant à son cousin Yyrkoon, tenant de l'ancienne orthodoxie des princes melnibonéens. Une lutte qui le conduira à devenir l'un des Serviteurs du Chaos et à lier son sort à Stormbringer, l'épée ensorcelée grande buveuse d'âmes, l'entraînant sur la pente d'un destin aussi inéluctable que funeste. A ses côtés nous suivrons les efforts de l'Empire moribond pour repousser les assaut d'une puissante flotte venue des Jeunes Royaumes dans le but de piller ses inestimables trésors et nous pénètrerons pour la première fois dans le fabuleux multivers imaginé par un Moorcock en plein délire de merveilleux. Un multivers qui prend encore plus consistance dans le second roman de l'anthologie, La Forteresse de la perle où nous retrouvons un prince albinos qui s'est volontairement condamné à l'exil et qui erre désormais dans les étendues désertiques des Jeunes Royaumes, poussant ses pérégrinations jusqu'à la mythique cité de Quarzhasaat qui, après un règne glorieux, s'était évanouie au sein d'une vaste mer de sable pour avoir impunément défié la puissance melnibonéenne. Se faisant passer pour un maître voleur, Elric, sur le point de succomber par manque de drogues, est forcé d'entrer au service du seigneur Gho Fhazzi, puissant personnage de Quarzhasaat qui rêve de s'emparer de la Perle au Coeur du monde, un joyau enfermé dans la Forteresse de la Perle située sur un autre plan d'univers, qui lui permettrait d'obtenir une place au sein du Conseil des Six, l'organisme dirigeant la cité d'une main de fer. Au cour de sa périlleuse mission Elric rencontre Alnac Kreb, le voleur de songes, puis Raik Na Seem, le vénérable chef du clan Baraudim de l'oasis de la Fleur d'Argent, qui lui demande de briser le sortilège lancé sur Varada, la sainte Fille du clan, symbole de tous leurs idéaux et sa propre enfant. Une entreprise délicate que Elric mènera à bien avec l'aide de Oone, une autre voleuse de songes avec qui il se rendra à la Forteresse de la perle afin de dérober le Rêve qui retient la Sainte Fille prisonnière. Après avoir survécu à ce voyage au milieu des Rêves et avoir déchaîné le courroux de Stormbinger sur Quarzhasaat et son Conseil des Six, le prince albinos se réveille sur un rivage perdu prélude au troisième et dernier récit de ce volume, Le navigateur sur les mers du destin. Là, Elric est sauvé de la mort par un navire surgit de nulle part et commandé par un capitaine aveugle. A son bord, il fait la connaissance de trois autres incarnations du Champion Eternel, Erekosë, Corum et Hawkmoon, convoqués comme lui par les Seigneurs de l'Ordre et du Chaos afin d'affronter Agak et Gagak, deux sorciers libérés lors des récentes ébranlements dans la structure des mondes, qui ont la capacité de s'emparer de toute la puissance contenue dans l'univers et contre lesquels ils sont les seuls à pouvoir combattre et surtout, à espérer triompher. Autant dire que cette nouvelle aventure nous propulsera un peu plus dans les méandres vertigineux de l'imaginaire moorcockien, développant une intrigue emplie d'une magie sombre et épique qui reste la marque de fabrique de ce génial romancier britannique ayant envoûté toute une génération de lecteurs au rythme de sa prose poétique ouvrant toute grande les portes qui conduisent vers les territoires inexplorés du merveilleux.

dimanche 25 novembre 2012

 

Lombres
(Roman) Univers parallèles
AUTEUR : China MIEVILLE (GB)
EDITEUR : Pocket-Fantasy, 10/2012 — 568 p., 9,10 €
TO : Un Lun Dun, Ballantine-Del Rey, 2/2007
TRADUCTION  : Christophe Rosson
COUVERTURE ET ILLUSTRATIONS : China Mieville
Précédente publication : Au Diable Valuvert, 10/2009 — 637 p., 20 € — Couv. & ill. : China Mieville
Critiques : www.actusf.comm (Jean Rebillat & Jean-Luc Triolo) ; in Bifrost 53 (Emmanuel Beaujot) ; in Bifrost 58 (Philippe Boulier) ; www.cafarcosmique.com (Ubik) : www.khimairaworld.com (Jean-Luc Clerc) ; www.yozone.fr (Michael Espinosa)
Lombres de China Miéville (Un LunD un, 2007) dont nous devons la première traduction aux éditions Au Diable Vauvert en 2009 est ici repris dans le catalogue de la dynamique maison Pocket. Lombres, c’est d’abord l’histoire de la jeune Zanna pour qui les faits bizarres ne finissent pas de s’accumuler. En premier lieu ces étrangers qui lui adressent la parole avec déférence. Puis les animaux qui l’observent d’un air mystérieux. Sans parler du parapluie espion accroché au balcon de Deeba, sa meilleur copine. Et le summum est atteint lorsque un nuage nauséabond s’en prend à elle et tente de l’envelopper au cœur de sa sinistre grisaille. Somme toute une mise en bouche qui la conduira avec Deeba dans un cave abandonnée où, en tournant une vieille roue, les deux jeunes filles seront propulsées à Lombres, une Londres située de l’autre côté du miroir. Il s’agit en fait d’une Transville, sorte d’univers parallèle où échoue le Mool (Matériaux Obsolète d’Origine Londonienne) c'est-à-dire les déchets les plus énergiques de la grande cité britannique. Sous la lumière de l’Antisol et sur les berges de la Tisame, le fleuve qui traverse la ville, grandissent des maisons faites en matériaux de récupération et habitées par une population cosmopolite comprenant des humains, mais aussi des êtres fantastiques, mélanges incongrus de créatures vivantes et d’objets obsolètes à qui ont à redonné vie, regroupés en tribus qui obéissent à un chef comme la Princesse des Fax Foutus, Tesson, l’Empereur des Bris de Verre, ou Brokkenbroll, la Barraplussime, qui règne sur le peuple des Parapluies Cassay. Bientôt mise en présence d’Hemi, le garçon à demi fantôme du quartier de Fanthom Road, un inquiétant territoire de transition habité à la fois par les morts de Londres et de Lombres, puis accompagné par Caillet, la petite brique de lait qui ne lâche plus Deeba, Zanna ne tarde pas à apprendre qu’elle est en fait la Schwazzy, une jeune héroïne destinée à contrecarrer les plans du Smog, le dangereux nuage toxique qui a décidé de s’emparer de Lombres et de tous ses habitants. Engendré à Londres par l’interaction de toutes sortes de produits chimiques, celui qui n’était à l’origine qu’un vulgaire nuage de crasse est devenu un énorme cerveaux nuageux se nourrissant de toutes les fumées produites et animé d’une terrible malveillance depuis qu’il a réalise que ceux qu’il étouffait finissait incinérés et que leurs cendres, emportées par le vent, venaient grossir sa puissance. Cependant, les londoniens, grâce au savoir des Armets, de redoutables climatosorciers, avaient réussi à s’en débarrasser, le poussant à l’exil dans Lombres. Au cours de la première partie du livre nous suivons le périple des deux jeunes filles qui s’efforcent de rejoindre les Prophéçongurs perchés sur le Pont Absconditus, un ouvrage mouvant et suspendu, seuls susceptibles de répondre à leurs innombrables questions. Un voyage tourmenté durant lequel, embarquées sur un aérobus à impériale, elles devront affronter un essaim de Dame-Jeanne, des mouches géantes montées par les féroces Pirates de l’Air, avant de se réfugier au Royaume d’Ardoise, le pays des Tuilotes qui vivent sur des toits dressés à…un ou deux mètres du sol. Protégées par les poubelles-ninjas, les gardes du corps des Prophéçongurs, elles parviendront à rejoindre ces derniers. Mais une attaque de Comesmog, des êtres que le Smog a capturé et soumis à sa volonté en les forçant à respirer ses maléfiques émanations, plonge Zanna dans un profond coma. La seconde partie du livre débute alors, se focalisant sur Deeba, la Paschwazzy, qui, après un court détour par Londres, reviendra au cœur de la cité jumelle afin de démasquer les êtres qui ont partie liée avec le Smog, à la fois dans les méandres de Lombres, mais aussi au plus haut sommet du société de consomatteurs-pollueurs, et une jeune fille engagée dans une valeureuses quête initiatique au sein de Lombres, ville de recyclage par excellence, qui recomposent les déchets de toutes sortes, les transformant en hommes et en animaux qui contribuent à une fabuleuse galerie de personnages comme l’homme à la cage d’oiseau en guise de tête, le scaphandrier au corps d’eau de mer et de poisson, des explorateurs de bibliothèque cyclopéenne, ou un Grimoire doté de parole qui ne croit plus aux prophéties inscrites dans ses pages. Un roman mise en valeur par les nombreuses illustrations accompagnant le texte, un peu comme dans la série des Chroniques du Bout du Monde de Paul Stewart et Chris Riddell, qui rendent à merveille l’atmosphère de non sens dont Miéville a imprégné l’ensemble de son livre. Une percée réussie dans l’univers de la jeunesse pour un auteur déjà connu en France à travers sa production pour adultes (Perdido Street Station, Les Scarifiés, Le roi des Rats, Le concile de fer) faisant à nouveau preuve de l’originalité réjouissante qui caractérise son écriture à travers un livre qu’un critique à parfaitement résumé par cette simple phrase : « Offrez Lombres à un gamin et pensez à le lui emprunter quand il aura fini de le lire ». gouvernement britannique. Des efforts qui lui feront croiser la route des terribles girafes carnivores, des non moins redoutables fenêtres-araignées, et d’autres monstruosités bien décidées à s’en prendre directement à elle ainsi qu’à la poignée d’amis qui l’accompagne. Un roman foisonnant d’inventivité dont l’indéniable noirceur est nuancée par une bonne pincée d’exubérance et de délicieuses rasades d’humour. Puisant allègrement dans la matière de l’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll comme du Neverwhere de Neil Gaiman, ce livre raconte l’affrontement manichéen entre le Grand Méchant Smog, incarnation parfait de la dérive de notre société de consomatteurs-pollueurs, et une jeune fille engagée dans une valeureuses quête initiatique au sein de Lombres, ville de recyclage par excellence, qui recomposent les déchets de toutes sortes, les transformant en hommes et en animaux qui contribuent à une fabuleuse galerie de personnages comme l’homme à la cage d’oiseau en guise de tête, le scaphandrier au corps d’eau de mer et de poisson, des explorateurs de bibliothèque cyclopéenne, ou un Grimoire doté de parole qui ne croit plus aux prophéties inscrites dans ses pages. Un roman mise en valeur par les nombreuses illustrations accompagnant le texte, un peu comme dans la série des Chroniques du Bout du Monde de Paul Stewart et Chris Riddell, qui rendent à merveille l’atmosphère de non sens dont Miéville a imprégné l’ensemble de son livre. Une percée réussie dans l’univers de la jeunesse pour un auteur déjà connu en France à travers sa production pour adultes (Perdido Street Station, Les Scarifiés, Le roi des Rats, Le concile de fer) faisant à nouveau preuve de l’originalité réjouissante qui caractérise son écriture à travers un livre qu’un critique à parfaitement résumé par cette simple phrase : « Offrez Lombres à un gamin et pensez à le lui emprunter quand il aura fini de le lire ».
Autre édition couverture :