lundi 15 octobre 2018


♦ Les serres du pouvoir ♦
(Roman) Jeunesse / Dragon Saga
AUTEUR : Tui T. SUTHERLAND (Usa)
EDITEUR : GALLIMARD JEUNESSE-Hors Collection, 9/2018 — 380 p. p., 16 €
SERIE : Les Royaumes de Feu
TO: Wings of fir. Talons of power, Scholastic, 2017
TRADUCTION : Vanessa Rubio-Barreau
COUVERTURE : Phil Falco
ILLUSTRATIONS : Joy Ang
→ Dans les 8 premiers tomes de cette série de Fantasy qui met en scène une civilisation de dragons, on avait suivi les aventures des cinq Dragonnets du Destin, Argil, Tsunami, Gloria, Comète et Sunny, élevés en secret par les Serres de Paix et, qui selon une prophétie, détenaient seuls le pouvoir d'empêcher qu'une terrible guerre dévaste le monde des dragons. Mais ces derniers s'aperçurent vite que la fameuse prophétie n'était qu'un stratagème des Ailes de Nuit pour s'emparer du monde de Pyrrhia, l'univers des dragons. Heureusement grâce à leur ténacité et à leur courage ils finiront par juguler le péril personnalisé par la terrible reine Scarlet et par fonder l'école de la montagne de Jade où les jeunes dragonnets de chaque clans, Sable, Boue, Ciel, Mer, Glace, Pluie, et Nuit, peuvent apprendre à se connaître et à s'apprécier en dépit de leurs différences. Tout semble donc désormais être entré dans l'ordre jusqu'à ce qu'un jeune Aile de Nuit découvre une nouvelle prophétie qui incite à prendre garde à une sinistre part d'ombre, à un être qui hante les rêves sombres, et aux serres de feu et du pouvoir, annonçant la destruction de la montagne de Jade, à moins de retrouver une mystérieuses Cité de la Nuit. Et voilà justement que Spectral, le dragon ancestral des légendes resté prisonnier sous terre pendant deux mille ans, est réveillé par Péril. Les dragonnets, terrorisés, semblent avoir tout à redouter de lui, d'autant plus que selon la légende il n'aspirerait qu'à se venger de sa compagne Clairevue qui l'avait trahie en s'enfuyant avec l'Aile de Mer Percevagues. Cependant, tout au contraire, il se montre enjoué et presque prévenant, n'hésitant pas à aider les dragons qu'ils rencontrent. Cependant, Triton, le jeune Aile de Mer, le soupçonne de dissimuler ses véritables intentions, car Spectral est un dragon télépathe, mais surtout un Animus, c'est-à-dire qu'il est capable de jeter des sorts sur tout ce qui l'entoure. Alors, est-ce que la sympathie générale qui suit son passage ne serait pas due à un simple envoûtement ? Triton qui, dés son plus jeune âge, rêvait de devenir un héros, mais qui avait vite déchanté en s'estimant responsable de la mort de jeunes dragonnets sur le point d'éclore, profite également de ses talents d'Animus, qu'il a dissimulé à son entourage, pour se rendre invisible et ainsi épier les moindres actions de Spectral. Bientôt, il sera aidé dans sa tache par la jeune Aile de Pluie Kinkajou, dont il est secrètement amoureux Malheureusement il devra faire face aux instincts meurtriers de sa sœur Anémone, elle aussi dotée du talent d'Animus, qui semble avoir lié son sort à celui de SpectralDe son côté le grand dragon noir, jouant sur la peur et le respect qu'impose sa puissance, est bien décidé à devenir roi des Ailes de Nuit, au détriment de Gloira, la reine actuelle, dont l'autorité a été remise en cause car elle n'est pas originaire du clan. Et si tous les efforts de Triton pour l'empêcher de réaliser ses diaboliques projets ne se terminaient que par une lamentable constant d'échec… La suite d'une série pour adolescents plébiscitée à travers le monde dont l'auteur augmente habilement le nombre des personnages en les incluant dans le cœur du récit où apparaissent également d'anciens protagonistes de la saga, ce qui a pour effet de fidéliser les lecteur tout en leur offrant le surplus de piquant et de nouveautés nécessaires pour alimenter le flux de l'intrigue. Un livre toujours accompagné par un précieux dossier répertoriant les différents clans de dragons, par une carte du monde de Pyrrhia et par les remarquables illustrations de Joy Ang.

mercredi 10 octobre 2018


♦ L'épée de l'hiver ♦
(Roman) Aventures Fantasy
AUTEUR : Martha RANDALL (Usa)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 604, 4/2018 — 374 p., 7.40 €
TO : The sword of winter, 1983
TRADUCTION : Nathalie Serval
COUVERTURE : Alain Brion
Précédentes publications :
● Opta-Club du Livre d'Anticipation 121, 9/1986 — 400 p. — Couverture & illustrations de Florence Magnin
● Les Moutons Electriques, 5/2016 — 240 p., 19.90 € — Couverture de Melchior Ascaride
→ Rien ne prédestinait la farouche cavalière Leyth à croiser le chemin de l'orphelin Emris. Et pourtant,  en dépit des réticences de la jeune femme, leurs destins vont se trouver étroitement mêlés dans un monde menacé par le chaos déclenché par la lente agonie du tout puissant seigneur Gambin, qui a régné en tyran pendant de nombreuses années sur la glaciale province de Jentesi. Or, non content de prolonger plus que de raison son séjour sur terre, le perfide despote retarde la désignation de son successeur, ce qui, immanquablement provoque un affolement général parmi ceux qui espèrent coiffer la couronne à sa place. Une progéniture d'où émerge l'inquiétante présence de Culdyn, dangereux prince héritier dont notre héroïne se méfie au plus haut point et qu'elle n'entends surtout pas servir comme elle a été obligée de le faire en tant que femme-lige du diabolique Gambin. Ouvrant son premier chapitre dans la chaude atmosphère d'une taverne villageoise, enchaînant sur une suite de paysages enneigés et se terminant dans un huis-clos au sein du château de Jentesi, une citadelle minée par toutes sortes de complots et de trahisons, ce livre alterne avec bonheur les changements de décors tout en permettant aux lecteurs de s'appuyer sur une galerie de personnages finement ciselés  poussant secrètement leurs pions au seins de sanglantes intrigues qui permettent de maintenir l'attention à chaque détours de page. Tandis que les relations entre Leyth et Emris, farouchement résolu à découvrir le mystère d'une origine dont il est bien loin de deviner toutes les implications, le récit s'enfonce langoureusement dans la volontaire ambivalence provoquée par l'immersion dans ce décor semi-moyenâgeux. Un univers rongé par les transformations où dagues et épées, baronnies et guildes, dont celle des cavaliers transportant les messages à travers tout le royaume, et machine divinatoire cohabitent avec la modernité naissante d'un télégraphe balbutiant et d'une première ligne de chemin de fer, tandis des prémices d'armes à feux permettent de lutter contre les incursions préoccupantes  des Piégeurs. Porté par un personnage féminin qui affirme son emprise sur son entourage, ce qui, somme toute, représentait une thématique assez rare dans un roman écrit en 1983, ce livre, publié la première fois en France en 1986 dans la prestigieuse collection du Club du Livre d'Anticipation des éditions Opta avec les riches illustrations de Florence Magnin,  puis repris aux Moutons Electriques en 2016, méritait amplement cette réédition poche servie par une remarquable couverture d'Alain Brion qui nous transporte tout de suite dans l'ambiance aventureuse des premières pages du récit.
Autres couvertures :


lundi 1 octobre 2018


♦ Kaboul et autres souvenirs de la Troisième Guerre Mondiale ♦
(Recueil de nouvelles) Uchronie
AUTEUR : Michael MOORCOCK (Royaume Uni)
EDITEUR : DENOËL-Graphic, 7/2018 — 223 p., 23 €
TRADUCTION : Jean-Luc Fromental
COUVERTURE & ILLUSTRATIONS : Miles Hyman
SOMMAIRE :  ● Danse à Rome ● Escale au Canada ● Rupture à Pasadena ● Kaboul ● Incursion au Cambodge ● Le retour d'Odysseus
→ Que ce soit à travers son cycle d'Oswald Bastable ou les romans ancrés dans le Multivers (Elric, Erekosë, etc…) le vénérable auteur britannique Michael Moorcock nous a habitué à flirter avec l'Uchronie. Dans ce nouveau recueil brillamment imagé par les illustrations couleurs pleine page de Miles Hyman, il s'inspire à nouveau de cette thématique chère aux auteurs natifs de la perfide Albion. C'est ainsi qu'il nous invite à partager tout au long de six nouvelles l'errance à travers un monde en décomposition de Tom Dubrowski, espion russe d'origine juive. Nous faisons d'abord sa connaissance alors, qu'infiltré à Londres sous l'identité d'un antiquaire polonais, il est envoyé à Rome par son chef afin, en tant qu'agent dormant, de surveiller ses homologues ainsi que les traîtres éventuels, tout en signalant quiconque pouvait s'avérer d'une quelconque utilité pour les rouages obscurs des services du FSB. Tandis que les troupes de l'OTAN débarquaient à Chypre et que l'alliance syrienne équilibrait à peine la coalition israélo-égyptienne, Tom, à peine arrivé dans la cité éternelle, développe assez vite une relation intime avec Suzie Yellowless, petite anglaise venue du monde de la pop-music, qui le faisait profiter de son cercle d'amis et qui lui présenta Peter Martin et John Fuller, un couple d'homosexuels américains que ses supérieurs soupçonnaient d'appartenir à la CIA. Cette Danse à Rome se termine par un avortement et une mutation express à Kaboul. L'étape suivante de cette lente promenade au bord du gouffre nous propose une Escale au Canada, dans laquelle le narrateur en profite pour nous en dire un peu plus sur son passé, tout en continuant de retracer, sur fond de signature de pacte russo-indien, une nouvelle rencontre avec ces femmes souvent ectoplasmiques et interchangeables qui meublent son existence de nomade désœuvré. La suite, après un bref intermède à Maracaibo, entraîne notre globe-trotter de l'Armageddon dans Une rupture à Pasadena où il retrouve Julia, une ancienne compagne en train de mourir, frappée comme tant d'autres par épidémies et radiations sur une Terre où l'Afrique et l'Australie ont déjà été rayés de la carte. Puis, d'agent infiltré évoluant au sein d'une bourgeoisie parfois aveugle aux errements de la civilisation, Tom se transforme en mercenaire sans âme membre d'une troupe hétéroclite composée de survivants des forces spéciales de l'Onu et de l'Otan, d'un détachement d'Ouzbeks, de quelques Sikhs, de pas mal de bandits ramassés en chemin et d'une majorité de cavaliers cosaques placés sous le commandement du colonel Savitsky et en route vers Kaboul, qui donne son titre à  la nouvelle, alors que des frappes nucléaires venaient de détruire Lahor et Amristar. Spectateur désabusé d'une débandade généralisée, Tom ne participe par aux massacres perpétrés sur des prisonniers ou des civils, à la torture systématique ou au viol collectif, même s'il tue parfois quelqu'un par inadvertance. Non, il se contente de revivre quelques heures d'un amour sans lendemain avec la séduisante Emmy dans les caves d'une capitale afghane devenue une pâle copie d'Hiroshima. Incursion au Cambodge, le cinquième récit du recueil porte en lui les accents d'un Apocalypse Now revisité avec un Stavisky devenu commandant de division et son lot d'embuscades, de destructions de villages, de charges folles à travers les rizières, tandis que des champignons rougeoyants montent dangereusement sur l'horizon. C'est donc sans surprise que dans le dernier texte du livre, Le retour d'Odysseus,  on épilogue sur un Tom mourant qui, tel l'Ulysse de l'Odyssée, retourne dans son Odessa Natale frappée  par la quarantaine occasionnée par le terrible virus VB, afin de rencontrer une dernière fois sa famille et de s'embarquer sur une vieux Léviathan des mers bourré de munitions avec des compagnons condamnés comme lui au sein d'une pathétique flotte des Vétérans. Rien donc de vraiment réjouissant dans ce livre qui résonne comme une sorte de testament écrit sous la plume d'un auteur qui avoue son impuissance face aux dérives de notre propre quotidien dans des phrases comme : "Nous sommes tous fautifs. Pas seulement Trump, Poutine ou Kim. Nous sommes entrés en somnambule dans une guerre qui a commencé furtivement et s'est achevée dans le silence." Mais, comme toujours, nous sommes pris dans le canevas de la narration mordante et intimiste d'un écrivain qui nous invite à partager toute les désillusions de son nouvel anti-héros qui, tel le Elric melnibonéen, marche sans conviction vers sa mort annoncée, le tout mis en lumière par les images géantes et captivantes de l'artiste Miles Hyman donnant à ce livre une sorte de développement cinématographique aidant le lecteur à s'approprier l'histoire comme un téléspectateur rivé aux épisodes de sa meilleure série dans  un récit convoquant tous les fantasmes moorcockiens parcourus par les soubresauts d'un féminisme n'arrivant pas à se déterminer, des fanatismes religieux, de la propension humaine à scier la branche sur laquelle il est assis et de sa mauvaise foi proverbiale concernant son implication directe, même quand il s'agit du propre suicide d'une espèce humaine si irresponsable qu'il mérité bien d'y appartenir.


mercredi 12 septembre 2018


♦ L'Anneau des serpents de feu ♦
(Livre jeux) Aventures Fantasy
AUTEUR : Ian LIVINGSTONE (Grande-Bretagne)
EDITEUR : GALLIMARD JEUNESSE-Folio-Un livre dont vous êtes le héros, 4/2018 — 346 p., 13 €
SERIE : Défis Fantastiques 25
TO : The port of peril, Scholastic, LD, 2017
TRADUCTION : Sophie Brun
COUVERTURE : Robert Ball
ILLUSTRATIONS : Vlado Krizan
Carte d'Allansia : Leo Hartas
→ Vous êtes un brillant bretteur qui, entre deux aventures, est venu prendre un moment de repos dans l'Auberge de la Grenouille Dodue au sein de la cité fluviale de Calice. Là vous rentrez par hasard en possession d'une carte chiffonnée montrant le chemin d'un fabuleux trésor dissimulé dans une grotte du Pic du Crâne. Vous allez vous décider à tenter l'aventure, mais, ce faisant vous allez être confronté à la réincarnation de Zanbar Bone, le redoutable Prince-Démon, ancien élève du grand enchanteur de Yore. Perverti par la magie noire, mais laissé à l'état de squelette vivant après son combat contre Yaztromo et Nicomède, deux mages au service du bien, il est parvenu à fonder un domaine non loin du Port de Sable Noir, la cité la plus malfamée du monde de Titan. De là, il compte bien envoyer ses hordes de squelettes ressurgis de la tombe afin de décimer les vivants. Pour se débarrasser de ces créatures des ténèbres il vous faudra trouver l'Anneau des Serpents de Feu, dont les pouvoirs magiques vous assureront la victoire contre le nouveau Prince de la Nuit, Zanbar Bone. Mais, pour y parvenir, il vous faudra affronter vos pires cauchemars parmi lesquels prennent place des créatures comme les Gronks, des créatures extrêmement venimeuses qui se terrent près de petits rochers, des Hippochères aux corps replets montés sur quatre courtes pattes à la gueule garnie de défenses acérées, des Norguls, humanoïdes assez petits, redoutables combattants animés d'une sauvagerie bestiale qui cuisinent leurs victimes dans les repaires souterrains où ils se cachent, ainsi que des Diablotins bleues, à la tête disproportionnée affublée d'une paire d'yeux verts reptiliens et d'une grande bouche ornée d'une multitude de dents pointues. C'est seulement après avoir triomphé de ces embûches que vous parviendrez à vos fins et que vous pourrez consulter les Archives de l'Allansia placée à la fin de ce volume inédit de la série Défis Fantastiques publié en grand format avec un design de Robert Ball et des illustrations de Vlado Krizan.

♦ La forêt de la malédiction ♦
(Livre jeux) Aventures Fantasy
AUTEUR : Ian LIVINGSTONE (Grande-Bretagne)
EDITEUR : GALLIMARD JEUNESSE-Folio-Un livre dont vous êtes le héros — 254 p., 12 €
SERIE : Défis Fantastiques
TO : The forest of doom, Scholastic, LD, 2017
TRADUCTION : Camille Fabien
COUVERTURE : Robert Ball
ILLUSTRATIONS : Vlado Krizan
Carte d'Allansia : Leo Hartas
→ Alors que condottière infatigable, vous vagabondez dans les confins du nord  de l'Allansia, une contrée du monde de Titan, vous tombez sur Gromollet, un nain agonisant qui, dans un dernier souffle, vous demande de récupérer le manche et la tête du légendaire Marteau de Pont-de-Pierre, qui seul protègera le paisible village de Pont-de-Pierre des malédictions qui le menacent. Pour cela, après avoir choisi entre les trois personnages que sont Caldra Jordhun, l'antiquaire, Tibur Boitonneau, le vaillant nain de Fangtane, et Harlak Erilsson, l'aventurier des froides contrées de Frostholm, vous devrez pénétrer dans la dangereuse Forêt des Ténèbres peuplée de toutes sortes de créatures démoniaques. Afin de conserver une chance de s'en sortir vivant, vous devrez au préalable vous rendre chez Yaztromo, le grand mage, qui seul pourra vous vendre les recettes magiques qui vous protègeront des êtres sanguinaires qui hantent cette mystérieuse forêt. C'est seulement munis de ces précieux talismans que vous serez en mesure de vous frotter aux Clones, petits humanoïdes créés à partir d'un champignon géant et le plus souvent contrôlés par un démon, aux hommes-chats, dont les membres sont terminées par des pattes griffues et qui seraient les victimes d'une malédiction lancée sur les chats par un sorcier maléfique, aux Géants des Forêts, humanoïdes de très grande taille dont seul le manque d'intelligence les empêchent de s'organiser en une puissante armée capable de dévaster des cités entières, ou aux Changeurs de Formes, des êtres à l'apparence reptilienne capables de se camoufler en créatures bien moins menaçantes, telles que des lutins, des elfes, ou même des humains, pour mieux vous berner et vous attaquer par surprise. C'est en bravant tous ses périls que vous arriverez au terme de cette nouvelle aventure de la série Défis Fantastiques qui bénéficie, pour cette réédition grand format, du design de Robert Ball, des illustrations de Vlado Krizan et d'un appendice en fin de volume, Les archives de l'Allansia.

♦ La citadelle du chaos ♦
(Livre jeux) Aventures Fantasy
AUTEUR : Steve JACKSON Grande-Bretagne)
EDITEUR : GALLIMARD JEUNESSE-Folio-Un livre dont vous êtes le héros — 256 p., 12 €
SERIE : Défis Fantastiques
TO : The citadl of chaos, Scholastic, LD, 2017
TRADUCTION : Marie Saint-Dizier & Raymond Farré
COUVERTURE : Robert Ball
ILLUSTRATIONS : Vlado Krizan
Carte d'Allansia : Leo Hartas
→ Après nous avoir proposé la réédition en grand format du célèbre Sorcier de la Montagne de Feu, les éditions Gallimard Jeunesse enchaînent avec le second tome de la série Défis Fantastiques, La citadelle du chaos; Vous y ferez la connaissance de l'effroyable sorcier Balthus, dernier descendant de la lignée des Terribles après Gandor et Tyran qui, de son repaire de la Citadelle du chaos, lance ses armées maudites sur l'Allansia, l'un des continents du monde de Titan, et plus précisément sur la paisible ville de Salamonis dans la Vallée des Saules. Afin de sauver son royaume, le sage roi Salomon demande de l'aide  au grand enchanteur de Yore, trop âgé pour participer à cette bataille, mai qui délègue l'un de ses disciples afin de mener les combats auxquels vous participerez sous les traits, soit de Barlun Fauchand, fils d'un modeste cultivateur, de Fingwilas, le demi-elfe, ou de Adhrinaël d'Ulinort, un jeune garçon batailleur. Votre mission consiste à pénétrer dans la Tour noire, le repaire de Balthus le Terrible, afin de l'arrêter avant que son armée de monstres recrutés dans les grottes du Pic de la Roche soit prête à déferler sur le monde. Afin d'y parvenir, vous devrez affronter une foule de créatures démoniaques, tels que les Garks, croisement contre nature de gobelins et de géants, les Calacorn, impressionnants monstres bicéphales apparentés aux hommes lézards, ou les Ganjees, des êtres terrifiants qui existent à la fois dans le monde des Esprits, dont ils sont originaires, et sur Titan, ce qui les rend quasi invulnérables. Dés lors, armé de votre gomme et de votre crayon, vous n'avez plus qu'à vous lancer dans cette périlleuse et passionnante aventure qui bénéficie, comme les prochains volumes de la série, du nouveau design de Robert Ball.


♦ Le sorcier de la montagne de feu ♦
(Livre jeux) Aventures Fantasy
AUTEUR : Steve JACKSON & Ian LIVINGSTONE (Grande-Bretagne)
EDITEUR : GALLIMARD JEUNESSE-Folio-Un livre dont vous êtes le héros — 245 p., 12 €
SERIE : Défis Fantastiques
TO : The warlock of Firetop Mountain, Scholastic, LD, 2017
TRADUCTION : Camille Fabien
COUVERTURE : Robert Ball
ILLUSTRATIONS : Vlado Krizan
Carte d'Allansia : Leo Hartas
→ Dans l'univers de livres-jeux Le sorcier de la montagne de feu est comparable à Donjons & Dragons pour les jeux de rôles. C'est-à-dire que ce titre est à l'origine d'un engouement qui s'est répandu comme une traînée de poudre à travers toute la planète. En France, il s'est concrétisé par la création aux éditions Gallimard Jeunesse de la collection Un livre dont vous êtes le héros avec pour principal moteur de publications la série Défis Fantastiques signée Steve Jackson & Ian Livingstone, qui ne tarda pas à être suivie par d'autres cycles prometteurs tels que Loup Ardent, Loup Solitaire, Quête du Graal, etc… L'histoire de ce livre est calquée sur la thématique de l'aventure fantasy. Comme dans les autres ouvrages de ce type, vous avez à choisir d'incarner un héros, en l'occurrence Crowald le Nain, Chaelza la Voleuse, ou Raedhel d'Argenton l'Aventurier. Votre but : vous rendre dans la redoutable Montagne de Feu afin de découvrir le trésor qu'un dangereux sorcier y a caché. Bien entendu, avant de l'atteindre, vous devrez vous engager dans un difficile périple où vous vous croiserez une multitude de monstres qu'il vous faudra combattre et surtout vaincre afin de parvenir aux chambres secrètes du domaine sur lequel règne le sorcier et où il a dissimulé son fabuleux trésor. Vendu à plus de 335.000 exemplaires et maintes fois réédité dans cette collection ce livre vous est cette fois présenté en grand format avec des illustrations de Vlado Krizan et bénéficie d'un nouveau design créé par Robert Ball, illustrateur de la série Game of thrones, avec en supplément Les archives de l'Allansia. Alors, munissez-vous des armes indispensables pour ce genre d'ouvrage, une gomme et un crayon, et lancez-vous vaillamment dans cette fascinante aventure.

mardi 4 septembre 2018

♦ Autonome ♦
(Roman) Science-Fiction
AUTEUR : Annalee NEWITZ (Usa)
EDITEUR : DENOËL-Lunes d'Encre, 5/2018 — 336 p., 21 €
TO: Autonomous, Tor, 2017
TRADUCTION : Gilles Goullet
COUVERTURE : Aurélien Police
→ Pour son premier roman France, la cofondatrice du site web io9 a choisi de nous entraîner sur les traces d'une jeune femme pas comme les autres, Jack Chen. Véritable Robin des Bois des années 2144, elle sillonne les océans à bord de son sous-marin en distribuant des médicaments aux personnes qui ne sont pas en mesure d'en obtenir légalement. Car dans cette société de l'avenir où la médecine est devenu capable de modifier l'intégralité du corps humains et où des robots intelligents, et pour certains autonomes,  ont fait leur apparition, les soins les plus pointus sont réservés aux riches qui seuls ont la possibilité d'obtenir les molécules originales susceptibles de les guérir. Fervente opposante à ce système inégalitaire Jack a trouvé le moyen de réagir en s'appuyant sur un réseau de contrebande qui, après avoir copié les médicaments brevetés, les distribue aux plus démunis. C'est ainsi qu'elle a contribué à répandre à travers le monde un dérivé du Zacuity, un médicament piraté qui s'était très vite répandu à travers le monde. Problème de taille pour Zack, car on s'est aperçu très vite que les effets secondaires qu'entraînait ce traitement conduisait à la folie, puis à la mort. Croyant d'abord à une erreur de la part des faussaires qui avaient copié le médicament, Jack réalisa bientôt que le problème résidait dans une malfaçon de la molécule originale. Une erreur que, bien entendu, la Zaxy, puissant consortium à l'origine de la fabrication du Zacuity, n'est pas prête à reconnaitre. Mieux, elle entend bien faire taire toutes les voix discordantes qui oseraient engager sa responsabilité dans l'affaire. Se sentant très vite en danger, la jeune pirate fait jouer son réseau clandestin et contacte le chercheur Krish et les membres du Free Lab afin de tenter de trouver une parade au médicament tueur. En parallèle, elle peut compter sur l'aide de Troized, un bio à 100% humain qu'elle avait récupéré alors qu'il était bien mal en point et libéré de son maître humain, et  de Med une biobote spécialisée en ingénierie, sorte de modèle expérimental élevée par des parents humains, des roboticiens qui estimaient que, pour une autonomie réussie, les robots avaient besoin d'un lien de parenté. Cependant elle est devenue la cible privilégiée de l'IPC, L'international Property Coalition, qui s'occupe de la sécurité des brevets médicaux pour la Fédération qui dirige désormais le monde. Or celle-ci a lancé sur sa trace un tandem de chasseurs redoutables, Eliasz, un agent humain rompu aux missions les plus délicates sur le terrain, et Paladin une biobote militaire de nouvelle génération dont se sera la première mission. Froids et efficaces, les deux agents éliminent peu à peu tous les contacts que Jack a pris dans sa fuite et se rapprochent dangereusement de la jeune femme. Cependant, ce que l'IPC ne pouvait pas prévoir ce sont les états d'âmes de Paladin, sa prise de conscience progressive de sa véritable nature, et surtout le lien étroit qui va l'unir à Eliasz. Véritable thriller qui nous tient en haleine à chaque détour de page, ce livre propose aussi la lecture d'un avenir prophétique malheureusement directement ancré dans les dérives de nos sociétés contemporaines, un monde où, si les robots naissent esclaves, les humains peuvent quant à eux rapidement le devenir.

dimanche 10 juin 2018


♦ Sous béton ♦
(Roman) SF
AUTEUR : Karoline GEORGES (Québec)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 602, 3/2018 — 210 p., 7.25 €
COUVERTURE : Aurélien Police
Précédentes publications : Alto, 9/2011  188 p., 20.95 €
→ Claustrophobes s'abstenir. Voici un roman qui aurait pu s'inscrire dans les lignées de horrifiques Cube ayant fait frémir de délicieux frissons cinématographiques des générations d'adolescents. Plongé dans un futur à peine calqué sur la dégénérescence de l'avenir urbain concentrationnaire vers lequel nos sociétés compulsive et dépersonnalisées semblent conduire irréversiblement, nous voici épinglés à la narration à la première personne de l'Enfant, et invités à partager tout à la fois, ses interrogations, ses angoisses, et sa propre vision de l'Edifice, énorme tour de milliers d'étage dans lequel sont regroupés des ersatz d'humanité emprisonnés sans aucune ouverture vers l'extérieur au sein d'un univers familial réduit à sa plus simple expression. Car, pour le père qui s'abrutit et la massacre, et la Mère minée par la terreur d'une expulsion qui signifie la mort à l'ombre de ces murs prisons, l'Enfant n'est qu'une contrariété de plus au sein d'un environnement privé d'émotions et de sexualité dans lequel seule la survie compte. Calfeutrés dans des cellules familiales, privées de contacts humains qu'ils ne recherchent d'ailleurs pas, surveillés par des gardiens impitoyables, condamnés à des travaux répétitifs par écrans interposés, les êtres qui peuplent cet univers minéral ont abandonné tout espoir et se contente de dérouler leurs existences monocordes au rythme d'instants présents qui se renouvellent à l'infini jusqu'à ce que la lumière de la vie s'éteigne au fond de leurs yeux mornes. L'Enfant pourtant possède dans son regard la bribe d'une étincelle. Celle de l'interrogation qui, au fur et à mesure qu'il grandit, s'imposera à lui. Pourquoi dehors n'y aurait-il que poussière à manger ? Pourquoi les exclus devraient-ils se dévorer les uns les autres ? Passé maître dans l'art de feindre le sommeil, l'Enfant appris à se focaliser sur la fissure et finit pas provoquer sa propre disparition. Voyage épique hérissé de questionnement, celui-ci le conduit au sein de la Matière Noire, hors du Béton Total qui sécurisait l'Edifice, sans que la découverte de cet horizon inattendu ne réponde vraiment aux questions qu'il se posait et n'en apprenne plus au lecteur sur l'origine de cet enferment, l'époque où il se déroule et les raisons de l'établissement de cette organisation monastique oublieuse de toute notion de liberté individuelle. Une dystopie dérangeante conduite à travers une expérience littéraire inédite qui tranche avec des thématiques antérieures voisines, comme le IGH de Ballard ou le 1984 d'Orwell (pour le côté surveillance) et qui ne finit pas laisser un désagréable goût d'amertume dans la bouche lorsqu'on a refermé la dernière page de ce livre récompensé au Québec lors de sa première parution en 2012.
Autre couverture :



 ♦ Le veilleur du jour ♦
(Roman) Livre-monde
AUTEUR : Jacques ABEILLE (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 606, 4/2018 — 607 p., 9.40 €
SERIE : Cycle des Contrées 2
COUVERTURE : Anne-Gaëlle Amiot
Précédentes publications :
● Flammarion, 9/1986 — 512 p., 21.50 €
● Flammarion-L'Age d'Or, 9/1992
● Ginkgo-Lettres d'ailleurs et d'ici, 10/2007 — 650 p., 25 € — Couverture de Michel Guérard
● Le Tripode, 2015  — 520 p., 24 €  Couverture et illustration de François Schuiten
→ Après avoir entamé l'exploration de son univers imaginaire par Les jardins statuaires (repris également chez Folio) Jacques Abeille poursuit son fabuleux voyage avec ce nouveau titre venu paver d'une précieuse œuvre maîtresse le chemin sans égal de son esprit aventureux. "Terrèbre" ce nom couvrait un empire et c'était celui d'une ville". Tel est le lieu incomparable où aboutit Barthélemy Lécriveur, un homme sans passé ayant quitté les Hautes Brandes pour un hypothétique embarquement vers les îles. Avec lui, et guidé par un auteur à la plume comme en fait plus, nous pénétrons au sein de cet espace engloutissant qui se referme sans mégarde sur le voyageur imprudent s'étant glissé sans vraiment s'en apercevoir dans ces levées de façades et ces entrelacs pervers de voies secondaires. Au fil des errances parmi les ruelles de cette cité cannibale Barthélémy finit par aboutir dans une auberge où il trouve, non seulement le gite et le couvert, mais aussi une amante en la personne de Zoé, la jeune et joli servante qui l'attends depuis toujours, tout en sachant qu'elle est destinée à le perdre. De ce fait son projet initial de départ vers les îles s'estompent peu à peu, d'autant plus qu'il est remplacé par l'offre d'emploi de gardien que lui a proposé le bienveillant aubergiste auprès duquel Zoé à plaidé sa cause. Le poste consiste à surveiller un entrepôt désaffecté. Très vite notre bûcheron amnésique va se laisser happer par ce lieu envoûtant, au point d'y passer ses jours et ses nuits et de s'éloigner progressivement de Zoé. En vérité, l'endroit sert d'antichambre à un cimetière à  l'abandon où serrait enterré les premiers habitants de Terrèbre et dont une mystérieuse société d'archéologie lui a demandé d'assurer l'entretien et d'assurer la protection, car personne ne doit y pénétrer à l'exception d'un inconnu qu'attendent ses énigmatiques employeurs. Tandis qu'un dangereux individu surnommé le Serpent s'attache à ses moindres pas, il a également motivé l'intérêt d'un certain Molavoine, policier de son état, qui soupçonne les nouveaux patrons de Barthélémy de préparer un complot contre la Chancelerie de Terrèbre. Le veilleur toutefois est bien loin de ces préoccupations. Guidé par un livre mystérieux il entreprend jour après jour et nuit après nuit l'exploration de son nouveau habitat qui se révèle être un mausolée à l'architecture extravagante truffé de couloirs secrets et de pièces cachées qui ne demandent qu'à se découvrir devant ses yeux ébahis. Une tache qui l'absorbe jusqu'à la frénésie et que vient bientôt partager  Coralie Délimène, jeune étudiante et fille du Chancelier en place, devenue très vite son amante et qui l'accompagne désormais dans ses pérégrinations enfiévrées. Conduit comme une enquête policière, mais aussi comme un récit ésotérique et comme un vrai roman d'aventure ce second tome du Cycle des Contrées continue de nous enliser au sein de l'univers oppressant porteur d'un incomparable richesse du créateur des Jardins statutaires récemment réédité chez Folio. Véritable livre-monde l'intrigue nous immerge, sans aucune possibilité de revenir vers le rivage, dans un microcosme intemporel qui emprunte à la fois aux strates médiévales et aux ombres de la Fantasy  à travers la menace Barbare qui se profile au fil des pages. Un univers qui, bien qu'éloigné de nos société contemporaines, s'en rapproche indubitablement à travers les émotions et les sentiments exacerbés qu'il véhicule à travers des personnages qui nous sont révélés dans leurs plus âpres complexités. Ouvrage borgien, récit charnière d'un cycle avant l'invasion barbare qui suivra dans les écrits postérieurs, Jacques Abeille excelle à dresser dans ce roman des portraits ciselés par le burin d'un sculpteur comme ceux du préfet Evariste Destrefonds ou du chancelier Fréderik Lanvois qui lui servent à décrire avec une méticuleuse dramaturgie les mécanismes liés à la passion du pouvoir. Chapitre après chapitre, égaré dans les méandres de cette cité dont le décor s'invente à nos yeux comme un pop up révélant page après page ses plus infimes détails, nous sommes invités à pénétrer dans les sortes de tableaux hypnotiques dont nos pensées ont tout le mal du monde à se détacher tellement la prose de Jacques Abeille riche de mots qu'on oubliera jamais s'écoule tel un fleuve aux multiples affluents sur lequel on rêve de se laisser emporter. Un grand, un très grand livre donc qui mérite tout les éloges dressés auparavant par la critique et dont il ne faut surtout pas passer à côté tout en s'ouvrant la perspective pour ceux qui n'ont pas encore eu ce bonheur, de se lancer dans la lecture des autres romans du fascinant Cycle des Contrées.
Autres couvertures :