dimanche 24 juillet 2016

Magies secrètes
(Roman) Steampunk
AUTEUR : Hervé JUBERT (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 543, 3/2016 — 320 p.
SERIE : Les enquêtes de Georges Hercule Bélissaire Beauregard 1
COUVERTURE : Camille Alquier
Précédente publication : Le Pré-aux-Clercs-Pandore 3, 11/2012 — 335 p., 16 € — Couverture de Bejamin Carré
Critiques : actusf.com (Fred Combo)
→ « J’ai enlevé Udolphe et je défie Georges Beauregard de le retrouver » tel est le message délivré par un post-mortem sur les tables de la morgue. Des propos suffisamment éloquents pour décider Titania, l’épouse de l’Empereur Obéron III, femme dangereuse s’il en est, à confier au jeune ingénieur mage la lourde tache de retrouver son neveu. C’est que depuis quelques temps les ruelles de Sequana, une sorte d’équivalent féerique de Paris, ne semblent plus sûres, surtout pour les proches de l’Empereur qui sont victimes de sorts meurtriers. Les soupçons se portent sur le Visage, une entité maléfique à qui Oberon a déjà eu affaire, d’autant plus que les êtres de la féerie ne font pas bon ménage avec l’Empereur qui, aidé du préfet Hoffmann, a décidé d’en débarrasser sa cité de Séquana. Depuis Hoffmann massacre Séquana, taillant dans les enclaves mythologiques, nivelant les poches à mystères, ouvrant des avenues tracées à la règle et approchant d’un point de non-retour où la Féerie, menacée dans son essence, se retournera contre la Cour. Un dilemme pour Hercule Belissaire Beauregard, fruit des amours d’une fée et d’un mortel, car si, officiellement, il travaille pour le Pouvoir, il n’hésite pas à recueillir dans son hôtel particulier certaines créatures plutôt mal en point, comme Jeanne, jeune fille amnésique aux étranges facultés exhumée d’un puits, qui s’attachera bientôt à ses pas et qui, avec l’aide de Condé l’automate parlant et de la déesse Isis, le secondera dans cette périlleuse enquête que lui a confié le ministère des Affaires Etranges placé sous la direction du ténébreux Vallombreuse. Des investigations qui reposent sur les déclarations d’un écorché-noyé promettant que le prince Udolphe serait renvoyé morceau par morceau à la cour impériale à moins que Beauregard ne débusque son ravisseur. Profitant du désordre que cause cet enlèvement, les habitants féériques, lassés d’être traqués par le Pouvoir, sèment la panique dans Séquana à l’aide de miroirs maléfiques et de jouets magiques qui se transforment en machines de mort. Grâce aux révélations du sanguinaire Baron de l’Estrange, Beauregard, toujours suivie de Jeanne, sa nouvelle apprentie, apprend que c’est Hellequin, un démon incarné fondateur d’une troupe théâtrale qui a enlevé le Prince qu’il menace de démembrer avant de le décapiter. Une enquête qui entraîne Beauregard, l’enfant trouvé qui ne rêve jamais, sur les traces du Démon de Bergame et d’un certain Masque de Souffrance sautant de personnages en personnages et qui le pousse à revenir sur la question fondamentale qui l’anime : éclaircir le mystère de ses origines. Un embryon de ce roman avait vu le jour sur le titre La fête électrique dans la collection Abysses de la Librairie des Champs Elysées en 1998. La collection ayant guère vécu, l’auteur avait mis son principal héros Georges Beauregard dans un tiroir jusqu’à ce que Xavier Mauméjean accepte qu’il l’exhume pour la collection Pandore orientée vers la Fantasy urbaine et le Steampunk. qu’il dirige chez le Pré-aux-Clercs. Une nouvelle vie à travers un récit agrémenté de nombreuses notes en bas de pages dont l’auteur lui-même, dans une interview donné sur le site elbakin.net, conseille de se reporter uniquement après avoir fini le livre, pour ne pas ralentir la lecture. Ajoutons que ceux qui veulent en savoir plus sur l’univers de la série peuvent consulter avec profit le blog que l’auteur lui a consacré à l’adresse hervejubert.fr
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samedi 23 juillet 2016

Le testament de Jessie Lamb
(Roman) Science-Fiction / Dystopie)
AUTEUR : Jane ROGERS (Royaume Uni)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 536, 1/2016 — 354 p., 8,20 €
TO : The good fairies of New York, 1992
TRADUCTION : Marianne Groves
COUVERTURE : Aurélien Police
Précédente publication : Editions Intervalles, 4/2009  — 304 p., 19 € — Couverture non illustrée
Jessie Lamb avait seize ans lorsque le monde s'est écroulé autour d'elle, Le virus du SMM (Syndrome de Mort Maternelle), probablement libéré par des bio terroristes, a déferlé sur le monde et les femmes enceintes meurent en couche, leur cerveau peu à peu réduit à l'état d'une éponge. Désormais la jeune génération qui n'a pas été contaminé sera la dernière que connaîtra une Humanité menacée d'extinction car incapable de se renouveler. Dés lors la société confrontée à cette pandémie affiche toutes les stigmates de la déliquescence : émeutes, vandalisme, suicides, dérives sectaires, violence exacerbée. C'est justement cette violence que semble exercer le geôlier de Jessie, qui la maintient entravée dans une chambre où seul un morceau de papier et un stylo lui permettent de rédiger ce testament constituant la trame essentielle de ce livre. Alternant systématiquement entre réalité et retour dans le passé, l'intrigue nous amène à partager l'intimité des pensées de cette jeune héroïne dont nous suivrons, en même temps que ses efforts pour échapper à son enfermement, le cheminement de la pensée. Hésitante, indécise, prenant les décisions que pourraient tout d'abord  lui dicter l'insouciance de son âge, mais qui deviennent vite motivées par un réel besoin d'apporter sa propre pierre au devenir du monde, Jessie va volontairement se confronter à sa propre responsabilité dans le cour de l'Histoire qu'elle peut désormais changer. Car les scientifiques ont travaillé dur afin de trouver une solution de substitution à la mort programmée de l'espèce orgueilleuse qui croyait éternellement dominer la planète. Le programme concocté a pour nom Sleeping Beauty (Belle au Bois Dormant) et il ne brille pas par son humanisme. En effet désormais des femmes volontaires seront utilisées comme réceptacles. Maintenues artificiellement en vie alors qu’elles se transformeront lentement en légume, elles finiront par donner naissance aux embryons non contaminés implantés dans leurs ventres, se sacrifiant ainsi pour assurer la survie de l'espèce. Bien que ses enfants soient à leur tour atteint par le SMM, Jessie a décidé d'offrir son corps à la science, au grand désespoir de son propre père, prêt à tout pour l'empêcher de réaliser ce qu'il considère comme une folie, et allant même jusqu'à la violence de la séquestration. Un livre paru pour la première fois en France chez les Presses de la Cité en 2014, premier roman de l'écrivaine britannique Jane Roberts, qui enseigne l'écriture romanesque à l'université de Sheffield, a être publié en France, Un récit dans lequel certains critiques ont pu opérer un rapprochement entre Jessie et l' »héroïne du roman de Karen Thompson Walker, L’âge des miracles, (paru également aux Presses de la Cité) car il s'intègre dans un background identique de fin du monde (le ralentissement de la rotation de la Terre sur son axe dans le livre de Thompson Walker), mais dont je rapprocherai plus volontiers la thématique du roman de P. D. James, Le fils de l'homme, adapté au cinéma par Alfonso Cuaron en 2006, qui nous plonge au sein d'une dystopie décrivant un Royaume-Uni en proie au chaos des pandémies, de la guerre et du terrorisme depuis que la totalité des femmes soient devenus stériles, et s'attachant au trajet  semé d'embûche d'une jeune femme portant la promesse d’un bébé dans on ventre. Travaillant la psychologie de ses personnages avec la finesse d'une aquarelliste, Jane Rogers nous dépeint les moindres implications, politiques, religieuses, ou déontologie que provoque l'apparition de la SMM appuyant sans hésitation là où sa fait mal, comme du côté de l'instrumentalisation des jeunes filles, et nous  laissant en définitive en plein questionnement sur le choix prit par Jessie Lamb en son âme et conscience. Et refermer un livre avec encore en nous un foisonnement d'incertitude bouillonnant dans l'esprit des lecteurs est déjà en soit une belle réussite de la part d’un écrivain dont c’est ici le premier roman publié en France.
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Death Troopers
AUTEUR : Joe SCHREIBER (uSA)
EDITEUR : POCKET-Star Warss 134, 4/2016 — 286 p., 8,20 €
SERIE : Star Wars
TO : Death troopers, Del Rey, 10/2009
TRADUCTION : Sandy Julien
COUVERTURE : Indika
Le purge, barge pénitentiaire impériale, transportant dans ces flancs près de 500 détenus provenant des quatre coins de la galaxie, vogue inlassablement dans les espace intersidéraux sans espoir de salut pour les condamnés  qui composent l’essentiel de sa population carcérale. Mais un jour la mécanique bien huilée du vaisseau prison se dérègle. Le purge tombe en panne à des années lumières de tout espace habitée et tout proche de l’épave d’un destroyer stellaire naufragé. Placée sous le commandement de Jareth Sartoris, l’implacable capitaine des gardiens du navire, une équipe est envoyée sur le destroyer afin de récupérer les pièces nécessaires à la réparation de l’avarie. Mais, à bord de l’épave, rien ne se déroule comme prévu. Bientôt, la poignée de survivants qui revient de cette expédition ramène avec lui une terrible épidémie qui transforme les humains en zombies assoifées de sang. A bord du Purge seuls quelques éléments sont immunisés contre le virus. Parmi eux Trig et Kale Longo, deux adolescents épinglés lors qu’une rafle de routine dont le père avait été torturé et tué par Jareth Sartori, qui se sont attirés les foudres de Aur Myss, détenu delphanien mâle s’étant hissé à la tête du Gang du Faciès régnant en maître au sommet de la hiérarchie pénitentiaire du Purge. Les deux garçons vont devoir échapper aux hordes de cauchemars avides de chair fraîche qui hantent désormais les couloirs du navire. Heureusement, ils pourront bénéficier de Zahara Cody, le docteur du bord et de son droïde chirurgical Gâchis. Tandis que Jareth tentera une évasion avortée à bord d’une nacelle de sauvetage, la poignée de survivants se joindra bientôt à deux prisonniers pour le moins inattendu, le capitaine Yan Solo et Chewbacca le wookie, faits prisonniers peu avant la destruction de l’Etoile Noire. Dans ce premier roman mêlant volontaire la thématique de l’horreur à l’univers de Star Wars l’auteur décline avec talent tous les ingrédients du genre, nous faisant entrer dans les pensées intimes des personnages et nous invitant à partager leurs propres angoisses, tandis que celles-ci montent crescendo au fur et à mesure que la situation des survivants vire à l’intenable. Formés de chapitres courts qui s’enchaînent au rythme de points de vue alternatifs, le récit déroule sans faillir son serpent d’horreur qui s’argumente finalement sur des tests d’apprentis sorciers menée par l’Empire en mal d’arme révolutionnaire. Un peu déroutant pour les fans de Star Wars, mais de quoi faire endosser à ce vaste univers un costume « zombie » que l’on ne s’attendait guère à lui voir porter et qui, après tout, ne lui va pas si mal que ça.

vendredi 24 juin 2016


La brigade de l’oeil
(Roman) Uchronie
AUTEUR : Guillaume GUERAUD (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 340, 2/2016 — 336 p., 7.40 €
COUVERTURE : Damien Venzi
Précédentes publications :
● Editions du Rouergue(doAdo Noir, 9/2007 — 416 p., 14 €  Couverture de Jean Lecointre
● Gallimard-Folio SF 340, 4/2009 — 336 p., 7.40 € — Couverture de Damien Venzi (avec bandeau gris haut de couverture)
→ Le monde n'allait pas bien et l'Impératrice Harmony était arrivée avec des messages clairs, La télévision est un poison, le web infecte nos esprits, le cinéma nous intoxique, et fédérateurs : les images sont dangereuses, elles sont fabriquées par ceux qui nous exploitent, elles sont les apôtres du capitalisme. Et la révolution fut avec pour leitmotiv : faire disparaître les images, photographiques, cinématographiques, numériques, peintures, dessins, gravures, illustrations, etc.... Dés lors Rush Island se coupe du reste du monde, les frontières de l'île sont fermées, les liaisons satellites sont coupées, les échanges internationaux interrompus. Rush Island devient une autarcie où tout bon citoyen est un citoyen aveugle. Et le grand nettoyage commence.  Ainsi naquit la Brigade de l'Oeil chargée de brûler les yeux à tout contrevenant coincé en possessions du moindre document prohibé. Falk en fait partie depuis vingt ans et avec son collègue Strummer, ils traquent sans relâche les délinquant, carbonisant sans état d'âme leur fond de l'oeil et la vitrée à l'aide du très efficace pyroculis. Cependant, organisé autour de l'insaisissable Fuji, un groupe de terroristes s'efforce de restaurer l'ordre ancien en cherchant à mettre la main sur tout ce qui peut ressembler à une ombre d'image. Alors, lorsque Kao tombe par hasard su un grenier empli de vieilles bobines de films, c'est la promesse d'un véritable trésor pour les membres de la résistance. Mais Falk, rongé par son passé, surveillé par le lieutenant McNee de la criminelle, qui ne pardonne pas à la Brigade d'avoir rendu sa femme aveugle, veille au grain. Depuis qu'il a découvert d'horribles choses sur Douglas son chef direct, il s'est rapproché de l'impératrice Harmony et doit évoluer sous la surveillance de Lynch le dangereux premier ministre expert en arts martiaux. Tout désormais le conduit sur les traces de Kao et de sa complice, Emma, la jeune bibliothécaire. Mais, en dépit de la terreur ambiante et du zèle de la Brigade, la loi Bradbury, qui interdit toutes les images depuis vingt temps sur l'ensemble du territoire ne demande qu'à être transgressée. Dés lors la répression sera autant sanglante que… brûlante. Pour sa première incursion dans le domaine de la SF Guillaume Guéraud, déjà connu à travers plusieurs romans paru aux éditions du Rouergue, nous délivre un véritable petit bijoux d'inspiration bradburienne (Fahrenhait 451) dont le déroulement en suites de scènes dérangeantes et finement ciselées mériterait amplement une adaptation cinématographique.
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Dragonhaven
(Roman) Jeunesse / Uchronie
AUTEUR : Robin McKINLEY (Usa)
EDITEUR : POCKET-Fantasy 7201, 6/2016 — 320 p., 7.40 €
TO : Dragonhaven, 2007
TRADUCTION : Morgane Caussarieu
COUVERTURE : Alexandre Chaudret
Précédente publication : Mnémos, 6/2015 — 288 p., 18 € 
→ Robin McKinley aime bien les dragons. Elle nous en avait déjà parlé dans son roman Casque de feu publié au Livre de Poche Jeunesse en 1987. Mais elle s'était aussi attaquée au merveilleux en nous donnant sa version toute personnelle du mythe de la Belle et la Bête avec Belle, paru chez Pocket en 1993. Ces deux romans nous renvoyaient cependant vers  un passé imaginaire. Or c'est dans le contemporain que nous plonge la réédition de Drangonhaven  préalablement édité chez Mnémos en 2015. Un passé toutefois légèrement décalé, puisque dans le monde décrit par Jake, le narrateur de l'histoire, les dragons existent bel et bien. Ou plutôt, ils sont son en voie d'extinction, comme le fameux draco australiens, le seul véritable dragon, décimé par les chasseurs australiens car l'endoctrine de dragon était devenu le nouvel aphrodisiaque à la mode. Heureusement, quelques parcs étaient parvenus à en préserver une infime quantité. Comme celui de Smokehill créé par une excentrique, le vieux Pete Makepeace qui avait hérité d'une vingtaine de dragons laissait pas son père détenteur de plusieurs hectares où l'on avait trouvé de lors. Un territoire qui, avec l'accord des amérindiens occupant les lieux, était devenu une véritable réserve où les draco australiens vivaient en paix protégé par un champ de force dont la technologie n'avait pas été percé à jour en dépit des efforts des braconniers. C’est là que Jake, le fils du Directeur avait été élevé, Affecté par le décès de sa mère à l'aube de ses 15 ans et la perte de son chien, il avait tendance à se retrancher du reste du monde et accueillit avec joie l'idée d'une randonnée en solitaire au cœur même du parc. Et c'est là que sa vie pris une toute autre tournure lorsque il tomba sur le corps d'une dragonne agonisante auprès du braconnier qu'elle avait réussi à tuer. Or, la femelle en mourant lui confie son unique rejeton encore vivant. Jake décide de d'adopter. Dès lors une étrange symbiose autant physique que mentale naît entre le jeune garçon et le dragonné. Une complicité qui n'ira qu'en grandissant au fur et à mesure que les années passent. Confronté à l'hostilité de la famille du braconnier tuée pour laquelle selon la formule consacrée « tout bon dragon est un dragon mort » Jaki et Loïs, la jeune dragonne qui vit désormais à ses côtés va progressivement découvrir la véritable nature de l'espèce menacé en développant avec elle une étroite empathie basée sur les échanges télépathiques. Et c'est désormais sur lui que reposera la survie la réserve toute entière... Un roman qui aurait pu être publié dans une collection pour adolescent dut fait de la jeunesse du principal héros dont on est amené à partager le panel d'émotions avec une précision chirurgicale, mais qui recèle toutefois un tas d'autres implications liés à l'approche de la différence, à la biologie, au développement du langage et aux rapport mouvementés entre la science et l'humanité. On est donc bien loin de la romantic Fantasy de Cœur de Dragon ou de la Fantasy humoristique des Dragons de l'île de Beurk.
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lundi 6 juin 2016


Les sept serpents
(Livre Jeux) Aventures Fantasy
AUTEUR :  Steve JACKSON (Angleterre)
EDITEUR : GALLIMARD JEUNESSE-Figthing Fantasy, 5/2016 — 316 p., 14.50 €
SERIE : Sorcellerie 3
TO : The seventh serpents, Fighting Fantasy Gamebooks, 1982
COUVERTURE & ILLUSTRATIONS : John Blanche
Précédentes publications :
● Gallimard Jeunesse/Folio Junior-Un livre dont vous êtes le héros 295, 9/1985 — 287 p., 8.80 €  — Couverture & illustrations de Jon Blanche (avec le logo Sorcellerie)
● Gallimard Jeunesse/Folio Junior-Un livre dont vous êtes le héros 295, 9/2004 — 287 p., 8.80 €  — Couverture & illustrations de Jon Blanche (avec le logo Fighting Fantasy)
● Gallimard Jeunesse/Folio Junior-Un livre dont vous êtes le héros 295, 4/2005 — 287 p., 8.80 €  — Couverture & illustrations de Jon Blanche (avec le logo Fighting Fantasy)
Les autres titres de la série : 1.Les collines maléfiques – 2.La cité des pièges – 4.La couronne des rois
→ Voici le troisième volume de la série Sorcellerie, l'une des séries phares de la collection Un livre dont vous êtes les héros de Gallimard Jeunesse, Il bénéficie ici d'une nouvelle présentation et d'un format plus grand 14 x 21 qui favorise la lecture, Un livre qui peut se lire indépendamment des autres titres du cycle et pour lequel les règles de combats sont celles appliquées dans le prototype des romans de cette série : Le sorcier de la Montagne de Feu. Pour cette aventure vous allez incarner un héros chargé de retrouver la fabuleuse Couronne des Rois, un artefact découvert par Chalanna le Réformateur et assurant à tous les monarques qui la possédaient tour à tour de faire régner la prospérité et la paix sur leurs royaumes respectifs. Malheureusement, lors de la nuit de la Lune Noire, alors que la Couronne se trouvait sur les terres d'Analand, elle fut dérobée et emportée dans la ville de Mampang située au  Kalkhabad une contrée balayées par la plus totale anarchie et surnommée Le Repaire de la Vermine du Bout du Monde. Votre mission consistera à ramener cette couronne en Analand afin d'éviter que le pays ne sombre dans le chaos. Pour cela vous devrez traverser les collines de Shamutanti, déjouer les traquenards qui vous seront tendus dans Kharé, la Cité des Pièges, puis vous frayer un passage dans les Terres des Fins Fonds avant d'atteindre la forteresse de Mampang ou vous attendra le terrible Archimage qui complote pour réduire en esclavage tous les royaumes voisins. Mais, attention, outre les multiples périls rencontrés sur votre chemin vous devrez également compter avec sept serpents monstrueux qui filent à vive allure vers Mampang afin d'avertir l'Archimage de votre venue. Pour cette aventure, si vous êtres un joueur débutant, vous pourrez choisir l'optique du jeu simple, c'est à dire sans magie et endosser les attributs d’un simple guerrier ou, si vous êtes un joueur expérimenté qui s'est déjà exprimé dans d'autres livres de la série, vous choisirez d'être un sorcier qui pourra entreprendre l'apprentissage de Formules Magiques qui vous procureront des armes bien plus puissantes que celles des communs des mortels. Dans tous les cas, sachez que, tout au long de ce périple, Libra, la déesse de la justice, veillera sur vous et sera prête à vous venir en aide, mais seulement une fois pour chacune de vos quêtes. Dés lors munis de deux dés, d’un crayon et d'une gomme, vous pourrez sans tarder vous lancer dans cette quête fantastique qui vous réservera bien des surprises et des heures de passionnante lecture.
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vendredi 3 juin 2016

La maîtresse de guerre
(Roman) Aventures Fantasy
AUTEUR : Gabriel KATZ (France)
EDITEUR : POCKET-Fantasy 7203, 3/2016 — 480 p., 8.50 €
COUVERTURE : Alexandre Chaudret
Précédente publication : Scrinéo, 1/2014 — 416 p., 16.90 €
→ De Gabriel Katz, les éditions Pocket nous avaient déjà donné à lire la réédition en poche des 3 tomes de la série Le puits de mémoires (précédemment parus chez Scrinéo) qui nous avaient entraînés sur les traces de 3 aventuriers amnésiques à la recherche de leur passé. Si la trame principale aurait pu sembler familière aux adeptes des jeux de rôles avec le choix d’un triptyque de protagonistes à connotation quête héroïque (assassin-mage-guerrier) l’intrigue s’était avéré beaucoup plus approfondie qu’une simple campagne de D&D, avec des caractères ambivalents finement ciselés et une description par petites touches d’un background réaliste et convainquant. Ce sont ces atouts que l’on retrouve dans ce nouveau roman qui, cette fois, met en scène une héroïne féminine, Kaelyn, l’enfant unique d’un maître d’armes qui va s’efforcer de trouver sa place au sein d’un monde en guerre où les hommes se taillent la part du roi. Pour prouver son courage et sa détermination, elle prendra la route avec une troupe de vaillants combattants en direction du sultanat d’Azman peuplé de barbares et autres hordes de cannibales. Fraîchement débarquée sur le terrain avec Darian, son nouvel amoureux, elle est cependant faite prisonnière par Hadrian, le Maître de guerre des troupes ennemis, qui, après avoir massacré ses compagnons, l’emmène comme esclave à Damnas, la capitale du sultanat. Là, elle devra jouer serré pour ne pas être vendu au plus offrant comme le voudrait Fenia, l’épouse d’Hadrian et la nièce du sultan. Grâce à un coup d’éclat, elle parvient à attirer l’attention du redoutable guerrier qui accepte de l’entraîner, car son but secret est de devenir à son tour Maîtresse de Guerre. Dés lors débute une suite de péripéties où serons amenés à suivre la progression des rapports entre le maître et son élève englués dans une guerre où le camp des barbares n’est pas aussi clairement défini qu’il le paraît de prime abord et où les intrigues de palais peuvent détruire les réputations, mais aussi les vies. Poursuivi par Dikaon, un amoureux défiguré et éconduit devenu un Waegs, fer de lance des Rouges, l’armée des Libérateurs en marche sur Damnas, elle devra aussi se méfier de Sharid, le fils du général Gahar, commandant suprême des troupes du sultan qu’elle a humilié en combat singulier, mais pourra compter sur des alliés précieux tels que la vieille servante Ladrian ou la courtisane Anamen. Nullement engoncée dans un costume d’amazone asexuée, Kaelyn va devoir démontrer toutes ses qualités de combattantes tout en laissant parler les émotions qui bouillonnent au fond de son cœur. De quoi séduire les lecteurs qui se laisseront sans mal captiver par la trajectoire hors du commun de cette héroïne décidemment bien attachante.
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jeudi 5 mai 2016

Les petites fées de New York
(Roman) Merveilleux
AUTEUR : Martin MILLAR (Royaume Uni)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 536, 1/2016 — 354 p., 8,20 €
TO : The good fairies of New York, 1992
TRADUCTION : Marianne Groves
COUVERTURE : Aurélien Police
Précédente publication : Editions Intervalles, 4/2009  — 304 p., 19 € — Couverture non illustrée
Lorsque Neil Gaiman en personne prend la peine d'écrire la préface élogieuse d'un roman, en soit, cela représente déjà un gage de bonne lecture promise, Et le roman de l'écossais Martin Millar ne nous déçoit pas. Les fées à New York, tout au moins les créatures de l'imaginaire, on connaît, ne serait-ce qu'à travers la BD Ekhö de Arleston et Barbucci (ed. Soleil). Ais Millar, c'est autre chose… Oubliez les fées Clochette et consort de l'univers Disney et faites la connaissance avec Morag McPherson et Heather MacKintosh, deux petites fées écossaises qui, après un soir de bonne cuite, se retrouvent catapultées dans un New York tentaculaire bien différent de leur ancien environnement campagnard. Alcooliques, toujours emmêlé dans le conflit ancestral qui agite leurs clans respectifs, elles décident, travail de fée oblige de s'attacher à améliorer le quotidien des quelques humains égarés dans ce monde de brute qu'elles ont pris sous leur coupe car ils ont la capacité, et pour certains le malheur, de les voir. Dinnie, ennemi de l'humanité en surcharge pondéral et pire violoniste de New York fait parti des élus. Musiciennes hors pair, bien que l'idée de jouer les Ramonès sur leurs violons ait suscité un certain émoi parmi le peuple de la féerie, nos pétillantes écossaises s'attacheront à son cas avec un soin qui, pour lui, frisera la persécution. Il faut dire, à leur décharge, que Dinnie joue sans le savoir sur le plus légendaire violon d'Ecosse, un viatique qui, s'il le leur donnait, leur permettrait de lever la procédure de bannissement dont elles ont fait l'objet après une sombre histoire portant sur la détérioration de l'honorable bannière des McLeod. Mais elles s'occuperont également de la jolie Kerry, atteinte de la maladie de Crohn et qui passe son temps à mettre la dernière touche à son alphabet de fleurs, Magenta, la clocharde qui se prend pour Xénophon et rejoue l'Anabase en plein Manhattan, sans oublier le fantôme de Johnny Tender en quête de sa guitare fétiche et un mystérieux pavot à 3 têtes. N'oublions pas les écureuils de Central Park qui parlent comme vous et moi (mais qui ne croient pas aux fées, eux!) et les autres fées du coin, chinoises, italiennes et africaines, qui ne voient pas d'un bon œil l'arrivée de ses empêcheuses de tourner en rond blackboulant quelque peu leurs sacro-saintes règles de vie et empiétant sur leurs territoires respectifs. Parfait manieur d'intrigues, comme il a su si bien le faire avec la série de Thraxas dont les premiers volumes sont parus en France aux éditions Fleuve Noir, Martin Millar s'amuse également à nous délocaliser en nous ramenant dans l'Ecosse natale des fées soumise désormais au dictat d'une révolution industrielle imposée contre laquelle se dresse un certain Aelric qui se sert d'une ancien ouvrage du président Mao pour, du fin fond de son Cornouailles, semer la pagaille dans la nouvelle organisation plongeant le Petit Peuple dans le désespoir d'un travail de 12 heures par jours. Poursuivies par les fées vengeresses que le roi Tana, craignant pour sa couronne, a lancé à leur poursuite, nos deux comparses querelleuses vont semer la zizanie partout où elles passent entraînant dans le sillage de leurs catastrophes pavées de bonnes intentions tous ceux qui croiseront leur route de poudre et de paillettes, Et, après tout cela, vous pensez encore que vous allez vous ennuyer durant ses 354 pages… Que nenni ! Croyez-moi, vous en redemanderez, et ça tombe bien car vous pourrez retrouver martin Millar chez Intervalles avec ses deux romans du cycle de Kalix le loup-garou (Kalix le loup-garou solitaire et Kalix, la malédiction de la loup-garou) deux livres qui, comme pour Les petites fées de New York ont le mérite de faire pénétrer le merveilleux dans notre univers quotidien en faisant endosser aux créatures qui l'habitent des  costumes proches des nôtres avec leur lot de mensonges, de traîtrises, de perfidie, mais aussi de tendresse, d'humour et parfois de grivoiserie.
Autre couverture :
Le jardin des silences
(Recueil) Fantastique
AUTEUR : Mélanie FAZI (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 537, 1/2016 — 336 p., 7.70 €
COUVERTURE : Bastien Lecouffe-Deharme
Précédente publication : Bragelonne-L’Autre, 10/2014 — 256 p., 15 € — Couverture de Fabrice Borio
Après Notre-Dame aux écailles et Serpentine voici le troisième recueil de nouvelles de Mélanie Fazi, que les lecteurs de Fantasy et de Fantastique on appris à connaître, tant à travers ses textes empreints d'une pernicieuse mélancolie que par ses remarquables traductions notamment celle de la trilogie des Iles glorieuses de Glenda Larke. Dans Swan le bien nommé, nouvelle qui ouvre ce recueil on retrouve tout le talent de l'auteur capable de nous transporter derrière le miroir sans tain de l'histoire pour nous inviter à suivre les mésaventures d'une narratrice confrontée aux talents maléfiques de Marie-Anne, sa belle-mère envahissante, une femme qui ne tolérait pas les échecs et qui, après l'avoir fait fuir de sa propre maison, était parvenu à transformer son frère en un délicat mais pitoyable cygne. Heureusement l'autre Ole Ferme l'Oeil, pas le bonhomme au parapluie qui lui racontait des histoires le soir dans sa chambre, mais le grand prince noir dont l'ombre est synonyme de mort, saura lui trouver un moyen d'exprimer sa vengeance L'arbre aux corneilles est un conte de Noël dans lequel on entre sur la pointe des pieds pour écouter les confessions de la narratrice qui retrouve les émois de ses Noëls d'enfance à travers les présents qu'apportent d'étranges Corneille, le tout se confondant avec les fascinantes impressions provoquées par un début de grossesse. Miroir de porcelaine est un récit sur la création artistique, sorte de mythe de Frankenstein revisité avec une créatrice quelque peu dépassée face à l'automate qu'elle a conçu, le tout saupoudré d'une délicate et perverse sensualité. L'autre route débouche sur le fantastique à l'état pur quand un père ramenant sa fille  chez sa mère emprunte par mégarde une route qui conduit vers un univers parallèle hanté par des créatures inquiétante et dans lequel il aura le plus grand mal à ne pas se laisser sombrer,  Les sœurs de la Tarasque marque la première apparition du personnage du Dragon dans ce recueil. Ici, il s'incarne sous la forme de L'Avatar, un cracheur de feu capable de prendre forme humaine à qui sont destinées des élues, des jeunes filles élevés dans un couvent isolée, Rachel en fait partie, un grand honneur pour sa famille, mais pas pour elle, symbole de révolte emplie d'interrogations et bien décidée à ne pas se laisser corseter par les règles qui régissent ce monde de sacrifiées consentantes. Le pollen de minuit débute par une phrase choc qui, tout de suite capte l'intérêt du lecteur : « Chaque fois qu'un humain s'endort, une de mes sœurs s'éveille » et nous invite à découvrir l'existence de créatures fascinantes nées de la symbiose entre le monde du merveilleux et un cerveau humain enfin capable de rêver avec, à nouveau, de subtiles approches vers la naissance et la transmission. L'été dans la vallée raconte l'histoire d'un don, celui d'une jeune fille dotée d'une voix envoûtante dont sa vallée de naissance ne voudrait pour rien au monde se passer. Pourtant elle a décidé de quitter ce lieu, en dépit du désespoir de Noé, son copain de toujours, et parce qu'elle sent bine en elle les ravages vers lesquels le pouvoir qu'elle détient peut conduire. Le jardin des silences, qui donne son titre au recueil, nous entraîne dans ces petits recoins oubliés du monde que recèle la capitale parisienne ainsi qu'à l'intérieur des pensées d'une narratrice tourmentée comme aime si souvent nous les décrire Mélanie Fazi. Ici, le surnaturel se mélange au polar, tout en poésie et en tensions exacerbées à travers les apparitions d'un étrange bonnet et les tribulations d'une vie de couple dansant sur le fil du rasoir. Née du givre est avant tout une histoire de possession. Basée sur la thématique de miroirs elle nous narre avec un fatalisme rédhibitoire la trajectoire d'une sorte d'Alice qui, progressivement, se laisse engloutir par son propre reflet la dépouillant peu à peu de tout ce qui faisait sa personnalité dans un récit marqué par le sceau d'un horreur psychologique qui prend lentement aux tripes. Dragon caché, seconde intervention de la thématique des cracheurs de feu dans ce recueil, focalise l'intrigue sur Abel, un petit garçon mi-humain mi-végétal fruit des mutations engendrée par l'histoire d'une nature contaminée. On y découvre comment il va devoir faire face à la méchanceté de ceux qui ont décidé d'éradiquer tout ce qui semble bizarre ou simplement quelque peu différent de leur sacro-sainte banalité. Grâce au dragon caché, minuscule organisme intégré au sien dont le cœur battait à l'unisson, dont les chairs et le système nerveux s'entremêlaient étroitement et qui lui permettait, qu'il soit dragon d'eau ou de terre, d'air ou de feu, d'apprivoiser la nature et de la plier à sa volonté, il av parvenir à gravir peu à peu les étapes conduisant à l'âge adulte synonyme de force et de libre arbitre. Avec, au bout du chemin, les retrouvailles avec Providence, le dragon de terre de la pauvre Amalia victime de la folie des hommes et de leurs détestables préjugés. Un bal d'hiver revient sur la blessure de la perte, celle que causse la disparition d'un être cher. Pour la jeune Oriane, c'est sa mère, dont Judith, nouvelle compagne de son père, tente d'usurper la place. Mais, contrairement à Marie-Anne, la belle-mère sorcière de Swan le bien nommé qui ouvrait ce recueil, Judith est placé sous le signe de la bienveillance comme le prouveront les fantômes qui l'accompagnent et le son d'une flûte qui aidera Oriane à surmonter sa difficulté de continuer à vivre. Enfin Trois renards sous le prétexte de la fable fantastique campant les traits d'une violoniste capable de donner vie par son seul talents à trois renards qui transcendent son œuvre, Mélanie Fazi nous plonge en plein drame conjugal et offre un vibrant plaidoyer sur l'intolérable malaise de la violence entre êtres qui se sont aimés ou qui, pire s'aiment encore, avec pour phrase marteau, personne ne vous fait aussi mal que ceux qui vous connaissent le mieux, mais cependant une lueur d'espoir pour terminer ce remarquable recueil qui, comme l'auteur le précise dans une interview, alors que ses premiers textes étaient assez sombre, ouvre la voie vers de choses plus lumineuse.
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samedi 16 avril 2016


Les terres de cristal
(Roman) Aventures Fantasy
AUTEUR : Gabriel KATZ (France)
EDITEUR : Pocket-SF/Fantasy 7165, 9/2015  478 p., 8,10 €
SERIE : Le puits des émoires 3
COUVERTURE : Miguel Coimbra
Précédente publication : Scrinéo, 3/2013 — 432 p., 16,90 € — Couverture de Miguel Coimbra
Les autres titres de la série :
1.La traque
2.Le Fils de la Lune
Avec ce troisième de la trilogie du Puits de mémoire les éditions Pocket concluent la réédition d'une série d'héroic fantasy française des plus réussie publiée préalablement en grand format chez Scrinéo. Porté par un remarquable pitch d'introduction (trajectoire d'un trio de personnages amnésiques) et les multiples rebondissements qui en découlent cette série s'appuie sur des anti-héros qui, même si leurs caractéristiques s'apparentent à un bon vieux Donjon & Dragons (le voleur, le guerrier, le mage), deviennent au fil des pages de plus en plus attachants, même pour les lecteurs les plus blasés du genre. On les retrouve ici, tandis que l'intrigue sur Olen, ayant retrouvé son statut de prince de la cour de Nowik, mais confronté à l'hostilité de son proche entourage cherchant à tirer profit de son amnésie révélée au grand jour pour faire régner à sa place son frère Ingvar obèse et craintif. Bien qu'il ait retrouvé la belle Oranie, son amour de toujours, les affaire ne s'arrangent guère pour lui, au point qu'ils doivent trouver refuge dans la forteresse de Westerwald devenue le repaire de son ami Kharab, le Doyen des Mages et de Nils, le Fils de la Lune, désormais porteur d'une épée enchanté habitée par le feu et la glace et capable de vider un homme de son sang à la première estafilade. Tandis que Njorad, le fils du redoutable seigneur Edkharen, le maître des Terres de Cristal, s'efforce de mettre la main sur Enseth l'albinos grâce à ses cavaliers de cristal qui sèment la terreur dans toute la région, ce dernier est soustrait à leur convoitise par la mystérieuse Norah qui emmène au Doyen des Mages, à Nils et à Olsen celui qui leur avait jadis causé tant de tourments à travers la poursuite impitoyable qu'il avait engagé contre eux. Grâce à lui les trois compagnons en apprennent un peu plus sur le complot dont ils ont été victimes ourdi à la fois par le haut seigneur Edkharen, par Odéric le roi de Woltan et princesse Irenia responsable de la mort de son père le roi Harald qui siégeait sur le trône d'Oster. Profitant de son influence, Karib force le roi Oderic a engager la guerre contre Edkharen et les Terres de Cristal. Désormais, c'est une immense armée qui part vers les redoutables territoires du Nord. Là-bas, end épit des leurres et des ruses qui seront mis en place, les soldats woltaniens auront du mal à triompher des ennemis surgissant à travers les tempêtes de neiges, tandis que, tapis au sein des neiges éternelles, une terrible secret n'attend plus  que la venu des trois compagnons toujours plongés en plein cœur des aventures pour se révéler au grand jour et conclure une trilogie éminemment sympathique.
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