vendredi 2 septembre 2016



  Zoo city
(Roman) SF
AUTEUR : Laurent BEUKES (Afrique du Sud)
EDITEUR : POCKET-Science-Fiction/Fantasy, 4/2016 — 400 p., 7.80 €
TO : Zoo city, 2010
TRADUCTION : Laurent Philibert-Caillat
COUVERTURE : Joey Hi-Fi
Précédentes publications :
● Eclipse-Fantastique, 6/2011 — 352 p., 18 € — Couverture de Joey Hi-Fi
● Presses de la Cité, 5/2013 — 354 p., 17 € — Couverture de Joey Hi-Fi
Critiques : Bifrost 64 (Philippe Boulier) – www.noosfere.com (Bruno Para)
Les auteurs de science-fiction,  ou, plus largement, les écrivains épris d’imaginaire ont toujours aimé donner aux villes qui leurs sont chères une identité propre qui transparait à travers leurs récit. Ce fut le cas du Gomenghast de Mervyn Peake aussi bien que du Mother London de Moorcock, Abyme de Mathieu Gaborit,  pour ne citer qu’eux… Lauren Beukes, romancière née en 1976 d’Afrique du Sud, a choisi Johannesburg, ici transformée en une Zoo City fantasmée,  pour exprimer  toute sa rage de vivre qu’elle développe par le biais de la trajectoire mouvementée de Zinzin, son héroïne.  Ancienne journalise et ex-junkie, la jeune femme dispose d’un talent rare : celui de retrouver les choses perdues. Mais, comme tous les autres criminels parqués dans Zoo-City, elle transporte un animal symbiote, en l’occurrence un paresseux qui a élu domicile sur son dos. Animalée à la mort de son frère, dont elle se sent encore terriblement responsable, Zinzin mourra si un destin fatal frappe son symbiote. Survivant grâce à quelques arnaques sur Internet, elle ne rêve que d’échapper au carcan mortifère de Zoo City. Et l’occasion pourrait se présenter lorsque Odi Huron, un célèbre producteur, lui propose de l’engager afin de retrouver une pop star pour minettes qui s’est mystérieusement évaporée. Bien que ce travail la rebute au plus haut point, Zinzin se force à l’accepter pensant ainsi s’extraire de sa misérable condition. Mais l’enquête qu’elle va entamer, loin de l’éloigner de Zoo City, va la plonger au cœur même des bas fonds de cet univers envahi par la crasse, le meurtre, le sang et…la magie.  Dés lors sa descente aux enfers l’amène à côtoyer l’existence d’autres criminels dont le passé remonte à la surface en vagues de secrets inexpiables, comme les siens qu’elle nous invite à partager en pénétrant jusqu’au cœur de son âme.  Roman noir, mais aussi tranche vie, satire sociale, et également pamphlet sans concession sur la  modernité qui nous entoure (drogues, jeux vidéo violence et croissance exponentielle du Net sur les populations) ce livre, qui a reçu le prix Arthur C. Clarke en  2011, tout en revendiquant  un vrai lien de parenté avec l’œuvre de Philip Pullman, exprime une originalité indéniable et une vitalité contagieuse portée par la narration à la première personne et la fréquence des dialogues. Une occasion rêvée de découvrir cet auteur à travers cette réédition en poche, en attendant de se plonger dans d’autres titres repris chez Pocket, comme Les lumineuses, basé sur le concept du voyage dans le temps, Les monstres, thriller à l’atmosphère urbain baignée par le sanglant, ou Moxyland (à paraitre bientôt) campant une cité du Cap conquise par le virus de l’hypertechnologie.
Autres couvertures :

 

samedi 27 août 2016

Talulla
(Roman) Fantastique / Vampire
AUTEUR : Glen DUNCAN (Angleterre)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 544 — 368 p., 10.50 €
SERIE : Le dernier loup-garou 2
COUVERTURE : Aurélien Police
Précédentes publications : Denoël-Lunes d’Encre, 1/2014 — 480 p., 23.50 € — Couverture de Clément Chassagnard
→ Avec ce second de la série Le dernier loup-garou Glen Duncan continue sa narration à la première personne mais varie astucieusement les points de vue en nous proposant de suivre la trajectoire de Talulla, l’ancienne compagne de Jake Marlow, le loup-garou héros du premier tome et désormais disparu. Leurs ennemis communs, les vampires, sont bien sûr de la partie et ils interviennent très tôt dan l’histoire en surgissant dans la cachette située en Alaska où s’est réfugiée Talulla afin d’accoucher en toute tranquillité. En dépit de la protection de son favori Cloquet et de ses efforts éperdus, nous assisterons impuissants à l’enlèvement par les diaboliques suceurs de sang de son enfant à peine né. De nouveau sur pied, elle ne tarde pas à se lancer sur la piste des ravisseurs, les disciples de Remshi, un secte vampirique attendant la venue d’une sorte de messie qui serait le plus vieux et le plus puissant vampire du monde. Dans sa traque éffreinée Talulla va, non seulement devoir affronter les diaboliques êtres de la nuit, mais aussi se trouver confronté aux troupes de l’OMPO, l’Organisation Mondiale pour la Prédation des Phénomènes Occultes. Cependant, elle trouvera aussi de nouveaux alliés, comme Madeline, une ancienne amante de Jake transformée en loup-garou sans jamais avoir été mordue, et bien sûr Walker, de qui elle allait tendrement se rapprocher. Tendrement, c’est beaucoup dire avec des loups-garous dont les besoins en chair humaine ne sont en rien dissimulés. Jalonnant son parcours de citations empruntées au journal intime de Jake, dont l’ombre pernicieuse continue de planer sur le roman, Talulla nous entraîne dans une aventure mouvementée fertile en rebondissements dont le rythme infernal se baigne langoureusement dans le sexe et l’hémoglobine sans que pour cela l’ensemble donne une impression de trash ou de vulgaire série B. Revisitant la mythologie du loup-garou comme il l’avait fait dans le précédent tome du cycle, Glen Duncan nous propose d’observer avec la méticulosité du chercheur rivé à son microscope, un membre à part entière de cette espèce d’exception qui n’a pas pour autant oublié son humanité, réagissant par moment comme une jeune femme contemporaine immergée dans la modernité envahissante qui nous entoure. Une femme portée par les pulsions de son instinct maternel dont la trajectoire chaotique débouchera sur des révélations fascinantes sur le vampire qu’elle pourchasse. Un second tome qui continue de nous ouvrir le regard sur d’autres aspects de la monstruosité, ne cachant rien de son côté horrible et des cruels besoins qu’elle véhicule, tout en nous la rendant néanmoins, si ce n’est attachante, tout au moins pathétique et indéniablement captatrice d’intérêt. Un roman que l’on pourrait rapprocher de celui de S .G. Browne (Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère…et, retrouvé l’amour !) qui renouvelait pour sa part le mythe du zombie, paru également chez Folio SF en 2014.
Autre couverture :

samedi 13 août 2016

Dark Eden
(Roman) SF
AUTEUR : Chris BECKETT (Royaume Uni)
EDITEUR : POCKET SF 7212,  — 512 p., 8.50 €
SERIE : Dark Eden 1
TO : Dark Eden, 2012
TRADUCTION : Laurent Philibert-Caillat
COUVERTURE : Si Scott
Précédentes publications : Presses de la Cité, 3/2015 — 416 p., 22 €  — Couverture de Clément Chassagnard
Les autres titres de la série : 2.Les enfants d’Eden
Critiques : actusf.com (Sylvie Bonnet) - Bifrost 79 (Olivier Girard)
→ L’homme s’est répandu dans l’espace, avec plus ou moins de réussite. Du côté du passif, on notera les déboires d’un équipage mixte forcé de se poser sur une planète inexplorée, et qui a préféré y rester plutôt que de tenter avec les autres un hypothétique retour. Heureusement, étant donné leur sexe différent, Tommy et Angela ont pu refaire le coup d’Adam et Eve, et bientôt leurs descendants viendront peupler ce bout du ciel perdu au sein des immensités stellaires. Mais, même s’il n’y a pas de serpents inventoriés, l’endroit n’a rien du paradis biblique et porte bien son nom de Black Eden. Deux siècles plus tard nous atteignons la cinquième génération après les géniteurs et l’auteur nous immerge au sein de la nouvelle société créée à partir de leurs seuls gènes. Son nom : la Famille (du côté littérature on pense à des réminiscences vampiriques, mais rien à voir avec celles-ci). Strictement hiérarchisée, divisée en plusieurs clans (Picarbre, Lampionrouge…) ce groupe de colons malgré eux a  développé un univers en vase clos qui tend à revenir vers le mode primitif enfermé dans le cocon d’une vallée toute imprégnée d’une étrange faune et flore bioluminescente qui a banni la notion même de nuit, car cette planète sans soleil ne tire ses sources de lumière et de chaleur que des êtres vivants qui l’habitent. Sous la clarté tutélaire des arbres-lampions et la voûte constellée de Tourbillon-Etoilé, les hommes égarés en ces lieux suivent un lent cheminement vers la dégénérescence, frappé par la consanguinité et une démographie galopante, oublieux de toute technologie, victime d’un appauvrissement de la langue  et revivant l’époque des chasseurs-cueilleurs avec pour seul mythe celui d’une Terre rêvée et d’un espoir de sauvetage s’instaurant en sorte de religion avec un but de plus en plus lointain et inaccessible au fil du temps. Pourtant, cet univers de sous culture composé de cinq cent membres flirtant avec tous les poncifs de l’obscurantisme recèle néanmoins de bons côtés. En effet, chez eux, l’utopie des hippies soixante-huitards de San Francisco bannissant tabous sexuels et violence est devenue réalité. On pourrait donc penser que ce microcosme harmonieux a de l’espoir devant lui ou, comme John Lampionrouge, croire dur comme fer que tout cela ne mène qu’à une lente extinction de tout ce qui fait leur humanité. Lui se veut le grain de sable du rouage, celui qui ne se contente pas de l’univers clos de sa vallée étroite, celui qui veut aller de l’autre-côté franchir la limite improbable de Noirneige et s’enfoncer dans l’univers ténébreux qui terrorise ses semblables avec ancré au fond de lui-même la certitude d’y découvrir des terres vierges riches d’espace à conquérir. Or, les nouvelles idées ne font pas bon ménage avec une société qui se sclérose, pire, elles risquent de faire ressurgir des vieux démons que l’on croyait pourtant rangés au rayon des croquemitaines. John va donc se générer des ennemis et refaire découvrir à la Famille les tristes passions humaines qui ont pour nom le meurtre et la guerre. Narrant son histoire à la première personne du singulier, ce qui favorise l’empathie du lecteur, alternant les points de vue, tout en laissant au récit de John une prédominance naturelle, Chris Beckett, écrivain britannique né à Oxford en 1955,  nous concocte un roman qui se lit aussi facilement que l’eau coulant dans le lit d’une rivière et dont la suite, Les enfants d’Eden, paru chez les Presses de la Cité en 2016, ne devrait pas tarder à arriver en format de poche.
Autre couverture :

jeudi 11 août 2016

La lune seul le sait
(Roman) Uchronie / Steampunk
AUTEUR : Johan HELIOT (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 149 — 368 p., 10.50 €
SERIE : Trilogie de la Lune 1
COUVERTURE : Sam Van Olffen
Précédentes publications :
● Mnémos-Icares Fantasy, 10/2000 (1er version) — 288 p., 16.77 € — Couverture de Vincent Dutrait
● Gallimard-Folio SF 149, 10/2003 — 370 p., 8.50 € — Couverture de Eikasia
● Gallimard-Folio SF 149, 3/2007 — 370 p., 8.50 € — Couverture de Sam Van Olffen
● Mnémos-Icares Fantasy, 5/2007 — 312 p., 19 € — Couverture de Manchu
● in La trilogie de la lune, Mnémos-Icares, 4/2011 — 608 p., 25 € — Couverture de Ammo
Autres titres de la série : 2.La lune n’est pas pour vous – 3.La lune vous salue bien
Critiques : www.yozone.fr (Henri Bademoude-Ploum ! Ploum : Tralala ! Anarchie vaincra ! Délices & Daubes n°61)
→ Lorsque Victor Hugo complote avec un Jules Verne de 70 ans pour libérer Louise Michel internée dans le bagne lunaire de Cyrano, on peut aisément parler de steampunk, mais pour une fois celui-ci emprunte des références bien françaises (historico-politico-littéraires) au lieu d’évoluer dans les brumes de l’ambiance victorienne. L’atterrissage en pleine exposition universelle de 1889, à Paris, du vaisseau spatial des Ishkiss a permis ce tour de passe passe de l’Histoire, quand ceux-ci ont accepté de troquer quelques bribes de leur haut savoir technologique contre l’acier de notre bonne vieille planète. Napoléon le Petit en a profité pour triompher à Sedan, et pour étendre son Empire à travers l’Europe, tout en terrorisant le peuple français et en envoyant croupir les opposants et les survivants d’une Commune massacrée sur notre cher satellite. Bien sûr, il n’aura pas gain de cause, et il devra compter avec les partisans d’une utopie anarcho-socialiste s’évertuant à le bouter hors du trône, avec en particulier un voyage sur la Lune d’un Jules Verne mettant à mal sa réputation de grand sédentaire pour y rencontrer une Louise Michel plus vraie que nature. Un roman bourré d’invention, comme les fabuleux voyages à l’intérieur d’un insecte, où l’on croise une multitude de personnages, imaginaires ou connus (l’éditeur Hetzel, Verlaine et Rimbaud, Victor Hugo, etc..). Assurément l’une des meilleures réussite française de ce courant littéraire avec les oeuvres de Reouven. Un roman qui, à sa sorti, a obtenue le prix Rosny Ainé en 2001.
Autres couvertures :


Roi du matin, reine du jour
(Roman) Merveilleux
AUTEUR : Ian McDONALD (Royaume-Uni)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 432 — 608 p., 10.50 €
TO : King of morning, queen of day, 1991
TRADUCTION : Jean-Pierre Pugi
COUVERTURE : Aurélien Police
Précédentes publications :
● Denoël-Lunes d’Encre, 1/2009 — 504 p., 25 € — King of morning, Queen of day, Bantam-Spectra, 5/1991 — Tr. : Jean-Pierre Pugi —  Couv. : Michel Koch
● Gallimard-Folio SF 432, 9/2012 — 608 p., 10.50 € — Couv. : Michl Koch (avec bandeau haut de couverture)
Sommaire :
Craigdarragh préalablement sous le titre Roi du matin, reine du jour (version plus courte) in Etat de rêve (Empire of dreams, Bantam Spectra, 2/1988) Robert Laffont-Ailleurs et Demain, 11/1990 & Livre de Poche Science-Fiction 7123, 11/1997 — Tr. : Bernard Sigaud
Le front des mythes
Shekinan
Critiques : www.actusf.com (Arkady Knight) : www.actusf.com (Tony Sanchez) ; www.cafardcosmique.com (Ubik & Soleil Vert) ; L’Ecran Fantastique 295 (Claude Ecken) ; www.noosfere.com (Bruno Para) ; www.yozone.fr (Hervé Thiellement)
→ Emily Desmond, Jessica Caldwell, Enye MacCall, trois générations de femmes irlandaises, folles pour certains, sorcières pour d'autres. La première fréquente les lutins du bois de Bridestone quand son père, astronome, essaie de communiquer avec des extraterrestres qu'i imagine embarqués sur une comète. La seconde, jeune Dublinoise mythomane, se réfugie dans ses mensonges parce que la vérité est sans doute trop dure à supporter. Quant à Enye MacColl, katana à la main, elle mène un combat secret contre des monstres venus d'on ne sait où.  Premier récit mettant en scène l’un des trois protagonistes du livre, Craigdarragh est en fait la version longue d’une nouvelle, Roi du matin, reine du jour, publié dans le recueil Etat de rêve (Robert Laffont-Ailleurs et Demain 11/1990, puis Livre de Poche SF 7203, 11/1997). Utilisant le schéma fragmentaire du roman épistolaire, avec enchâssement d’extraits de journal intime, d’entretiens, de correspondances… ce récit narre les trajectoires divergentes et convergentes à la fois dans leur aspect hors normes de la jeune adolescente irlandaise Emily Desmond et de son père, le Dr Edward Garrett Desmond. La première passe la plupart de son temps à errer dans les bois où elle rencontre des créatures féeriques qui l’invitent à quitter le monde réel pour pénétrer dans celui des mythes. Le second s’est mis au banc de la communauté scientifique et s’est coupé de son proche entourage pour construire un gigantesque dispositif lumineux qui lui permettra d’entrer en contact avec les Altaïriens, qu’il est persuadé d’avoir identifié à bord d’un astronef en approche de la Terre que ses confrères prennent pour une simple comète. S’inspirant tout autant des thématiques de la SF, que de celle du roman Fantastique, avec l’allusion aux extraterrestres, le cadre victorien de l’histoire et les explications rationnelles (frustration sexuelle et religiosité exacerbée) portée sur les rencontres d’Emily, Ian McDonal s’amuse ainsi à construire et à déconstruire ces genres majeurs de la littérature de l’imaginaire. Dans le second récit du recueil, Le front des mythes,  il s’attaque à un second destin de femme, celui de Jessica Caldwell, la fille d’Emily Desmond. Nous la découvrons au seuil de la seconde guerre mondiale alors que, pour échapper à la monotonie du quotidien, elle tombe amoureuse d’un combattant de l’IRA, avant d’en apprendre plus sur ses véritables origines et d’amorcer une véritable analyse conflictuelle à l’égard du substrat mythique qui baigne la nature irlandaise. Si la première histoire faisait penser aux célèbres photographies de fées de Cotingley chères à Conan Doyle, avec certaines parentés avec Le parlement des fées de John Crowley, ce second texte appréhendée à travers plusieurs narrateurs, est une véritable plongée dans le Dublin des années trente décrit avec une minutie d’entomologiste et dont le destin contrasté est le parfait reflet de l’âme irlandaise prise entre l’âpreté d’une réalité morose et parfois sanguinaire et la présence invisible des mythes, faisant ainsi dériver le récit vers un réalisme merveilleux proche de la littérature sud-américaine. Enfin Shekinan, le troisième texte de ce livre, introduit le personnage d’Enye McColl, une publicitaire de la fin du XXème siècle, dont la paisible existence est brutalement bouleversé par la résurgence des pouvoirs hérités de sa lointaine ancêtre, Emily Desmond. Ceux-ci se concrétisent sous la forme de démons venus hanter ses nuits et contre lesquels elle devra apprendre à se battre, katana en main. Découpée par de nombreux flashback cette histoire à l’ambiance manga tient à la fois du Ghosbusters et du Fight Club, et accentue la confrontation entre le réel et l’imaginaire, tout en privilégiant dans la trajectoire initiatique de l’héroïne la primauté donnée au présent et au pouvoir de créativité qui doit l’aider à s’extraire du carcan des mythes. Un triptyque qui enveloppe les croyances irlandaises dans toute leur évolution et qui nous permet d’entrer plus en profondeur dans l’œuvre d’un écrivain, né en Angleterre mais ayant presque toujours vécu en Irlande, trop peu traduit en France (Desolation road et Necroville), qui sait remarquablement transcender les genres, au même titre qu’un Robert Holdstock de La forêt des Mythagos, mais avec un ancrage plus accentué dans un réalité datable et omniprésente. A noter, en refermant ce livre, de consulter la passionnante critique publiée par Arkady Night sur le site www.actusf.com.
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dimanche 24 juillet 2016

Magies secrètes
(Roman) Steampunk
AUTEUR : Hervé JUBERT (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 543, 3/2016 — 320 p.
SERIE : Les enquêtes de Georges Hercule Bélissaire Beauregard 1
COUVERTURE : Camille Alquier
Précédente publication : Le Pré-aux-Clercs-Pandore 3, 11/2012 — 335 p., 16 € — Couverture de Bejamin Carré
Critiques : actusf.com (Fred Combo)
→ « J’ai enlevé Udolphe et je défie Georges Beauregard de le retrouver » tel est le message délivré par un post-mortem sur les tables de la morgue. Des propos suffisamment éloquents pour décider Titania, l’épouse de l’Empereur Obéron III, femme dangereuse s’il en est, à confier au jeune ingénieur mage la lourde tache de retrouver son neveu. C’est que depuis quelques temps les ruelles de Sequana, une sorte d’équivalent féerique de Paris, ne semblent plus sûres, surtout pour les proches de l’Empereur qui sont victimes de sorts meurtriers. Les soupçons se portent sur le Visage, une entité maléfique à qui Oberon a déjà eu affaire, d’autant plus que les êtres de la féerie ne font pas bon ménage avec l’Empereur qui, aidé du préfet Hoffmann, a décidé d’en débarrasser sa cité de Séquana. Depuis Hoffmann massacre Séquana, taillant dans les enclaves mythologiques, nivelant les poches à mystères, ouvrant des avenues tracées à la règle et approchant d’un point de non-retour où la Féerie, menacée dans son essence, se retournera contre la Cour. Un dilemme pour Hercule Belissaire Beauregard, fruit des amours d’une fée et d’un mortel, car si, officiellement, il travaille pour le Pouvoir, il n’hésite pas à recueillir dans son hôtel particulier certaines créatures plutôt mal en point, comme Jeanne, jeune fille amnésique aux étranges facultés exhumée d’un puits, qui s’attachera bientôt à ses pas et qui, avec l’aide de Condé l’automate parlant et de la déesse Isis, le secondera dans cette périlleuse enquête que lui a confié le ministère des Affaires Etranges placé sous la direction du ténébreux Vallombreuse. Des investigations qui reposent sur les déclarations d’un écorché-noyé promettant que le prince Udolphe serait renvoyé morceau par morceau à la cour impériale à moins que Beauregard ne débusque son ravisseur. Profitant du désordre que cause cet enlèvement, les habitants féériques, lassés d’être traqués par le Pouvoir, sèment la panique dans Séquana à l’aide de miroirs maléfiques et de jouets magiques qui se transforment en machines de mort. Grâce aux révélations du sanguinaire Baron de l’Estrange, Beauregard, toujours suivie de Jeanne, sa nouvelle apprentie, apprend que c’est Hellequin, un démon incarné fondateur d’une troupe théâtrale qui a enlevé le Prince qu’il menace de démembrer avant de le décapiter. Une enquête qui entraîne Beauregard, l’enfant trouvé qui ne rêve jamais, sur les traces du Démon de Bergame et d’un certain Masque de Souffrance sautant de personnages en personnages et qui le pousse à revenir sur la question fondamentale qui l’anime : éclaircir le mystère de ses origines. Un embryon de ce roman avait vu le jour sur le titre La fête électrique dans la collection Abysses de la Librairie des Champs Elysées en 1998. La collection ayant guère vécu, l’auteur avait mis son principal héros Georges Beauregard dans un tiroir jusqu’à ce que Xavier Mauméjean accepte qu’il l’exhume pour la collection Pandore orientée vers la Fantasy urbaine et le Steampunk. qu’il dirige chez le Pré-aux-Clercs. Une nouvelle vie à travers un récit agrémenté de nombreuses notes en bas de pages dont l’auteur lui-même, dans une interview donné sur le site elbakin.net, conseille de se reporter uniquement après avoir fini le livre, pour ne pas ralentir la lecture. Ajoutons que ceux qui veulent en savoir plus sur l’univers de la série peuvent consulter avec profit le blog que l’auteur lui a consacré à l’adresse hervejubert.fr
Autre couverture : 

samedi 23 juillet 2016

Le testament de Jessie Lamb
(Roman) Science-Fiction / Dystopie)
AUTEUR : Jane ROGERS (Royaume Uni)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 536, 1/2016 — 354 p., 8,20 €
TO : The good fairies of New York, 1992
TRADUCTION : Marianne Groves
COUVERTURE : Aurélien Police
Précédente publication : Editions Intervalles, 4/2009  — 304 p., 19 € — Couverture non illustrée
Jessie Lamb avait seize ans lorsque le monde s'est écroulé autour d'elle, Le virus du SMM (Syndrome de Mort Maternelle), probablement libéré par des bio terroristes, a déferlé sur le monde et les femmes enceintes meurent en couche, leur cerveau peu à peu réduit à l'état d'une éponge. Désormais la jeune génération qui n'a pas été contaminé sera la dernière que connaîtra une Humanité menacée d'extinction car incapable de se renouveler. Dés lors la société confrontée à cette pandémie affiche toutes les stigmates de la déliquescence : émeutes, vandalisme, suicides, dérives sectaires, violence exacerbée. C'est justement cette violence que semble exercer le geôlier de Jessie, qui la maintient entravée dans une chambre où seul un morceau de papier et un stylo lui permettent de rédiger ce testament constituant la trame essentielle de ce livre. Alternant systématiquement entre réalité et retour dans le passé, l'intrigue nous amène à partager l'intimité des pensées de cette jeune héroïne dont nous suivrons, en même temps que ses efforts pour échapper à son enfermement, le cheminement de la pensée. Hésitante, indécise, prenant les décisions que pourraient tout d'abord  lui dicter l'insouciance de son âge, mais qui deviennent vite motivées par un réel besoin d'apporter sa propre pierre au devenir du monde, Jessie va volontairement se confronter à sa propre responsabilité dans le cour de l'Histoire qu'elle peut désormais changer. Car les scientifiques ont travaillé dur afin de trouver une solution de substitution à la mort programmée de l'espèce orgueilleuse qui croyait éternellement dominer la planète. Le programme concocté a pour nom Sleeping Beauty (Belle au Bois Dormant) et il ne brille pas par son humanisme. En effet désormais des femmes volontaires seront utilisées comme réceptacles. Maintenues artificiellement en vie alors qu’elles se transformeront lentement en légume, elles finiront par donner naissance aux embryons non contaminés implantés dans leurs ventres, se sacrifiant ainsi pour assurer la survie de l'espèce. Bien que ses enfants soient à leur tour atteint par le SMM, Jessie a décidé d'offrir son corps à la science, au grand désespoir de son propre père, prêt à tout pour l'empêcher de réaliser ce qu'il considère comme une folie, et allant même jusqu'à la violence de la séquestration. Un livre paru pour la première fois en France chez les Presses de la Cité en 2014, premier roman de l'écrivaine britannique Jane Roberts, qui enseigne l'écriture romanesque à l'université de Sheffield, a être publié en France, Un récit dans lequel certains critiques ont pu opérer un rapprochement entre Jessie et l' »héroïne du roman de Karen Thompson Walker, L’âge des miracles, (paru également aux Presses de la Cité) car il s'intègre dans un background identique de fin du monde (le ralentissement de la rotation de la Terre sur son axe dans le livre de Thompson Walker), mais dont je rapprocherai plus volontiers la thématique du roman de P. D. James, Le fils de l'homme, adapté au cinéma par Alfonso Cuaron en 2006, qui nous plonge au sein d'une dystopie décrivant un Royaume-Uni en proie au chaos des pandémies, de la guerre et du terrorisme depuis que la totalité des femmes soient devenus stériles, et s'attachant au trajet  semé d'embûche d'une jeune femme portant la promesse d’un bébé dans on ventre. Travaillant la psychologie de ses personnages avec la finesse d'une aquarelliste, Jane Rogers nous dépeint les moindres implications, politiques, religieuses, ou déontologie que provoque l'apparition de la SMM appuyant sans hésitation là où sa fait mal, comme du côté de l'instrumentalisation des jeunes filles, et nous  laissant en définitive en plein questionnement sur le choix prit par Jessie Lamb en son âme et conscience. Et refermer un livre avec encore en nous un foisonnement d'incertitude bouillonnant dans l'esprit des lecteurs est déjà en soit une belle réussite de la part d’un écrivain dont c’est ici le premier roman publié en France.
Autre couverture :
Death Troopers
AUTEUR : Joe SCHREIBER (uSA)
EDITEUR : POCKET-Star Warss 134, 4/2016 — 286 p., 8,20 €
SERIE : Star Wars
TO : Death troopers, Del Rey, 10/2009
TRADUCTION : Sandy Julien
COUVERTURE : Indika
Le purge, barge pénitentiaire impériale, transportant dans ces flancs près de 500 détenus provenant des quatre coins de la galaxie, vogue inlassablement dans les espace intersidéraux sans espoir de salut pour les condamnés  qui composent l’essentiel de sa population carcérale. Mais un jour la mécanique bien huilée du vaisseau prison se dérègle. Le purge tombe en panne à des années lumières de tout espace habitée et tout proche de l’épave d’un destroyer stellaire naufragé. Placée sous le commandement de Jareth Sartoris, l’implacable capitaine des gardiens du navire, une équipe est envoyée sur le destroyer afin de récupérer les pièces nécessaires à la réparation de l’avarie. Mais, à bord de l’épave, rien ne se déroule comme prévu. Bientôt, la poignée de survivants qui revient de cette expédition ramène avec lui une terrible épidémie qui transforme les humains en zombies assoifées de sang. A bord du Purge seuls quelques éléments sont immunisés contre le virus. Parmi eux Trig et Kale Longo, deux adolescents épinglés lors qu’une rafle de routine dont le père avait été torturé et tué par Jareth Sartori, qui se sont attirés les foudres de Aur Myss, détenu delphanien mâle s’étant hissé à la tête du Gang du Faciès régnant en maître au sommet de la hiérarchie pénitentiaire du Purge. Les deux garçons vont devoir échapper aux hordes de cauchemars avides de chair fraîche qui hantent désormais les couloirs du navire. Heureusement, ils pourront bénéficier de Zahara Cody, le docteur du bord et de son droïde chirurgical Gâchis. Tandis que Jareth tentera une évasion avortée à bord d’une nacelle de sauvetage, la poignée de survivants se joindra bientôt à deux prisonniers pour le moins inattendu, le capitaine Yan Solo et Chewbacca le wookie, faits prisonniers peu avant la destruction de l’Etoile Noire. Dans ce premier roman mêlant volontaire la thématique de l’horreur à l’univers de Star Wars l’auteur décline avec talent tous les ingrédients du genre, nous faisant entrer dans les pensées intimes des personnages et nous invitant à partager leurs propres angoisses, tandis que celles-ci montent crescendo au fur et à mesure que la situation des survivants vire à l’intenable. Formés de chapitres courts qui s’enchaînent au rythme de points de vue alternatifs, le récit déroule sans faillir son serpent d’horreur qui s’argumente finalement sur des tests d’apprentis sorciers menée par l’Empire en mal d’arme révolutionnaire. Un peu déroutant pour les fans de Star Wars, mais de quoi faire endosser à ce vaste univers un costume « zombie » que l’on ne s’attendait guère à lui voir porter et qui, après tout, ne lui va pas si mal que ça.

vendredi 24 juin 2016


La brigade de l’oeil
(Roman) Uchronie
AUTEUR : Guillaume GUERAUD (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 340, 2/2016 — 336 p., 7.40 €
COUVERTURE : Damien Venzi
Précédentes publications :
● Editions du Rouergue(doAdo Noir, 9/2007 — 416 p., 14 €  Couverture de Jean Lecointre
● Gallimard-Folio SF 340, 4/2009 — 336 p., 7.40 € — Couverture de Damien Venzi (avec bandeau gris haut de couverture)
→ Le monde n'allait pas bien et l'Impératrice Harmony était arrivée avec des messages clairs, La télévision est un poison, le web infecte nos esprits, le cinéma nous intoxique, et fédérateurs : les images sont dangereuses, elles sont fabriquées par ceux qui nous exploitent, elles sont les apôtres du capitalisme. Et la révolution fut avec pour leitmotiv : faire disparaître les images, photographiques, cinématographiques, numériques, peintures, dessins, gravures, illustrations, etc.... Dés lors Rush Island se coupe du reste du monde, les frontières de l'île sont fermées, les liaisons satellites sont coupées, les échanges internationaux interrompus. Rush Island devient une autarcie où tout bon citoyen est un citoyen aveugle. Et le grand nettoyage commence.  Ainsi naquit la Brigade de l'Oeil chargée de brûler les yeux à tout contrevenant coincé en possessions du moindre document prohibé. Falk en fait partie depuis vingt ans et avec son collègue Strummer, ils traquent sans relâche les délinquant, carbonisant sans état d'âme leur fond de l'oeil et la vitrée à l'aide du très efficace pyroculis. Cependant, organisé autour de l'insaisissable Fuji, un groupe de terroristes s'efforce de restaurer l'ordre ancien en cherchant à mettre la main sur tout ce qui peut ressembler à une ombre d'image. Alors, lorsque Kao tombe par hasard su un grenier empli de vieilles bobines de films, c'est la promesse d'un véritable trésor pour les membres de la résistance. Mais Falk, rongé par son passé, surveillé par le lieutenant McNee de la criminelle, qui ne pardonne pas à la Brigade d'avoir rendu sa femme aveugle, veille au grain. Depuis qu'il a découvert d'horribles choses sur Douglas son chef direct, il s'est rapproché de l'impératrice Harmony et doit évoluer sous la surveillance de Lynch le dangereux premier ministre expert en arts martiaux. Tout désormais le conduit sur les traces de Kao et de sa complice, Emma, la jeune bibliothécaire. Mais, en dépit de la terreur ambiante et du zèle de la Brigade, la loi Bradbury, qui interdit toutes les images depuis vingt temps sur l'ensemble du territoire ne demande qu'à être transgressée. Dés lors la répression sera autant sanglante que… brûlante. Pour sa première incursion dans le domaine de la SF Guillaume Guéraud, déjà connu à travers plusieurs romans paru aux éditions du Rouergue, nous délivre un véritable petit bijoux d'inspiration bradburienne (Fahrenhait 451) dont le déroulement en suites de scènes dérangeantes et finement ciselées mériterait amplement une adaptation cinématographique.
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Dragonhaven
(Roman) Jeunesse / Uchronie
AUTEUR : Robin McKINLEY (Usa)
EDITEUR : POCKET-Fantasy 7201, 6/2016 — 320 p., 7.40 €
TO : Dragonhaven, 2007
TRADUCTION : Morgane Caussarieu
COUVERTURE : Alexandre Chaudret
Précédente publication : Mnémos, 6/2015 — 288 p., 18 € 
→ Robin McKinley aime bien les dragons. Elle nous en avait déjà parlé dans son roman Casque de feu publié au Livre de Poche Jeunesse en 1987. Mais elle s'était aussi attaquée au merveilleux en nous donnant sa version toute personnelle du mythe de la Belle et la Bête avec Belle, paru chez Pocket en 1993. Ces deux romans nous renvoyaient cependant vers  un passé imaginaire. Or c'est dans le contemporain que nous plonge la réédition de Drangonhaven  préalablement édité chez Mnémos en 2015. Un passé toutefois légèrement décalé, puisque dans le monde décrit par Jake, le narrateur de l'histoire, les dragons existent bel et bien. Ou plutôt, ils sont son en voie d'extinction, comme le fameux draco australiens, le seul véritable dragon, décimé par les chasseurs australiens car l'endoctrine de dragon était devenu le nouvel aphrodisiaque à la mode. Heureusement, quelques parcs étaient parvenus à en préserver une infime quantité. Comme celui de Smokehill créé par une excentrique, le vieux Pete Makepeace qui avait hérité d'une vingtaine de dragons laissait pas son père détenteur de plusieurs hectares où l'on avait trouvé de lors. Un territoire qui, avec l'accord des amérindiens occupant les lieux, était devenu une véritable réserve où les draco australiens vivaient en paix protégé par un champ de force dont la technologie n'avait pas été percé à jour en dépit des efforts des braconniers. C’est là que Jake, le fils du Directeur avait été élevé, Affecté par le décès de sa mère à l'aube de ses 15 ans et la perte de son chien, il avait tendance à se retrancher du reste du monde et accueillit avec joie l'idée d'une randonnée en solitaire au cœur même du parc. Et c'est là que sa vie pris une toute autre tournure lorsque il tomba sur le corps d'une dragonne agonisante auprès du braconnier qu'elle avait réussi à tuer. Or, la femelle en mourant lui confie son unique rejeton encore vivant. Jake décide de d'adopter. Dès lors une étrange symbiose autant physique que mentale naît entre le jeune garçon et le dragonné. Une complicité qui n'ira qu'en grandissant au fur et à mesure que les années passent. Confronté à l'hostilité de la famille du braconnier tuée pour laquelle selon la formule consacrée « tout bon dragon est un dragon mort » Jaki et Loïs, la jeune dragonne qui vit désormais à ses côtés va progressivement découvrir la véritable nature de l'espèce menacé en développant avec elle une étroite empathie basée sur les échanges télépathiques. Et c'est désormais sur lui que reposera la survie la réserve toute entière... Un roman qui aurait pu être publié dans une collection pour adolescent dut fait de la jeunesse du principal héros dont on est amené à partager le panel d'émotions avec une précision chirurgicale, mais qui recèle toutefois un tas d'autres implications liés à l'approche de la différence, à la biologie, au développement du langage et aux rapport mouvementés entre la science et l'humanité. On est donc bien loin de la romantic Fantasy de Cœur de Dragon ou de la Fantasy humoristique des Dragons de l'île de Beurk.
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