dimanche 12 février 2017


SS-GB
(Roman) Uchronie
AUTEUR : Len DEIGHTON (Royaume-Uni)
EDITEUR : DENOËL-Sueurs Froides, 1/2017  — 464 p., 21.90 €
TO : SS-GB, 1978
TRADUCTION : Jean Rosenthal
Précédentes publications :
● Alire-Romans (Québec), 10/1997— 472 p., 9.99 € — Couverture de Jean Normand
● Fayard, 1979 — 398 p., 19.50 €
Les cinéphiles avertis qui ont aimé En quatrième vitesse, le film de Robert Aldrich inspiré d’un roman de Mickey Spillane et narrant une enquête du célèbre détective Mike Hammer chargé d’élucider le meurtre d’un homme retrouvé dans sa chambre sans vie avec le corps portant d’étrange brûlures ne seront pas dépaysés en découvrant le personnage du Dr Spode, brillant physicien retrouvé assassiné avec les mêmes marques énigmatiques sur le bras. Douglas Archer, surnommé l’Archer du Yard en raison de son efficacité à résoudre les enquêtes les plus difficiles, est chargé de l’affaire. Bien entendu, le dossier est délicat, car le Dr Spode travaillait pour les nazis sur un projet mystérieux tendant à déboucher sur la maîtrise d’un tout nouveau facteur de destruction : l’arme nucléaire. Car nous sommes dans un monde revisité par les ombres de l’uchronie. Grâce à l’expéditive opération Sea Lion, les allemands sont parvenus à faire ce dont Napoléon avait toujours rêvé : conquérir l’Angleterre, et ce sans vraiment de combats. Désormais la croix gammée flotte sur Londres, tandis que Russes et Américains ne sont pas entrés en guerre. Tandis que Churchill, traduit en cour martiale, a été exécuté de façon sommaire, le roi Georges VI est assigné à résidence dans la Tour de Londres, tandis que le reste de la famille Royale a fui en Nouvelle Zélande. Il y a bien un certain Connolly, qui tente de rebâtir au sein du Commonwealth une Angleterre libre, mais il a besoin pour réussir de la reconnaissance des têtes couronnées de son pays dont le prestige n’a pas été atteint par la défaite. C’est pour cela que le Major MacCauley, éminence grise de la résistance britannique a échafaudé un plan visant à le libérer. Un plan que dérange les investigations d’Archer désormais flanqué du Standartenfürer  SS Oscar Huth, venu exprès de Berlin afin de superviser pour Himmler en personne les moindres faits et gestes du fin limier de Scotland Yard. Une arrivée qui ne fait pas le bonheur du Gruppenführer Fritz Kellerman bien décidé à ne pas partager ses prérogatives sur l’administration du pays occupé. Progressivement, nous assistons aux efforts d’Archer pour mener à leur terme ses investigations, louvoyant entre son obligation de travailler pour les allemands et les impératifs d’une Résistance qui se démène pour entraîner l’Amérique dans la guerre et qui entends bien châtier sans pitié les éventuels collaborateurs. Tout l’art du roman réside d’ailleurs dans la fine description de cette réalité britannique où une population vaincue doit transiger avec la pénurie provoquée par la guerre, les ruines engendrées par les combats et la difficulté de continuer à vaquer aux occupations du quotidien sans se compromettre avec l’omniprésente administration Nazie exerçant son féroce dictat à coup de rafles, d’exécutions et de loi martiale. Une description qui n’est pas sans rappeler l’occupation française et l’inévitable collaboration qu’elle a entrainé. Endeuillé par la mort sous la torture de l’un de ses agents surpris par la Résistance, Archer trouve quelques instants de réconfort dans les bras d’une séduisante journaliste américaine envoyée par la CIA pour superviser cette délicate enquête dont les enjeux risquent de peser sur l’avenir du monde. Bientôt toutefois,  alors que son enquête progresse, il sera confronté au projet fou de la Résistance focalisée sur l’évasion du roi qui, bizarrement, ne serait pas pour déplaire à certains membres de la SS, trop heureux de jeter le discrédit sur leur ennemi juré, la Wehrmacht, chargée d’assurer la garde du monarque. Un roman où se mêle fine extrapolations historiques et investigations dignes des meilleurs polars britanniques, le tout plongé dans une atmosphère aussi lourde et oppressante que le brouillard maître des rives de la Tamise. Une uchronie qui s’inscrit dans le sillage des Fatherland de Robert Harris ou du célèbre Maître du Haut-Château de Philip K. Dick narrant cette fois l’invasion des Etats-Unis par les japonais.
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Thya
(Roman) Aventures Fantasy
AUTEUR : Estelle FAYE (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 564, 12/2016 — 368 p., 8,20 €
SERIE : La voie des Oracles 1
COUVERTURE : Pierre Droal
Précédente publication : Scrinéo, 10/2014 sous le titre La voie des oracles — 352 p., 16.90 € — Couverture de Aurélien Police
Les autres titres de la série : 2.Enoch – 3.Aylus
Dans la Gaule du V° siècle après Jésus-Christ, bien qu’il soit devenu chrétien, l’Empire romain continue néanmoins d’abriter au sein des territoires régis par la pax Romania des créatures issues de l’ancienne magie, tel le Faune qui assiste sans le vouloir à la tentative d’assassinat perpétrée sur le général romain Gnaeus Sertor, le célèbre héros vainqueur de Othon le Vandale. Tentative, puisque ce dernier n’est que grièvement blessé, au grand désappointement de son fils, l’ambitieux et sans scrupule Aedon, qui complote pour prendre sa place. Afin de le sauver sa fille, la jeune Thya, décide de s’enfuir de sa villa d’Aquitania afin de gagner la cité-forteresse de Brog, bâtie non loin du lieu où Gnaeus vainquit naguère les barbares,  et d’utiliser les pouvoirs que son père lui a imposé de toujours cacher. Car Thya est la dernière Oracle capable de prédire l’avenir et représente un atout important dans la manche des Anciens Dieux qui n’ont pas tous disparus, comme le rusé Sylvanius. Traquée par des mercenaires à la solde de son frère, Thya va bientôt lier son destin à celui d’Enoch, deuxième personnage central de ce roman, un Maquilleur professionnel, fils d’une prêtresse barbare dont il a hérité une partie des pouvoirs de dissimulation lui permettant de gagner sa vie en indiquant aux jeunes femmes les meilleurs moyens de mettre en valeur leur beauté. Etant parvenu à rejoindre Paulus Metius, un ancien centurion ayant jadis servi sous les ordres de son père, elle échappe grâce à lui aux maraudeurs qui tentent de la tuer. Cependant, elle finit par tomber dans les griffes du père abbé Théodose en guerre contre tout ce qui se rapproche des païens, des magiciens, des augures et de tous le suppôts des faux dieux qui n’attendent qu’une occasion pour briser l’élan d‘un christianisme montant en puissance dan la Gaule et l’Empire Romain tout entier. Ce dernier la conduit à Andemantunnum, la plus grande cité de Gaule, afin de lui offrir un procès en sorcellerie des plus expéditifs. Une ville où Aedon s’est trouvé un nouvel allié en la personne de Flavius Namitius, le fils bedonnant et oisif du proconsul Flavius Salone. Cependant, les deux prisonniers réussissent à s’échapper et son amenés à Gnaeus Aylus, le Diseur des Monts, chef de la révolte des barbares contre l’autorité romaine et frère de Gnaeus Sertor qui lui doit sa propre gloire. Tourmenté par les visions qu’elles ne parvient pas à contrôler, irrésistiblement attirée par la personnalité trouble d’Enoch, confrontée aux révélations sur la passé trouble de son propre père, la jeune Oracle doit continuer à se soustraire aux recherches de son frère, tout en ne connaissant pas encore le rôle primordial qu’elle doit jouer dans une partition compliqué où les Frontières entre l’En-Dessous et la surface sont devenues poreuses depuis que la nouvelle religion a affaibli les gardiens des Enfers, et que certains Anciens voudraient utiliser ses pouvoirs pour leur propre compte. Le premier tome d’une trilogie qui nous plonge à merveille dans l’ambiance de cette Gaule gallo-romaine grignotée par les avancées du christianisme ou survie une mythologie antérieures arborant encore de beaux reste, le tout décrit avec un soin méticuleux apporté au moindre détail, géographie, flore, faune, décors, urbains, tenus des personnages, avec leurs us et leurs coutumes. Une époque où Estelle Faye arrive à marier à merveille l’aspect historique très bien documenté avec des apparitions fantastiques plongeant leurs racines dans le merveilleux, un peu comme l’avait fait Henri Loevenbruck dans son cycle de la Gallica dans un livre dont l’intrigue se déroule au fil des pages tels les anneaux d’un serpent dont le lecteur est invité à suivre les palpitantes reptations.
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dimanche 5 février 2017


Endymion
(Roman) SF / Série culte
AUTEUR : Dan SIMMONS (Usa)
EDITEUR : POCKET-Science-Fiction/Fantasy 7215, 8/2016 — 736 p., 11.40 €
SERIE : Hypérion 3
TO : Endymion, 1996
TRADUCTION : Guy Abadia
COUVERTURE : Jean Bastide
Précédentes publications :
● Robert Laffon/Ailleurs et Demain, 5/1996 — 576 p., 149 Frs — Couverture non illustrée
● Robert Laffon/Ailleurs et Demain, 12/1998 — 576 p., 149 Frs — Couverture de Jürgen Ziewe
● France Loisirs, 5/1999 — 578 p., 129 Frs — Couverture de Jürgen Ziewe
Endymion 1, Pocket/Science-Fiction-Fantasy 5681, 9/2000 — 352 p. 8.50 € — Couverture de Siudmak (Réédition 10/2007 — Couverture différente)
Endymion 2, Pocket/Science-Fiction-Fantasy 5751, 9/2000 — 352 p. 8.50 € — Couverture de Siudmak
● in Le cycle d’Hypérion 2, Robert Laffont-Ailleurs et Demain-La Bibliothèque, 10/2003 — 1290 p., 26 €— Couverture de Jürgen Ziewe Réédition
Nous voici propulsés 3 siècles après les événements qui se sont déroulés dans Hypérion. A la suite de l’écroulement de l’Hégémonie, l’Eglise Catholique, la Pax,  est devenue la puissance dominante de la galaxie. Le Vatican, qui dispose désormais des symbiotes cruciformes capables de ressusciter les morts, envoie ses Gardes Suisses, des commandos délites rompus à tous les combats, traquer les expros à travers l’espace. Mais ceux-ci ne représentent pas la plus grande menace pour l’Eglise. Enée, fille de Brawne Lamia et de John Keats le cybride, l’intelligence artificielle rebelle, s’avère représenter un dangereux messie susceptible de redonner l’espoir à tous ceux qui souffrent sous l’intransigeant coupe épiscopale et sa non moins funeste Inquisition. Alors qu’elle a disparu dans les profondeurs de l’un des Tombeaux, les labyrinthes temporels de la planète,  à la mort de sa mère, le pape Jules XIV ordonne au père De Soya de retourner sur Hypérion et de la capturer. Cependant Martin Silénius, l’ancien poète des Cantos d’Hypérion, dont Enée est la nièce, sauve Raul Endymion de la mort. Il l’envoie sur Endymion en compagnie de l’androïde Bettik afin de protéger la jeune fille des forces papales. En dépit de la disproportion des forces en présence, l’appuie du Gritche, le monstre qui protège les labyrinthes temporels, ils parviennent à s’échapper en traversant une porte distrans qui permet de passer instantanément d’une planète à l’autre. Toutefois le père De Soya ne s’avoue pas vaincu. S’engageant dans une traque impitoyable favorisée par les morts-résurrections successives que lui procure le cruciforme, il poursuit le trio Enée, Raul, Bettik tout le long du fleuve Thétys, dont chaque tronçon s’identifie à de nouvelle épreuve propulsant les fugitifs de planètes en planètes à travers des décors sans cesse renouvelées et des aventures marquées par le sceau du péril. Bientôt, en plus du père De Soya, ils devront composer avec Ménès, une adjointe qu’il a récupérée sur Terre et dont la redoutable efficacité révèle à son allié qu’elle n’est pas simplement humaine. Un découverte qui poussera De Soya à exprimer ses doutes sur la collusion entre les IA du technocentre et la papauté contre certaines IA rebelles, tandis que le mystère demeure sur les auteurs de la disparition de l’ancienne Terre propulsée dans le nuage de Magellan.. Une sorte de road movie fluvial digne des pérégrinations d’un héros de Mark Twain ou de celles du cycle du Fleuve  de Philip Jose Farmer, qui, tout en déroulant les poncifs d’un remarquable récit d’aventure, propose des réflexions philosophiques sur les fondements de l’Humanité et ceux des Intelligences Artificielles, tout en continuant de truffer ses pages, comme dans Hypérion, de multiples références littéraires. Un roman profitant de la narration à la première personne de Raul Endymion pour accentuer l’ancrage du lecteur au fil de l’intrigue, qui développe certaines problématiques esquissées dans Endymion, comme l’environnement mythologique du cycle, tout en posant de nouvelles et passionnantes questions qui devraient trouver leurs solutions dans les prochains volumes de cette fabuleuse saga de high-fantasy.
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L’éducation de Stony Mayhall
(Roman) Fantastique / Zombies
AUTEUR : Daryl GREGORY (Usa)
EDITEUR : POCKET-Science-Fiction/Fantasy 7107, 9/2016 — 507p., 8,20 €
TO : Raising Stony Mayhall, 2011
TRADUCTION : Laurent Philibert-Caillat
COUVERTURE : Nobografik
Précédente publication : Bélial, 8/2014 — 448 p., 23 € — Couverture de Aurélien Police
Dans toute histoire de zombie il y a un fait précurseur, un moment où tout allait bien dans le meilleur des mondes avant que le petit grain de poussière fasse basculer la réalité dans l’horreur. Les romanciers, aussi bien que les cinéastes l’’ont bien compris, pour preuve la série Fear The Walkind Deads, qui revient sur les premiers jours de l’épidémie ayant donné naissance au phénomène télévisuelle des épisodes de Walking Deads adaptés d’une BD éponyme. Tout l’art de Daryl Gregory consiste à éluder ce postulant de fait déclencheur. Pour les protagonistes de L’éducation de Stony Mayhal, les évènements ayant entraînés l’apparition, puis l’élimination des zombies dévoreurs de chairs demeurent volontairement dans le flou, aussi bien les raisons de la propagation de l’épidémie que son éradication. L’auteur préfère focaliser notre attention sur une petite maison isolé où l’infirmière Wanda Mayhall a récupéré un bébé trouvé mort auprès de sa mère sur la route enneigé qui conduit à se demeure isolée de tous. Un bébé qu’elle a ressuscité et qui se nomme désormais Stony (Pierre) en raison de son teint cireux. Acceptant cette arrivé comme un cadeau de jésus Christ Wanda élève Stony avec ses trois filles, Chealsea, Junie et Alice, toutes quatre liées par le secret. Car personne ne doit approcher de Stony, garçon apparemment normal, si ce n’est qu’il n’a pas besoin de se nourri et que rien en peut le blesser. De quoi inciter Kwang, le jeune garçon de la famille asiatique ayant aménagé prés de la maison de Wanda, et qui va grandir avec lui, à l’appeler l’Inexorable et à s’amuser à essayer de le tuer, avec son accord, comme s’il s’agissait d’un jeu, mais, bien entendu,  sans jamais y réussir. Persuadé d’être étroitement liés aux morts-vivants qui menacèrent l’équilibre de la civilisation US, et que la traque contre ses semblables n’étaient pas terminées, en attendant de pouvoir répondre à toutes les question qui l’obsède, Stony décide de s’inscrire à la l’Université où est partie étudier Alice et de permettre à cette dernière de l’étudier sous toutes ses coutures afin de comprendre pourquoi lui seul a grandi, pourquoi il n’est pas assoiffé de sang comme tous ses congénères, en résumé qu’est-ce qui fait sa surprenante singularité. Mais le cocon qu’il s’est soigneusement tissé au fil des années va se disloquer à la suite d’un stupide accident de voiture. Désormais les Fossoyeurs sont sur ses traces. Heureusement, grâce à Alice, il a pu être récupéré par les membres de l’AMV, une organisation clandestine qui, à l’aide de quelques souffleux (entendez les êtres normaux) s’efforce de mettre à l’abri la poigné de morts-vivants épargné par les forces spéciales chargés d’éradiquer l’épidémie ayant transformé pendant un certain temps, des gens à peine mort en dévoreur de leurs semblables. Toutefois, cette organisation est tiraillé par divers courants tous tournant autour de la morsure. Les Abstinents étaient ceux qui la bannissaient en tant que pêché. Les Perpétualistes , au contraire, estimaient que seule cette pratique permettrait de maintenir la population de Morts-Vivants à flot. Enfin, les Gros Mordeurs estimaient qu’il était temps d’arrêter de se planquer et rêvaient d’une attaque coordonnée sur tous les continents avec, pour but ultime, la prise de pouvoir des MV sur le reste de l’Humanité. Et c’était justement ces derniers qui avaient le vent en poupe…Et Stony va devoir se dépêtrer au sein de toutes ses ambigüités nous entraînant à sa suite dans une aventure pleine de rebondissements et de surprises. Dire que l’on aurait pu croire la thématique des MV éculées. Daryl Gregory, comme avant lui S.G. Browne avec Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère…et, retrouvé l’amour (Folio SF, critique dans ce blog), nous montre qu’il en est rien en inversant la théorie Romero inventé depuis la célèbre Nuit des morts vivants en noir et blanc. Ici, la proie ce n’est pas l’humain, mais le MV. Et cela change beaucoup de chose, croyez-moi… En tous cas cela nous donne un récit palpitant de bout en bout 
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La marche du prophète
(Roman) Héroic Fantasy
AUTEUR : Gabriel KATZ (France)
EDITEUR : POCKET-Fantasy 7204, 8/2016 — 436 p., 8,50 €
SERIE : Aeternia 1
COUVERTURE : Jamel Ben Mahammed
Précédente publication : Scrinéo, 1/2015 — 384 p., 20 € — Couverture de Aurélien Police
Après des années de luttes dans les arènes de Morgoth Leth Marek pensait pouvoir enfin jouir d’un repos mérité et échapper à la vie tumultueuse que lui conférait son rang de gladiateur auréolé de triomphes et de gloire. Son but désormais, conduire ses fils à Kyrenia, le temple du savoir, afin qu’ils apprennent tout ce qui lui faisait défaut et qu’ils puisse échapper à l’existence placée sous le sceau de la violence qui avait été la sienne Cependant, en chemin, il a la mauvaise idée de venir en aide à Nessirya, belle prêtresse du culte d’Ochin, et ainsi de déclencher la colère des Rédempteurs, bande de brigands qui traquent sans pitié les membres du culte d’Ochin, jeune religion dont l’aspiration à aider les déshérité s’oppose au dogme de la  Grande Déesse, dont le clergé règne depuis toujours sur les Terres Communes. Ceux-ci assassinent ses fils, et plongent Leth Marek dans un océan de douleur et de haine. Conjointement nous suivons  à Kerynia, l’ascension de Varian, jeune novice qui après avoir été victime d’une tentative d’assassinat finit par recevoir son bâton de prête de la Grande Déesse. Un Culte Grande Déesse quelque peu ébranlé depuis qu’un mystérieux prophète se revendiquant de l’ancien culte d’Ochin se soit mis à la tête d’une colonne de fidèles grossissant de jours en jours dont le dieu, venu des lointaines terres du sud combattait ouvertement l’un des principes fondateurs de la Grande Déesse qui voulait que le destin des hommes soit tracés dés leur naissance. Pendant ce temps le gladiateur, afin de retrouver les meurtriers de ses enfants, rallie le groupe des adorateurs d’Ochin conduit par Nessirya, dont il devient le chef des garde avec désormais l’efficace Demeon sous ses ordres. Avec ce dernier il parvient à Kyrenia ou il apprend que tous les biens qu’il a amassés grâce à ses victoires ont été saisis par le prévôt de la cité car il a été accusé d’un meurtre, celui de l’aubergiste qui avait renseigné les Rédempteurs et ainsi précipité la mort de ses enfants. Une cité ou Syden, jeune courtisane est en grand danger car elle a involontairement assisté au meurtre du grand prêtre Tanès du Haut Temple de Kyrenia. Bientôt les trajectoires de ces divers personnages vont s’entrecroiser dans un récit basé sur le fanatisme religieux et les manipulations politiques. Pas vraiment manichéen, le roman se situe chronologiquement un peu après les précédents cycles des Puits de mémoire  et de La maîtresse de guerre. Il permet à l’auteur d’explorer un peu plus le monde de Kyrenia en découvrant des nouveaux pans de sa vaste géographie. Faisant habilement progresser son intrigue sans laisser le temps au lecteur de reprendre son souffle, Gabriel Katz s’affirme une nouvelle fois avec ce livre comme l’une des plumes les plus prometteuses de l’héroic fantasy francophone.
Autre couverture : 
La quête du prince boiteux
(Roman) Aventures Fantasy
AUTEUR : Paul CARTA (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 562, 4/2016 — 512 p., 8.80 €
SERIE : Chroniques d’au-delà du seuil 2
COUVERTURE : Camille Alquier
Précédentes publications : L’Archipel-Fantasy, 1/2015 — 374 p., 19.95 €
→ Dans le domaine de la Fantasy (car il écrit également de la SF, L’artefact sicilien, Sur l’échiquier des étoiles, après-demain les chiens, etc…) j’ai connu Paul carta à travers Le Petit Dieu ouvrage publié aux éditions mélis en 2004, qui racontait l’éveil d’une divinité dans un temple enseveli au sein d’une cité maudite. Je le retrouve ici avec le premier volet d’une ambitieuse trilogie paru en grand format aux éditions Archipel que réédite aujourd’hui les éditions Folio. Ce récit nous plonge au sein d’un monde divisé en quatre Dominions, dont le continent Mitellia, qui révère les dieux de l’Alphée, et les trois autres territoires inféodés au culte du Dieu secret et à son représentant sur terre, le Pourvoyeur. Khimaï, jeune prince d’Ethernia, était justement destiné à occuper cette fonction suprême jusqu’à ce que sont père, l’ancien Pourvoyeur, soit assassiné, et qu’il soit chassé par une diabolique machination de la fabuleuse cité de Cœur-du-Monde. Handicapé par une blessure qui l’a rendu boîteux depuis sa jeunesse, il s’enfuit dans les montagnes sous un déguisement de charbonnier. Laissant derrière lui un peuple abusé, ne voyant pas que dernière le masque rituel du Pourvoyeur, se cache un usurpateur. Alors qu’il a trouvé refuge dans un auberge pour s’abriter du froid rigoureux des cimes enneigées des dents du Dragon, Khimaï reconnaît dans une rixe Borhön, son ancien maître d’arme. Désormais manchot, ce dernier a été congédié lors de la disparition du jeune prince, mais, fidèle entre les fidèles, il n’hésite pas une seconde à liguer son sort au sien. Cependant, pour l’aider à reconquérir son trône, il doit l’’aider à retrouver Lathân, la jeune érudite élevée au Temple et destinée à servir le Dieu Secret, son amie d’enfance, qui seul pourra prouver sa véritable identité. Mais pour cela il leur faudra se rendre sur des terres hostiles au Dieu Secret, de l’autre côté du Seuil, dans les terres de Kalenia placé sous la domination de la Déesse du Froid et braver de multiples dangers, les uns plus imprévisibles que les autres. Auprès de Borhön Khimaï retrouve tout son apprentissage de jeune combattant qui lui permet d’anticiper les actions de ses ennemis et d’échapper aux clans hostiles lancés sur ses traces. Au fur et à mesure que l’intrigue se développe, rythmé par la progression des deux compagnons parmi les étendues négeuses on en apprend un plus sur ce monde et sur la vie mouvementée du jeune prince grâce à la narration alternée, toujours appréhendée de son unique point de vue, mais avec de nombreux retour sur son passé qui, à petite dose, nous éclaire sur sa personnalité et sur l’univers qui l’entoure, et notamment le système religieux très particulier que représente le culte du Dieu Secret gardant encore tous ses mystères dans le premier volet de cette trilogie faisant preuve d’une originalité certaine à porter au crédit d’une Fantasy francophone décidément fort en verve par les temps qui courent.
Autre couverture :

mardi 3 janvier 2017

L’archipel du soleil
(Roman) Atlantide
AUTEUR : Bernard SIMONAY (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 539, 1/2016 — 320 p., 7.40 €
SERIE : Les enfants de l’Atlantide 2
COUVERTURE : Alain Brion
Précédentes publications :
● Rocher-Mondes Virtuels, 2/1995 — 468 p., 139 Frs — Couverture de Jean-François Pénichoux
● In Les enfants de l’Atlantide, Rocher, 9/2005 — 470 p., 22.50 € — Couverture de Mark Harrison
● Points-Fantasy 1483, 5/2006 — 512 p., 7.50 € — Couverture de Guillaume Sorel
Les autres titres de la série :
1.Le prince déchu
3.Le crépuscule des géants
4.La Terre des morts
→ Après avoir été invité dans Le prince déchu, premier tome du cycle des Enfants des l’Atlantide à suivre quête identitaire de Jehn, membre d’une tribu du néolithique parti à la recherche des démons qui ont enlevé sa femme, et confronté à la révélation des immenses pouvoirs qu’il détient inconsciemment, Bernard Simonay continuent d’explorer le lointain passé de la Terre. Un passé au parfum d’imaginaire puisque, dans ce second tome, Jehn devra revenir sur sa vie antérieure, nous plongeant par là même en plein cœur d’un mythe atlante revisité par la plume de ce précurseur de l’héroic fantasy francophone. Nous voici donc auprès de Astyan et Anéa, un jeune couple d’origine divine, mais élévés dans une tribu primitive qui finissent par rencontrer leurs pères qui leur indiquent qu’ils sont les Titans, l’un des dix couples choisis pour diriger les cités Atlantes. C’est dans ce nouveau rôle que, près de six mille ans plus tard, ils seront amenés à lutter contre les adeptes du nouveau dieu Ophius qui a choisi la voie de sa science dégénérée pour venir à bout des Titans. Propulsé dans cet Age d’or fantasmé qui, selon certains, aurait précédé l’Age de Fer des préhistoriens, nous allons suivre à travers les figures emblématiques de Jehn/Astyan, l’amoureux fou d’Anéa, la reine de Poséidonia, la fabuleuse épopée de ce continent perdu aux confins des mémoires jusqu’à sa fin cataclysmique. La poursuite d’une saga atlantidéenne faisant pénétrer le lecteur au cœur même de ce paradis perdu gangrené, comme plus tard la plupart des civilisations humaines, par les démons de la perversion, les intrigues, complots et autres trahisons. Un cycle qui s’est poursuivi avec Le crépuscule des géants et La Terre des morts continuant de narrer les aventures fascinantes d’Astyan le dernier Titan.
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mercredi 21 décembre 2016

Ceux qui marchent dans les ombres
(Roman) Thriller Fantastique
AUTEUR : Roxanne d’AMBRE (France)
EDITEUR : CALMANN-LEVY, 10/2016 — 377 p., 16.90 €
SERIE : Scorpi 1
COUVERTURE : David Clapp
→ La jeune Charlotte n’a qu’un seul souci, échapper aux avances de Thomas, son supérieur hiérarchique aussi lourd qu’entreprenant, jusqu’au jour où elle découvre le petit Elias Lesath accroupi devant son immeuble. Prise de pitié face à ses cheveux sombres dégoulinants sous la pluie, elle décide de l’abriter chez elle en attendant de retrouver ses parents. Quand elle découvre les cicatrices sur son dos, qu’il lui parle du château où il habite, et qu’il assure appartenir à une famille de tueurs à gages, elle pense tout d’abord qu’il s’agit des élucubrations d’un gamin quelque peu déboussolé. Cependant, sa manière de mettre en fuite deux gredins qui ont semble-t-il la mission de s’intéresser d’un peu trop près à elle, commence à la convaincre qu’il pourrait dire vrai. Il serait donc un vrai tueur né, membre de la société ultra secrète Upsilon Scorpi, une organisation criminelle dominée par une famille de tueurs à gages, la famille Lesath. Des soupçons confirmés par l’apparition d’Adam Lesath, le frère d’Elias, un séduisant jeune homme installé à la place indéboulonnable d’ennemi public numéro un et sur les traces duquel s’est collé Daniel Balard, un inspecteur travaillant sur l’hyper criminalité avec qui il entretient un étrange lien tissé de respect mutuel. Embarquée dans une histoire qui la dépasse, Charlotte découvre l’existence de ces créatures de l’ombre que sont les Scorpi, des assassins dotés de pouvoirs surnaturels leur permettant de se déplacer sans être vus par les humains,  rompus aux missions les plus dangereuses et obéissant à un strict code de conduite : 1.Ne jamais tueur sans rétribution – 2.Ne tuer ni femmes ni enfants – 3.Ne pas tueur leurs commanditaires tant que la mission en cours n’est pas achevée -4.Ne pas tenir compte des articles précédents si une menace pèse sur leur famille. C’est justement pour protéger Charlotte désormais imbriquée dans les tortueuses ramifications des ténébreux Scorpi, qu’Adam, conseillé par son jeune frère, décide de l’épouser. Dés lors, elle va faire la connaissance avec Firmin, le majordome lutin du château des Lesath, Julia, sa future belle-mère, épouse de Lazare le père d’Adam, mais aussi membre de la famille des Draconis, autre clan des Scorpi en guerre larvée contre les Lesath, une horde de gobelins et Paul Fritz, le meilleur tueur à gages des Draconis, jusqu’à sa rencontre avec Adam… Le premier tome d’une série écrite par la créatrice du cycle d’Animae, dont les 4 tomes ont été traduits aux Etats-Unis. Très vite le lecteur est conquis par l’écriture stimulante de Roxanne d’Ambre servi par la narration à la première personne de son héroïne, la pétillante Charlotte à laquelle bien des adolescentes rêveront de s’identifier. Peu à peu le back ground fantastique de l’univers des Scorpi nous est dévoilé en même temps que nous nous glissons dans les pas du meilleur tueur de la famille Lesath, Adam, le séduisant Prince Scorpion dont Charlotte n’hésite pas à nous faire partager leurs premiers ébats amoureux. Tandis que l’intrigue s’écoule limpide, entrecoupée par les apparitions de l’équivoque inspecteur Balard, nous nous dirigeons vers l’envoûtante atmosphère du manoir Scorpi peuplé de créatures sorties tout droit du domaine de la féerie. Assurément une réussite qui incitera à se plonger dans les suites, Ceux qui vivent cachés et Ceux qui tombent les masques déjà parus chez le même éditeur. Et pour ceux qui veulent en savoir  plus sur la série, vous pourrez toujours télécharger Scorpi, les origines, un recueil de trois nouvelles publié par les éditions de l’épée, qui vous en apprendre plus sur les nymphes Clémentine et myosotis, le lutin Firmin et l’enfance d’Adam.
L’inclinaison
(Roman) Science Fiction / Voyages dans le temps
AUTEUR : Christopher PRIEST (Angleterre)
EDITEUR : DENOËL-Lunes d’Encre, 10/2016 — 398 p., 23 €
TO : The gradual, Gollancz, 2016
TRADUCTION  : Jacques Collin
COUVERTURE : Aurélien Police
→ Avec ce roman publié aux éditions Lunes d’Encre l’auteur britannique Christopher Priest revient sur son univers de prédilection de l’Archipel du Rêve au sein duquel il nous avait déjà proposé de multiples voyages à travers ses précédents romans tels que Les Insulaires, L’Archipel du Rêve, L’Adjacent ou La fontaine pétrifiante. Brodant astucieusement son intrigue dans le canevas des paradoxes temporels, il propulse son héros, Alesandro Sussken, musicien célèbre évoluant au sein d’une dictature dont la junte au pouvoir l’incite à entamer une tournée organisée par son omniprésent promoteur Ders Axxon qui le conduirait dans le fameux Archipel composé d’îles où il avait toujours rêvé d’exprimer sa musique et, en particulier, sur Temmil, berceau de And Ante, guitariste de rock qu’Alesandro accusé d’avoir plagié son œuvre. Approchant la cinquantaine, le brillant musicien a trouvé son inspiration très jeune dans l’observation de ces îles, à une époque où les bombes pleuvaient autour de lui, tandis que s’opposaient l’Alliance de Faiandland et la république de Glaund où il était né. Puis le conflit s’est déplacé vers la partie méridionale de l’Archipel, vers le continent de Sudmaieure, un sud où a disparu son frère  Jacq, évaporé sur le front,  et qu’il ne désespère pas de retrouver même s’il est trop tard pour ses parents anéantis par la perte de ce fils aîné. Cependant son voyage, plus que sa quête d’un proche perdu et que le moyen d’exprimer tout son talent, va le confronter à l’intimité de son être par sa rencontre avec le graduel, cet étrange phénomène spatio-temporel qui baigne ses îles pas comme les autres. En effet, d’une île à l’autre, le temps ne s’écoule pas de la même manière. Tantôt en avance, tantôt en retard sur le temps absolu, ces tranches divergentes de temporalités provoquent pour Alesandro une altération du temps, positive ou négative, selon les directions qu’il a emprunté et les durées de ses séjours sur les îles qu’il a abordé. D’où le terme d’inclinaison, qui caractérise à la fois la position du voyageur par rapport à l’axe temporel commun, mais aussi celle de son esprit qui s’ouvre enfin à la réelle connaissance du monde qui l’entoure. Car, au retour de son périple musical, Alesandro prendra conscience de la tyrannie et la censure qui gangrène l’univers de Glaund où il a grandit. Véritablement transfiguré par son voyage, il doit faire face à la mort de ses parents et au départ de son épouse, mais, paradoxalement,  il se sent enfin véritablement vivant et décidé à agir sur le monde qui l’entoure en dépit des risques qui pèse sur sa propre liberté. Et pour s’extirper du carcan où voudrait l’enfermer la dictature qui l’opprime, il doit à nouveau fuir dans ces îles si tentatrices et dangereuses à la fois. A travers le personnage d’Alesandro, Christopher Priest nous convie à une sort de vagabondage mystique, sous forme d’introspection intérieure, d’un être en perte de repères et qui ne parvient pas à se raccrocher à l’ambivalente de chacune des îles visitées, dont le pendant technologique, culturel et sociologique clairement détaillé, est repoussé en toile de fond par la perpétuelle atmosphère d’étrangeté qui imprègne ses lieux soumis aux aléa du gradiant temporel provoqué par cette sorte de vortex qui enveloppe l’archipel, créant à chaque déplacement des distorsions par rapport au temps réel des principaux belligérants. Ainsi, Alesandro, tel Alan Corday, le spationaute de Retour à demain de Ron Hubbard (il a quand même fait quelques petits romans de SF avant de trouver une piteuse gloire à travers sa dianétique racoleuse) va, à son retour des îles, s’apercevoir que le temps a évolué différemment pour son entourage. Négligeant l’approche de l’explication scientifique, Christopher Priest joue sur ce paradoxe afin de proposer au lecteur une réflexion à la fois sur l’art, sur le temps, mais aussi sur le devenir des êtres et leur profonde implication dans l’univers qui les entoure. Auteur de ce que l’on a appelé le courant new wave de la SF britannique, que les anciens passionnés de littérature imaginaire ont pu notamment découvrir en France dans la collection Dimensions SF de l’éditeur Calmann-Lévy aux côtés de romanciers tels que Ian Watson, Samuel Delany, G J. Ballard ou Michael G. Coney, Christopher Priest exprime une fois de plus à travers cette histoire sa propre petite musique éloignée des chemins de la SF traditionnelle, plus réaliste que scientifique, plus poétique qu’aventureuse, et chargé d’un mystère qui ne se dévoile jamais réellement, tout en proposant une approche originale de la thématique des voyages temporels, comme a pus déjà le faire, par exemple, Jack Finney dans son célèbre Voyage de Simon Morley.

mercredi 7 décembre 2016

Vent rouge
(Roman) Aventures Fantasy
AUTEUR : Jean-Luc BIZIEN (France)
EDITEUR : GALLIMARD-Folio SF 561, 10/2016 — 293 p., 16.90 €
SERIE : Katana 1
COUVERTURE : Camille Alquier
Précédente publication : Le Pré-aux-Clersc-Pandore, 5/2013 — 336 p., 16 € — Couverture de Xavier Ribeiro
Critiques : www.actusf.com (Bastien Roche)
→ Le seigneur Thoshiro avait vu juste en essayant de protéger sa femme, Dame Kachiko du regard concupiscant du daimyo, le roi dragon. Mais, il avait été obligé de répondre à l’invitation donnée par ce dernier et, dés qu’il l’avait vu, le daymo l’avait voulue. Dés lors le roi dragon avait capturé, puis décapité Tashiro, non sans le laisser assister à la destruction de son château par le terrible et maléfique vent rouge déchaîné par le daymo. Cependant l’oppresseur n’avait pas obtenu ce qu’il désirait, car Dame Kachiko avait réussi à échapper aux ninjas venus pour la capturer. En fuite avec le vieux guerrier Hatanaka, elle mourut d’épuisement après avoir donné la vie à un garçon, Ichirô. Celui-ci est élevé dans la tradition des moines guerriers par Hatanaka, qui finit par lui apprendre à son adolescence qui il est réellement. Dés lors Ichirô ne pense plus qu’à se venger du démon à l’origine de son statut d’orphelin. Pour cela, alors qu’il a recueilli Buta, jeune paysan doté d’une force de colosse, mais banni de son village à cause de sa couardise, il décide de s’inscrire au concours de recrutement de samouraïs organisé par le daymo afin de s’approcher du démoniaque personnage. Mais, alors que les épreuves doivent se dérouler à l’aide du Bokken, un sabre à en bois destiné à épargner les combattants, Ôno, le jeune samouraï recruteur, le remplace par le Katana, dont les coups sont synonymes de mort. Et il défie Ichirô. Pas assez expérimenté pour ce genre de combat, ce dernier subit de nombreuses blessures avant de perdre conscience. Il se réveille pourtant encore en vie, car, bizarrement, Ôno l’a épargné et il a été déposé sur un charnier d’où Hatanaka s’empresse de l’extirper. Fou de rage le daymo est désormais sur les traces de Ôno, qui s’est raillé au groupe de fuyards, et il a envoyé un ninja redoutable pour s’occuper du jeune recruteur.  Rejoint bientôt par Jotarô, le voleur, et Aiko, le  ninja, le petit groupe va rebondir de péripéties en péripéties dans la plus pure tradition des récits de combats japonais alternant affrontement d’arts martiaux et cascades spectaculaires. Maîtrisant parfaitement son sujet grâce à une parfaite connaissance de la civilisation nippone de la période des samouraïs, Jean-Luc Bizien, auteur reconnu dans le domaine de la jeunesse, mais aussi dans celui des romans de fantasy, des thrillers et des romans historiques, nous offre un diptyque plutôt destiné à un public avide de récits d’aventures où les héros ne s’embarrassent guère de réflexions philosophiques, tout en n’excluant pas une introspection minutieuses des caractères des différents personnages. Empruntant divers éléments fantastiques, il les distille dans une sorte de japon médiéval (geisha, samouraïs, etc…) cependant nullement marqué par la localisation géographique et étend habilement un voile de mystère sur le lien qui unit le jeune orphelin aux quatre compagnons de route qui désormais partagent sa tumultueuse destinée. Une réédition chez Pocket accompagné du deuxième volume du cycle, Dragon noir, les deux sous d’accrocheuse couverture de Camille Alquier.
Autre couverture :